L’EAU ET LA SANTÉ PUBLIQUE
L eau est la boisson normale de l’homme et de tous les êtres vivants ; mais elle n’est recommandable qu’à la condition d’être pure, agréable à l’œil et au goût, etàl’abri des causes multiples de contamination si fréquentes et ^parfois si difficiles à éviter.
J. Pn peut discuter plus ou moins sur les statistiques : ï établissent cependant certains faits d’une ma-
mère indéniable. Elles nous démontrent, par exemple, 5: que dans toutes les villes où les amenées d’eau réelle- ^ment potable ont remplacé les eaux de qualité suspecte,
. la fièvre typhoïde, dont les causes sont multiples et P encore mal connues, a non pas disparu, mais diminué de plus moitié ; ce qui réalise un progrès hygiénique très ^ appréciable.
3 II est évident que l’emploi d’une eau saine ne peut > constituer un vaccin contre les affections gastro-intesti-
BAUCHEH. J
Jleür usage permanent donne seulement de*tres ‘gmhîlês* gac'^nties ; et il ne faut pas demander jrimj)05ôjl?]*(!^. ** ;
• --Dans «ee'^^der/iièiîê^ àirnées, on a bien un peu exagéré leyTÔjotder^syu^n lui attribuant une influence par trop transmission de certaines maladies infectieuses, comme la fièvre typhoïde, la dysenterie et le choléra; mais ces exagérations, voulues ou non, ayant eu pour résultat d’améliorer l’état sanitaire d’un grand nombre de localités, il n’y a pas lieu de regretter aujourd’hui les dépenses faites au nom de l’hygiène.
Les dangers de l’eau impure sont d’ailleurs très réels et faciles à mettre en évidence. Les exemples à citer sont très nombreux; et comme il est impossible de les rapporter tous, je me contenterai de donner ceux exposés à la tribune du Sénat lors de l’interpellation récente sur l’état sanitaire de l’armée L
La discussion a longuement porté sur l’origine hydrique de la fièvre typhoïde, et les arguments invoqués ont prouvé une fois de plus que, chaque fois que la qualité de l’eau laissait à désirer, la morbidité s’exagérait d’une façon notable.
Ainsi : à Montargis, une épidémie se déclare exclusivement chez les sous-ofliciers buvant de l’eau d’un puits infecté par une fosse d’aisances. A Bayonne, la fièvre typhoïde frappe exclusivement les sous-officiers qui avaient mangé de la salade lavée dans de l’eau chargée de matières en vidange. A Fontainebleau, la maladie atteint seulement les sous-ofliciers buvant à la cantine du lait frauduleusement coupé avec de l’eau d’un puits où Ton trouve le bacille d’Eberth.