‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 296 sur 362 · Amors revel moncli. e. m. p · texte numérisé non relu

Amors revel moncli. e. m. p

porte une massue. Il va à lui et lui toult 1 : puis s'en va toute ta marine, tout nudz pies 2, la machue au col 3. Au port, il trouve une nef qui estoit a ung bourgois de Tinthanel, qui s'en voulait rater en son pais ''. Tristan prend ses deniers et les commença a jetler partout en sotois "'. Les marins lui permettent de s'embarquer, et on arrive àTinthanel. Le roi Marc était venu jouer et esbanoier G au port. Ayant pris un fromage dans un tonneau, Tristan saute à terre; il fait peur au roi, qui s'enferme dans le château et regarde, avec Iseut, le fou d'une fenêtre : « Que te semble, lui dit-il, de la reine Iseut?— Certes, fait le fol, se je gesoie une nuit avec elle'', elle me rendrait ma raison, que j'ai perdue pour elle. — Ou fu\s] tu né? — En Angleterre. — Qui est ton père? Ung rouchin. — Et ta mère? — Une brebis ; mon père m'envoya cha s pour te faire cocu. » On rit. Marc admet au château le fou, dont les saillies l'amusent.

538 a. Un jour, comme le roi joue aux échecs avec un chevalier, Tristan regarde longuement la reine. Elle le frappe sur le cou en disant : « Fol, pour quoi me regardés 9 vous ainsi*0 ? — Certes, dame, fait Tristan, fol suisjeu, voilà huit jours, pour l'amour de vous. Je vous prie, au

Page 1