Le dix-huitième président du collège, JcanCobbcl
gierSy légua en 1666 un revenu annuel d'environ 568 florins, pour quatre bourses dont chacune en 1785 s'élevait à la somme de 70 florins. Ces bourses étaient établies, pour l'étude de la rhétorique, de la philosophie et des sciences supérieures, en faveur 1° des parens pauvres du fondateur, 2° des choraux de St.-Picrrc à Louvain, 5° des Pélristes de la môme église, et 4° des jeunes Louvanistes peu favorisés de la fortune.
Aujourd'hui la collation de toutes ces fondations appartient aux proviseurs. Celle de Curtius se fait sur la présentation de Mgr. i'évêque de Bruges. L'adrainistrateur-receveur actuel est M. C. J. Staes, à Louvain.
JEAN-FRANÇOIS GROSSE, OU UN PREMIER EN PHILOSOPHIE DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVA1N, A NAMUR EN 1715 (1).
Tous les regards catholiques sont fixés aujourd'hui sur l'Université de Louvain , parce que la patrie et la religion reposent sur elle leurs communes espérances de paix et de gloire. Déjà VAlma Mater, nouvelle Tabilhe, à qui la voix inspirée de l'épiscopat a dit : cumi : « réveille-toi! » semblable à ce demi-dieu des temps fabuleux , fait paraître au milieu des langes de son berceau des signes d'une virilité prodigieuse que ses ennemis jalousaient sans la contester. Déjà elle a renoué à nos jours , par les récens et continuels succès de son enseignement, son antique tradition de gloire et de science, elle a révélé ses nouvelles destinées et promet un avenir plus brillant encore que son passé; et quel passé, cependant! quelle chaîne, quelle succession d'hommes puissans en science et en vertus ! que d'illustres intelligences ont inscrit tour à tour, pendant des siècles, leurs noms vénérés sur les dyptiques de Louvain !
(i) Elirait de VAmi de l'Ordre de Namur, n. 280,
C'est un faît palpable et reconnu , il y a au fond du caractère belge un orgueil national , noble héritage qui se lègue d'une génération à l'autre, et qui se traduit en actions dans cette rivalité , dans cette lutte avec les nations les plus puissantes et les plus civilisées , non par la force brutale des armes , mais par les développemens sociaux que la paix comporte et inspire.
Depuis le jour où le conquérant romain l'appela le plus brave des peuples gaulois, le peuple belge a apporté aux fastes du monde son contingent de gloire militaire : interrogez les murs de la ville de David et les champs de la Palestine ; demandez-le à la cité de Constantin et aux plaines de la Thrace !
Tous les arts ont eu chez nous des autels t et le sceptre de la peinture est demeuré dans nos mains; le développement de notre industrie est un proverbe en Europe ; la vraie liberté est chez nous presqu'aussi ancienne que notre histoire, et, mais si l'on nous demande où se sont formés les. athlètes qui ont rivalisé avec les autres nations dans les vastes champs de la science : la bouche même des enfans vous crierait à Louvain !
De môme que ces magniGqucs édifices gothiques attestent à notre siècle, ou plutôt h quelques hommes contemplateurs du passé, Fart, les richesseset la piété de nos ancêtres , ainsi l'Université de Louvain est un monument historique , une protestation permanente de l'amour des sciences chez les générations d'autrefois, une preuve continuée de l'action intellectuelle du catholicisme.
Aussi quel éclat n'a-t-elle point jeté au milieu de ses rivales étrangères ! Quelle réputation elle s'est acquise ! Elle a vu nos souverains , oubliant un moment les sollicitudes du trône , s'asseoir sur ses bancs pour écouter l'un de ses oracles; c'est de la chaire de l'une de ses facultés que l'un de ses enfans est allé s'asseoir sur la chaire de St.-Pierre. C'est dans son sein que se sont formés les membres les plus illustres de la magistrature, du clergé et delà noblesse ; c'est à l'influence qu'elle exerçait sur les uns et les autres que nous devons, avec l'énergie de l'unité religieuse ou catholique, la concorde, inconnue ailleurs, entre les trois ordres de l'État; c'est à ce centre que nous devons la conservation de l'unité nationale d'un peuple divisé par le langage ; c'est à Louvain que l'élite des Flamands , des Wallons se connaissait , s'unissait, se nationalisait; c'est de là qu'ils reportaient dans leurs municipalités respectives la grande idée de l'unité civile et catholique , ce palladium de notre indépendance.
Louvain périt avec notre nationalité et renaquit avec elle; et cette action si intense, si nationale qu'il exerça dans le passé , il est dans ses destinées actuelles de l'exercer encore ; parce qu'il est dans la nature et dans la vérité que les mômes causes subsistant , les mêmes effets en découlent de rechef. Or, c'est ce que le catholique éprouve peut-être sans s'en rendre compte; mais certes les hommes aux passions haineuses l'ont très-bien compris; de là cette opposition hostile à tout ce qui contribue à assurer l'existence, à augmenter l'éclat de l'Université de Louvain.
Maïs quels que soient la fierté et le pieux orgueil que nous éprouvons à retracer ces faits si glorieux pour la patrie et la religion, les bornes et la nature d'un ar-i ticle de journal s'opposent à leur exposition détaillée.
Nos lecteurs nous sauront gré sans doute , de leur mettre sous les yeux une page de l'histoire de cet établissement si éminemment national ; ils la liront avec d'autant plus de plaisir que la capitale de notre province y est intéressée et qu'il lui revient, de l'événement que nous allons rapporter , une bonne part d'honneur.
Nous voulons parler de la réception triomphale que Ton faisait au Primus ou Premier au concours général de philosophie, lorsqu'il revenait dans sa ville natale après les luttes glorieuses de l'école. Ne croyez pas, sur la foi d'une satyre inspirée par une haine de rivalité impuissante, que les matières de ce concours général se bornaient à quelques formes scolastiqucs aujourd'hui surannées pour certaines gens qui n'aiment point les choses passées comme la bonne foi, le sens commun, etc., etc. : non c'était une lutte scientifique réelle, sérieuse, diflicile; les concurrens se présentaient en phalange nombreuse, ardente et préparée sérieusement et de longue main au combat. La première ligne (c'était déjà très-honorable d'y être compris ! ) était composée de l'élite des étudians , hommes faits déjà pour la plupart, bien qu'à cette époque on les appelât encore des jeunes gens , parce qu'alors on commençait à se dire et à se croire homme un peu plus tard , bien qu'on le fût un peu plus tôt et surtout plus longtemps.
L'an 1715, Jean-François Grosse, enfantée la cité de Namur , remporta la première palme au concours général de philosophie.
Dès que la nouvelle de cet heureux résultat parvint à Namur, le magistrat la fit publier dans tous les quartiers de la ville, tandis que de son côté Mgr. le comte de Berlo de Brus, évôquc de ce diocèse, ordonnait de faire sonner les cloches de toutes les églises en signe de réjouissance.
Les jours qui précédèrent le retour du triomphateur firent régner dans la ville une activité inaccoutumée : c'est que partout se faisaient les préparatifs de la réception , c'est qu'il s'agissait de fêter dignement un compatriote et de faire honneur à VAlma Mater, Chaque quartier de la ville voulait l'emporter par la recherche et la beauté des décorations sur le quartier voisin : celte ardente émulation tourna par conséquent au profit de la fôte. On ne voyait partout que guirlandes et couronnes, chronogrammes et emblèmes, tentures et arcs de triomphe, en un mot la cérémonie de la joyeuse entrée des souverains pour tous si brillante ne réunissait ni plus d'embellissemensni plus d'enthousiasme.
Enfin le 24 Novembre parut : tous les Namurois étaient en habit de fête, la joie au cœur et 6ur le visage. La garnison hollandaise, qui occupait la ville et le château, s'était mise en mouvement pour prendre part à l'ovation; l'infanterie était rangée en haie et bordait toutes les rues que devait parcourir le cortège. De nombreux équipages sortirent de la ville
pour se porter à la rencontre de M. Grosse. Dès qu'oo le vit paraître, mille et mille voix firent entendre des vivais répétés. Au signal donné par ces bruyantes et joyeuses acclamations, tous les canons du château et de la ville saluèrent le triomphateur par trois salves consécutives; toutes les cloches des églises et des couvcns, le carillon du collège des Jésuites et celui de la porte de Honjoux sonnèrent en même temps.
Le triomphateur mit pied à terre sous un arc de triomphe et fut complimenlé, au nom de ses compatriotes, par le chef du magistrat : ces complimens et ces vœux furent ratifiés par de nouveaux applaudissemens de la multitude.
M. Grosse jnonta ensuite dans une voiture traînée par quatre chevaux magnifiquement caparaçonnés; le cortège s'ébranla en bon ordre : dès que les premières escouades eurent devancé le front de l'infanterie, elles s'arrêtèrent : les soldats présentèrent les armes et le général major Duporlail adressa à son tour au Primus un discours de félicitalion ; dès qu'il l'eut terminé et au signal donné par le tambour.» tous les bataillons firent successivement une décharge de leurs armes, ce qu'ils renouvelèrent a mesure que le cortège se présentait à leur front. Voici quel était l'ordre de la marche :
Entête s'avançait, le sabre au clair, un escadron de cavalerie de la garnison ; une nombreuse cavalcade des élèves du collège des Jésuites suivait à peu de distance : elle était divisée en deux compagnies , cha-
cunc avec son uniforme particulier, portant la lance à laquelle appendaient de brillantes banderolles ; deux énormes étendards, surchargés d'emblèmes, se déployaient au vent. La cavalcade était précédée de son commandant Adrien-Damien-Gérard-Ernest-Charles comte de Lannoy de Ham, aussi élève des Jésuites.
Le corps du magistrat venait ensuite : le mayeur et ses sept échevins, le premier bourgmestre et le petit bourgmestre avec leur greffier et celui de la ville et les quatre jurés; ils étaient suivis des sergens de ville.
Après le magistrat marchaient deux députés de la collégiale de Notre-Dame, avec le pléban de la paroisse st. -Michel , attaché à cette collégiale.
S'avançaient ensuite deux députés de la cathédrale de Saint- Aubin ; deux députés de Monseigneur le comte de Berlo de Brus, évêque de Namur, les suivaient. Tel était Tordre de la première partie de la marche.
Le corps du cortège était précédé d'une musique nombreuse, composée de quantité de trompettes, timballes, haut-bois et autres instrumens qui faisaient entendre des marches animées et harmonieuses.
Un nombre considérable d'étudians en droit et en théologie, suivaient à cheval.
Après celte première compagnie en venait une seconde, commandée par le comte De Groesbech; elle était composée de soixante philosophes de la pédagogie du Porc, à laquelle appartenait M. Grosse.
La garde d'honneur du Primus , avait été, comme
de raison , confiée à ses jeunes compatriotes ; aussi s'avançaient-ils fièrement devant lui, heureux du poste qu'ils occupaient et de l'honneur que M. Grosse procurait à la capitale du comté de Namur. Cette brigade était composée de jeunes hommes choisis , divisés en deux compagnies, ayant chacune sa bannière et son uniforme de couleur différente, mais riches et brillans ; ils étaient montés sur des échasses.
A une distance de quelques pas , l'heureux triomphateur.
11 montait un cheval couvert de riches caparaçons; il était vêtu d'une longue toge de soie noire et portait sur la tôle une couronne de laurier.
Les professeurs de la pédagogie du Porc, aussi à cheval , suivaient leurs élèves.
Après eux étaient placés les parens et les amis du Primus, les uns à pied, les autres à cheval.
Une longue file de carosses, qui s'étaient portées à sa rencontre, fermaient le cortège.
On conduisit ainsi M. Grosse jusqu'à la cathédrale. Monseigneur Tévêque l'attendait à la porte de l'église, environné de son chapitre, du clergé de la Yille et d'un grand nombre de religieux. Le prélat, représentant du Dieu des lumières et de toute science, le complimenta avec beaucoup d'affection et l'introduisit ensuite dans le temple.
Les députés ecclésiastiques le ménèrent ensuite au prie-Dieu qu'on lui avait préparé pour assister au Te Deum , qui fut entonné par Monseigneur et chanté par une très-belle musique.
Après les actions de grâces rendues au Très-Haut, M. Grosse fut reconduit processionnellement jusqu'à la porte de la cathédrale.
Il remonta à cheval, Je cortège se forma de nouveau et s'achemina vers l'hôtel-de-ville.
Il s'arrêta devant le collège des Jésuites; ceux-ci, toujours aussi empressés d'applaudir au succès des sciences qu'habiles à les enseigner, avaient élevé, vis-à-vis de la porte de leur colléga, un parnasse magnifique sur lequel apparaissaient Apollon et les Muses.
Le Dieu du parnasse adressa un éloquent discours de félicitations au Primus; les Muses ensuite chantèrent ses louanges en vers harmonieux, et récitèrent, en différentes langues , des pièces de poésie sur •l'honneur que lui méritaient ses succès et sur la gloire qu'il procurait à sa patrie.
On se rendit de là à l'hôtel-dc-ville et comme la nuit tombait, l'illumination qui avait été préparée parut tout-à-coup : toutes les façades des maisons furent couvertes de lumières, tellement que la ville paraissait en feu et que le jour sembla renaître.
Lorsqu'il fut arrivé à l'hôtel-de-vftle, le magistrat lui offrit , àu nom de ses compatriotes , un bassin d'argent- avec son aiguière.
On lisait sur le bassin ce chronogramme :
Donallo GIVItatls naMVrCensIS.
(Don de la cité de Namur.)
Le lendemain , M. Grosse alla s'asseoir à un festio magnifique que le magistrat lui donna à l'hôtel-de-
villé. Pendant huit jours les principales familles de la noblesse se disputèrent l'honneur de le recevoir à leur table. Pendant huit jours aussi les festins, les bals , les illuminations continuèrent dans toute la ville.
Nos lecteurs désireront sans doute savoir ce que devint M. Grosse.
Après avoir terminé le cours de ses études, il fut nommé professeur dans la pédagogie du Porc. Il remplit ces fonctions avec applaudissement jusqu'à ce qu'il fût promu à un canonicat dans la cathédrale de Tournai; il devint syndic de ce chapitre. Quelques années après, il fut nommé à une chaire royale de droit dans l'Université deLouvain.il mourut en 1787.
L'an 1718, Namur vit réitérer les mêmes fêles et les mêmes réjouissances à l'occasion de M. Obin, aussi' natif de cette ville et qui remporta également dans la pédagogie du Lys la première place dans l'Université de Louvain. M. Obin suivit la carrière du barreau; il passa ensuite au conseil provincial de Namur; de là au conseil privé à Bruxelles. 11 fut plus tard appelé à la cour impériale à Vienne , et prit place dans le conseil suprême des Pays-Bas. 11 mourut à Vienne en 1730, après avoir été ennobli et décoré du titre de baron pour lui et ses descendans.
Que les pères de famille rassemblent leurs enfans et leur lisent le récit de ces glorieux triomphes ! Qu'ils leur disent comme tant de mères le disaient à leurs fils en voyant M. Grosse le front ceint d'une couronne de lauriers : « Courage, mon fils, travaille,
» étudie, espère! Louvain est là encore! Elle est en- » core debout la mère des sciences, la cause des suc- » cès et de la gloire ! De la gloire pour toi ! mon 01s , » pour ta famille et ta patrie! »
Et peut-être ces paroles feront sur ces jeunes intelligences celte impression magique que ces vers du P. Noceti :
Quare agite, ô Juvenes ! magnarum semina rerum In vobis for lasse latent...
firent sur l'esprit de Boschowich. Ayant entendu ces vers, il se persuada avec raison que ce germe était en lui : sur le champ il s'appliqua avec une ardeur toute particulière à l'étude de la philosophie et des mathématiques , et laissa en mourant des titres multipliés à une réputation que peu d'hommes de son siècle purent égaler.
DOCUMENS RELATIFS AUX MESURES PRISES EN 1796 POUR FORCER L'UNIVERSITÉ DE CHOMER LES FÊTES RÉPUBLICAINES.
I. Résumé historique y extrait du Synopsis Monum. du docteur Van de Vclde, tom. III , p. 1119.
Administratio municipalis oppidi Lovaniensis , die 27 0ctobris 1796, arrestum, ut yocant, edidit, septem constansarliculis(l),cujus die SOsequenti quinquaginta exemplaria ad rectorem Universitatis mittit Godfrin, commissarius Directorii eieculivi , junctâ suâ epistolâ, qua invitabatur UniversiLas, ut inslitutionibus reipublicae accommodaret se Universiias , fcriando nimirum décades , aiiosque reipublicae fcslos dies, ipsâ diei Dominical et festorura ecclesiaî observantiâ penitus neglcclû. Minas intentât commissarius, arresti executionem urgens (2).
Congregatâ sub juramenlo, die 30 Octobris, Universitate, decretum ac resolutum fuit, ut adversus arresti executionem, reprœscntalio conficeretur, quaî Universilati exhibita atquc ab eadem probala, iis ad quos spectat, oiTcrtur. Huic operi finis 8 Novembris impositus. Porro mcmoriale offerendum , gallico idiomate conscriptum, quatuor complectebatur capita,
(i) Voyez la piiee» no HT.
(a) Vojcx la piiee , no IV.
a deputatis Universitatis probata ; quorum posterioribus ostendebatur , arresti novas ordinationes circa disciplinant in scbolis ac pœdagogiis facultatis arlium observandas, non solura antiquis non esse anteponendas, sed potius et scopo, quo tendebant, et principia, e quibus deducebantur, easdem periculosas esse.
Meraoriale in solemni Universitatis convenlu die 11 Novembris pralectum , facultas theologica , quoad omnes apices, suo ornât suffragio. Accedit artium facultas, nisi quod digressionem de Kalendarii origine resecandam censeret. Jurium facultates omnia quidem recte sed justo acrius expressa fuisse censebant. Quare eis placuit, ut memerialc iteratis curis recognosceretur : quibus quum se adjunx isset facultas medica, borum suffragio conclusum fuit, ut memoriali censoria denuo lima admoveretur. Minime ergo in se veritas tribus bis facultatibus displicuil* sed quatenus odium parère esset nata. Ilecitatur ergo 26 Novembris, in comitiis subjuramento indictis, memoriale postremo recognitum. S. Facultas recessum seu deliberandi spatium postulavit. Porro expenso posteriori illo memoriali , deprehendit S. Facultas , non emendatum fuisse ad sensum Universitatis , aut a styli acrimonia , qurc alicubi inesse putabatur , correctum prius memoriale, sed plane immulalum, acpraîcipua sua parte mutilatum fuisse.
Quare S. Facultas, pro munere suo ac conscientiso debito , Magn. D. Rectorem et Almam Matrern Universitatem ellagitavit, primà, ut causa rcligionis dili-
gcntius, quam in posteriori memoriali faclum fuit y vindicelur. Secundà, u l non intempestive supprimatur mcmoriale, semel rile digestum, civitatis seu districtûs adminislraloribus ( quod dudum Universilas rcsolvit) exhibendum... Itaque usque ad sui dispersionem, quœ non longe aberat, facilitas theologica Lovaniensis inyiclum exstitit catholicae religionispropugnacuium.
II. Extrait d'une lettre du ministre de la justice sur l'activité des Dimanches et fêles et sur le repos des Décades,
Paris le 3 Pluviôse an IV.
La loi du 46 Vendémiaire de Tan II statue que tous les fonctionnaires républicains ne prendront de vacance que le dernier jour de la Décade.
Dans les départemens réunis le fanatisme et le royalisme ont constamment foulé aux pieds cette disposition, et bientôt ces deux monstres viendraient tourmenter l'observateur républicain, le forcer à chômer leurs fêtes , et insulter au repos qu'il veut prendre sous les auspices de la loi; l'intolérance est là, elle n'attend qu'un signal pour persécuter, pour fanatiser, et surtout pour ramener son régime chéri , l'accord de cette double puissance de Fautel et du trône, qui a si longtemps aveuglé les peuples pour les mieux écraser.
Il appartient aux hommes instruits , à ceux qui cultivent les arts et se sont élevés au-dessus des pré-
jugés vulgaires , d'amener dans ces contrées cet esprit de philosophie qui y manque. L'exemple a une force tout autrement active que le précepte.
Tous les Français, amis des principes philanthropiques , doivent donc tenir à la stricte observance du repos des Décades et à l'activité des prétendus Dimanches et fêtes.
Cette exécution de la loi n'a rien de commun avec la liberté indéfinie de tous les cultes; elle n'empêche pas le Juif de célébrer son Sabat , l'Asiatique son Vendredi, un autre sa férié. Le Décadi est pour le républicain français non pas un jour religieux, mais un repos civil , qui ne déroge nullement aux sages dispositions de la loi du 9 Vendémiaire.
Le ministre de la justice f
Genissicu.
III. Arrêté de V administration municipale de la ville dcLouvain , tendant à faire chômer les Décades par Wniversité; extrait du registre aux résolutions»
Séance du 6 Brumaire an V. Sur la proposition du commissaire du Directoire exécutif, l'administration adopte l'arrêté suivant, tendant à faire chômer les Décades aux étudians.
Comme il est parvenu à la connaissance de l'administration , que nonobstant la lettre du ministre de la justice , du 3 Pluviôse dernier , envoyée à tous les
régens des collèges de cette Université le 8 Prairial dernier par le commissaire du Directoire exécutif près cette administration, concernant l'activité des Dimanches et fêtes et le repos des Décades, lcsdits régens, sous-régens et plusieurs professeurs, se permettent de contraindre les étudians à chômer les Dimanches et fêtes, et de fréquenter leurs offices, sous peine de certaines taxes arbitraires, appelées mulctes; que d'après la lettre de cette administration, du 3 Vendémiaire dernier, il parait aussi que lesdits régens, sous-régens et professeurs refusent de donner congé auxdits étudians les jours de Décades et fêtes républicaines ;
Considérant que les collèges de cette commune étant assimilés aux écoles d'éducation publique, ils sont spécialement sous la surveillance médiate de l'administralion ;
Considérant qu'au terme de la loi du 16 Vendémiaire et à l'article trois cent soixante et douze de la constitution française, les Décades et l'ère républicaine doivent être observées, et que conformément à la lettre . du ministre de la justice précitée, il appartient aux hommes instruits et à ceux qui cultivent les arts, d'amener dans cette contrée cet esprit de philosophie qui y manque , et que le fanatisme et le royalisme ont foulé aux pieds ;
Considérant aussi qu'en conformité de la constitution , nul ne peut être contraint de se rendre aux cérémonies d'aucun culte , ni être forcé d'en payer les ministres ;
Considérant enfin que les amendes perçues sous le nom de mulcles parles régens, sous-régens ou professeurs sont contraires aux lois françaises , et ne peuvent être regardées que comme Yexatoires et arbitraires;
Le commissaire du Directoire exécutif entendu : L'administration arrête :