Voy
héritée.
au roi de les séparer, ce que fait celui-ci en promettant d'accommoder l'affaire des demoiselles *.
Tristan prie Palamède de ne plus le haïr si fort. « Mais, répond Palamède, j'ai mainte fois mis de côté la querelle qui est entre nous, et vous recommencez toujours. » — Ils mangent dans la môme écuelle. Tristan reste une semaine et deux jours. Palamède, dont les blessures sont plus graves, ne peut partir qu'au bout d'un mois et trois jours.
4 45. Tristan dirige sa marche vers la Joyeuse Garde. Il Tristan empri- [uitte le Sorclois et entre dans le Norgalles. Malgré ses écuyers, vré^arValail va passer la nuit chez un châtelain dont il a tué le fils. Son mède. hôte demande à une demoiselle, qu'après la mort de son fils il avait envoyée aux renseignements, si ce n'est pas Tristan ; elle ne veut pas le perdre et répond que non. Mais un valet qui avait assisté au combat de Tristan contre Palamède le reconnaît, et le châtelain force la demoiselle de confesser la vérité; puis il fait prendre Tristan, pendant qu'il dort, pour le mettre à mort.
Palamède, ayant quitté le roi Galehodin, marche vers le pont où il a été désarçonné par Glaudin, afin de venger cette honte. Il arrive au château où Tristan est emprisonné. Le châtelain, croyant qu'il fera grand plaisir à Palamède, lui raconte comment il a pris Tristan. En effet, Palamède en est très content : après la mort de son rival il se fera baptiser, et il pourra aspirer au cœur de sa dame. Mais le lendemain, quand il voit mener Tristan à la mort, il se sent pénétré de compassion, et se dit qu'il ferait mal de ne pas délivrer un tel chevalier. Tristan le prie de porter, après sa mort, son écu et son épée à la cour d'Arthur. Palamède tue le châtelain et délivre Tristan; cette victoire lui est facile, car tout le monde est sans armes. Puis il part avec Tristan 2. Ils descendent à un château que le roi de Norgalles avait donné à Gaheriet, dont Tristan revêt l'armure blanche.