‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 31 sur 362 · e. 1. a., Dyalet(h)es ; 335, Dyaleetes · texte numérisé non relu

e. 1. a., Dyalet(h)es ; 335, Dyaleetes

craindre les autres ; on assure qu'au contraire on lui fera plus d'honneur qe oncquez jor ne li fu fête, et Tristan leur fait savoir que c'est lui-même et Iseut qui subiront la lutte ; il n'hésiterait pas à se battre avec n'importe quel bon chevalier au monde, dit-il, en s'excusant de cette fanfaronnade qu'il se croit forcé de lancer. Les chevaliers, tout en admirant la beauté d'Iseut, déconseillent à Tristan d'entreprendre le combat, mais il dit ne craindre aucun chevalier, si ce n'est Lancelot. On les prie de choisir un compagnon et une compagne ; ils prennent Gouvernai et Brangain, et partent avec les chevaliers ; les autres restent en prison. Tristan est bien servi et aaisié dans le château ; il refuse de dire son nom. On prédit le triomphe d'Iseut et la défaite de Tristan. Le lendemain Tristan est armé ; Gouvernai porte son écu et son épée, et un autre écuyer son heaume. Iseut monte un beau palefroi; elle est vestue et apparilliee moût richement et accompagnée de Brangain et de deux demoiselles du château. Vingt chevaliers sont juges du camp. On arrive à six pavillons, dressés au pied de la roche pour les dames et les chevaliers qui sont désireux de regarder le combat. On fait descendre Tristan, et un sergeant sonne du cor. Alors seulement Brunor descend du château avec sa dame ; au lieu d'écuyers, il a des chevaliers pour le servir. Il s'avance et demande où est celle qui veut rivaliser avec sa femme. A la vue d'Iseut, il a bien peur pour la géante, qui elle-même partage sa crainte. Tristan, dont le heaume est déjà lacé, en appelle aux assistants et aux juges du camp ; ils demeurent silencieux, et Tristan répète son appel : les juges s'avancent vers Iseut, déclarent sa beauté supérieure et la reconnaissent pour leur souveraine ; ils livrent la géante à la mort avec beaucoup de lamentations et en maudissant les coutumes qui les forcent d'agir ainsi. Ensuite Tristan et Brunor entrent en champ. Ils se blessent l'un l'autre et chamaillent pendant longtemps ; enfin ils font une halte pour se reposer après le premier assaut, et Tristan complimente Brunor sur sa prouesse, dit qu'il aurait bien tort de tuer un si bon chevalier et demande s'ils ne peuvent en aucune manière abandonner la bataille; mais Brunor déclare que cela est impossible, et le combat reprend ; à la fin, Brunor, épuisé, refuse de crier merci quoique sentant approcher la mort; il tombe à terre, pendant qu'il parle, prie Dieu d'avoir pitié de Mort de Brunor son âme et meurt. Tristan lui ôte le heaume ; les chevaliers et de sa femme. je déclarent leur seigneur, et l'engagent à couper la tête à la

dame, qui pleure ; il refuse, mais cède enfin quand on lui a répété qu'autrement il sera tué lui-même. Après deux jours de fêtes, Tristan demande si ses compagnons, laissés dans la prison, ne sont pas libres maintenant. On lui répond qu'ils sortiront de cette prison, mais que la coutume veut que ni eux. ni lui-même ne sortent jamais de l'île si ce n'est pour combattre quelque chevalier ; encore faudra-t-il revenir, s'il est vainqueur. On ne lui permet pas d'avoir avec lui ces compagnons, qu'on lui promet cependant d'affranchir; il n'aura de compagnie que celle qu'il a dans ce moment-là (f° 56).

41. Délice ', la fille de Brunor, va, avec le corps de son Délice, père et la tête de sa mère, chercher son frère Galehout, qui est Galehout de reallé assister à la cour qu'Arthur tenait dans la cité de Londres, r' un jour de Pentecôte; à cette occasion, le géant Caradoc le grand a enlevé Gauvain, que Lancelot, Ivain et le duc de Clarenz sont allés délivrer; ce fut Lancelot qui, arrivé à la Douloureuse Tour ~, tua le géant et affranchit Gauvain 3. A la môme époque, Lancelot fut enlevé par Morgain, la sœur d'Arthur ; pour apprendre à son frère les amours de Lancelot et de la reine, Morgain envoya à la cour l'anneau de Guenièvre, qui se défendit si habilement que le roi en fut dupe. Ensuite les parents de Lancelot et Galehout s'en allèrent pour le retrouver. Pendant cette quête, Galehout rencontre sa sœur à l'entrée du Soreloys, près du Pont norgalois 4, à la sortie do la forêt d'Houdeson 5, et s'en va avec elle pour venger la mort de ses parents. Ils prennent la direction de Soreloys ; un soir, ils arrivent au chastel de V Enchanteeur 6, où ils trouvent le roi

1. Le nom manque dans 759 ; 94, Celinde. Dans 99 il y a ici une lacune qui s'arrête à l'arrivée des amants en Cornouaille.

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