‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 194 sur 362 · dit seulement qu'Arthur a l'intention de faire cela · texte numérisé non relu

dit seulement qu'Arthur a l'intention de faire cela

4. Le prosateur a modifié le rôle de Perceval (cf. § 311) dans l'accomplissement de cette aventure ; voy. pour les deux rédactions différentes, G. Paris, Merlin, p. lvii.

5. Ici 101, 97, 349, 99, 758 intercalent des épisodes choisis du l.ancelot :

(101, f° 170 c) Mais atant laisse ores li contes cy endroit a parler de ceste chose , car bien y savrons revenir quant le point en sera, et retournerons sur une aultre matière. T i • i 3^8 a. Or dit li contes que il avint que li mieudres chevaliers et li plus courtois et li plus

interpolation (le preux et li plus débonnaires, c'est monseingneur Lancelot du lac, vint par bonne aventure 101 , etc. par dessus ung passaige que l'en appetloit le pont de Corbenic (758 tout court : vint p. b. av.

sor le pont de Corb.) et il la passa tout meintenant. Et quant il vint jusque» a la maistre rue de la ville, tout le monde lui crie : « Sire chevaliers, la charrette vont attent. » Suit le récit de la demoiselle dans la cuve, du serpent, de la naissance de Oalaad ; tout cela est raconté comme dans le Lancelot ; v. P. Paris, nom. de la T. R., V, 305-309. Puis (immédiatement après que Lancelot a quitté la fille de Pelles et Corbenic) Bohort y arrive et triomphe du chevalier qui gardait le pont pour narguer Lancelot. Puis les merveilles qu'il voit dans le Palais aventureux ; ainsi ie serpent que Gauvain avait vu (raconté dans le Lancelot). Puis il retourne à la cour, et le conte revient à Lancelot : (f° 178) Or dit li contes que li roys Artus estait venus de conequerre le roy Claudas de la Déserté, ainsi comme l'istoire de Lancelot du lac le raconte. Puis on donne, — pour la deuxième fois dans 101, 97, 349 (voy. § 300), mais cette fois-ci absolument comme dans le Lancelot, voy, P. P., ouvrage cité, V, 323 ss. — le récit de l'arrivée de la fille de Pelles à la cour et la forsenerie de Lancelot ; le départ de la fille de Pelles ; la quête de Lancelot (par Bohort, Lionel, Hector et d'autres 1). Puis Agloval amène Perceval à la cour, — c'est la deuxième fois dans 101, 97, 349 (voy. p. 239); cette fois les deux frères sont d'accord pour tromper leur mère, — et Agloval fait armer chevalier Perceval, qui quitte la cour, à cause des paroles de Keu et de Mordret ; suivent ses aventures : il quitte Patrides (Patigres 758, Persides, 99) et trouve Hector ; ils se battent ; malades de leurs blessures , ils sont guéris par le saint Graal 2. Lancelot, accueilli par Bliant, est enfin guéri par un ermite et arrive à Corbenic

1 . 99, fo 519 d, intercale ici (après que Gauvain s'est associé à cette quête) les aventures des enquêteurs de la version de 757, etc.; nous les avons vues au § 303 ss. Ayant raconté la mort de Lamorat (v. § 307), 99 reprend le texte ordinaire du Lancelot (v. p. 239).

2. Ces épisodes, depuis Agloval amenant Perc. jusqu'à la guérison d'Hector et de Perc. , ont été publiés d'après un des mss. du Lancelot par Jonckbloet, le Roman de la Charrette, p. xli-li

Iseut refuse d'aller à la cour pour la fête ; Tristan veut alors rester avec elle, mais elle ne le lui permet pas : on dirait que Tristan a abandonné la chevalerie pour elle1 .

1 . Nous voici arrivés à la fin de cette partie que plus haut, p. 260, j'ai considérée comme une interpolation commune à tous les mss., sauf § 757, à l'endroit où ce ms. nous a conservé la rédaction antérieure : cette interpolation a surtout eu pour but de raconter un brillant tournoi. On voit que l'annonce du (iraal est faite ici à peu près comme dans 757. fol. 96 a (voy. § 347). A cet endroit nous avons déjà vu Iseut refuser d'aller à la cour et défendre à Tristan de rester auprès d'elle ; ce sont donc là des signes que les textes commencent à se rencontrer. Il a été dit plus haut que la version primitive doit avoir raconté le départ de T. pour la cour presque aussitôt après l'avoir annoncé (v. g 351, note). Dans ce qui suit, nous n'avons cependant pas la continuation directe de cette version primitive, dans laquelle Palamède n'aurait pas attaqué Tristan (§ 389) à cause de son vœu (§ :«7) ; en outre, nous trouvons.au § 399. une allusion à l'épisode des Saxons, qui est dû à une rédaction postérieure. — Pour 101, 97, 349, 758, 99, 772, qui ont maintenant repris le texte des autres mss., voy. ci-dessous.

389. Tristan part tout seul pour la cour. 11 rencontre Pala- Tristan va à la mède, qui aurait bien voulu l'attaquer1, mais il y renonce n rencontre Pa-

quand il le voit sans armure 2. 11 a même la générosité de donner son cheval à Tristan, qui est en retard, afin qu'il puisse arriver plus vite à la cour.

lamède.

\. Cf. la note ci-dessus.

2. Dans Malory (cf. § 386), Tristan emprunte l'armure d'un chevalier, Galleron of Galway ; après un long combat, Palamède a le dessous et consent à se faire baptiser. Tristan et Galleron sont ses parrains. Puis ils vont à la cour d'Arthur à Gamaaloth et assistent à la fête où

(dans le Lancelot, il est guéri par le Graal ; 'puis, à l'Ile de Joie, il est trouvé par Perceval et Hector 1. Aventures de fiohort et de Lionel. Ils se logent chez le roi Brangorre de Gorre ; sa fille est la mère d'Helain le blanc, le fils de Bohort, qui le fait armer chevalier par Arthur. Lancelot, Perceval et Hector rentrent à la cour. Puis (f° 195 c) : Or dit li contes que quant Lancelot s'en fu partis, et li roys Pelles rit que il s'en fu aies, il prist Caliad. et le fist monter. Celui-ci arrive à une abbaye où il reste, auprès de sa tante, jusqu'à l'âge de douze ans et plus (dans le Lancelot, c'est quinze ans); près de l'abbaye, il y a un saint ermite que Galaad va beaucoup voir ; un jour, cet ermite l'engage à se faire confès pour entrer tous nés et tous espurgiez des ordures du monde dans l'ordre de chevalerie. Et il dist que il y entrera tel comme il devra es/re, se Dieu plaitt. tirant pièce parlèrent elui jour ensemble, et a' lendemain, a prime, que li roys Ivtus vhaçoit parmy celle forest, si arint que il vint illcucqiies oïr messe a lu chappelle de ce preudomme, El quant le preudomme ot chanté, si appella le roy Àrtus,

— ici 772, qui a quitté le texte de 757, etc., plus haut (voy. 5 387, note), adopte celui de 101, etc.

— et li dist qu'ail Jottt de la Pentecôte celui qui mettra à fin les aventures du royaume de Logres sera chevalier nouveau; il vendra celui jor acomplir sanx. faille le Siège perillex. L'ermite recommande ensuite au roi de convoquer tous ses hommes, qui doivent être à Camaaloth la veille it Penteeotte pour veoir les merveilles qui le jor i avendront^. Puis l'ermite lui dit (772, f° 186 d) la teneflanct del chevalier. Merlynt dist en la see:e prophecie que de la chambre

nu nu mehaignié rendra la merreilleuse beste , de toutes bettes la plus diverse. Car

fie (lira testé ri regardi 'ure île. droit lyon ; si arra voit de joieuse dame vergoignevte ; si livra espavles et cors d'olyfant a toutes fors choses soustenir ; si arra cuer d'acier dur et seur, gui ii'iirru, garde de fléchir ne d'amoloier ; si avra penssee et talant de droit Jugesmr I si uvru riiius et iiDintiril de pucelt vierge et entérine ; trie sera la merveilleuse beste. Et si sera si fort et si ayant que les forces des autres qui devant lui iivront esté seront, notant, gui verra l'esfors de celui. Or avez oie in. senefianee de la merveilleuse bette. L'ermite explique M roi cette allégorie et conclut ainsi : « Tex sent cil qui de la semence au roi meliiiiguiv istra.., il accomplira le siège perillex de la ï, Roondé et nenra a fin les doulerevset aventures de lu terre aventureuse. » — Arthur rentre joyeux et envoie partout des lettres pour qu'on suit réuni à la oour La veille de la Pentecôte. Il veut donner une fête qui surpasse même celle de son couronnement. Mais Iseut refuse d'y aller, etc.; maintenant 772, 101, etc., poursuivent comme 7r>7, etc., voy. §388.

| SIS, note S, Dans loi, 97, 949, 99, 758 l'annonce do Siège périlleux et l'ordre de l'ermite, ainsi que les remarque! sur les lettres de taire part et sur la «plendeur de la fête qu'Arthur veut donner, ont déjà Bguré une fois •. c'esl évidemmenl pour éviter ces raditn que 77.' abrège, v i 8S7, note

Evénements de 390. Ils se séparent, et Tristan tant chevauche g-u'il vient Pentecôte.6 a a Camaalot droit au jor de la Pentecoste après dîner K Et sachent tuit ge a la veille de la Pentecoste, le samedi, Lancelot avait armé Galaad chevalier dans une abbaye voisine 2, et ce samedi-là la splendeur de la cour d'Arthur avait été merveilleuse : Et por ce que 3 ce fu feste et passe feste, vous encommence ge 4 les paroles en tel manière gue les paroles de si merveilleuse feste et si honorable com celé fu se devoi[en]t encommencier 5. Douze rois chrétiens , vassaux d'Arthur, étaient présents.

Arthur demande au roi Bademagu, centenaire, mais toujours allègre et bien vivant, s'il a jamais vu une cour aussi splendide. Il répond tristement : « C'est la cour aventureuse dont le roi maaigniè vous parla devant moi il y a cinq (var. : onze) ans. Il vous dit qu'après toute cette joie viendraient le chagrin

Galaad prit place sur le Siège périlleux. Tous les chevaliers de la Table Ronde se séparent; Tristan retourne à la Joyeuse Garde, et Palamède se remet en poursuite de la beste glatissant. Puis rien sur Tristan dans Malory, avant les remarques, aux pages 478 et 792, sur la mort de notre héros; cf. au § 545.

1. Ainsi 757, f° 156, 755, 12599. — 772, f» 189 c : — tant chevaucha qu'il vint mont près de la cité de Kamaaloth. Mes atant lesse li contes a parler de monseigneur T., pour ce qu'il ne vint pas a court la veille de la feste ne le jor, devant après digner, et parole de la noblesce de celé feste et des aventures qui i avindrent la veille et le jor ainz que misire Tristans venist a court. De même 336, 101, 97, 349, 99, 758, qui cependant abrègent la phrase finale; 336 : Mes atant se taist ore le conte a parler de T. et parole de ceulz qui estoient venuz a la feste de la Penthecouste ; 101, etc. : Mes at. lesse ores li c. a parler de T. et parole d'autre chose {de cels ki estoient venu a la f. de la P. ajoute 758). Puis 336, 772, 101, etc., parlent de la splendeur de la fête, et leur texte se rencontre avec celui de 757, etc. (pour Galaad armé chevalier, voy. S 392 a).

2. Selon la Queste, Lancelot était parti la veille, mais ne l'avait armé chevalier que le lendemain ; cf. § 392 a.

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