Var. Faramon (d) ; Childebert J. Maugin
4. Ici commence le ms. 758 (qui donne toute la première partie du roman en abrégé) ; voy. la préface, § V.
Tristan chez Pharamont.
Elle l'accuse d'avoir essayé de lui faire violence. Gouvernai révèle alors ce qu'il sait ; le roi, pour connaître la vérité, ordonne à sa fille de choisir entre son cousin Meliant, condamné à mort, et Tristan, qu'il menace du supplice. Elle choisit d'abord son cousin, puis se ravise en faveur de Tristan , lorsqu'elle voit qu'il n'y a pas d'autre moyen de lui sauver la vie. Mais Gouvernai, inquiet de ce qui peut survenir, décide Tristan à prendre congé de Pharamont ; à cette occasion, Tristan dit enfin son nom et celui de son père ; alors lé roi lui reproche de ne pas s'être fait connaître plus tôt et lui apprend qu'il est son oncle *.
27. Gouvernai et Tristan se rendent à la cour de Marc, toujours incognito. Le roi est au château de Glevedom 2. Chemin faisant, Tristan reçoit par l'intermédiaire d'un valet, de la part de la fille de Pharamont, Belide 3, un brachet et une lettre qui commence ainsi : Amis Tristan, amez de fin cuer et de vrai, sanz fausseté et sanz enging, [etc. Belide annonce à Tristan qu'elle veut mourir et exprime le vœu qu'il souffre un jour Mort de Belide. de l'amour autant qu'elle-même. Le messager prie Tristan de l'attacher à son service. Celui-ci consent, en lui défendant de révéler le nom de son nouveau maître. Ce messager sera plus tard chevalier de la Table Ronde, et Tristan, pendant la quête du saint Graal, le tuera par mégarde en poursuivant Palamedes 4. Et cestui conte vous deviserons nous en nostre livre.
28. Arrivé à la cour de Marc, Tristan s'est déjà fait remarquer au point d'exciter la jalousie des autres chevaliers, quand le Morhout d'Irlande (l'oncle d'Iseut, f° 37 b) arrive en Cornouaille pour réclamer le tribut ; il est accompagné de chevaliers d'Irlande et du royaume de Logres, notamment de Gaheriet, le neveu du roi Arthur, dont le règne vient de commencer. Grande affliction des Cornouaillais. Tristan ayant appris par un chevalier que le pays pourra être délivré de ce tribut, si le Morhout est vaincu dans un combat singulier,
1 . Vous estes mes niez et mes amis charnex. Mais 334 e. 1. a. : Vos estes mes amis charnieus [v. e. de ma char 103).
2. Var. Glevedoin; 334, 100, Glevedyn ; 97, 102, Glevederi; 94, Clore/lin ; 99, Cloedin.
3. Beleyde 99, 94; Belinde 104, J. Maugin. Tfeison ; Ikllide 1IK<. 'i . C'est iichi's (Habé le renommé, voyî §. Î9\ Sa mon »>st rateon-
ée vers la fin de notre roman, S 507.
Tristan chez Marc.
Le Morhout.
obtient de Gouvernai la permission d'entreprendre la bataille : le fils de Meliadus ne saurait être qu'un brave. Sur sa prière, Dinas. le roi Marc l'arme chevalier ; Dinas, le sénéchal, l'aide à revêtir l'armure. Devant les messagers du Morhout, Tristan défie leur maître et se fait connaître comme le fils de Meliadus. Marc ne le désavoue pas, et les messagers s'en vont rapporter tout cela au Morhout, qui accepte le défi et les renvoie pour demander l'endroit du combat : on choisit Ylsle de saint Sanson, où les deux combattants se rendront absolument seuls, chacun dans son bateau '. — Gaheriet admire le courage de Tristan. Dans les églises de Cornouaille, on implore le secours du ciel. Tristan veille dans celle de Notre-Dame ; puis il dort un peu et entend la messe, armé du haubert et des chausses de maille. On annonce que le Morhout s'est embarqué. Tristan fait alors lacer son heaume ; le roi Marc l'assiste lui-même. Ensuite Tristan entre dans son bateau et passe dans l'île. Il fait sortir son cheval, prend ses armes et repousse le bateau, qui s'en va à la dérive : « Le vôtre, dit-il au Morhout, suffit, quel que soit le résultat du combat. » Le Morhout lui offre en vain son amitié : comme il ne veut pas renoncer au tribut, Tristan refuse de l'accepter. Les lances se brisent, et ils se battent longtemps à l'épée ; le Morhout sent qu'il ne sera pas vainqueur. Après un peu de repos, ils recommencent. Enfin Tristan enfonce son épée dans la tête de son adversaire (jusqu'à la cervelle), et un fragment de l'épée reste dans la tête. Mort du Mor- Le Morhout, blessé mortellement, court à son bateau, rejoint ses gens et s'en retourne à la hâte en Irlande 2. Marc envoie chercher Tristan, qui est ramené en triomphe.
29. Mais il a été blessé par la lance empoisonnée du Morhout 3, et on ne peut le guérir. Il souffre beaucoup et n'est déjà que l'ombre de lui-même, quand un jour une damé lui conseille d'aller à l'étranger chercher un remède. Il fait faire une nacelle avec une petite voile et couverte d'un drap de soie pour le garantir des inclémences du temps. Il part sans le fidèle Gouvernai, emportant avec lui sa harpe, sa rote et ses autres instruments, afin de s'en déduire aucune foiz dans le voyage. Il se laisse emporter au gré des flots ; après deux