‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 102 sur 118 · DEUXIÈME ÉCHANTILLON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉCHANTILLON

On choisit un tube en verre vert, de 6 à 8 millimètres de diamètre intérieur et de 2 à 2,5 millimètres d’épaisseur et on l’étire, à la lampe d’émailleur, en fragments de 20 centimètres de longueur, en prenant soin de donner à l’effilure de chaque extrémité une longueur de 2 à 3 centimètres et de la faire assez épaisse, ce qui est facile en choisissant une canne de verre vert des dimensions indiquées plus haut.

On ferme complètement une des extrémités et on laisse l’autre librement ouverte à l’air extérieur ; on place le tube (qui possède alors une longueur de 25 centimètres environ)

dans une gouttière en toile métallique (ou en clinquant) ayant la même longueur que ce tube et on chauffe au rouge, sur toute la longueur en même temps, à l’aide d’une grille à gaz ou de charbons incandescents.

Lorsque tout le tube est ainsi chauffé au rouge sombre, on ferme au chalumeau l’effilure laissée ouverte, et on abandonne au refroidissement. On a ainsi un récipient partiel- , lement vide d’air, en raison de la dilatation du gaz à la température à laquelle le tube a été porté et absolument stérilisé.

Pour prélever l’échantillon, on trace un trait avec un couteau à verre, ou une lame de bon acier aiguisée, sur l’une des effilures, on la passe à plusieurs reprises dans la flamme d’une lampe à alcool, on la plonge dans l’eau à analyser, à quelques centimètres au-dessous de la surface libre, et on brise la pointe, à l’endroit du trait, à l’aide d’une pince flambée dans la flamme de la lampe à alcool avant de la plonger dans l’eau.

La pointe une fois brisée, l’eau se précipite dans le tube pour occuper le vide partiel ; et il ne reste plus qu’à retirer ce tube de l’eau avec précaution, sans secousses, et à fermer l’effilure ouverte en la faisant fondre dans la flamme de la lampe à alcool.

La lampe à alcool et l’appareil insufflateur du thermocautère de Paquelin, aujourd’hui si répandu, sont extrêmement commodes pour ce genre d’opérations ; ils constituent un chalumeau portatif.

Les divers échantillons devront être ensuite soigneusement étiquetés ou repérés de façon à ne pas commettre d’erreurs; et ils seront placés au milieu de sciure de bois^ de son, de tan ou de toute autre substance inerte et pulvérulente humide, dans une caisse à doubles parois dont V intervalle des parois sera rempli d'un mélange de glace concassée et de sciure. l’on a eu soin de noyer les flacons et les tuhe-s dans la sciure, sans leur laisser toucher les parois de la première enveloppe, la température ne s’abaissera jamais assez pour congeler l’eau, ce qui amènerait la rupture des récipients.

Un emballage soigneusement exécuté dans ces conditions permet d’envoyer à de très grandes distances des échantil-

Ions d’eau qui peuvent alors être soumis à l’analyse bactériologique dans des conditions presque exactement semblables à celles que pourrait réaliser leur mise en œuvre sur le lieu même du prélèvement.

Il est nécessaire de prélever trois flacons et autant de tubes pour chaque échantillon d'eau à examiner.

Dans tous les cas, l'envoi devra se faire par grande vitesse et dans le plus bref délai possible après la prise cV échantillon. Cet envoi devra être adressé au laboratoire du Comité consultatif d’hygiène publique, 52, boulevard Montparnasse, à Paris.-

Les opérations ci-dessus peuvent facilement être pratiquées d’une façon convenable par un pharmacien que son habitude des manipulations chimiques désigne tout naturellement à cet effet.

Le laboratoire du Comité consultatif d’hygiène publique de France tient d’ailleurs à la disposition des municipalités, dans lesquelles on ne pourrait trouver une personne suffisamment exercée aux manipulations indiquées pour le prélèvement du second échantillon, des tubes stérilisés à l’avance et qu’il ne reste plus qu’à remplir en suivant strictement les précautions relatées précédemment.

iV.-B. — Les échantillons adressés au laboratoire dans des conditions défectueuses et ne réalisant pas celles indiquées ci-dessus sont immédiatement jetées; ils ne peuvent, en aucune façon, servir à l'analyse.

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