‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 3)Chapitre 11 sur 19 · ART · texte numérisé non relu

ART

Ceux desdils régens , sous-régens ou professeurs qui contreviendront aux articles un, deux, trois et cinq dudit arrêté , seront sur le champ remplacés, et dénoncés à l'accusateur public près le tribunal criminel du département, pour procéder contre eux suivant la rigueur des lois.

art. 7.

Charge le commissaire du Directoire exécutif et les officiers de police judiciaire, de prêter la main chacun à ce qui les concerne pour l'exécution dudit arrêté , à l'clfct de quoi il sera imprimé , lu, publié et affiché partout , où besoin sera.

art. 8.

Tous les instituteurs et institutrices de cette commune seront pareillement tenus de donner congé à leurs écoliers les jours de Décade pour toute la journée, et les Quintidi l'après-midi seulement.

Jfcf. Thielcm, président.

IV. Lettre du commissaire du Directoire exécutif au recteur de Wnivcrsité.

Louvain le 9 Brumaire an V de la république.

Le commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale à Louvain

Au citoyen recteur magni6que de -l'Université de Louvain.

Je vous envoie, citoyen, cinquante exemplaires d'un arrêté de la municipalité du 6 du courant, concernant les congés qui doivent être donnés aux étudians. Vous voudrez bien en faire passer un exemplaire à chacun des régens, sous-régens et professeurs des collèges de cette Université , pour leur servir de gouverne. Vous mettrez de votre côté toute l'activité possible pour les leur faire parvenir aujourd'hui, aûn qu'il puisse être en exécution dès demain, et vous requiers de me donner avis de tous ceux qui refuseront ou qui s'opposeront à son exécution, afin que je puisse être à même de les faire remplacer et de poursuivre les auteurs de cette contravention, sans quoi vous seriez exposé vous-même à des recherches qui deviendraient désagréables.

Salut et fraternité, Godfrin.

V. Lettres à ceux de l'Université , extraites d'un registre aux résolutions de V administration municipale de la ville de Louvain.

Séance du 11 Vendémiaire an V.

Le commissaire du cinquième bureau fait adopter les lettres suivantes, pour faire chômer les Décades aux étudians :

1° A ceux de VUniversilé.

Citoyens,

Vous voudrez bien, en ouvrant votre nouveau cours d'études, vous rapprocher tant soit peu des institutions républicaines, en chômant les jours de Décade , au lieu du jour académique , que jusqu'ici vous observiez le Jeudi de chaque semaine.

Salut et fraternité.

2° A ceux de la faculté des arts.

Citoyens,

Votre cours de philosophie va s'ouvrir; vous voudrez bien vous rapprocher, tant soit peu, des institutions républicaines , en chômant les jours de Décade tout entiers, au lieu de vos congés du Mardi et du Jeudi, que vous accordiez jusqu'ici. Vous pourrez néanmoins faire étudier les philosophes depuis neuf heures jusqu'à dix heures et demie du matin.

Salut et fraternité.

3° Au régent et aux professeurs du collège des

Humanités.

Citoyens ,

Vous voudrez bien, en ouvrant votre nouveau cours, vous rapprocher , tant soit peu , des institutions républicaines , en chômant les jours de Décade tout

entiers, qui remplaceront les demi-jours de congé du Mercredi et du Vendredi. Vous pourrez néanmoins faire étudier les humanités le matin depuis neuf heures jusqu'à dix heures et demie.

Salut et fraternité.

VI. Résolution relative aux réclamations des éludians , extraite d'un registre aux résolutions de V administration municipale de la ville de Louvaïn.

Séance du i6 Brumaire an V.

Un membre fait adopter l'arrêté suivant sur les différentes pétitions des étudians réclamant contre le règlement qui ordonne de chômer le calendrier républicain.

Vu par l'administration municipale de Louvain la pétition des exposans ;

Considérant qu'aux termes de l'article 564 de la constitution française, aucune pétition ne peut $lre présentée aux autorités constituées, qu'elle ne soit présentée individuellement ;

Le commissaire du Directoire exécutif entendu ;

L'administration renvoie les exposans à se pourvoir conformément à l'article de la constitution précité; leur faisant défense de ne plus à l'avenir y contrevenir sous lès peines de droit.

(Signé) M. Thielens, président.

VII. Lettre des régens , professeurs et sous-régens des pédagogies et du collège de la Ste.-Trinitê à V administration municipale de Louvain.

Citoyens administrateurs,

Nous vous exposons respectueusement qu'ayant , en Vendémiaire an II, repris nos cours respectifs d'études ensuite de la lettre du représentant du peuple Haussman, nous avons continué jusqu'à présent de la manière accoutumée et d'après nos règlemens antérieurs de discipline et d'étude, auxquels il n'avait été rien innové; que votre arrêté du 6 Brumaire dernier nous prescrit des dispositions qui altèrent essentiellement l'ordre suivi jusqu'à présenta la satisfaction des parens et au plus grand avantage des élèves.

Il est dit à l'art. I : « U sera donné congé à tous » les étudians de l'Université de cette commune tous » les jours de Décade et de fôtes républicaines, depuis » six heures du matin jusqu'à neuf heures du soir ; » et tous les Duodi, Quintidi et Septidi , depuis deux » heures jusqu'à six du soir. » Cet article porte atteinte au droit de régler la discipline intérieure des collèges, qui doit incontestablement résider tout entier dans les mains des supérieurs préposés à ces établissemens ; car ils y représentent les parens qui leur ont conûé leurs enfans et les ont rendus dépositaires de leur autorité paternelle pour diriger leurs études et pour veiller à leur conduite. Comment ces

préposés pourraient-ils remplir ce devoir sacré, si les étudians étaient soustraits pendant des journées entières, même en hiver, depuis six heures du matin jusqu'à neuf heures du soir à leur inspection? Quels parens voudraient ainsi laisser leurs cnfans à l'abandon?

Nous professons tous de môme que nos étudians la religion catholique, qui nous prescrit l'observation du Dimanche et des fêtes de l'Église. Si nous ajoutons à ces jours essentiels de congé ceux déterminés par l'arrêté, ce nombre extraordinaire ne pourra être que très-préjudrciable au bien de leurs études, et nous ne doutons pas que, dans ce cas, les parens ne les rappellent ; ce qui ne manquerait pas de répandre l'alarme dans tout le pays, et d'occasionner une grande perte pour la commune de Louvain.

Il n'y a d'ailleurs aucune loi qui oblige les citoyens à observer certain jour de repos , surtout dans l'intérieur des maisons ou collèges. Rien ne peut donc nous astreindre, non plus que nos étudians, à nous abstenir des exercices académiques les jours de Décade ou autres jours. Nous ne nous refusons pas cependant à accorder congé certains jours de réjouissance publique ; mais cette détermination doit appartenir aux régens et aux professeurs préposés à cet établissement.

Nous attendons, citoyens administrateurs, de votre zèle pour le bien public et en particulier pour le bien des études et des mœurs, que vous voudrez bien ne donner aucune suite audit arrêté.

( 97 ) Louvain, 18 Brumaire an V.

Signé : P. T. Verhaegen, régent du Château.

P. S. Van Gobbclschroy , régent du Lys.— A. Simons, régent de la pédag. du Porc— J. B. Licbart, prof, au Lys. — J. JF. Hœvclman , prof, au Château. — JJf. J. Berger, sous-régent au Porc.— F. Kindcrmans, prof, au Porc — C. A. Lauwcrys, prof, au Lys. — C. Bayard, prof, au Porc— M. J. Ledoux, prof, au Château. — D. De Cupere, prof, au Nouveau-Collège. — J. F. Van Brabant , prof, au Nouveau-Collège. — J. M. Fan der Heyden , prof, au Château. — J. T. Corselis, sous-régent au Lys. — M. Lamal, prof, au Nouveau-Collège. — J. F. Laenen, sous régent au Nouveau-Collège.— £. Dclzenne , prof, au Château.— F. De Volder , prof, au Lys.

Vil!. Disscrlatio quâ oslcndilur non esse acquicscendum deercto municipalitalis Lovanicnsis (1).

Non posse licite Univcrsilatem acquiescere deercto seu proposilioni municipaUtatis, stabiliri videtur scquentibus rationibus.

(i) PfoufcrojOD* que cetle dissertation a été rédigée par le docteur Van de Velde. Nous possédons nue copie authentique d'un autre travail tr« «-étendu sur l'affaire en question , dû à la plume du même écrivain , et portant pour titre : 'Avisamenlum in mattria jidei et morum % Magn. D. Reelori ac Univcrsitati Lovaniensi exhibilum. Ce me'moire , MS. de 76 pagrs in-fol, , porte ia signature de tous les membres de la faculté de théologie.

Invitatur Universitas, ut eo facto accédai seu fantispcr approximct institutionibus reipublica?. Indubium autem videtur, quin institutiones hisce verbis indicatae, et signanter haec ipsa institutio festorum decadalium in origine suâ et in ipso adhuc hodierno usu impia sit, fidei et moribus christianis infesta; oui proin Universitas accedcre , salvâ conscientiâ, nullatenus potest.

In origine suâ conventum nationalem hosce dies festosad 6nem impium instituisse , praxis et eventus ostendunt. Finis ille scilicet erat,ut hoc novo kalendario novisque fcstis obliteraretur cultus et memoria dierum dominici et festorum catbolicorum y ulque hisce ilii substituercntur , seu ( quemadmodum psalrnista ait ) ut quicscerc facerent impii dies festos Dei a terra.

Hune finem non tacuerunt ipsi institutores ; non tacuit ipseinventor suicida Romme (1). Testes sunt

(i) Gilbert Romme, né en 1750, députe à l'Assemblée législative en 1791 , et â la Convention en 1792. Placé au faîte de la montagne conventionnelle , il fit adopter au mois de Septembre 1793 le nouveau calendrier , dont il avait reçu le plan de l'astronome Lalande , mais qu'il voulut perfectionner : la dénomination des mois fut imaginée par Fabre Eglantine. Le 18 Juin 1795, Romme fut condamné à mort avec plusieurs de ses collègues. Ils étaient six , et se poignardèrent après avoir entendu leur condamnation. Romme a publié l'Annuaire du Cultivateur , espèce de commentaire sur les dénominations de légumes « d'animaux etc., substitués aux noms de» saints dans le calendrier républicain.

ctiam Jacobinorum, sect© eo tempe re dominatum lenentis, clamores. Quum enim post mortem Robespierre Bliquanto liberior exurgerct in Galliis dominici diei cul tus, indignabantur il li , menlionem iterum iicri ac cultum dierum dominici et feslorum , et conquerebantur adhuc adorari Deum Vendœorum (le Dieu de la Vendée), blasphemâ hâc querelâ adorandum salvatorem nostrum désignantes.

Adde, cultum illum, ad quem festa illa in origine instituta sunt , co ipso falsumesse, perniciosum et impium, quoda Deo institutus non sit, el cultui a Deo instituto adversetur. Ne quis itaque eiistimet hanc celebrationem festi decadalis actibus indifferenlibus adnumerandam esse. Ex perverso sibi intrinseco One, qui objecti naturam induit, perse mala est.

Sed et hodiernum usum illorum festorum, licet jam ad mère civilia, ex eorum verbis , restrictus sit, ad in fi de! il a loin et morum subversionemdirigi salis patet.

Conventus , qui illis maxime diebus eclebrantur, praelerquam quod sacras ecclesiae profanationem directe importent , scatent insuper blasphcmiisdetcrrimis, ut patet ex orationibus inibi habitis et publicae luci tradilis (1). Dein illa festa ut plurimum consecrantur ludis scenicis aliisque omnigenis morum pestibus.

Et hinc exurgit altéra ratio invitationi non obsequendi.

(i) Nous possédons un recueil très-rare de tons les discours qui furenl prononcés au temple de la Raison , établi dans l'église paroissiale de Si.- Michel. Vojez les Analtcles de i 8 .\i , p. 175.

Oigitized

( ioo )

Universitali , utpote juventulis sibi concreditae morîbus ac Cdei in.igilandi minière parentum loco obstrictae, incumbit occasiones et pericula perversionis non modo non suppeditarc, sed et pro viribus avertere et pravidere. Quantam autem acquiescendo invitationi non dicam corruptionis conniventiam , sed animum adderet juventuti , nemo non videt. Suâ auctoritate academia ansaru prabcret frequentandi conventicula illa , seholas blasphemiœ , corruptionis officinas.

Sensere illud parentes nonnulli, quorum alii, dum proies suasmoderatoribusacademicis concrediderunt, exprcssam banc condilionem adjiciendara putarunt, ut ordo instructionis et disciplina non mutaretur. Alii dcfectu asseveratœ hujus conditions proies suas Universitali et subversionis periculo subduxerunt : Sentiet et brevi, ut verendum est, ipsa academica juventus, quaî hâc Universitatis expressâ conniventiâ ultra fas abusa, in omnes corruptionis et impietatis laqueos proruet. Teslis protervus illc juvcnis, qui non ignorans compcdes et rémoras, quibus jam nunc disciplina academica irretitur, invito suo praesidc théâtrales scenas fréquentât, et blasphemâ fronte suo subrcgenti declaravil , nolle amplius se trcdium missaî audiendae subire, eiigere se proinde ut nomen suura alumnorum catalogo expungatur.

Eo magis autem verendum est, ne in omnem hanc corruptionem proruant alumni non pauci, quod non ignoremus , nec ignoret ipsa juventus , in huncfinem

( ioi )

postulari vacationem decadalem , ut frequentandis Ulis conventibus porta aperta relinquatur. Palet finis ille tum ex consilii departcmentalis rescriptis, quae innotuerunt, tum (obscure quidem) exliterisa municipalilate ad Universilatem datis, apertius autem ex iis quae ab eadem municipalitate ad Facultatem artium in hoc ipso negotio et pridem a Commissario Godfrin directs? sunt.

Et patielur, immo efficiet Universitas, ut pretiosa illa et prae omni alia innocens œtas , sanguine Christi redempta , sus fidei et cura? a D'eo , ab ecclcsiâ , a palrià, a parentibus concredila, evidenti illi subversions periculo exponatur ? Absit hoc a sollicité Matre ! Eo magis quod nullâ hactenus lege , nullâ jussione adstringamur. Invitât aut proponit municipalitas , non jubct, nec legem fert; quin, salvis reipublic® principiis , nec jubcre , nec legem ferre potest , cnuntiante jurium, ut vocant, humanorum (droits de V homme) articulo sexto : La loi est la volonté générale , exprimée pas la majorité ou des citoyens ou de leurs représentons. Et articulo septimo : Nul ne peut être contraint à faire, ce qu f elle (la loi) n'ordonne pas. Nulla autem hactenus lexinnotuit, quœ vacationem illam decadalem prœscribit ; uli nec eam observavit Universitas toto fere biennio, quq sub regimine gallorum exerciliis suis incunibit, ubi tamen baud dubie citata fuisset , et ad observantiam incussa, si exstaret.

Quod ergo scandalum (et hœc aîia ratio), quod scandalum, quis bonorum omnium clamor exurget ad versus Almamftelgii Matrem, si tam leviacta terriculamento ab orthodoxâ suâ et severà morum discipliné sponte recédât , et alumnos suos in tanta pericula conjiciat? Quee hinc ansa fidei hoslibus, omnes quaquaversum ludi-magistros, omnes humaniorum literarum directores et professores cxemplo Universitatis ad similia et forte multo graviora dedecora coarctandi ? Quœ alibi speranda constantia, si Belgii columna tanlillo sub onere fatiscat? Dum omne omnium ordinum ecclesiaslicos et laïcos pro juribus , quœ sibi esse credunt , tam spiritualibus quamteraporalibus tuendis infractos videmus et constantes , nostrum indubie non est, in id nostro opère concedere , quod perniciosis fetum sequelis praevidemus, ad quod jure certè nullo cogi possumus, immo ad quod lege haetcnus nullâ , nec pratensâ quidem , adigimur.

Levior hisce momentis est ratio illa, quod ex perturbato solito exercitiorum academicorum ordine detrimentum literarum progressui nasciturum praevideatur. Levior , inquam , haec ratio prœfatis momentis videri potest, gravis tamen satis, ut, si etiam jubeamur, haec ipsa ad declinandam obsecundationis calamitatem allegetur.

Verum mala ex negatâ obedientiâ sequentur gra-

vissima!... Hactcnus intentata non sunt, neque in omnibus hodiernis negotiis exemplum est, ubi constantia constanli delrimento fuerit. Verumesto, sequantur. Non ex negalû obsecundalione sequentur sed ex malitiâ inlligentiurn.

Cœteruman ex bac connivcntiaservandamincolumem Universitatem spcremus? Nemo tain incredulus. Si persévèrent et progrediantur patria? calamitates, aut pereundum erit, aut quibusvis iniquilatibus, priraam hanc prœvaricationem secuturis, turpiter obsecundandum. Et, ubi sanorum semel principiorum limites transgressi , in bac pcrversû connivendi via pedem trementes tulimus, ubi hœrebimus, et in quœ dedecora non deferemur?

Si itaque pereundum est, pereamus stantes pro sanctâ fide nostrâ, pro moribus antiquis , p rubis, chrislianis! Usée posthuma etiam gloria Universitatis tumulum omet, non sua ignaviû, sed suorum fideique hostium ictibus ruptam non flexam concidisse.

DÉCRET ACADÉMIQUE DU 30 JUIN 1761 , PORTANT DÉFENSE AUX ÉTUDIANS DE FRÉQUENTER LE THÉÂTRE.

Nos Reclor et Univcrsilas Slwlii generalis Oppidi Lovanicnsis , omnibus has visuris vcl Ici audituris salutem.

Majoribus nostris ab ercctâ Universitate nihil umquam sanctius magisque cordi fuit, quàm mores studios® juventutis patemis suis monitis , variisque salutaribus ordinationibus ita instiluere, ut ad il lu , quso aliquandooccupabit munia, aptissima et capacissima redderctur.

Quod quidem ad haec usque tempora ita féliciter geslum est, ut de filiis suis, in primariis Ecclesiœac Ueipublicae dignitatibus fulgenlibus, merilô adhuc hodie sibi applaudat et glorietur Aima Mater, qua* ipsis sumrnis Pontificibus ac supremis Principibus Belgii veluti Virlutis ac doclrinœ schola semper summo in pretio fuit habita, coque titulo \ariis privilegiis et fuvoribus illustrala.

Hanc porrô laudem et famam débet Universitas exaclissimae disciplina?, cui constanter servandœ majores nostri omnem operam impenderunt : quorum cxemplis et vestigiis libenlcr insislimus , arbitrantes banc esse ofiicii nostri partem longé nobilissimam ,

rcctœ juventutis institut ioni , à qua Salus Publica pendet, omni curâ et conalu invigilare , eaque in [i ri mis remoYerc impedimenta, quœ juventutem academicam studiorum causa ad nos missam , ab iisdem posscnt avocare.

Non itaque sinè maximo animi mœrore advertimus, sludiosos nostros ad comœdias aliaque spectacula publiai hodiedum concurrérc ; atque ideô co magis ingemiscimus, quôd prospiciamus, imô jam pro parte experiamur mala, quae exinde , nisi tempestivè occurratur , primo quidem in juventutem et academiam nostram , ac deinde in totam patriam dimanabunt.

Juvéniles enim animi, theatrorum voluplate semel inescati, séria fastidient studia , improbumque réfugient laborem , sibi ad aîtiores scicntias acquirendas adeô nccessarium : alque bine flaccescet studiorum zelus, crescet ignorantia , peribit spes votumque parentum , qui et insuper gravatos se sentient expensis laudabilî ipsorum intentioni nocivis, quœ plurimos ab Universitate dclerrcre natae sunt. Quibus si adjicias, Juventutem nostram in periculosissimâ œtatis suœ periodo constitutam essc,vix diligenti parentum custodiâ clapsam , ac cujusvis impressionis capacem , fateri necesse est, nullam existere hominum classem, cui ex scenâ aliisque ipsam comitantibus tiraendum magis sit, quàm Académie® Juventuti.

Propter has et alias rationcs animum noslrum moventes plané persuasum nobis est, defuturosnos muneri nostro , si dissimularc pergamus, nec omui quâ poilemus autoritate malis illis obviemus. Quapropter

pnesenti ordinatione in perpeluum valiturâ serio admonemus studiosos omnes, eisque interdicimus ac prohibemus, ne sub quovis pratextu intersint comœdiis aliisve cjusmodi spectaculis , sub pœnû seplem florenorum ipso facto incurrendâ , aut aliâ graviori , pro casûs circumstantiis infligendâ : mandantes in hune finem Promotori nostro , ut per se et ministros suos exaclissimè invigilet, et contra venientes indilatè ad Nos déférât.

nâc autem occasione studiosos nostros, quantum possumus, exhortamur, ut attentiùs considèrent, paucos il lus annos , quibus in hâc Academiâ morantur, tolius vit» sus pretiosissimos esse , et ah illis non tantum suam, sed et concivium suorum, imô et ipsam Reipublicœ felicitatem dependere. Videant itaque quid Deo , quid Patriae , quid parentibus et sibi ipsis debeant. Animos sumant ingenuis adolesccntibus dignos, assiduoque iabore ac studio ad il la se aptent munia , quibus gerendis se noscunt destinatos. Concédant hoc Aimas Matri, ut et aliquando de ipsis gloriari possit, sicuti gloriatur hodiè de tôt illustribus viris , quos variis successivè temporibus Ecclesiae ac Reipublicœ peperit.

Dalum Lovanii sub Sigillo nostro Rcctorali et SU gnaturâ Secretarii noslri jurati hâc 50 Junii 1761. —De Mandato Z>. D. Mcorum. — Signât. G. A. Hendrickx Secret.

NOTE SUR UNE CRITIQUE PUBLIÉE EN 1765 CONTRE MGR. DE NELIS , LORSQU'IL ÉTAIT BIBLIOTHÉCAIRE DE L'UNIVERSITÉ.

Le savant évêque d'Anvers, Corneille-François De Nelis , lorsqu'il n'était encore que bibliothécaire de l'Université et président du collège de Malines, avait imprimé chez lui et seulement au nombre de six exemplaires un petit écrit philosophique qu'il intitula : Fragment sur les principes du vrai Bonheur ; discours à Lysimaque.De Y imprimerie académique 1763. C'était une pièce morale qui avait trait aux choses dont l'auteur parle dans le dix-huitième entretien de son Aveugle de la Montagne ( page 5 ), ou plutôt c'était un premier essai des Philarmonica ou de ces entretiens philosophiques sur l'idée et l'amour de l'ordre qu'il se proposait de publier un jour.

Un jaloux s'avisa de faire une critique de cet opuscule sous le titre suivant : Les deux Chrysippes , ou le Stoïcien démasqué, roman comique pour servir d'introduction à Vcssai de paraphrase de la nouvelle apocalypse du nouvel apôtre de Vamour , connue sous le nom de « Fragment sur les principes du vrai Bon- » heur ; discours à Lysimaque. » Selon la copie de l'imprimerie de VUniversitédeLouvain( 1765). Leydcn

( Louvain ) pour Henri Cosler, tn-8°. On croit pouvoir attribuer cet écrit à Jean François Verberght , de Malines, qui fut nommé professeur de philosophie à la pédagogie du Porc en 1754 , et qui obtint la chaire de droit canon, en 1766, et un canonicat de la seconde fondation à la collégiale de St. -Pierre. Il mourut à Malines, le 25 Novembre de la même année, d'une maladie de foie. Sa sanlé élait altérée depuis longtemps : cet état exerça une fâcheuse influence sur son caractère, et l'exposa souvent à tous les inconvéniens d'une humeur aigre et chagrine.

ï/auteur des Deux Chrysippes réimprima en entier le sujet du Fragment sur les principes du vrai Bonheur. Il y ajouta une paraphrase , ou pour mieux dire une parodie , et des notes qui blessaient toutes les convenances. Cette publication produisit à Louvain une impression pénible : l'intervention de quelques membres de l'Université engagea bientôt le gouvernement à supprimer tous les exemplaires de cette malveillante critique. Voici la dépêche adressée, à ce sujet , au recteur de l'Université :

« L'Impêiutiuce-reise.

c Vénérable, cher et bien-aimé. Nous venons d'être » informée, qu'on a imprimé chez le nommé Mas- » wiens, une petite production du bibliothécaire de 9 l'Université, Nelis , et ce contre son gré, et non 9 obstant ses oppositions. Et comme il importe de ne » pas tolérer un procédé si contraire aux lois, carac- . » térisé d'ailleurs par la passion et la méchanceté la

» plus outrée , nous vous faisons la présente pour

* vousdiro,àla délibération du SérénissimeducCharlcs . » de Lorraine et de Bar , notre lieutenant, gouverneur

» et capitaine-général des Pays-Bas, que nous voulons, » 1° Qu'à la réception des présentes vous fassiez

» casser et démonter toutes les planches de Pimpres-

» sion de cet ouvrage, chez ledit Maswiens.

» 2° Que vous fassiez saisir et enlever tous les ex-

» empîaires qui se trouveront encore chez rimprimeur

* ou chez les suppôts de l'Université, sans exception » quelconque.

j» .V Que vous preniez les mesures les plus efficat ces pour empêcher que personne ne s'avise d écrire

* ou de publier quelque écrit à ce sujet; ce que nous » ne verrions pas sans indignation , attendu la pro- » teclion particulière que nous accordons au bibliothé- » caire Nelis, à cause de sestalens, de son applica- » tion et de sa conduite.

» 4° Nous vous prévenons , que nous mandons » aussi au Mayeur de Louvain de concourir de son r côté à l'exécution de nos ordres, pour autant qu'ils

* sont de son ressort.

» 5o Vous nous ferez conster, dans deux jours, de » les avoir exécutés de votre côté, après quoi nous v donnerons nos ordres où il appartient , pour que j» l'imprimeur Maswiens soit poursuivi et châtié con- » formément aux ordonnances. A tant, vénérable, » cher et bien amé, Dieu vous ait en sa sainte garde. » De Bruxelles le 9 Janvier 1764.— Par ordonnança » de Sa Majesté : de Rcuh »

Conformément aux ordres du gouvernement, on procéda à la saisie du libelle. L'affaire n'eut poiut d'autres suites fâcheuses pour Fauteur et l'éditeur , car Nelis s'était empressé d'interposer en leur faveur, le crédit dont il jouissait à la cour.

Ce Fragment sur les principes du vrai bonheur , l'auteur le composa en 1760, à l'âge de vingt-trois ans, lorsque son âme tendre et généreuse semblait se complaire particulièrement dans l'étude de la philosophie platonicienne. Plus tard, pour charmer ses loisirs , il s'était procuré une petite presse typographique , avec laquelle il imprima en 1763 son Fragment, quoique le titre porte qu'il sortait de l'imprimerie académique. La critique que l'on publia contre cet opuscule, était d'autant plus injuste que l'auteur n'avait fait que sibi et musis cancre , et qu'il s'était borné à tirer six exemplaires destinés à un petit nombre d'amis intimes qui s'appliquaient avec lui à pénétrer les mystères de la philosophie ancienne.

En 17Q3, le pieux et docte prélat fit imprimer la suite de ces entretiens philosophiques , .qu'il intitula V Aveugle de la Montagne. Vingt années séparent cet écrit de son Fragment sur les principes du vrai bonheur. On voit, par une note du dix-huitième entretien , qu'alors encore il se souvenait des peines qu'on lui suscita si injustement à propos d'une première production de sa jeunesse.

Le même sentiment se reproduit dans l'édition de V Aveugle de la Montagne, imprimée à Parme , chez Bodoni, en 1795, et dans l'édition publiée à Uomc, en 1797 , in-4°.

TABLE

Nolicc sur la vie et les ouvrages de Philippe Verheycn , doc leur cl professeur de la faculté de médecine de VUniversité de Louvain. 1

Série historique des docteurs de la faculté de médecine; supplément aux fastes académiques de Valère André. 17

Notice sur Gaspar Moser, dernier président du collège de Bois-lc-Duc, à Louvain. 24

Rapports du docteur en théologie Jacques Jansonius avec le vén. cardinal Bellarmin. 33

Notice sur le collège de Houtcrlé. 56 §• I. Établissement du collège. ib»

§. //. Présidcns du collège. 63 §, III. État des fondations boursières. 70

Jean-François Grosse, ou un Premier en philosophie de VUniversité de Louvain , à Namur en 1715. 73

Documens relatifs aux mesures prises en 1796 pour forcer VUniversité de chômer les fêles républicaines. 84 I. Résumé historique extrait du Synopsis mon.

du docteur VandcVelde, t. III, p. 1119. ih.

IF. Extrait d'une lettre du ministre de la juslice sur V activité des Dimanches et fêtes et sur le repos des Décades. 86

I IL Arrêté de V administration municipale de la ville de Louvain, tendante à faire cfiômcr les Décades par VUnivcrsilé; extrait du registre aux résolutions. 87

IV. Lettre du commissaire du Directoire executif au recteur de l'Université. 91

V. Lettres à ceux de l'Université, extraites d'un registre aux résolutions de V administration municipale de la ville de Louvain. 92

VI. Bésolulion relative aux réclamations des éludians, extraite d'un registre aux résolutions de V administration municipale

de la ville de Louvain. 94 VIL Lettre des régens, professeurs et sousrégens des pédagogies et du collège de la Sic -Trinité à l'administration municipale de Louvain. 95 VIII. Dissertatio qud ostenditur non esse acquiescendum decreto municipalitalis Lovaniensis. 97 Décret académique du 30 Juin 1761 , portant

défense aux étudians de fréquenter le théâtre. 104 Note sur une critique publiée en 1763 contre Mgr. De Nclis, lorsqu'il était bibliothécaire de l'Université. 107

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