‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 30 sur 362 · Cf. P. Paris, Rom. d. I. T. /?., IV, 8, note · texte numérisé non relu

Cf. P. Paris, Rom. d. I. T. /?., IV, 8, note

main, six chevaliers sans armes viennent s'informer, en les saluant cette fois, comment ils ont passé la nuit; l'un de ces chevaliers leur dit que, suivant la coutume, on emprisonne les voyageurs, qui passent le reste de leurs jours à pleurer leur sort dans ce château, qui en a tiré son nom; un chevalier plus brave que Lancelot et une dame plus belle que celle qui demeure « là-haut sur la roche en compagnie d'un chevalier presque aussi preux que Lancelot » pourront seuls mettre un terme à cette coutume. Tristan dit au chevalier que le chevalier et la dame qu'on vient d'arrêter sont supérieurs aux maîtres du château. — Ouvrons i ici une parenthèse, pour donner des détails sur tout cela : un géant, Dialeces 2, furieux des pro- Le &éant Dialegrès du christianisme, prêché dans les Iles lointaines par les parents de Joseph d'Arimathie, tue ses douze fils convertis, pour intimider la population, met à mort les missionnaires et fait construire ce château sur un sol abreuvé du sang de ses victimes. Il ordonne ensuite que l'on emprisonne tous les étrangers qui passeront, et, avec la plus belle dame qu'il puisse trouver, il se retire dans le château, qui est situé sur la haute roche où ses fils ont été enterrés (f° 53). S'ils sont vaincus, lui en bravoure et elle en beauté, le vainqueur tuera le vaincu et prendra sa place. Cette coutume dura du temps de Joseph d'Arimathie au temps d'Arthur ; elle fut terminée par Tristan. A l'époque de son arrivée à l'île, c'est Brunor qui en est le seigneur. Chevalier nouveau, il avait quitté son pays, l'Irlande, et le hasard l'avait conduit à cette île, où il vainquit son prédécesseur et épousa sa femme, qui avait alors douze ans. Ce fut la mère de Galehout, qui conquit tant de terres. Galehout. Pour la taille, il tenait de sa mère, la géante, et, en chevalerie, il était digne de son père. 11 détestait les coutumes et quitta sa patrie pour se dispenser de les maintenir; il eut la bonne chance de conquérir beaucoup de terres et de devenir le prince le plus célèbre après le roi Arthur. — Le chevalier va trouver Brunor, qui, s'étant déclaré, avec sa femme, prêt à la lutte, envoie le chevalier annoncer le combat à Tristan pour le lendemain. Le chevalier prie celui-ci d'indiquer la dame et le chevalier dont il a parlé : « Ils sont prêts. — Qu'ils nous suivent alors ; nous les ferons reposer. » — Gouvernai demande si le chevalier, en cas de victoire, aura encore à

Page 1