III. OUVRAGES ANNOTÉS
1. Notitia eoticilîorura sanctae Ecclesiae, in qua elucidantur exactissime tura sacri canones, lum veteres novique Ecclesiae ritus lum prnecipu;e partes ecclesiaslicœ historiac, auctore Joixne Cabassutio. Lovanii, typis Joan. Franc. Van Ovcîrbeke, 1776, in-8°.
2. Ilistoria et coueordia evangelica tbeologi Parisiensis. Lovanii, e typographia academica , 1779, in-8«.
Les notes de ces deux ouvrages sont de Van de Velde. 5. Le Catalogue des livres de Van de Velde indique plusieurs ouvrages enrichis de notes dues à notre auteur; nous citerons \ns suivants qu'on rencontre au tome II : no» 6178, 6974, 6984, 7107, 8-286, 8930, 8950, 8963, 9296, 9846, 10039, 10920, 12030, 12394, 12763, 13237, 13728, 13737 et 15275.
NOTICE SUR LE VÉNÉRABLE HENRI DE LOEN , CHARTREUX, ANCIEN PROFESSEUR ET REC- TEUR DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN (I).
Henri Loënius {Henricus de Loen ou Loenis) nommé en flamand Loen ou Loenke, et van Loe, naquit à Louvain , en 1406, d'une famille à laquelle paraissent avoir appartenu Henri et Jérôme Loenis , bourgmestres de cette ville en 1543 et pendant les années suivantes (-2). Il fut au nombre des premiers élèves de l'Université érigée en 1425, et au concours général de la faculté des Arts, en 1428 ou 1429, il obtint la première place. Peu après il fut promu au
(1) Sources: — Raissius, ad Nat. SS. Belgii p. 16 vers.% adonne sa vie d'après une chronique manuscrite de la chartreuse de la Chapelle près d'Enghien , et d'après un autre manuscrit relatif à la fondation de cette maison. Voyez Sutor, Vitœ Carlhut. lib. Il p. 578; Dorlandus, Chron. Carthus. p. 449, et la traduction française de cet ouvrage par Adrien Driscart, Tournai 1644, p. 250; Petreius, liibl. Carthusiana , sive illmtrium ord. Carthusiani scriptorum catalogua , p. 155; notre édition de Molanus, Historiée Lovaniensium libri XI V , tom. I p. 471 , 587 et 595; Valerius Andréas, Fasti acad, Lov. p. 50 et 256 ; Foppens , Bibl. Bclg. tom. I p. 456 ; Paquot, Mém. tom. VU p. 46; Bax et de Ram, Catalogut omnium Primorum in generali Philosophiez et Artium promotione Univ. Lovaniensis , p. H , et dans les Analectes pour servir à Vhist. eccl, de la Belgique, tom. I p. 590, un art. de H. le prof. Reusenssur les promotions de la faculté des arts à Louvain.
\t) Voyei Molanus, op. cit. tom. I p. 587.
grade de maître-ès-arts. L'Université naissante se hâta de s'associer un élève aussi distingué par ses talents que par ses vertus. Ayant à peine quitté les bancs de l'école , il fut agrégé à la faculté des arts et chargé d'enseigner la philosophie et les mathématiques. En 1-434, il devint titulaire du cours public de philosophie morale (professor Ethices) , qui était fait dans la Schola artium ou le Viens. Nommé, pendant la môme année, examinateur des candidats à la licence dans la faculté des arts, il éprouva quelque opposition de la part de ses collègues parce qu'il s'était dispensé d'assister régulièrement à certains actes publics qui avaient lieu dans l'école de la faculté (t). Celte espèce de négligence pouvait cependant trouver une excuse dans les soins que Loénius avait employés , depuis plusieurs années, pour consolider, dans la maison qu'il habitait, un collège dont il fut le fondateur et le premier régent ou prin-
(1) « Anno 1434, eiecto in decauum Henrico de Loeu , fuit contradictum quia non stimVienter visitaverat actum quodlibetorum. » Molanus , op. cit. tom. 1 p. 687.— Dans le premier volume des Actes de la faculté des arts, manuscrit conservé aux Arcbives du royaume à Bruxelles, on lit sous le 5 février 1434 : Quia aliqui magistri se opposuerunt electioni fnctœ de persona magistri Henrici de Lot, qui dicebant ipsum non sufficienter visitasse actum quodlibetorum , ideo placuit facultati dare deputatos , qui de causa inquirerent. Il ne s'agissait donc pas de la nomination de doyen, comme le dit Molanus, mais d'une désignation d'examinateur. D'ailleurs les actes originaux de la faculté des arls prouvent que Loënius était doyen en 1430 et en 1439, et 'non en 1434.
cipal. Cet établissement, destiné à recueillir des étudiants sans fortune , conserva le nom de collège du Porc (Pœdagogium Porcense) , parce que Jean Widoe ou de Wydoe , qui en fut le troisième régent et qui mourut en 1473, ajouta à la fondation primitive une autre maison située comme celle de Loënius vis-à-vis d'un local nommé le Porc-Sauvage (1).
Absorbé en quelque sorte par sa charitable sollicitude envers les étudiants pauvres et par les devoirs de l'enseignement à la faculté des arts , il savait cependant se ménagerie temps nécessaire pour continuer ses études théologiques. Le 27 novembre 1437, il prit le grade de bachelier en théologie, et à celte occasion la ville de Louvain lui donna une gratification de seize pots de vin (2) , sans doute comme un hommage rendu à son zèle pour l'enseignement. La môme année , à la fin du môme mois , il fut élu rec-
(1) E regione domus Porci Sylvestris , dit un ms. de Ii faculté des arts. A cause de cette situation , Loëuius lui-même avait intitulé son établissement Collegium de PorcoNovo. Dans la direction de ce nouveau collège , il fut secondé par Nicolas Lambcrti de Valckenisse , alors professeur à la faculté des arts, qui devint docteur en médecine en W59, et archidiacre de Notre-Dame d'Ànver? vers 1454. Voyez notre Synopsis Actortim eccl. Antverpiemis , p. 130. — Le collège créé par Loënius devint, avec ceux du Lys, du Faucon et du Cbâtcau, une de ces quatre célèbres pédagogies de la faculté des arts qui pendant plus de trois siècles ont rendu tant de services à l'enseignement.
(2) iQ gelten Hynswyn. Comptes de la ville de cette année. Les rétributions des professeurs étaient alors fort exiguës et se payaient en partie en argent et en partie en nature.
leur de l'Université (I). En 1441 , on le nomma Dietator 9 emploi de haute confiance qui obligeait le titulaire à prendre soin de toute la correspondance académique (2).
Malgré les liens qui attachaient Loënius à l'Université qu'il avait vue naître et à la prospérité de laquelle il s'était dévoué, il se crut cependant appelé à embrasser une vie plus parfaite et à se retirer entièrement du monde. Le 19 juillet 1441 , il prit congé de ses confrères , après avoir confié la direction de son collège à son ancien ami Nicolas de Valckenisse (5) , et alla s'enfermer dans la chartreuse de la Chapelle près d'Enghien. Dès qu'il eut terminé son noviciat, on le nomma vicaire du couvent; un peu plus lard ses supérieurs le désignèrent pour être le premier prieur de la chartreuse de Schcul , fondée par le magistral de Bruxelles en 1456 (4). 11 gouverna
{*) Molanus, op. cit. tom. I p. 471. Le rectorat était alors trimestriel.
(2) Val. Andréas , op. cit. p. 50.
(5) Les libéralités faites encore par Loënius au collège du Tore, au moment de sa retraite chez les Chartreux , semblent avoir fourni le motif pour lequel le prieur des Chartreux de Louvain fut désigné comme un des proviseurs de cet établissement, ainsi qat du collège de Staudonck.
(4) La riche chartreuse de Scheut , connue sous le nom de Notre- Dame de Grâce, fut détruite et pillée par les Calvinistes, en 1578, et les religieux se virent contraints de se réfugier à Bruxelles, oà il> firent bâtir, en 1388, un uouveau couvent. Le chœur de l'église de Scheut, qui était resté debout, fut restauré et transformé en chapelle eu l'honneur de la très-sainte Vierge dont l'image mira-
cette maison avec une grande sagesse pendant vingt ans , et la rendit florissante tant sous le rapport spirituel que sous le rapport temporel. Croyant le sort de cette nouvelle colonie de son ordre complètement assuré, il demanda la faveur de pouvoir se démettre de ses fonctions de supérieur et de revenir dans le cloître où il avait prononcé ses vœux.
De retour au couvent de la Chapelle, il n'y jouit pas longtemps de celte entière solitude qu'il ambitionnait. Pendant huit ans il dut remplir les fonctions de visiteur de la province, et 5 la mort du père Laurent Musghcselle , prieur de la Chapelle, décédé le 3 décembre M77 , on le choisit pour le remplacer. Là, comme à Scheut, il édifiait ses confrères par la ferveur de sa piété , par l'austérité de sa pénitence , par la douceur de son caractère, par son inépuisable charité envers tout le monde. S'il survenait quelque dissentiment entre des religieux de son ordre , il ne savait avoir du repos qu'après les avoir réconciliés ; et lorsqu'il apprenait qu'un d'entre eux éprouvait des tentations ou des afflictions, il ne quittait leur cellule
culcuse atlirait dans cet endroit, depuis 1443, une grande affiuence de fidèles. Voyez Sanderus , Drabant. illustr. tom. II p. 349 , et Wauters et Henue , Hist. de Bruxelles, tom. I p. 251, 254 et 504, et tom. III p. 635.
C'est à Scheut, sous la toute-puissante protection de Notre Dame 4e Grâce, que se trouve réunie aujourd'hui, sous la direction d'un zélé ecclésiastique du diocèse de Malincs , M. Théophile Verbist , une congrégation de missionnaires approuvée par le Saint-Siège pour évangéliscr la Chine. Voyez Revue catholique, 1863, p. SU.
( ôô )
qu'après les avoir rendus au repos et h la tranquillité par ses consolations et ses exhortations. La respectueuse affection qu'on lui portait dans toute la province de Tordre l'avait fait surnommer le Père des Pères. Doué d'une grande science et considéré comme un des théologiens les {dus remarquables de son époque , il se distinguait par une rare modestie. . Les religieux aimant l'étude et appliqués h la composition d'ouvrages étaient ses enfants chéris; il avait l'habitude de leur dire qu'ils produisaient plus de fruits par la plume et les doigts que d'autres par la langue et les discours.
Par suite des austérités, qu'il n'avait cessé de pratiquer, son corps était devenu, quelque temps avant sa mort, presque aussi sec et aussi aride qu'un bûlon. Plein de bonnes œuvres, il mourut à la Chapelle, le 3 février 1481 , à l'âge de 75 ans, dont il en avait passé quarante dans l'état religieux. Un fait touchant se rapporte à la mort du père Loënius : au moment de son décès, son confrère le père Arnoul Kaercman , son successeur depuis quelque temps dans les fonctions de prieur de la Chapelle, éprouva la plus profonde douleur et s'écria en gémissant : Pourquoi, 0 mon père, pars-tu et pourquoi me laisses-tu ici? Ma volonté est que je meure avec loi, car je ne puis vivre sans toi. Depuis cet instant , le père Kaereman éprouva un dégoût insurmontable pour toute nourriture ; accablé de tristesse et de douleur, il suivit son ami dans la tombe, à une dislance de peu de jours.
Les Chartreux comptent le père Loënius parmi les vénérables de leur ordre. Les annales de l'Université de Louvain lui attribuent aussi le litre de Vénérable, et colle institution le place au nombrede ses premiers bienfaiteurs et de ceux qui Tout illustrée par leurs écrils. Mais, on ne connaît plus aujourd'hui que quelques litres des nombreux ouvrages qu'il composa et qui tous sont restés manuscrits. Foppens et Paquot mentionnent d'après la Bibliollieca carthusiana les éerits suivants :
1. In libros Etliicorum Aristoielis, commentaire qu'il rédigea sans doute pour son cours de philosophie morale à Louvain.
2. In Psallerium Davidis. Sixte de Sienne, Bibiiotheca sancta, p. 239, édit. de Paris 1610, où il transforme par erreur le nom de Loénius en celui de Henricus Logen , parle de ce commentaire sur les Psaumes. La même mention , comme la môme erreur au sujet du nom, se rencontre dans YApparatussacer du père Possevin.
3. Sermones, sans doute des discours et des exhortations préparés pour l'instruction des religieux de son ordre.
4. Une quantité d'autres traités dont les titres mêmes sont inconnus aujourd'hui.
NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉSIDENCE DE JOSEPH BARBATUS EN BELGIQUE ET SUR LES CIRCONSTANCES DE SON DÉPART. — SUP- PLÉMENT A UNE NOTE PUBLIÉE EN 1852 PAR M. LE PROFESSEUR FÉLIX NÉVE (I).
L'examen que nous fîmes naguère d'un livre irèsrare imprimé à Louvain, un Spéculum hebraïcum ou lexique hébreu en tableaux synoptiques , nous conduisit h des recherches sur son auteur, chrétien d'Êgypte, Joseph Aboudacnus, dit Barbatus (2). Il nous fut facile de mettre ce livre en rapport avec les publications de grammaire et de lexicographie hébraïque qui datent de la même période, et de décrire le mécanisme des tableaux qui le composent. Mais nous ne parvînmes point alors à éclaircir plusieurs faits importants concernant le séjour de l'auteur en Belgique, l'accueil qu'il y reçut et les litres qu'il eut le droit d'y porter; nous ne pûmes non plus déterminer vers quelle époque il aurait séjourné en Angleterre où il a laissé les matériaux d'une histoire des Coptes ou des Jacobites d'Ëgyple , imprimée en
(1) Voir dans les Anale des de 4884, pag. 68, la Note sur un lexique hébreu qu'a publié à Louvain en 1615 Joseph Aboudacnus , dit Barbatus, chrétien d'Egypte.
(t) Cette epitlicte est la traduction de son nom arabe « Père de h Barbe, » comme on l'iuterprcte dans l'article consacré à Aboudacnus dans la Nouvelle biographie générale de la maison Didot.
latin et traduite en anglais dans la seconde moitié du XVII* siècle.
Des pièces copiées récemment aux Archives du royaume et mises à notre disposition par M. l'abbé De Ridder, vicaire à Bruxelles, nous permettent enfin de donner des renseignements satisfaisants sur les derniers temps du séjour de Joseph Barbatus dans les Pays-Bas. Nous ne doutons plus aujourd'hui qu'il n'ait pris le titre de professeur de langues orientales, parce qu'il avait élé autorisé à professer ces langues à l'Université de Louvain (et non pas à Anvers , comme nous le fit supposer la dédicace du Spéculum hebraicum aux Magistrats de cette grande ville). Nous savons qu'il fit d'inutiles démarches dès 1616 pour étendre à l ouvain ses leçons de l'hébreu à d'autres langues orientales, ainsi qu'il l'avait promis dans la préface de son Lexique, et pour publier des textes arabes à l'aide de caractères qu'il aurait fait fondre; nous savons de plus que l'année suivante il dut quitter Louvain et se diriger sur l'Allemagne avec un subside qui lui fut alloué par l'archiduc Albert sur la proposition de ses conseillers.
Voici d'abord le texte original de la requête adressée par Joseph Barbatus à l'effet d'obtenir un secours extraordinaire pour diverses publications en langue et en lettres arabes. La pièce .( liasse 1288) est adressée à S. A. l'archiduc Albert, à qui elle dut être présentée par le conseil privé :
a Remonstre en toute humilité Josephus Barbatus, professeur de la langue hébraïcque et aultres orien-
tclcs en l'Université de Louvain, qu'il désireroit de faire imprimer quelques volumes et livres par lui composés; sycommc la Grammalicque elLexicon eu langue arabicque, et du latin translaté en icelie langue certain livre de la Conversion de toutes na~ tionSi les OEuvres du révérend père Thomas à Jésus, provincial des Carmélites déchaulcez, lesquels feront plus de profict et utilité en langue arabicque que latine d'aullant que tous les Asiatiques et Africains quy usent de la langue arabicque, sont la plusparl ou héréticques ou schismatiques et payons, et par ainsy en pourront tirer beaucoup plus de profict; oultre ce, le pseaullier en quatre langues, fort commode aux escolicrs, (en langue hebraicque, arabicque grecque et latine), avecq certain livre mathémalicque composé par certain docte personaige envoyé h Lisbonne de Lusitanieà Vincentio de Noguera, et depuis au Remt, pour eslre translaté interprété et imprimé: mais comme ne se trouvent en ces pays aulcuns imprimeurs quy ayent à ce lettres propres ou caractères pour estre chose sy rare, le suppliant a commencé à y mestre la main pour procurer lesdictes formes de caractères, lesquelles ne se pœuvent parfaire à sy sobres gaiges que de 400 fl. par an ; suppliant parlant qu'il plaise à V. A. le secourir en monique de quelque honnesle somme à Teffecl susdict. »
(Accordé 250 florins (ou 100 phles) le 21 novembre 1616. ) Dans la réponse qui fut faite à Barbatus, en date
( ioi )
du 46 août 4616 pour lui accorder un subside de 200 florins, on lui donne le nom de lecteur des langues orientales à l'Université de Louvain.
Les tentatives de Joseph Barbatus n'eurent pas de succès, du moment où l'utilité des cours qu'il voulait ouvrir fut contestée à Louvain par ceux qui avaient la direction et la surveillance des hautes études. La faculté de théologie fut d'avis de lui retirer l'autorisation de professer, en invoquant non-seulement des désordres qu'on lui reprochait et des doutes qu'on avait conçus sur son orthodoxie, mais encore la non-opportunité d'une leçon d'hébreu rétribuée qui fût inscrite dans le programme des études (1). Voici le texte latin , ne portant point de date , de la décision prise par la faculté et rédigée sur son ordre par son bédeau, Gérard Rivius (2).
« Facultas sacra theologiœ Lovanii , super professione Josephi Barbati Arabis consulta, respondet illam suo judicio continuandam non esse.
» Quia professor ille ob confessatum rectori concubinatum ab eodem pœnitentiam accepit.
» Deinde quia de christiana ac catholica fide ipsius non sic informata est, ut secura sit ipsum esse catholicum.
(4) Nous avions présumé antérieurement qu'on n'aurait pas laissé établir une seconde chaire d'hébreu à côte de celle de Valère André (Mémoire hist. et litt. sur le collège des Trois- Langues , p. 355).
(2) C'est probablement l'imprimeur de ce nom , Gérard Van Rivieren , qui avait mis son nom au Spéculum de 1015 et la vignette du Pégase qui était son enseigne.
» Denique quia professio ipsius supervacanea est, eo quod Lovanii ex fundatione Buslidiana sit et actu exerccatur professio hebraea , paucis illius linguae sludiosis sufficiens , eo magis quod apud religiosos hebraea lingua etiam doceatur. Est eliam prsefata Barbati professio importuna , quia horis totius pene diei pcr alias professiones occupatis , professioni arabis vix reperitur commoda hora.
» De mandato eximiorum dnorum meorum decani et cœtcrorum magistrorum regentium,
» GerardusRivius, dictœ facullatis bedellus et notarius per concilium Brabantiaî admissus. »
L'avis de la faculté de théologie fut porté au conseil privé, au moment même où l'abbé de Park, consulté à cet effet , déclarait inopportune toute allocation destinée à l'enseignement des langues orientales, ou à la fonte de caractères étrangers, en présence des demandes de subside déjà faites pour d'autres chaires , entr'autres dans la faculté de médecine. La lettre de l'abbé qu'on va lire (i) fait allusion en outre à l'insuccès des essais de Joseph Barbatus pour réunir des auditeurs depuis son arrivée à Louvain.
(I) Cette pièce cl les deux suivantes fout partie de la liasse 4M des archives.
« Au conseil privé.
» Amplissimi Domini.
» UtlitterisAmplmVestrarum, in causa Josephi Barbati arabis, 17 hujus ad me scriptarum , satisfaciam : AmplitudinesVestraesciredignabuntur,quodquamvis non videatur ambigendum quin ad lam cclebris Universitatis uti Lovaniensis est, splendorem pertinerel, habere orientalium quoque linguarum, ut cruditum, ita et cordatum, sedulum , probatœque lidci professorem; quod tamen non sine maxime diflicultate, ab ordinibus, pro Barbato qucm ad illas linguas docendas ordines assumpserant, et modo, ob certas causas, Ampl. Vestris notas, dimiscrunt, certum stipendium obtineri poterit tum quod novissimo augmento, quod professionibus , auctoritate Serral Principis, pro bono publico addiderunt, satis, imo et nimis sint gravati, tum etlam, quod pro dotandis lectionibus in facultatcmcdica, in nupcravisilalione, pcr Serum Principem, necessariocrectis, apud eosdem status agatur, nullaque sit apparentia, quod et has et islam dotabunt; ita ut vel supprimendoe sint duos istœ medlcœ, quarum una est institutionum, altéra vero Analhomiœ et Bothanicœ, vel Orientalium linguarum professio, non resumenda; tum denique quia non videtur istius orientalium linguarum professionis nécessitas vel fructus, non nécessitas, si de Hebreà agatur quia jam plures habet professores, non fructus, si de aliis orientalibus loquamur, quia eas nec docet nec docuit, et cum eas doccre conatus est non habuit auditorem : ut autcm in iis linguis,
aliquid edat, nec hoc potcst quia, ul libellus ejus supplcx habet, ad caractères faciendos, désuni artifices. Cum igitur non videatur hic reperiri pregnans nécessitas vcl evidens utilitas , non apparet etiam quod ordines facile inducentur ut publicam pecuniam, ad professionem non omnino requisitam, applicent sicut nec forsitan tuto possent. Ut aulem hoc faciant pro solo Universitatis splendore, non videtur causa satis gravis, presertim cum patria tam multis, magnisque debitis, sit onerata,ut Amplnes Vestrae norunt. Quare propter has, aliasque perplures rationes, competentis, certique pro orientalium linguarum professione, stipendii assignalio, indubie non parvam apud ordines, si proponatur, habitura est difflcultalem et verosimililer nullus oblinebitur consensus. ïdeoque Amplitnes Vestrae perpendere et pro sua prudentia dijudicare poterunt, quid hac in re pro auctoritale Sermi Principis, et bono publico fieri expédiât quorum prudentissimo judicio cuncta submittens, oro, rogo Dcum opt. max.
» Amplissimi Domini
» Ut Amplitne» Vestras
nobis patriœquc nostrae diulissime gralia sua incolumes florenlesque servare dignelur.
» Ampum vestrura ad omne obsequium promptissimus, F. Joannes abbas Parcen. »
» Ex Parco 21 octobris 1617. »
Éclairés par la susdite lettre, les membres du conseil privé proposèrent au prince de congédier Barbatus, et de le recommander h l'empereur d'Allemagne. C'est ce qu'on va voir dans la lettre ci-après :
c< De ceulx du Conseil privé du 4e de novembre 1617.
» Monseigneur,
» Ayans suyvant le commandement de V. A. S. demandé l'advis du prélat du Parcq sur la requête de Joseph Barbatus d'Arabie , il nous a respondu ce que V. A. S. sera servie vcoir par sa lettre cy-joincle; le contenu de laquèle avecq l'cscript de ceulx de la faculté en théologie à Louvain allant aussi quant et ceste , ayant par nous esté veu et examiné; il nous semble que, pour les raisons y reprinses, V. A. S. pourra bien licentier ledict Barbatus et luy donner .quelque mot de recommandation à S. M. I. Et si en subvention des frais de son voyaige V. A. S. désire luy accorder quelque gratuité, nous le remettons à son bon plaisir, prions Dieu donner à V. A. S., Monseigneur, très-longue et heureuse vie.
» De Bruxelles le, A de novembre 1617.
» De V. A. S. très-humbles et très-obeyssans serviteur vassaulx et subjeetz les chef président et aultres de son conseil privé.
» GOTTIGNIES. »
Peu après ordre fut donné par l'archiduc de fournir à Barbatus la somme de 500 florins pour les frais de route de celui-ci du Brabant jusqu'à Prague. La pièce adressée à de Robiano est ainsi conçue :
« A M. de Robiano.
» Du ix de novembre 1617.
» Monsieur S. A. a donné permission à Josephus Barbatus ayant enseigné les langues orientales en l'université de Louvain , de se pouvoir retirer vers Prague. Et pour faire son voyage luy at accordé une ayucta de costa de cincq cens florins une fois; de quoy elle m'a commandé de vous advertir pour faire despcscher les ordres nécessaires afin qu'il en soit payé promptement.
» FRITEMA.
» De Tervueren, 9e de novembre 1617.»
On croirait aisément que Barbatus fit un séjour assez long dans les états de l'Empereur, et qu'il y laissa le manuscrit de son abrégé de grammaire arabe daté de 1620, dont parle Lambecius comme conservé à la bibliothèque de Vienne. Maintenant qu'on connaît les circonstances dans lesquelles il a abandonné les Pays-Bas, on ne peut guère s'étonner que Valère André et nos autres écrivains du même temps n'aient fait aucune mention ni de la courte apparition de cet hébraïsant étranger ni même du lexique qu'il avait fait imprimer à Louvain.
La plupart des biographes admettent que Barbatus
est entré vers la fin de sa viedans Tordre des Jésuites, comme nous l'avons constaté dans la Note citée; mais on a lieu de supposer à cet égard une méprise bien des fois répétée , provenant d'une fausse indication bibliographique, parce que les catalogues de la Compagnie de Jésus en plusieurs pays (Angleterre, Autriche, Flandre, etc.) gardent le plus profond silence sur notre personnage (1). •
(4) Voir la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, IV série, Liège, 1858, pp. 2-3. —Voir ibid., l'art, de J. B. Martigoac , S. J. Bibl. I* série , p. 482.
APPENDICE A LA NOTICE SUR LE DOCTEUR ET PROFESSEUR EN MÉDECINE HENRI JOSEPH REGA.
Les Analectes de 1840, num. 3 p. 1 {Annuaire 1840, p. 159) renferment une notice sur la vie et les ouvrages du célèbre Rega par feu M. le professeur Martens. La notice a été suivie d'un supplément imprimé dans les Analectes de 1847, num. 10 p. 61 (Annuaire 1847, p. 2)7), extrait de l'éloge historique de Rega lu, en 1843, à la séance publique de l'Académie royale de médecine par le même professeur. Un élève distingué de l'Université catholique, M. le docteur F. J. Malcorps de Louvain, a aussi consacré un remarquable travail à cette gloire de l'Université : Hega, sa vie et ses ouvrages ; Louvain 1846 , f?/-8°.
Comme appendice à ces travaux, et surtout comme souvenir d'un pieux usage observé autrefois nous, reproduisons ici la carte mortuaire publiée en 1754, à l'occasion du décès de l'illustre professeur. Pareilles cartes, qui nous fournissent souvent de précieux renseignements historiques, valent bien ces froides et banales lettres de faire part usitées aujourd'hui.
« Anno reparataî salulis millesimoseptingentesimo quinquagesimo quarto, die 22 julii, consuetis Eccle-
siae sacramentis ad aeternitatis viam praemunitus, in Domino obdormivit perillustris, amplissimus acclarissimus dominus dominus Henricus Josephus Rega, medicinae doctor ac professor primarius, nec non serenissimae ac celsissimae principis Mariae Elisabethae Belgii Austriaci, du m viveret gubernatricis etc. Consiliarius et archiater. Natus est vir amplissimus Lovanii 26 aprilis 1690 et in ecclesia S. Quintini baplizatus. Parentes habuit inter insignes hujusce civitatis cives, ut ampla re familiari, ita et avita pietate conspicuos, Petrum Rega et Chrtitinam Van Herrebergerij qui sub oculis suis in timoré domini educatum, simul humanioribus discxplinis institui curarunt in gymnasio SS. Trinitatis, percelebri purioris litleraturse et morum schola. Ubi in omni parte ita profecit ut in graecis aequè ac latinis semper primas retulerit, et morum inlegritate caeteris praeluxerit. Tum in celeberrimo paedagogio Porcensi philosophiae operam dédit ; ejusque principiis, rationalibus et experimentalibus maturè allectus, mox totum medicinae se impendit. Ea sagacitateet felicitate ut fisci et decani munere perfunctus et 7 aprilis 1712 licentiae gradum adeptus, jam tum spem faceret tanti viri, quantum aliquando haec aima Universitas poss'edit. Itaque ut huic astrictus maneret, 24 maii ejusdem anui, per mortem expertissimi D. De Lucq, amplissimi DD. Consules hujus civitatis eum canonicatu secundae fundalionis in D. Pétri et lectione eidem annexa donarunt. Haec prima promotio ardentes ipsi in studia animos dédit, ut Parisios
( no )
se contulerit et brevi in anatomicis , chirurgicis et chemicis perfeclus evaserit, et rarissimo exemplo, ea state tractatum illum composuerit de Sympathia seu consensu partium corporis humani, qui nulli eorum, quos postea cdidit, elegantia, ordine aut doctrinâ cedit. Anno 1716, in locum D. De Raedemaeker chemise lectionem obtinuit et 22 februarii 1718 cum Claris. Favelet et Dfarez, doctorali laurca est condecoratus ; eodemque anno ad lectionem anatomise pro paucis mensibus et 11 septembris defuncto Claris. D. Peeters, per magistratum Lovaniensem ad lectionem primariam promotus. Subsequenti anno, cum oetatis trigesimum nondum attigisset, fasces academicos rector gessit, eosque ad summum academiœ bonum 1722 iteratô assumsit. His honoribus adaucla viri fama, medicae praxeos exercitio latè percrebuit. Ncmpe cum in eo œqualem habuerit neminem, seu consultationes per litteras, ex dissitis aequè ac vicinis regionibus seu confluentes undique domum ipsius infirmos : seu quos in hac urbe et omnibus circum provinciis visitabat decumbentes considères. Artem verb Iiberalem ita exercuit liberaliter ut sostrum negiexerit saepe et recusaverit : tenuioris verb conditionis hominibus et egenis aequè ac divitibus presto, prseter arlis auxilium, crumenae suaeopem largissime semper affuderit. Memor illius: Beatus qui inteltigit super egenum et pauperem , in die mata liber abit eum Dominas.
»Sub tanto tamen praxeos labore, studium seu medicum, seu litterarium numquam neglexit. Testa-
( Hl )
tur hoc aviditas illa librorum et in eos impensa , quibus omnes Lovanii longo intervallo superavit : Testatur amplissima et selectissima bibliotheca, in qua nullus repositus liber , quem non prœviè pervolverit : testatur illa quam typis mandavit generalis medendi methodus, aîiique plures volumitie quidem sed non utilitate minores tractatus. Diligenliam verô ejus et exactitudinem in docendo et scholam medicam dirigendo, quis ignorât? Ut tam crebro evocatus, itinera sua sic semper disposuerit utnumquam lectioni deesset : ut exhaustus studio et labore quoad potuit extremo etiam morbo cathedram ascenderit : donec alienae valetudini magis sollicitus quam suœ, omnibus inserviendo consumptus sit. Laboriosissimi viri scientiam et sedulitatem, remunerare volens serenissima et celsissima princeps, archidux Maria Elisabetha anno 1740. Eum in consiliarium et archiatrum assumsit et effigie sua gemmis adornata condecoravit. Uti et ab annis, celsissimus princeps Carolus Lotharingiae, Belgii gubernalor, et celsissimus princeps de Lichtenstein eum transmissâ suâ effigie honorarunt. Scilicet ut pro meritis illud scripturae experiretur : Disciplina medid emltabit caput iilius et in conspeclu magnatum collaudabitur.... A rege accipiet donalionem.
» Vere per Belgium non solum nostrum, sed et per alias provincias innumeri eum magnâtes in pretio habuerunt et non solum celebriores Europse medicif sed et summi Ecclesiae et reipublicae proceres, ejus et oretenus et scriptis commercium honoris magis
quam segritudinis causâ magni faciebant. Quae res quanto bono fuerit et urbi et universitati , quoties imminens damnum et extremas calamitates, ut mipero bello averterit, ne nimiùm recrudescat dolor, quem tanti viri jactura infligit, silenlio est praetereundum. Sane longiori aevo dignissimum amisimus, qui toties splendidiorem forlunam à potentissimis etiam regibus sibi oblatam suo erga patriam et academiam amori postposuit : qui seientiâ, fortunâ, honore celebris, morum comitate animi obsequio, humanitate officiosissimâ , in negotiis gerendis summa prudentiâ, talem se praestitit ut charus et honoratus esset omnibus : qui totâ vilâ de omnibus bene meritus, ut post obitum prodesse numquam desinat, decem millia florenorum cambialium pro binis bursis, medicinae potissimum destinatis, et alia duo millia bibliothecae Universitatis legavit. Sic sua virtuti stat immortalitas. Sic memoria ejus in benedictione perpétua apud nos erit : at quod summum, meritorum et laborum prœmio apud Eum, apud quem est fons vitœ, jam eum frui confidimus. Si quid tamen obsistat, preces vestras et sacrificia postulamus ut aeterna quantocyus Requiescat in pace. »