Fondation primitive de Jean de Biévene
Parmi les collèges annexés à l'ancienne université de Louvain, se trouvaille collège de Mons, qui était situé rue Neuve, près de ceux de Breugel et de Saint- Yves.
Ce fut un Montois, Jean de Biévene, docteur en droit civil et canonique, qui fonda cet établissement par acte testamentaire de 1596. Il avait été promu au doctorat en 1565; après avoir été assesseur au conseil de Hainaut, il avait été nommé professeur en droit à Louvain et chanoine du chapitre de Saint- Pierre, en la même ville. Il mourut le 1er juillet 1596. Il légua sa maison pour servir de logement à vingtsept élèves et y affecta une dotation en biens ruraux et en rentes, sans cependant y créer des bourses d'études. Il institua un président chargé de la directioii siu collège : la qualité de prêtre était la seule condition requise pour exercer ces fonctions. Après la mort de Philippe son frère et à défaut d'héritiers mâles dans sa famille, ce collège devait avoir pour
(<) Extrait de l'ouvrage de M. Félix Hachez, sur les Fondatioos charitables de Mous.
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proviseurs et patrons les deux plus anciens échevirts et le plus ancien greffier de la ville de Mons.
La nouvelle fondation prospéra de même que l'université à laquelle elle se rattachait; dans l'espace de cinquante années, des bourses y furent créées par Guillaume Leclercq, Arnould Malvoisin et Jean Sauvaigc, pour venir en aide à des élèves qui faisaient leurs éludes à l'université. Nous parlerons plus bas de ces bourses.
En 1636, à l'effet de donner une organisation définitive à cet établissement, les proviseurs montois approuvèrentofficiellement uneconvention qui devint la charte (les statuts) du collège. La fondation primitive possédait déjà un revenu de 60 florins, destiné à une bourse; les proviseurs, agissant au nom du magistrat de Mons, affectèrent ce revenu aux frais généraux {ad fabricant) du collège, c'est-à-dire, à la réparation des bâtiments, à l'entretien et à la rémunération du président et du personnel domestique.
Les statuts créèrent deux proviseurs académiques, qui devaient être professeurs à l'université; ceux-ci furent à Louvain les suppléants des proviseurs testamentaires : ils devaient contrôler la régie de la fondation, veiller au bon emploi des revenus, à l'entretien des bâtiments, enfin exercer une surveillance active sur le président, qui était tenu de leur rendre compte de son administration au moins tous les trois ans.
Les devoirs du président consistaient à administrer
l'institution en bon père de famille et à surveiller la discipline et les mœurs des élèves et des gens de service. Deux domestiques et deux servantes composaient ce dernier personnel.
C'était le collège qui fournissait au président la nourriture, le chauffage, une habitation et un mobilier, enfin un traitement de 460 florins 15 sous. Il faisait les recettes moyennant la remise du 15e denier sur le revenu du collège et de ses fondations, ainsi que sur les pensions des élèves.
Lorsque la place de président devenait vacante, les proviseurs académiques désignaient trois personnes capables, entre lesquelles les proviseurs montois devaient choisir le titulaire. Toutefois, s'il se présentait un membre de la famille soit du fondateur du collège, soit des fondateurs de bourses y annexées, les proviseurs académiques pouvaient se borner k désigner celui-là seul, néanmoins la nomination par les proviseurs montois était toujours nécessaire.
Quand un des proviseurs académiques devait être remplacé, celui qui restait en fonctions conjointement avec le président du collège lui donnait un successeur, et ce choix était soumis à l'approbation des proviseurs primitifs.
A la fin du XVIIIe siècle, cet établissement avait pour dotation les bâtiments du collège, un jardin qui y joignait et qui était cultivé pour son usage, deux journaux de terrain situés à Corbeek-Loo et à Bierbeek, loués 7 florins 10 sous, des rentes au capital de 10,916 fr. 15 s. A d. , produisant 351 fl. et une rede-
vance annuelle de 60 florins à la charge de la ville de Mons. Ces revenus fixes, qui s'élevaient à 418 florins, provenaient en grande partie d'économies faites par les présidents de cette institution. On évaluait à 61 fl . 14 s. 9 d., année moyenne, ce que le collège percevait du chef des bourses qui restaient vacantes , à raison d'un trimestre de chacune, et du chef de l'indemnité qui était payée par les boursiers non habitant le collège.
Les pensions étaient de deux espèces : la première table coûtait 280 florins et la seconde, 460 (1).