‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 136 sur 362 · Var. Boyvin · texte numérisé non relu

Var. Boyvin

me poise trop durement, meïsmement por ce que je ne Vai 757, etc. mie deservi. — Certes, fet la roïne, ausi m'en poise il moult chierement ; toutefois, il faut me résigner à la volonté de

du cor, mettant fin au tournoi, se termine aussi la lutte de Palamède ci de Saphar contre Boinin et son cousin. Galehout et Lancelot B'amusent de la vue de Dinadan, qui arrive affublé d'une robe de femme. Il s'en va au palais, devant, la reine Guenièvre, qui, comme les autres, rit au point de soi pasmer. On le taquine, et il se deffendoit de tout moult bel ' . Mais a tant laisse ore ly contes a parler des tournoiemens, car bien les vous ay menés a fin, et retorne a parler du roy Marc de Cornoaille et de Tristan-, son nepveu, car grant pièce s'en est ore tenus (f° 397 c).

282 e. En ceste partie dit ly contes que le roy Marc, le félon traître, ne puet oublier sa felonnie et le dur cuer que il avoit envers un chevalier dont je vousay cy devant parlé. Et ce chevalier si avoit nom Sadoc; si le haoit trop le roy Marc, pource qu'il ne se voult oneques consentir a la mort de Angledis, la femme son frère qu'il avoit occis, ne a la mort d'Alixandre, son nepveu, qui estoit filz a celle dame que l'en appelloit Angledis. Et toutesvoiez pensoit le roy Marc a prendre vengence de Tristan et de gecter le en par fonde chartre, et puis que il l'avra mis en chavire, de legier pourra il puis mètre a la mort yccllui Sadoc et tous ses autres ennemis. Que vous diroie je? Tout ainsi comme il le pourpensa le fist il, car a cellui point estoit Tristan navrés moult durement, et ce lui estoit avenu a une assemblée d'un tournoiement que le hault prince Galeolh avoit fait entre lui et le roy Baudemagus, et ce lui avoit fait Meleagant en trahison, car il cuidoit que ce fust Lancelot du lac qu'il haïssoit 2. Smis prétexte de vouloir le soigner, Marc fait conduire Tristan à un pavillon « dessus celle rivière » où la noise de ceulx de céans ne pourra gêner le malade. Tristan ne se méfie point et boit un soporifique 3 que Marc lui présente ; il est enfermé dans une forte prison, où il reste longtemps, a douleur et a grant mesaise. Et si sachiés que, peu avant cet événement, Gauvain tua Lamorat, au grand chagrin de toute la terrienne chevalerie. Mais je ne vous compleray riens de sa mort '', ançois vous compteray d' un chevalier que l'en appelloit Sadoc 5. Apprenant que Tristan est en prison, il se cache dans le Morois avec deux neveux. Marc le croit enfui par nuit, si ne tint plus parlement de lui. Prévenu par un écuyer qu'il a laissé dans la ville pour avoir des nouvelles, Sadoc, avec ses neveux, attaque Marc, qui chevauche dans le Morois avec le traître de Magance et quatre chevaliers parents du roi. Marc s'enfuit. Sadoc tue le traître de Magance, qui avait assassine sou père. Les deux neveux tuent chacun son homme. Des deux qui restent Sadoc tue l'un, et un des neveux le dernier; l'autre neveu a été grièvement blessé par son adversaire. N'osant rester en Gornouaille, où Tristan ne pourra plus

1. La dernière partie du chap. XLIX de Malory (p. 282) n'est pas dans 99. I, Malory donne des détails sur ce tournoi.

8. Ce même trait se retrouve dans la version de 757; voy. § 287. Cf. (plus loin) le vaisseau et l'allusion à la traversée.

4. Le ms. raconte cependant cette mort plus loin, d'après la version de 757; cl. § 307.

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