Voy
2. Leurs noms sont énumérés [Ivain de Lonoel et Gaheriet de Carar eheu y figurent, Tristan et Palamede aussi, bien qu'ils n'aient pas dit leur nom à Claudin ; le passage aura été emprunté tel quel à un roman biographique sur ce chevalier).
ttiêr intervient, sauve le chevalier et bat Faudar avec ses gens ; puis il $è jiert dans la forêt. Le chevalier, désireux de le connaître, le suit et le trouve descendu à une fontaine. Il lui dit que, blessé comme il l'est, il ne l'aurait pas suivi si ce n'était pour savoir qui il est. Galaad lui demande son nom. « Je suis un chevalier étranger, répond l'autre, sans renommée ; ceux qui me connaissent m'appellent Engenes. » Puis Galaad se nomme aussi, parce que le chevalier s'est tant tvaveillié de venir après lui, et parce qu'il l'a vu si vaillant. Engenes lui demande humblement à l'accompagner, et Galaad y consent. Gomme Engenes est, fortement blessé, on va se loger dans un château, où Engenes est soigné par un chevalier <|ui promet de le guérir dans quinze jours. Gai. veut, rester avec lui pendant ce temps. — Pour la suite, voyez $441, note.
757 Galaad prétend n'être venu dans ce pays que pour éprouver
Glaudin; c'est pourquoi il ne veut pas céder la joute à Eugène, qui soutient qu'il y a droit, étant meilleur chevalier que son compagnon, et propose de le prouver en se battant avec lui. Alors Galaad lui dit son nom, mais Eugène le traite de fanfaron et s'élance vers le pont. 11 est abattu. Puis Galaad triomphe de Glaudin, qui promet de ne plus garder le pont.
La statue de 440. Au château (Beauregart) on admire Galaad, et on lui érige une statue en bronze. Lorsque, plus de cent trente ans après la mort d'Arthur (f° 189), Charlemagne eut conquis l'Angleterre et qu'il eut vu les images et les inscriptions attestant les hauts faits de Galaad, de Tristan, de Lancelot et de Palamède, il ne put s'empêcher de considérer Arthur comme un roi de très povre sen, car avec quatre chevaliers comme ceux-là il aurait pu subjuguer tous les royaumes du monde *. On peut trouver cela dans l'Histoire de Charlemagne, qi [est] a Ais en Pichardie a la chapelle; illec devise une grande partie des merveilles que ces quatre chevaliers firent en Logres, et Charlemagne lui-même en fit faire un gros livre ; là on lit que Les épées de Charlemagne emporta d'Angleterre les épées de Tristan et de Palamède! Palamède, qu'il avait trouvées dans une abbaye. On les compara à celle de Roland, et on les éprouva. L'épée de Palamède fut jugée meilleure que celles de Roland et de Tristan. Charlemagne la garda pour lui-même et donna celle de Tristan à Ogier le Danoys ; c'est avec cette épée que le Morhout avait été tué. Ogier la trouvant trop longue et trop lourde la fit raccourcir, ce qui lui valut le nom de Cortaine 2. Tout cela se trouve dans la Vie de Charlemagne, qui dit encore que dans sa vieillesse Charlemagne, pendant ses repas, se fit réciter par un clerc les aventures des quatre chevaliers; il plaignait surtout la mort de Tristan, qu'il trouvait sans pareil et supérieur à Galaad, comme il préférait Palamède à Lancelot, je ne sais pour quelle raison, car l'histoire du saint Graal ne dit pas que Lancelot soit moins digne d'éloge que Palamède 3.
1. Un passage semblable se trouve dans le préambule du Guiron le Courtois; voy. P. Paris, Mss. fr. III, 58. — Plus loin (§ 532), dans 772, etc., Charlemagne fait ériger une statue en l'honneur de Galaad.
2. Ce passage, un peu changé, se retrouve dans la Tav. Rit., p. 391- 392; cf. § 381, note. — Pour l'épée de Tristan, voy. Fr. Michel, Tr., II, 165 ss. et Hagen, Minnesinger, IV, 578.
3. Ce jugement porté par Charlemagne est évidemment l'invention
441. Galaad ' reste quatre jours au château, parce qu'Eugène avait été blessé par Claudin. Au cinquième jour, ils partent et rencontrent une demoiselle qui avertit Galaad du danger qui le menace de la part d' Assanon (Assalon, Assanor), le frère de Senahar, dont Galaad avait vaincu les gens devant le château d'Enide. Depuis cette victoire, Assanon a fait épier Galaad : il connaît le résultat du combat avec le chevalier du pont, et il sait que Galaad va combattre le géant de la Montagne noire, comme Galaad l'a dit l'autre soir. Il a rassemblé quarante (var. onze) chevaliers, avec lesquels il attend son ennemi, dans une vallée, pour le mettre à mort. Eugène , qui n'a pas encore recouvré toutes ses forces, décide enfin Galaad à retourner, ce qu'il fait bien malgré lui ; il rappelle comment Tristan et Dinadan vainquirent les trente chevaliers (voy. § 108). Mais la demoiselle est une traîtresse qui a été envoyée par Assanon lui-même pour faire tomber Galaad dans l'embuscade.
442. Les deux compagnons rencontrent un vieux chevalier, qui les avertit de ce qui les attend. Eugène veut retourner et refuse de suivre Galaad, qui persiste à marcher tout droit. Il engage vainement son compagnon à suivre l'exemple de Lancelot, qui n'avait pas craint de combattre cent 2 chevaliers
L'embuscade
des quarante
chevaliers
d'Assanon.
de quelque rédacteur désireux de motiver la préférence que, dans le roman de Tristan, on se croyait obligé de donner à ce héros.
1. Ici les autres mss. reprennent le texte de 757 ; voy. § 421, note. 336 (pour ce qui précède dans ce ms., voy. § 438 a : Aussi comme
je vous conte demoura Gai. , le bon chevalier, en celui chastel par l'espace de .XV. jours entiers pour tenir compagnie a Engenes, qui n'estait mie bien aisiés de chevaiichier. Et quant ce vint au .XVe jour, que Engenes fu auques tournés a guarison, Hz se partirent de leans et rencontrent la demoiselle traîtresse, etc., comme 757.
772, 97, 349, 101, 99, 758, 24400, après la grosse lacune non indiquée (voy. § 421, note) : Enceste partie dit li contes que .XXIIII. (99 : .XIHI.)jors demoura Gai. en cet chastel (sur lequel on ne donne pas de détails), por ce que Eugenes (introduit ainsi sans plus; var. Engenes) n'estait mie bien aisiez de chevauchier. Au vint et cinquiesme (.XVe. 99) jor se partirent de leenz et rencontrent la dem. traîtresse, etc., comme 336 el 757. (99 supprime d'abord Eugène, pour escamoter la lacune, puis le Fait prendre part à la conversation tout soudain un peu après).
336 et 772, etc., reproduisent les remarques sur Senahar, devenu Sandar (Sana7-) dans 772 (Sandar 758, Saldar, Sadar 24400, Samdar 99, Faudar 336, cf. § 437 a, Savar 97, 101, Sauvar 349); son frère : Assanon (Assavon 336, Assalon 24400) ; la victoire sur Claudin est mentionnée aussi : la suppression est donc manifeste.