Il a déjà été nommé plus haut
757, etc. Dieu et supporter le sort qu'il m'a imposé. — Puisque le roi me hait si fort, je m'en irai dans le royaume de Logres. — Non, restez encore quelque temps; li rois par aventure se
les défendre, ils s'en vont en Léonois et descendent à un château, où ils sont bien reçus. Le châtelain avec quatre chevaliers va au château de YArbraye prévenir le sénéchal * de Léonois de l'emprisonnement de Tristan. Le sénéchal jure de couper la tête à Marc s'il le trouve ançois que Tristan soit hors de prison, « et se je truis le bon Tristan ançois que leroy Marc, et il ne me créante a venir ces te part atout la roijne Yseult ou de l'aler ou royaume de Logres. jamez ne tendray plain pié de terre de lui. » Il mande son conseil, et a la guerre sont tous acordés 2. On fait tous les préparatifs nécessaires pour une invasion en Cornouaille. Iseut, apprenant que Tristan est en prison, jure sur sains qu'elle s'en ira avec lui en Logres, ne jamais navra le roy Marc que demander dessus lui tant comme elle sera en vie. Marc, de retour à Tintagel après avoir échappé à la mort, envoie chercher les agresseurs dans le Morois ; mais on n'y trouve que les cadavres des quatre chevaliers et du traître de Magance ; les traces des chevaux montrent que Sadoc et ses neveux se sont réfugiés en Léonois. Après les avoir fait enterrer tous les cinq dans la chapelle , Marc , prévoyant la guerre , prend toutes les dispositions pour défendre le pays. Le conte retourne a parler des letres que l'apostole de Rome envoya au roy Marc 3. Le pape demande au roi d'envoyer du secours pour Jérusalem 4. Marc, voulant en profiter pour envoyer Tristan, lui offre, par l'entremise d'un chapepelain, la liberté, s'il veut aller en Terre sainte. Tristan se refuse à croire que le pape l'ait mandé et dit : « Lors quant je vouldray aler en pellerinage, je prendrai la croix et meneray avecques moy des hommes de Léonois. » Marc écrit alors une lettre, et y devisa que l'apostole mandait a Tristan qu'il s'enalast delà mer; il y ajoute le sceau du pape, car il en savoit moult bien ouvrer et du seel et de sa (1. la) lectre, étant a merveilles soutif, et envoie par un autre chapelain 5 sa lettre à Tristan, qui tant y regarda qu'il cognut tout apperlement que le roy Marc avoit ces lecires soutivees. Il charge en riant le chapelain de dire à Marc qu'il s'en ira, à condition de ne point être accompagné par les chevaliers de Marc : a ançois y menray des miens chevaliers, car se il est roy, et je sui filz de roy. » Marc n'a garde d'accepter; il sait que Tristan ne laisseroit pierre dessus aultre en toute Gornoaille 6. Pendant qu'il pense à cela, on apporte sur des civières quatre chevaliers : le premier a été transpercé d'une lance, le second a le bras droit coupé, le troisième la cuisse tranchée et le quatrième estait férus d'un glaive et d'une espee parmi la teste. Ils disent qu'ils ont été mis dans cet état par les Léonois, qui ont envahi la Cornouaille, et recommandent à Marc de s'enfuir, car les