Quarantaine
5. Ici le texte de 772, etc., se rencontre avec celui de 757, qui donne de l'invasion , du siège, etc., un récit abrégé dont nous avons déjà cité le début au § 495, note (Galaad entend dire qu'Arthur est assiégé par Marc) : Le roi Marc était arrivé avec les Sesnes et les Cornouaillais. Il alla à la Joyeuse Garde de nuit, s'empara d'Iseut, qu'il envoya immédiatement en Gornouaille, ayant peur de la perdre en Logres. Il attaqua ensuite Arthur, le battit, parce qu'il avait un bien plus grand nombre de forces, et l'assiégea dans Camaaloth. Arthur fut navrez et desconftz vilement, et ftst logier ses gens entor la cite. Voir, pour des détails, le livre de Rob. de Buron, car il devise tôt mot a mot, et por ce nel voill je pas deviser en cestui livre. Galaad, qui se trouve alors vers Norgales, retourne immédiatement, et il chevaucha tant qu'il trouva Pal., Esclabor et Artu le petit; avec eux il arrive à Camaaloth. Caradoc Brief Bras fait une sortie, mais il aurait été battu sans Palamède et Galaad ; ce dernier se signale au point de mettre en fuite toute l'armée du roi Marc, et part ensuite furtivement. Marc s'enfuit en Cornouaille avec une vingtaine de chevaliers, etc. — A partir de là, même texte que 772, etc.
A 757 vient se joindre le ms. 760, qui, après avoir parlé de la douleur qu'éprouve Palamède à la Joyeuse Garde (voy. § 384, note), poursuit ainsi : Mes or laisse ore li contes a parler de Pal. et retorne a parler de mons. T., et deviserom en quel manière il morut. Or dist li contes que il ne demora mie grament que li rois Marc de Gornoaille avoit assegic le roi Artus dedenz Kamalot; sanz doute li rois Marc estoit venus au roiaume de Logres a force de gent, etc., comme 757, jusqu'après le renvoi à
I- 373 - Les Cornouaillais sont très affligés de l'immense perte hommes qu'ils viennent de subir, mais Marc se console à dée d'avoir de nouveau Iseut auprès de lui; pourtant il n'en a que le corps, car le cœur est avec Tristan. Iseut pleure tou- iseut irritée jours; pour Marc elle n'a que vilaines paroles et mauvais contre Marc. semblant; cependant, l'amour que lui porte toujours son mari ne peut s'en affaiblir *, car il n'y a rien au monde qu'il aime autant qu'Iseut 2.
Ruberl de Duron; 760 poursuit ainsi : A celui terme que lirois Marc avoil en tel mainiere assegié li rois Artus dedenz Kamalot, Gai. en hdi parler. Quant il soit que ce estait vérités, il dit qu'il le deliveroit , cil onq[ue\s puet, et maintenant se fist au chemin, et tant chevauche qu'il trove Pal. et Eslanbor et Artus le petit, le filz le vois Artus, ensint conjevos ai conté. Celui jor issi ors de la cité li rois Karados Brief Bras, etc., comme 757, qui est pourtant seul à donner une vingtaine au lieu d'une trentaine de chevaliers accompagnant Marc en fuite. — Pour la manière dont est prévenu Galaad, cf. § 519, note. — Quoi qu'en dise 760, ce ms. n'a nullement parlé de la rencontre de Gai. avec Pal. et les autres.
Le ms. 1463, f° 87 d, passe tout subitement des aventures de Guiron, Segurades, etc. (voy. § 628) au siège de Camaaloth par Marc : Or se taist li contes de cist dui et tome comment li roi Marz asseie Kamalot. Or dit li contes que li roi Marz avoit assegié li roi Artus dedenz Kamaaloth ; sanz doute, li rois Marz estoit venuz, etc., absolument comme 760, avec le renvoi à B. de Borron et les mots : ensint con je vos ai conté; le texte de ceins, esl suivi jusqu'à la fin de 1463.
Lacune dans 104 (v. au § 495 et ci-après), et dans 12599 (v. §§ 417, 538, note).
La Tav. Rit. (voy. § 516, note), abrège également, mais en différant un peu du récit de 757, etc. : Arthur est aidé par Palamède, Mordret et antres (Galaad pas nommé). Tristan est renseigné par l'un des messagers envoyés de la Joy. Garde; il a abandonné la quête du Graal et rencontre le messager après s'être mis en chemin pour revoir Iseut. Puis sa rencontre avec, Keu et Dodinel, etc., comme 757, voy. § 535.
Pour 103 (Verard, Janot), Tressan (Dunlop-Liebrecht, YEncyclopœdia Britannica), voy. page 347. Tristan y retourne en Bretagne, et le récit de sa morl est donné comme dans la version des poèmes, quoique le ms. ait annoncé le dénouement ordinaire du roman en prose (cf. §§ 191 ; 270). Cette partie finale de 103 a été publiée avec des remarques dans la Romania, XV, 481 ss., par M. Bédier, qui démontre que 103 et Eilhart, en ce qui concerne le récit final, remontent à une source commune, qui (''tait Béroul ou une version voisine de celle de Béroul. Je renvoie à ce travail pour les détails, en me bornant à citer des variantes données par les imprimés (535 a ss.).