Cf. § 512 ss
guerre ne lui fait pas peur : les meilleurs chevaliers du monde et du royaume de Logres se rangeront de son côté. « Mais si le roi vous surprend ? — Je saurai me garder, comme je l'ai fait jusqu'à présent. » A la prière de Blioberis, Lancelot promet d'être prudent.
608. Arthur, mieux monté que les autres, prend les devants sur eux en poursuivant le cerf, qui se jette enfin dans une fontaine; là il est tué par le roi, dont le cheval tombe mort d'épuisement. Arthur sonne trois fois du cor, mais à la place des chevaliers, qui sont trop éloignés, arrive le roi Marc, qui, traversant la forêt pour aller à Camaaloth, et entendant le son du cor, espère trouver quelqu'un de la cour auprès duquel il puisse se renseigner ; il n'a d'armes que son épée. Les deux rois se saluent sans se reconnaître. Ayant demandé des nouvelles d'Arthur, qui se nomme, Marc se jette à ses pieds et implore son secours : ses hommes, dit-il, l'ont chassé et lui ont pris sa terre, uniquement parce qu'il avait tué un chevalier. Arthur, ne se doutant pasque c'est le roi de Cornouaille, lui promet de l'aider et veut l'amener à Camaaloth, en le prenant sous sa protection contre ceux de la cour dont le fuyard dit être haï. Marc ne se nomme qu'après que le roi Arthur lui a garanti qu'il n'aura rien à craindre en Logres, fût-il son ennemi le plus mortel. Arthur, très vexé de s'être laissé ainsi surprendre, recommande à Marc de rester dans la forêt, chez un ermite, afin qu'à la cour on ne le tue pas. Enfin les chevaliers arrivent; Marc se fait passer pour un chevalier étranger, et Arthur le conduit à l'ermitage.
Ce jour même arrivent Landunas 1 et ses compagnons. Arthur leur Marc restauré déclare qu'il faut reprendre Marc, malgré tout : s'il commet encore des Par ur"
trahisons, qu'on le mène prisonnier en Logres pour être puni par Arthur. Landunas risque en vain une objection. Arthur dit qu'il fera savoir sa volonté aux Cornouaillais par une lettre que leur apportera un chevalier, accompagné du roi Marc, et Landunas retourne en Cornouaille, où on s'afflige beaucoup de la décision que vient de prendre le roi Arthur.
Au bout de dix jours , Marc repart donc pour la Cornouaille ; il est accompagné d'Ivain, le fils d'Urien. Ses sujets le reconnaissent, d'assez mauvaise grâce, pour seigneur, et lui, de son côté, prête le serment de les bien gouverner.
609. Dinadan, désolé d'avoir ainsi perdu sa peine, et craignant la félonie de Marc, retourne en Logres. Il prend terre au Chasteldont Port et se rend vers le manoir d'un chevalier, son parent. Il descend à une fontaine, où il s'endort; dans son rêve, il se voit attaqué et tué par deux bêtes IV'ioccs : il se réveille en sursaut, très effrayé, se signe et prie le ciel de le protéger. Au soir, il arrive chez son parent; c'est Arin , son cousin, qui le reçoit avec une grande joie et à qui il raconte ce qui s'est passé en Cornouaille. Dinadan est toujours chagrin, préoccupé de la mort de Tristan et de son rêve, qui inquiète aussi Arin. Il ne croit pas devoir accepte]' l'invitation de son hôte de rester avec lui quelque temps ; on ue dira pas qu'un songe l'a intimidé à ce point. Il part deux jours après. Arrivé a demi j ornée de Camaaloth, il prend a son conduit une demoiselle qui attend, à l'entrée de la forêt, que quelqu'un vienne