Pendant sa convalescence, Lancelot promet à son hôte
mit à mort les larrons et donna le château à un chevalier qui a celui point trespassoit devant lui. Ayantpar hasard rencontré Lancelot, il licriemerci de l'otrage qu'il li avoit fait. Pendant leur entretien surviennent quinze vilains menant deux demoiselles, qui crient au secours et qui, délivrées par le père et le fils, les décident à affranchir le pays, subjugué par des vilains. Le lendemain, Galaad et Lancelot, assistés par quarante chevaliers délivrés de prison par une demoiselle, triomphent de quatre cent cinquante vilains. Ayant rendu le pouvoir aux maîtres légitimes, ils partent et rencontrent Alyon, conduit à la mort par dix chevaliers. Galaad le délivre, et, l'ayant fait acquitter par le comte qui l'avait condamné, il s'en va après Lancelot, qui était allé supprimer les mauvaises coutumes d'un château voisin. .
Blioberis rejoint Gauvain et Agravain qui viennent de tuer le roi Bademagu de Gorre et qui enlèvent deux pucelles. Le long combat de Blioberis, qui abat bien vite Agravain, avec Gauvain, dont la force augmente à midi, est arrêté par Hector et Gaheriet. Ce dernier fait transporter ses frères dans un château. Blioberis et Hector s'en vont avec les demoiselles délivrées. Gaheriet, ayant tué un chevalier dans un tournoi de Brequeham, est sur le point d'être vaincu par quarante chevaliers, lorsque Blioberis et Hector lui viennent en aide ; il s'en va peu après, invité par le duc de Brequeham, pour voir comment celuici fera justice des quarante.
295 a. Tristan suit un chemin que conduist a une querole ou il joioit Tristan et le bloc que dames que damoiselles . Cl. , et enmi la querole avoit un fust portrait pleurant. a la manière d'une roïne coronee, et delez celui fust avoit un autre fust portrait a la manière d'un chevaliers prison, que moût estoit corrodez par (1. par) semblant. Tristan apprend que cela a été établi par un chevalier du pays, que s'est vantez que il metra Tristanz en prison devant la reine Ysolt, et qui se trouve pour le moment « au cimitere la aval, que Merlins li profetes et scrist (1. escrist) letres que tesmoigne[nt] que Tristanz de Loenois doit venir illec après ce que li siège perilleus de la Table Reondc doit estre acompliz. Il doit oster de celui cimel[e\re un perron qui totevoies giette termes parpertuis que il a. » Tristan ôteleperron, tue le chevalier, qui s'appelle Akarot, et se fait raconter, par un des frères de celui moslier, que Merlin, logé une nuit « ceians », avait vaincu un des frères qui comença a tenser a lui ; ce frère, nommé Loenoys du pays dont il était, s'était alors mis à pleurer. En partant, le « prophète », prié par l'abbé de laisser au moùtier une merveille, fit celle du perron a la senefiance des termes des eils dou frère.
Tristan, arrivé à un château conquis jadis par Lancelot sur Nabucadan
de venger Tristan ; guéri, il part avec un équipement convenable et deux écuyers, et arrive en Logres.
et assiégé par Corbarant, sauve les assiégés en leur envoyant quarante sommiers chargés de vitaille, par les charretiers, à qui il fait croire que le château est rendu. Il défie Corbarant, qui, craignant que ce ne soit un des trois chevaliers qui seuls lui font peur, c'est-à-dire Galaad, Tristan, Lancelot, se fait remplacer par un géant : si Tristan peut le vaincre, le siège sera levé ; puis Corbarant, comme l'exige Tristan, se battra avec lui à son tour. Le géant, qui ne se distingue que par sa force prodigieuse sans savoir d'assaut ne d'escrimie nulle riens, attaque, au pas de course, Tristan, qui guincha un petit ; le géant tombe à terre et se pâme ; Tristan ne parvient qu'avec peine à lui couper la tète. Corbarant s'enfuit; Tristan s'en plaint aux quatre chevaliers qu'on lui avait donnés comme otages ; dans leur indignation, ceux-ci s'en vont tuer Corbarant. Une mêlée éclate dans l'armée des assiégants, qui s'entr'égorgent. Tristan, étant resté six jours dans le château délivré par
Tristan à Corbe- lui, s'en va et arrive devant Corbenic. Mes il ne li valut riens, que porsa nie. luxure il n'i puet mie entrer ne mètre le[s] piez dedenz le chaslel ou li saint
graal estoit, ainz s'en parti d'ilec honteusement (f° 292 b), après avoir désarçonné quarante chevaliers très devant le roi Pelles. Il est rejoint par Agloval, qui cherche vainement à le réveiller de la rêverie où l'a fait tomber le souvenir d'Iseut. Surviennent quatre chevaliers d'Orcanie, proches parents de Gauvain, qui assaillent Agloval et l'emmènent prisonnier ; il implore en vain le secours de Tristan, qui continue à chevaucher mat et pensis, jusqu'à ce qu'il est arrêté par une demoiselle qui le blâme de laisser ainsi mener à la mort le frère de Perceval, par qui lui-même a jadis été délivré de la prison de Marc. Alors Tristan, laissant enfin son penser, rejoint et menace les chevaliers, à qui Agloval fait croire que c'est Daguenet, le fou d'Arthur. Tristan tue trois * de ceux qui conduisent Agloval, délivre celui-ci et lui fait ses excuses. On rencontre plus de quarante chevaliers, chassés par leurs ennemis mor-
Tristan et Lan- tels; Tristan et Agloval se tournent contre ces derniers, qui, repoussés, celot. sont chassés à leur tour par les quarante. Survient un chevalier qui,
voyant fuir quatre cents chevaliers, leur vient en aide et chasse les quarante. Tristan le défie, et une lutte terrible s'engage. Agloval, craignant que les deux combattants ne se mettent à mort l'un l'autre, parvient à les séparer ; il ôte le heaume de Tristan et li abat la ventaille pour que le chevalier, qui, comme le devine Agloval, n'est point l'ennemi de Tristan, puisse reconnaître celui-ci. L'inconnu est Lancelot 2; on juge de la joie qu'éprouvent les deux amis en se retrouvant. Agloval va demander aux chevaliers qui attendent le résultat du combat la cause de leur inimitié; ils répondent que deux nices chevaliers s'étant entr'égorgés après une discussion sur la valeur de Lancelot et de Tristan, le pays s'était divisé en deux parties, et « por vengier cels .II. que se mistrent a la mort en somes nos conbatus ». Tristan, Lancelot et Agloval, ayant passé la nuit ensemble, se séparent le lendemain.