‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 25 sur 49 · NOTICE SUR LES ÉCRITS DE M. MOELLER PÈRE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LES ÉCRITS DE M. MOELLER PÈRE

Les écrits de M. Jacques Nicolas Mœller se réduisent à une série d'articles et d'opuscules ayant pour objet la philo • sopbie spéculative et l'histoire de la philosophie.

Ses premières recherches , pendant la première période de sa vie, à l'école de Schelling, portaient sur la nature. Ce tut son point de départ. Guidé par un remarquable esprit d'investigation , il aspirait à s'élever, de degré en degré , jusqu'au premier principe de toutes choses. Mais à mesure qu'il étendait le cercle de ses recherches , il flottait de plus en plus dans l'indécision, et quand enfin il aborda les mystères de la science religieuse, il se trouva un moment plongé dans une nuit profonde. En effet, les demi-vérités du luthéranisme, dans lequel il était né, s'étaient évanouies à la première épreuve de la réflexion. L'absence d'un fon dément solide, pouvant servir d'appui à ses recherches et à ses spéculations philosophiques , devint un tourment insupportable pour une ame aussi élevée. C'est alors que l'Église catholique se révéla soudainement à lui , avec la splendeur de ses dogmes, avec la profondeur de ses mystères , avec l'ascendant de son autorité inébranlable comme le roc.

C'est le 27 janvier 1804 qu'il fit son abjuration, avec sa femme, dans la chapelle de la légation autrichienne à Ilambourg. Dès ce moment le spirituel adepte de l'école de Iéna devint un disciple aussi humble que soumis de l'Église catholique.

(1) Les principaux détails de cette notice et de celle qui suit nous ont clé fournis par M. le docteur Charles Mœller , nommé récemment professeur agrégé à la faculté de philosophie et lettres pour la chaire d'histoire devenue vacante par le décès de son père.

Pour s'orienter dans 1rs investigations philosophiques, il se mit à étudier les Saints Pères , les scolastiques, les grands théologiens et les mystiques de tous les temps; celte élude l'occupa, plus que toute autre, jusqu'à la fin de sa vie.

Une fois en possession de la vérité, M. Mœller chercha î\ la propager avec la même ardeur qu'il avait mise à l'obtenir. Ses relations avec des protestants distingués provoquèrent plus d'un retour à la foi catholique.

Sa conversation , comme ses écrits , avait un cachet particulier. Causeur aimable et spirituel, il abordait quelquefois , sous la (orme légère de la plaisanterie , les questions philosophiques les plus sérieuses ; il savait faire naître des controverses utiles et faire ressortir les conséquences vraies ou fausses d'un principe. Il disait les choses comme il les voyait et dans l'ordre où il les voyait , se laissant aller à toute la liberté de la causerie et mêlant sans recherche , mais non sans grâce , la science , la piété , les fleurs de la poésie et même la pointe de l'ironie. Sa conversation et ses écrits tenaient quelque chose de la méthode socratique, et il semble s'être représenté lui-même avec les allures naturelles de celte méthode dans son Dialogue sur la grâce , imprimé dans le Katholik de Maycnce.

Du reste , M. Nicolas Mœller n'aspirait à rien moins qu'à la gloire littéraire. L'étude et la prière remplissaient sa retraite. Jamais il ne songea à la composition d'un grand ouvrage; ses productions ne forment qu'une suite de feuilles détachées de ses spéculations philosophiques, écrites à la prière de ses amis , tantôt pour suggérer une nouvelle solution dans les questions controversées, tantôt pour combattre des théories en opposition avec la foi. Quand il avait énoncé ce qu'il croyait devoir dire , il ne s'inquiétait guère du travail qu'il avait livré au public. Par un excès de mo-

deslic, il n'eut même aucun soin de conserver un exemplaire de ses productions et il semblait ignorer ce qu'il avait publié aux différentes époques de sa vie. Il en résulte qu'il devient difficile d'avoir une liste bien complète de ses opuscules et que celle qui suit présente peut-être plus d'une lacune.

1. Dans le Zeitschrif fur spéculative Physik de Schelling , et dans le Krilische Journal der Philosophie de Schelling et de Hegel ( léna etTubingue, 1800-1805), différents articles sur la philosophie dynamique.

2. Uber Strjfens Schrjft : « Karikaturen des Hciligsten ; » dans les Wiener Jahrbticher, 1820.

5. Différents articles contre l'Hermésianisme. Un des premiers, pendant son séjour à Bonn , il tira des ouvrages de Hermès une série de propositions erronées qu'il soumit, dans une courte brochure , au jugement du public.

4. Die Lehre der Kirche von der Gnadc Goites. Gesprâch ; dans le Kalholik de Maycnce , 1821.

5. Johanncs Scolus Erkjena und seine Irrlhumer; Maycnce 1844 , in-8<>. — M. le professeur N. .1. Laforel a donné (dans la Revue catholique, tom. Iî p. 525 et p. 531) une analyse très-complète de cet écrit. «L'intéressant ouvrage, dit-il , dont nous allons rendre compte est une preuve nouvelle du respect profond que M. Mœller porte aux décisions de l'Église. En effet, l'examen qu'il fait de la doctrine et des erreurs d'Érigène n'a pas seulement le mérite de l'érudition philosophique et théologiquc : <* C'eût été, dit M. Mœller, un travail assez ingrat de rappeler à la lumière des erreurs vieillies et surannée?, pour les soumettre de nouveau à une critique depuis longtemps arrêtée par l'histoire;» mais l'auteur a eu en vue de détruire une opinion fausse qui compte déjà quelques partisans distingués dans l'Allemagne catholique, et de justifier en même temps la rigueur

avec laquelle l'Église a traité les œuvres de Scot, surtout son fameux livre De Divisione naturœ, où le panthéisme se trouve enseigné de la manière la plus formelle. Telle est la pensée qui a dicté l'ouvrage, tel est le but que s'est proposé le religieux écrivain , comme il nous l'apprend lui-même dans sa préface. Mais tout riche d'idées chrétiennes et philosophiques, M. Mœllcr les sème à pleines mains sur tout son passage, et, à côté des aberrations de Scot, chaque page de ce judicieux écrit offre au lecteur attentif les vues les plus profondes sur les principes qui doivent diriger le philosophe chrétien dans toutes ses recherches et le préserver de l'erreur. »

6. Dans le Katholische Zeitschrift de M. Dieringer. Cologne 1844 43. — War die Thcodicee Schillings jemals eine christliche. — Historischer Vcrsuch uberMuhamed und der Ursprung des Islams (travail qu'il reproduisit en français et dont il donna lecture à la séance du 28 juin 1840 de la Société littéraire de l'Université catholique). — Parmenides und Hegel. — Uber die Dialectik Hegels.

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