‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 5 sur 49 · État actuel des fondations du collège · texte numérisé non relu

État actuel des fondations du collège

On sait que, pendant notre réunion à la république française, un arrêté de l'administration centrale du département de la Dyle, en date du 4 brumaire an VI

(25 octobre i797), ordonna que l'enseignement cessât à l'université de Louvain, et qu'un autre de la même autorité du 18 du même mois (8 novembre) supprima les collèges annexés à cette université. Toutefois par application de la loi du 25 messidor an V, relative aux bourses d'études, le gouvernement conserva les biens de ces collèges à l'instruction publique et fit créer à Louvain une commission administrative pour les régir.

Cet état de choses dura environ deux ans et demi ; alors l'arrêté des consuls du 19 germinal an VIII (9 avril 1800) vint réunir sous l'administration du Prytanée français tous les biens provenant de l'université de Louvain. La gestion de ces propriétés et surtout l'entretien des bâtiments entraînaient de grandes difficultés. Pour simplifier ce service, la loi du i8 pluviôse an XIII (26 janvier 1805) autorisa le gouvernement à vendre les immeubles du Prytanée. Les biens de cette catégorie qui étaient situés en Belgique furent alors aliénés : le 17 septembre 1806, les bâtiments et le jardin du collège de Mons furent vendus pour la somme de 12,100 francs ; le 1er et le 15 octobre suivant, les autres immeubles du même collège furent aussi vendus. Le prix qui en provint fut versé à la caisse d'amortissement et employé en rentes sur l'État en faveur de l'instruction.

Après l'établissement du royaume des Pays-Bas, diverses mesures réparatrices furent prises dans l'intérêt de l'enseignement supérieur. D'abord, l'arrêté royal du 5 octobre 1816 fit un appel à ceux qui

avaient droit aux bourses de fondations et celui du 26 décembre 1818 posa les principes pour le rétablissement de ces bourses, dont la dotation était alors généralement en la possession du domaine.

Un arrêté ministériel, en date du 6 février 1822, affecta les débris de la dotation primitive de Jean de Biévene à une ou deux bourses pour l'étude de la philosophie, de la théologie, du droit ou de la médecine, en faveur des Belges en général. Le ministre de l'instruction publique s'en réserva la collation ; actuellement ces bourses sont conférées par le ministre de la justice pour les études ecclésiastiques et par le ministre de l'intérieur pour les autres études. Cette fondation est régie par un administrateur-receveur qui réside à Louvain et elle a pour proviseurs les curés des églises de Sainte-Gertrude et de Notre- Dame-des-Fiôvres en la même ville. En 1855, elle possédait diverses rentes d'un revenu de 503 fr. 44 c.

Le même arrêté du G février 1822 rétablit les fondations Leclercq, Malvoisin et Sauvaige.

La fondation Leclercq se compose d'une bourse de théologie, en faveur 1° des parents du fondateur et 2° des habitants de Mons et des natifs de Taisnièressur-Hon, à la collation du bourgmestre, du premier échevin et du secrétaire communal de Mons. Ses revenus s'élevaient en 1855 à 287 fr. 44 c.

La fondation Malvoisin fut réduite à une bourse pour les humanités, la philosophie et la théologie, en faveur des parents du fondateur, des habitants de Mons , de Petit-Rœulx et d'Opprebais, de ceux de

Roux-Miroir, de Lpngueville et des lieux voisins, de ceux du Brabant wallon, enfin, de ceux de Soignies, d'Ath et du Hainaut. Les proviseurs de l'ex-collége de Mons en ont la collation : en 1855 , son revenu était de 392 fr. 97 c.

Les trois bourses de la fondation Sauvaige furent maintenues : la première est conférée par le curé de Saint-Pierre à Louvain , en faveur des enfants de chœur de cette église; la seconde par le curé de Sclain (province de Namur ) en faveur des enfants de chœur de cette église , et la troisième par le chapitre de Tournay, en faveur des parents du fondateur ou d'élèves natifs du diocèse. Un arrêté royal du 9 septembre 1854 statua qu'à défaut de choraux de l'église de Sclain, la seconde bourse Sauvaige peut être conférée à d'autre3 élèves nés ou domiciliés à Sclain et faisant leurs études en philosophie ou en théologie. La fondation du chanoine Sauvaige avait en 1855 un revenu de 1 ,369 fr. 65 c.

Page 1