Fondations Leclercq, Malvoisin et Sauvaige
Guillaume Leclercq, curé de Monstrœuil , laissa en 1617 au collège de Mons une dotation de deux bourses au taux d'environ 120 florins chacune pour l'étude de la théologie : l'une était en faveur de ses parents et l'autre en faveur d'élèves habitants de Mons ou originaires (oriundi) de Taisnière-sur-Hon , près de Bavay.
Les collateurs étaient les deux premiers échevins et le premier greffier de la ville de Mons; le receveur était le président du collège et les proviseurs étaient ceux de cet établissement.
(1) Archives du royaume. — Université de Louvaio. Fondations bursarum,?. 475. — Collection des tables originales des collèges et bourses, n' 86. — Liasses de pièces provenant de l'ez-collége de Mons, remises à l'administration du Prytanée français en 4797.
Cette fondation possédait deux rentes s'élevant à 275 livres tournois et affectées sur les biens fonciers de ladite ville. Mais, en 1646, le revenu de ces bourses était diminué et ne suffisait plus pour l'entretien convenable de deux étudiants; par suite les deux bourses furent réunies. Cette conversion eut lieu du consentement des collateurs, des proviseurs et du président de ce collège, Jean Sauvaige. En 1785, le revenu était réduit à 137 fl. 10 s.; les frais d'administration montaient à 19 fl. 2 s. 4 d., de sorte que le produit net était de 118 fî. 7 s. 6 d.
Arnould Malvoisin, curé d'Opprebais (canton de Jodoigne), fonda en 1634 huit bourses d'études qu'il annexa au collège de Mons. Il en attribua la collation et le patronage au plus ancien membre de sa famille ayant la qualité de prêtre.
La dotation laissée pour ces bourses fut divisée par cinquièmes. Un cinquième devait toujours servir à deux bourses de 60 florins pour l'étude des humanités, en commençant des premiers éléments (a rudimentis) jusqu'à la philosophie exclusivement; les élèves de sa famille y étaient seuls appelés. Les quatre autres cinquièmes servirent à six bourses de 80 florins, pour la philosophie d'abord, et après la promotion de la faculté des arts, pour la théologie jusqu'à la licence exclusivement ; ses parents y étaient appelés de préférence à tous autres; et à défaut de parents, l'une de ces bourses pouvait être conférée à un élève né à Mons et les cinq autres pouvaient être données à des étudiants nés 1° à Petit-Rœulx-lez-Braine, 2° à
Opprebais, 3° à Incourt (Aycuriâ), à Roux-Miroir, à Longueville ou dans les villages voisins, 4° dans le Brabant wallon, enfin 5° à Spignies, à Ath ou dans le Hainaut.
Pour obtenir ces bourses de théologie, les parents du fondateur devaient avoir obtenu une place en philosophie avant les vingt derniers; et les non-parents devaient avoir été dans les cinquante-quatre premiers; les plus capables du reste avaient la préférence.
La publication des bourses vacantes devait avoir lieu à Louvain , aux portes des Halles et des pédagogies , en outre à Petit-ttœulx et à Opprebais.
Dans le principe, les immeubles de celte fondation, situés à Glimes, à Incourt, à Chaumont et à Opprebais, étaient grevés de diverses charges, et quant aux rentes, elles étaient minimes et mal garanties; aussi la misère publique et les calamités de la guerre vinrent-elles occasionner une diminution de revenus.
En 1714, après déduction des charges, on ne recevait plus que 250 florins. Toutefois, en 1785, le revenu était de 433 florins, y compris 106 fl. 10 s. que rapportaient quatorze bonniers de terrain. Après déduction des frais de gestion, il restait une somme nette de 348 fl. 7 s. 3 d., qui était répartie ainsi : trois élèves faisant leurs humanités jouissaient de bourses de 20, de 25 et de 30 florins, un étudiant en philosophie, d'une bourse de 151 fl. 4 s. et un autre en théologie, d'une dernière de 93 fl. 6 s. 8 d.
D'après l'acte de fondation , les boursiers, élèves en philosophie et pensionnaires de la pédagogie du Lys, pouvaient y être admis à la troisième table à l'aide de leur bourse.
Jean Sauvaige, d'abord chanoine de Sclain, ensuite du chapitre de Saint-Pierre à Louvain et président du collège de Mons, laissa en 1646 un revenu moyen de 700 florins à cet établissement.
Il destina 160 florins de change (186 fl. cl 13 s. 4 d.) pour la table du président et pour les frais ordinaires du collège.
Comme, k cette époque , la première bourse de philosophie et de théologie de la fondation Malvoisin qui était exclusivement accessible à un jeune Montois, à défaut de parents du fondateur, et qui n'était que de 80 florins seulement, ne suffisait pas pour l'entretien d'un élève, Jean Sauvaige y ajouta 80 autres florins aussi longtemps qu'un Montois la posséderait.
De plus, en considération de ce que l'unique bourse de la fondation Leclercq était encore devenue insuffisante pour la pension d'un étudiant, il y ajouta un supplément de 60 florins.
Enfin, il ordonna que le surplus du revenu qu'il avait laissé servît à trois bourses de pleine table au taux de 160 florins de change. Il créa la première en faveur des choraux de l'église de Saint-Pierre à Louvain ; le doyen de celte église en eut la collation ; la seconde était destinée aux choraux du chapitre de Sclain; elle devait être conférée par le chanoine de
ce chapitre qui possédait la prébende du fondateur ; et la troisième était réservée aux parents du même fondateur, et à leur défaut, à des élèves nés dans le diocèse de Tournay; le chapelain de Saint-Quentin en cette dernière ville en fut le coliateur.
Ces trois bourses ne pouvaient être conférées qu'à des élèves capables de commencer leur philosophie , et si ces boursiers avaient obtenu une place antè médium à la promotion de philosophie, ils pouvaient encore en jouir pour étudier la théologie.
Les collateurs étaient tenus de répartir les bourses dans les trois mois de la vacance ; à défaut par eux de le faire, ou s'ils s'écartaient des conditions requises, les proviseurs et le président avaient le droit d'en disposer au profit d'un autre élève pour la philosophie, et après la promotion , pour la théologie.
En 1785, les biens de la fondation Sauvaige produisaient un revenu de 927 fï. 10 s, 3 d., y compris 187 fl. 10 s. pour 16 bonniers 77 verges de terre labourable, situés à Opprebais, Piétrebais, Roux- Miroir et Longueville. Diverses charges et les frais d'administration diminuaient ce revenu de 349 fl. 12 s. 8 d. Quatre étudiants jouissaient de bourses s'éleva nt ensemble à 349 fl. 12 s. 4 d.