‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 197 sur 362 · Dans 12599 c'est Keu · texte numérisé non relu

Dans 12599 c'est Keu

version toute cyclique de la quête du S. Graal, en reproduisant la plus grande partie de la Queste. — Ils continuent (mot à mot comme dans la Queste, dont tous les petits détails se trouvent répétés) : Lancelot, conduit par la demoiselle dans l'abbaye des nonnes, arme Galaad chevalier le lendemain, assisté par Bohort et Lionel, avec qui il retourne à la cour, où la supérieure a promis d'envoyer Galaad. Les trois cousins, en attendant la rentrée du roi, qui est allé entendre la grand'messe, trouvent les lettres du Siège périlleux.

Le roi, rentré du moutier, témoigne sa joie de revoir Lancelot et ses cousins et commande que les napes soient mises, car il est temps de dîner. Keu proteste : « Ce serait enfreindre la coutume : jamais vous ne vous êtes mis à table, dans une haute fête, avant qu'une aventure soit arrivée. » Le roi, confus, s'excuse de la joie causée par l'arrivée des trois cousins : « Cela m'a fait oublier la coutume que ge avoie touz jorz maintenue jusques au jor d'ui. » Qvant ce vint a heure de prime que li rois devait porter coronne, il sort de sa chambre, etc. = 757, voy. § 392, sans les remarques sur les miracles et le renvoi à Rob. de Borron; 772, etc., passent à nous dire ce que fait le roi : il va à l'église, puis Lucan, etc., tout comme dans 757 4, mais après la réprimande adressée à Lucan par le roi, 772, etc., racontent l'aventure du perron :

1. Cette reprise du texte de 757, qui, naturellement, ne se trouve pas dans la Queste, est bien gauche; dans 772, etc , on nous a déjà dit que le roi était allé à l'église et qu'il était rentré (voy. ci-dessus) ; la réprimande adressée par le roi à Lucan fait également double emploi avec celle donnée au roi par Keu.

393. Pendant que le roi parle, un chevalier, pauvrement habillé et pleurant, vient lui remettre une lettre, en proférant de tristes prophéties. Arthur lit la lettre, qui est en vers1; il s'effraye, mais dissimule son émotion. Un valet apporte une harpe, et le chevalier chante un lai qu'il a composé'2; c'est son chant de mort, dit-il en rappelant la légende du chant du cygne. Arrive un autre chevalier qui le provoque, et alors le premier arrivé se tue, en disant qu'il aime mieux se tuer que d'être mis à mort par son ennemi. Puis on va dîner. Il arriva encore d'autres aventures, qu'on trouvera dans Rob. de Borron. Nous verrons plus loin pourquoi (le chevalier se tua et qui il était 3.

Galaad arrive au dîner4 et achève l'aventure du Siège périlleux5. Maintenant tous les chevaliers sont présents, sauf Tristan. Le roi, fâché de cette absence, accuse Iseut de retenir

1. Cette lettre, dans laquelle on prédit la honte du roi Arthur, commence ainsi : A toi faiz savoir, rois Artus. — 101, 97, 349 : A toy, roys Artus, qui es seigneur; pas à'es dans 758, 99, 772, 336; — Pour la place de cet épisode dans 772, etc., voy. ci-dessous.

2. N'est joie qui ne viegne a fin, etc. (12599 : [j]oies n'est qui n. v. a /".). 772, 336, 758, 99 : Rien n'est qui ne viegne a sa fin, etc. ; pas de sa dans 101, 97, 349.

Page 1