‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 353 sur 362 · Oultre la mer de Gallonne · texte numérisé non relu

Oultre la mer de Gallonne

20. 99 donne au lieu de Lamorat : Blioberis, Bohort, Hector. tl. Mais espirituel, 355, Verard.

22, Deux 340, 355, Ver,

le vainqueur doit posséder la demoiselle. La cour est vivement étonnée de cette audace. Palamède sort le premier, avec la permission du roi. Le chevalier lui demande son nom, dit qu'il a souvent entendu parler de lui , et déclare qu'il ne veut pas de combat à l'épée s'il parvient à désarçonner son adversaire : « Je poserai, dit-il, cette même condition à pluseurs de leans '. » Sans daiimer prendre une lance, il renverse, par la force du choc qu'il produit, successivement Palamède, Gauvain, à qui il demande son nom 2, Lamorat 3, Gaheriet, Bohort, Ivain, Sagremor, Blioberis, Segurades, Saphar, Hector, Guivret de Lamballe A; de ces douze chevaliers, neuf furent gravement blessés 5. La cour est émerveillée. Tristan sort pour venger ses camarades. Le chevalier lui demande qui il esi, et lui dit qu'il aurait évité de jouter avec lui, si la demoiselle ne l'avait obligé de se battre avec tous les compagnons delà Table Ronde, mais qu'au moins, pour l'honorer, il prendra une lance. Tristan est renversé et blessé à l'épaule gauche (à l'épaule, 99). Lancelot s'essaie ensuite; apprenant son nom, le chevalier dit qu'il désire depuis longtemps se mesurer avec lui, et que, poqr le combattre, il prendra une lance, comme tout à l'heure il l'a fait pour l'amour de Tristan6. Lancelot prie à son tour le chevalier de se nommer; celui-ci répond qu'il lui est pour le moment défendu de dire son nom, que Lancelot saura prochainement, « mais, dit-il, vous nei (1. n'en) avrés guerez preu quant ce sera1 . » Lancelot est renversé ; à la cour on le croit mort. Maintenant, Arthur demande ses armes 8 ; il veut jouter, malgré Guenièvre, qui menace de se tuer s'il ne renonce, pas à aller a sa mort, et malgré tous les autres9. Les rois 40 et les barons se font également armer et montent à cheval pour suivre Arthur, qui s'avance tout seul vers le vainqueur. A la cour, on prie Dieu pour le roi; Guenièvre se retire, désespérée, dans sa chambre, où ses dames la consolent. « Etesvous fantosme ou enchantement ? » demande Arthur au chevalier, en menaçant de lui faire honte et déshonneur^. L'autre, apprenant que c'est le célèbre roi, répond : « Vous auriez tort, car je fus grans amis au roi Uterpendragon, votre père, et je fis jadis plus pour lui que pour aucun autre chevalier de son hôtel. Je vous aime assez pour l'amour de lui, et je vous rendrais volontiers mon épée si je pouvais me dispenser de la joute. » Arthur, pensant que c'est aucun ancien chevalier de ceulx de la maison de son père , lui demande son nom et son estre : « Malement , lui dit-il, m'avez ci moustré que vous fussiez amis mon père et le mien, qui estes ci venus pour mon hostel mettre a honte. — Quand vous

1. Dans 99, il prie Pal., si celui-ci est renversé, de ne lui demander /j/us de son estre.

2. Mais dans 9!) il lui ilit : « Si je n'avais connu votre père, je n'aurais pas pris une lance pour vous abattre. »

3. Le chevalier à la cotte mal taillée, au lieu de Lamorat, dans 99, qui pourtant introduit plus loin ce dernier, dont la mort a été racontée plus haut dans le ras.

4. Gaheriet de /.. 840, 365, Ver. — 99 porte de LambaU, avec lacune indiquée du prénom, 5 Furent désarçonnés par l'ancien chevalier 340, 355, Ver.

(i. Cette dernière remarque n'est pas dans 99.

7. 99 : Mais vous n'aurez gaires apris quant ce sera. 340, 355, Ver. : Mais de ce vous n'y arez gueres de pieu.

8. Le poème grec, qui amenée par l'apparition du chevalier inconnu à la cour, offre le même

fond que Rusticlen, mais diffère par les détails; ainsi Oalehout joute après Hauvain, et Lancelot obtient de Tristan la permission de jouter avant lui. Arthur se présente après eux. niais la joute n'a pas lien. Puis le. vainqueur, qui n'a voulu ni dire son nom ni découvrir son visage, secourt la demoiselle] voy. ci-dessous.

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