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dames que damoiseles. Ayant fait faire un écu qui le représente luimême à genoux devant la reine Guenièvre, il le suspend à un pin afin que cette image lui rappelle continuellement qu'il s'estoit mesfait vers sa dame. Comme il ne veut pas dire son nom aux demoiselles, une d'elles, pour l'éprouver, fait venir son chevalier, Alban, qui provoque Lancelot et est vaincu. De cette victoire les demoiselles témoignent une joie telle que, depuis, l'île fut appelée l'Ile de Joie. Un autre chevalier du pays, Arion, se noie pendant la traversée, avant d'avoir combattu Lancelot. Des chevaliers de toutes parts arrivent pour se mesurer avec ce dernier : ils sont tous vaincus ou tués sans avoir pu apprendre le nom de Lancelot, qui se fait appeler le chevalier mesfait. Il reste ainsi , dans l'Ile de Joie , dix ans et quatre jours , plongé dans une profonde mélancolie ; seule, la vue de son fils G-alaad adoucit un peu sa douleur * .
Lamorat au châ- 288 a. Gauvain était resté plus de six ans au château des Dix Chevaliers IX Chevaliers, car les chevaliers errants qui étaient arrivés pendant ce temps avaient été tous vaincus par les dix; mes après ce que Lanc. fu mis en l'Jsle de Joie... avint que Lamorat se parti de Corbenic, et pensoit qu'il iroit a la cort le roi Artus por savoir se Lanc. i seroit alez, ce qui ne l'empêche pas de chercher, chemin faisant, les aventures. A l'entrée de mai, le hasard le mène au château des dix, qu'il désarçonne tous, ainsi que Gauvain. Comme il refuse la segnorie du château, on le met en prison. Gauvain s'en va, heureux d'être débarrassé de sa garde, mais vexé d'avoir été désarçonné par ce chevalier, dont il espère bientôt connaître le nom. Lamorat consent enfin, pour sortir de sa prison, à épouser la châtelaine : ainsi fu osiez li maux passages qui devant estoil, mes por ce ne perdi mia (1. mie) li chastiaux sum nom. Le jour même de la noce, Agloval, Tor, fils d'Ares, et Driant s' ' entrecontrerent , ent(r)or hore de midi, enz el mileu del chastel, einsint com aventure le fist. Etant restés dix jours avec leur frère, ils partent pour la cour d'Arthur, désirant avoir des nouvelles de Lancelot, dont ils poursuivent, eux aussi, la quête. Lamorat obtient la permission de les accompagner, en promettant de rentrer le plus tôt possible. Au bout de quatre jours, n'ayant
1. Dans l'analyse de P. Paris, Rom. d. I. T. R., V. 327-9, le séjour de Lancelot à Corbenic est raconté essentiellement de même ; parmi les détails qui y diffèrent est le rôle de Lamorat, qui a sans doute été intercalé par le compilateur de 12599.
valet, sans dire un mot, met un pain et de l'eau sur sa fenêtre. Tristan souffre et se lamente en voyant le réveil de la nature au printemps. A la fin il tombe dans une extrême faiblesse. Il reste ainsi emprisonné pendant six mois. Le valet qui lui apporte sa nourriture se sent gagné de compassion et l'aurait volontiers délivré.
289. Un jour, le roi Marc est à Tintagel avec Dinas, qui Arrivée
.... . . vr .. . m • i. ■ de Lancelot.
avait 01 consoner a ne sai qui que Marc tient Tristan en prison. Arrive un écuyer tenant une lance a .1. petit penoncel. Il demande au roi, sans le saluer, si Tristan est à la cour. Marc joue son rôle. Alors l'écuyer, au nom de son maître, un chevalier de Logres, qui est resté dehors, provoque les chevaliers
trouvé aucune aventure, ils décident de se séparer. Driant passe la nuit chez une dame veuve et rencontre le lendemain Gauvain, Agravain et Mordret dans la forêt de Lacen (f° 248). Mort de Driant et de Mortde Lamorat Lamorat, puis arrivée et séjour de Perceval à la cour d'Arthur ' et de Driant. (f° 250b ss.) racontés essentiellement comme dans 757, etc. 2 Perceval quitte la cour pour se mettre en quête de Lancelot ; ici (f° 254 b) finit l'accord 3 : Perceval, conduit par une demoiselle, arrive dans la Forest périlleuse, près d'une île où sa sœur, désirant venger la mort de Pelinor et de ses frères sur Gauvain, a fait construire deux tours; elle reste elle-même dans l'une, après avoir posté dans l'autre dix chevaliers de sa parenté, qui doivent jouter avec les chevaliers passants. Les vaincus sont forcés de rester et de se battre avec ceux qui arrivent. Perceval y vient et lutte victorieusement avec Gaheriet ; sur le conseil de Perceval, qui ne se doute pas que sa sœur est dans l'île, tous deux s'enfuient ensemble du château 4. Pour attirer les chevaliers qui passent, la fille de Pelinor fait dresser une croix avec une inscription qui les invite à venir au château voir le meilleur chevalier du monde.
289 a. Erec était resté quatre ans avec Hector, malade, dans l'ermitage. Un jour, pendant une promenade, il rencontre un chevalier qui ne lui rend pas son salut, et dont le nain le blesse au visage en lui lançant une corgiee. Erec va chercher ses armes. Il quitte Hector, qui dort, afin de poursuivre le chevalier orgueilleux. Dans la forêt d'Aledon [Alodon), il rencontre le Lait hardi emmenant une demoiselle qu'il ne peut
1. Plus haut, dans le ras., un autre rédacteur a déclaré ne point vouloir raconter l'arrivée de Perceval à la cour ; v. p. 191.
I. Pour les variantes de 12599, voy. sous le texte de 757 (§ 310 ss.).
8. Cet accord s'explique le plus probablement par la supposition d'une source commune, dans laquelle on pourrait soupçonner quelque chose comme une « geste des quatre fils de Pelinor », OOmposée à une époque où, les aventures ordinaires de Perceval étant devenues trop connues, on s'avisa d'en relever l'intérêt en y ajoutant l'histoire de toute sa parenté (cf. 5 806), comme cela est de règle dans le roman de chevalerie, où l'histoire du père ou des frères vient se joindre postérieurement à celle du fils, par exemple dans le Metiadus, première partie du Palamede, et le Tristan. — Dans le cas présent, l'histoire des quatre fils Haimon a pu servir de modèle pour cette geste des quatre flls de Pelinor, où tous les mss. du Triitan auront pris ce qu'ils racontent des aventures de Lamorat et de ses frères. Cette geste doit être postérieure au Lancelot, qu'elle utilise.
4. Cf. l'histoire assez semblable de la lutte de Tristan et Lamorat dans l'île ; § 187.
du roi. Personne n'ose accepter son défi. Dinas blâme le roi Marc d'avoir cru le déloyal chevalier qui a calomnié Tristan : « Vous avez, dit-il, chassé de votre hôtel tout honneur et retenu toute honte1. » Marc déclare que, s'il savait où se trouve Tristan, il le ferait venir. « Vous n'avez qu'à demander à Andret, » réplique Dinas. Andret répond d'une manière évasive, et Marc rompt l'entretien : « Or lessiez ceste parole atant, car bien ai (1. en) vendrons a chief. » Il dit à l'écuyer que la joute aura lieu, dût-il la soutenir lui-même. L'écuyer dépose la lance et va rendre compte à son maître de ce qui s'est passé. Dinas ajoute en souriant qu'Andret doit être préféré pour le combat, puisque c'est lui qui a enlevé Tristan à la Cornouaille. Andret s'y déclare prêt, à condition que Dinas joutera aussi : celuici consent.
Andret et Dinas 290. Andret est vaincu, aussi bien que Dinas; ils devienvaincus et pri- nent tous les deux les prisonniers du chevalier. Marc n'ose Lancelot. jouter, car il se doute que l'inconnu est Lancelot. L'écuyer dit à son maître que personne ne se sent le courage de succéder aux deux chevaliers abattus. Le vainqueur exprime son dédain pour les mauvais chevaliers de Marc et se rend avec ses prisonniers à un château.
On l'y désarme ; Dinas admire sa beauté et lui demande son nom. C'est Lancelot du lac. « Je suis venu en Cornouaille, dit-il, seulement pour voir Tristan. » — Vous ne pourrez le voir que grâce au chevalier que voici, » dit Dinas en indiquant Andret, « car il le tient en prison, je ne sais où. » Andret a beau se défendre, Lancelot tire son épée : « Vous êtes un homme mort si vous ne me le rendez ! » Et il fait mine de