Marganor
6. Les épisodes suivants sont aussi dans les imprim .'s de J,m >t (cf. ci-dessous), et de Verard , qui se complètent l'un l'autre. Janot, abandonnant lu texte du Pulamètlc (cf. S W, n.), pour
qui, ensuite, délivre Sagremor, que Brehus faisait battre par deux serjanz. Guerre soulevée contre Arthur par Galehout le brun, qui, sur la prière de Lancelot, devient l'homme lige de son ennemi, et bien furent ' entre la rogne Genièvre et Lancelot aucune chose de laquelle le maistre ne fera ore mention, pour garder l'onneur de l'un et de Vautre'2,., et bien sont autres livres qui le comptent en autre manière. Un nain implore le secours d'Arthur pour son maître, Habes le renommé, qui avait été vaincu et emmené prisonnier par Palamède, parce qu'il s'était obstiné à chasser la beste glatissant. Le roi envoie Ivain dire au chasseur de la beste de laisser Habes s'en aller. Lamorat, qui hait Palamède, s'empresse d'aller se battre avec lui; ils sont séparés par . { Ivain, et Palamède obéit au roi. Segurades le brun3, quitte le roi Brunsefde Gui- Leodagan de Carmelide, va vers le pont gardé pour l'amour de lui ron.
par Galehout le brun 4, et triomphe, devant une chapelle, des quarante ennemis d'Hodoris (var. Hoderis), un chevalier qu'il prend sous sa protection. Le lendemain, il renverse deux fois Galehout, qui envoie Girart (var. Girant) le barbu, au Val Brun pour annoncer cela aux habitants de Vile non sachant, où le messager arrive en compagnie de II ub u)an le brun. La joie est extrême chez le père de Segurades, Hector le brun, et celle joxje et celle fesie dura bien .XV. jours, mais a tant laisse ores li contes a parler de Segurades, et retourne li maistres a messire Galcholt le brun et a Guiron le courtois du Bois verdoiant pour compter une belle aventure quil leur advint. Ils rencontrent Lamorat de Listenois (ceci se retrouve dans le ms. 3325 ; v. § 631 b), qui désarçonne Guiron, est lui-même renversé par Galehout et a le dessous dans le combat à l'épée, lorsque survient le roi Meliadus, qui, les ayant séparés, veut se battre avec Galehout, parce que celui-ci lui a fait un déshonneur. Galehout triomphe de Meliadus, qui le quitte de toutequerelle debonnairemenl. Le vainqueur, des Imitiez , reste au château de Berthelais. Guiron va au Royaume sauvage, triomphe devant le château appelé Berthelais, du bon chevalier sans peur et s'engage, comme lui, à tuer l'un des deux géants qui, tenant le château en servage, venaient, tous les ans, enlever des jeunes gens. Ils sont vainqueurs et partent. Guiron, dissimulant son nom, est attiré par une demoiselle, qui s'empare de son écu, chez le châtelain P.oupart, se voit forcé de se faire
passer a des aventures du présent paragraphe, qui, dit-il, sont encore inédites, commence par la défaite de Galehout par Segurades et poursuit comme 355 jusqu'aux aventures de Guiron avec Le bon chevalier s. p., qui, étant données dans Verard sont omises dans Janot, où l'on p:isse au Séjour inactif de Guiron au Val Brun, en gardant par distraction la phrase de transition de l'épisode supprimé [depuis que Gyron se fut party de la demoiselle </»/ l'avott emprisonné); puis comme 366 jusqu'après la victoire de Segurades sur Tristan et les autres : ici suppression de l'épisode de Gallnan, qui est dans Verard, et passage h l'arrivée du nain (la guerre de Galehout est supprimée, ce qui n'empêche pas le rédacteur d'y faire allusion); puis le combat de Pereeval contre Saphar et la délivrance de Sagremor (Janot s'excuse de ne pas respecter l'ordre du temps, c'est- à-dire de donner p ir ordre inverse les é| | : puis, eu suivant
l'ordre de 855 : Galaad tue Dalides, etc.. jusqu'au départ de Bannin et compagnons pour secourir v. § 625 BS.); ensuite reprise des aventures de Meliadus, qui trouve Lac et Lubian (g 038).
2. 855, f" 19 e. ii ■ m. 840 ; de les uns et deles autres 1403.
mte comment Pal imè le secourut Segurades se battant avec cinq chevaliers. Puis ce ms. abandonne la compil ition et passe, sans aucune transition, aux aventures
■ le texte raccourci de 757, 760 (104), voy. p. 350. 4. u Connue nous l'avons raconté. » (L'imprimé change, comme d'ord na re, le partait en futur pour masquer la lacune | Le comp lateur n détaché cet épisode d'une version des Bru retrouvant d qui nous apprend que Galehout, ayant entendu parler de
charge de la défense du p rat pour fuir met.
connaître1 et se rend, en laissant l'écu, auVal Brun. Là il reste longtemps sans rien faire ; pourquoi ? Trop seroit longue matière a ramentevoir. Il part avec le roi Bohort de Gaunes, qui survient, désarçonne, près de Carmelide, dans la Forest gasle, Escanor de la Montagne et, blessé, est soigné dans un couvent. Bohort, chevauchant en Sorelois avec son frère le roi Ban et Lamorat , Meliadus, Lac , rencontre un chevalier à l'écu d'or, qui l'abat avec tous ses compagnons. Lamorat et Meliadus se mettent en quête de lui, et rencontrent d'abord, dans la Plaine aux noifs, Guiron, guéri et cherchant le même chevalier, puis Lac. Ils font route ensemble, trouvent leur inconnu, qui n'est autre que Galehout, et, trompés par son écu, le prennent pour Henor de Norhombellande, un très mauvais chevalier; Lac jette l'écu dans un fane, où il est ensuite précipité lui-même par le chevalier, qui s'éloigne sans vouloir jouter avec Meliadus (le même épisode dans 3325; § 631 b). Peu après on le retrouve : il abat Lac et Guiron. Les compagnons retournent au château du Fort Trespas, où ils avaient laissé Bohort et les autres, qui viennent de partir, et le récit passe à Segurades le brun, le chevalier au dragon, vainqueur dans le tournoi de Yincestre; le maistre vous fait assavoir qu'aucun de ceux qui l'attaquèrent — et parmi eux Lancelot — ne put le renverser. Avec son écuyer Golistan, qui hait Tristan, parce que celui-ci a tué son père, Segurades , ne voulant pas rentrer encore à Vile non sachant, se met en aventures dans le Logres. Accompagné de Dinadan, il descend, dans une forêt, chez des vilains, qui les hébergent chacun dans une maison, les logements étant trop petits pour les abriter tous deux. Dinadan fait violence à une pucelle2, et est surpris et malmené par les vilains; Segurades survient enfin et le délivre. A une fontaine on trouve Lancelot, Tristan, Gauvain, Palamède, Keu. Segurades les abat tous, sauf Lancelot, avec qui, dit-il, la dame du Lac lui a défendu de jouter. Suit un nouveau morceau détaché: Galinan'6, le fils de Guiron, rencontre, près d'une fontaine, Arthur avec des chevaliers; il renverse Keu, Amador de la Porte, Gaheriet, Hector, Gauvain, le roi Arthur, Blioberis, Galehodin le Gallois, Saphar, Ivain et Lancelot. Palamède, qui avait tout vu, embuschiez dans la forêt, se propose de venger cette honte d'Arthur, qu'il vénère ; il atteint Galinan et le désarçonne tel atourné que ja mais ne ferra coup de lance. Mais atant se taist II contes de cestui fait et retourne a parler de l'ancien chevalier (f° 79 c; 355, f° 64 f); puis, après une lacune de trois lignes : Explicit li rommans du roy Arlus et des chevaliers errans. Ici, 355 présente un intervalle de trois lignes, suivi de cette annonce : Ci après commence li lurez (1. livrez) du roy Meliadus, qui fut pe\re]s Tristan, et de Interpolation du Quiron [e courtois et des chevaliers de la Table Roonde. Et ce manuscrit,
rfi ï OUI (} HP
au f° 65 a, après la rubrique suivante : Ci endroit commence le livre de Meliadus et de Guiron le courtois et de Palamedes, intercale presque toute la première partie (cf. § 638) du roman de Palamède avec le long prologue du soi-disant Hélie de Borron 4.
1. Dans le ms. 3325 (f° 154 ss; cf. § 631, n.), ces aventures sont racontées à Danain, qui arrive au château où elles ont eu lieu. — Verard, pour ne pas reproduire Janot , fait arriver Guiron, sorti de prison, chez Danain, avec qui il est vainqueur dans le tournoi du château des Deux Sœurs (cf. g 632).
2. Cf., pour cet épisode et le suivant, la compilation du ms. 12599, p 219.
3. Cet épisode se retrouve à la fln de l'imprimé de Verard (v. § 637 b), et, avec des détails différents, dans 350, 3325 (§ 630, n.). — Pour Galinan, v. § 637, n.
4. Pour la date (commencement du xni -• s.), du Palamède, cf. Ward, Catalogue of Romances,
La brève analyse de ce roman, donnée dans la suite, est basée sur Manuscrits du 855 '. comparé sommairement avec les quatorze autres manuscrits de Palamède. l'a ri s. De ces manuscrits, onze se trouvent à la Bibliothèque Nationale : 338 (anc. 6959; cf. P. Paris, Mss. fr., II, 345; commencement du xv,! siècle), 350 fane. 6970; ib. 367; xme-xive s.), 356, 357 (anc. 6976-7; ib. III, 61; xive s.), 358, 359, 360, 361, 362, 363 (anc. 6978-6983; ib. 63 ss.; xve s.), 5243 (Nouv. Acq.; fin du xive s.; dessins coloriés du rv* s.); trois appartiennent à la bibliothèque de l'Arsenal : 3325 (anc. 218 B. B. F.; xme s.), 3477, 3478 (anc. 219 B. F.; comm. du xve s.).
338, 350, 356-357, 3477-3478 ne contiennent que la première partie du roman, ainsi que 359-360-361 , auxquels font suite 362-363, qui, seuls, nous ont conservé un dénouement, fabriqué sans doute à une époque postérieure (v. § 638, dern. note). 358, rangé à tort parles arrangeurs ou les scribes avec 359-363, et, dans leur seconde partie, 3325, 5243 contiennent des rédactions particulières (v. §§ 630 a, 631 a, b).
Des familles nettement distinctes sont formées d'un côté par 338, 356-357J 3477-3478, dont338, tout en étant constamment d'accord avec les autres, aussi pour des fautes, offre parfois des divergences peu importantes, et, d'un autre côté, par 355 (340) avec la dernière partie de 357, 3478 (3572, 34782; cf. § 635, n.), qui ne diffèrent de 355 que par de menus détails. Entre ces deux classes, plus près de la seconde, se place 350, dans lequel a été annexé un morceau du roman des Prophéties de Merlin (§ 638, n.); à la famille de ce manuscrit a ppartient la première partie de 3325 (cf. §630, n.) et, semble-t-il, de 5243 (cf. § 631, n.), fragment qui présente de petites différences de noms propres, et dont le classement est rendu fort difficile par de nombreuses lacunes. 359-360-361 constituent une sous-famille se rattachant à 338, etc., malgré quelques croisements avec le texte de 355. Le Palamède des mss. de Paris, loin d'être le roman original, se compose d'un vaste amas de pièces et de morceaux. On s'y heurte à de graves lacunes (Bloie, §§ 633-634; le chevalier à l'écu d'argent, ^ 635, n.; Ludynas, § 637; le Morhout, § 638, n.) et à des raccourcissements considérables (les enfances de Guiron, le tournoi d'Henedon, § 632, le manque de la fin cyclique primitive, annoncée au § 638); de plus, les scribes-arrangeurs paraissent avoir affectionné le système qui consiste à souder ensemble deux textes différents (cf. les notes aux ^ (132, 635; une fois nous voyons même, au milieu de la prose, un morceau rimé; § 631, dern. note). Dans ce fatras, dont je ne saurais, avec mes matériaux défectueux, reconstruire par le menu le fond primitif, on distingue au moins une idée conductrice. L'auteur a voulu avancer au premier plan des héros qui étaient les pères ou qui pouvaient apparaître comme les prédécesseurs des célèbres chevaliers que les romans courante de la Table Ronde avaient depuis longtemps rendus familiers au public. En déroulant les préludes de l'histoire,
i, 866, et, pour le titre, v. ib. et § «38. Le roman a été de bonne heure divisé en deux parties. Intitulée! Miliatliis, Guiron ; il y est très peu parlé de Palamède, L'auteur s'appelait peut-être llélic ; sur le prétends Héllede Horrou, voy. G. Paris, Mriiin, I, XXXIII.
I. MO De donne du Palamèdt qu'un fragment débutant par la capture de Mcliadus (§ «;:! I , n.) , après les nuits Explicit Ji rom midis du roy Jrtus, etc. (.niant à iuncivn rlirialier, 11 n'est plus question de ce personnage, ni dans 865 ni dans MO.
Losetii. — Tristan. . 28
devenue banale, de l'époque illustrée par les coryphées ordinaires de la cour d'Arthur, notre prosateur, comme les poètes cycliques de l'antiquité, avait l'avantage de présenter au lecteur des aventures et des personnages qui se recommandaient par le charme de la nouveauté. Au premier rang de ces précurseurs , florissant pendant la première période d'Arthur ou vers la fin du règne de son père Uterpendragon, sont placés Meliadus, Guiron1, Danain, Lac et le bon chevalier sans peur, rival de Meliadus , tous inférieurs à un éminent héros défunt, Galehout le brun, fils de feu Hector le brun, dont il était le digne émule, et père du jeune et vaillant Febus. D'autres récits sur les Bruns se trouvent dans 358 (§ 630 a), dans les compilations de Rusticien (v. § 621 ss, p. 431-2) et de 12599 (v. p. 219; , ainsi que dans les Prophéties de Merlin (cf. Additions, § 638, n.); on y met en scène, outre Galehout, les membres d'une branche latérale de la famille des Bruns, Hector, Branor, et surtout Sigurant (Segurades- , dont aucun ne figure dans le Palamède des mss. de Paris, ni dans la rédaction qui forme la seconde partie des fragments 3325, 5243 3. — Notre roman repose, en partie, sur les données des livres antérieurs, que l'on ne manque pas de citer (voyez, par exemple, au § 631).
Je joins à ces remarques, pour les quinze manuscrits du Palamède, un schéma, dont la précision, notamment en ce qui concerne la place assignée à 5243, pourra sans doute être augmentée par des recherches plus minutieuses.
1 . La primauté, dont jouit d'abord Meliadus, est transférée à Guiron dès l'apparition de celui-ci.
2. Le Segurades et le Galehout des romans antérieurs sont distincts des deux Bruns.
3. L'histoire complète des Bruns se trouverait ajoutée au fond du Palamède dans les trois mss. de Turin, à en juger par le singulier prologue qui y précède celui d'Hélie, et qui a été publié par M. Rajna dans la Itomania, IV, 265. Nous ne saurions, avec l'éditeur, attribuer ce proiogue, d'un style assez récent, à l'auteur de notre roman ; on ne s'explique pas que celui-ci, s'écartant de l'habitude générale de ses confrères, ait gauchement entassé deux prologues au lieu de réunir dans un épilogue les avertissements ultérieurs qu'il eût désiré adresser aux lecteurs. Il faut plutôt y voir l'avant-propos d'une compilation parallèle d'une part au Palamède, d'une autre aux rédactions, intitulées peut-être Guiron te Courtois, que contiennent 358, — l'arrangeur parait avoir pensé aux introductions du genre de celle de ce ms., en déclarant qu'il ne veut pas commencer par des généalogies de tous les rois d'Angleterre. — et la seconde partie de 3325 , 5243 ; d'autres versions à part semblent représentées par le ms. du Vatican (comparez avec 358 les morceaux copiés par Langlois, Notices et extraits des mss., XXXIII (II), 160) et un ms. deModène (v. Heyse, Roman. Inedita, 173 : correspondance de Meliadus avec Pharamont, qui demande du secours contre Arthur ; cela, il est vrai, pourrait se rapporter a la guerre que, dans 350 — v. § 631, dern. note, — Arthur prépare contre Claudas, dont Pharamont était le naturel allié). Quant à la rédaction, dont le sommaire de Turin nous révèle l'existence, il est permis de croire, jusqu'à plus ample information, qu'elle n'est pas conservée dans le ms. qui s'ouvre par le premier des deux prologues, et que ce prologue, destiné à un ouvrage tout différent du roman contenu dans le ms., a été inséré, par erreur ou par inadvertance, en tète d'un exemplaire du Palamède ordinaire. La partie finale annoncée dans ce sommaire ne semble, pas plus que celles de 362-363 et des mss. de Rusticien, remonter au Palamède cyclique, vu le manque d'allusions à la quête du Graal et à la Mort Jrtu (cf. § 638). — Pour en revenir aux Bruns, on peut se demander si l'auteur du Palamède ignorait les contes sur la branche latérale, soit que ces contes fussent encore peu répandus, soit qu'ils aient été inventés plus tard. Ou bien, tout en les connaissant, n'a-t-il point voulu les utiliser, ou a-t-il préféré les réserver à la suite, à cette suite primitive que ne donnent pas les mss. de Paris? Des questions analogues se laissent poser pour 3325, 5243. Il serait possible que tous les récits sur les Bruns dérivassent d'une source commune, d'une Geste des Brans, contenant la biographie des plus illustres représentants des anciens. La parenté, dans 358 et, semble-t-il, dans le prologue de Turin, de Guiron avec les Druns, trait inconnu au Palamède, où Guiron est le compagnon et non pas le cousin de Galehout, pourrait reposer sur une invention postérieure, amenée peut-être par une confusion de l'aïeul de Guiron, Febus, avec son homonyme, îe fils de Galehout. Je n'ai trouvé ce dernier Febus que dans notre roman (§ 037 ; le Febus de Rusticien paraît être le plus ancien, pp. 428, 426). En général, l'histoire tic l'enfance de Guiron est fort peu détaillée aussi dans les autres rédactions. Il y est souvent appelé Guiron du (ou de) Bois verdoyant. Ce nom désigne un château, où, dit 3325, le héros naquit ; d'après le texte, d'ailleurs obscur, de 358 , il s'y éprit de la fille de l'un de ses vassaux.
359—360—361 (362—363) 3325 (pr p j 5243 (pr. p.)
Les vieux imprimés qui se rattachent à notre roman n'en donnent Imprimés duPaque le morceau que nous voyons interpolé , plus ou moins complète- lamede. ment, au milieu des mss. de Rusticien (355, 3i0, 3572, 34782). En effet, les éditions de D. Janot, Meliadus de.Leonnoys, Paris, 1532), et de A. Verard (Gyron le Courtois, Paris, vers 1501, selon Brunet) — les autres n'en paraissent pas différer essentiellement — ne sont autre chose qu'une reproduction du texte entier de ces mss., coupé en deux et réparti sur chaque imprimé, mais fidèlement suivi sauf quelques remaniements opérés le plus souvent pour combler des lacunes. (Janot nous a peut-être conservé une fois (v. § 632, n.) des épisodes manquant dans les mss., tandis que Verard, qui copie en général 355 à tort et à travers, parait avoir ajouté de son chef les détails qu'il donne sur L'énigmatique chevalier à l'écu d'argent, § 635, n.) Le Meliadus, qui s'ouvre par le prologue et le commencement du Palamède, forme le supplément du Guiron, qui débute par le préambule de Rusticien (§620), précédé d'une Devise (peu ancienne) des armes de tous les chevaliers de la Table Ronde. Les rédacteurs de ces éditions ont évidemment considéré tout le contenu de leur modèle, qui a été 355, ou un ms. très voisin de 355 (340), comme l'œuvre du compilateur pisan , dont ils avaient lu le prologue et l'épilogue (§ 643). Gela explique la substitution relevée par M. Ward [Catalogue of Romances, I, 366) du nom de Rusticien à celui â'Hélie dansl'avant-propos de l'imprimé de Galliot du Pré, substitution qui se retrouve dans Janot : nos éditeurs, embarrassés de la mention du faux llélie de Borron, dont le Palamède avait été si gauchement interpolé dans 355, ont cru tout mettre d'accord en faisant disparaître le nom d'Hélie et en attribuant la partie interpolée, aussi bien que le reste, à Rusticien, dont ils suppriment l'épilogue, remplacé dans Janot par le récit de la mort de son héros Meliadus. — Le roman intitulé La triumphanle et véritable histoire, etc., du prince Meliadus , et traduit de l'espagnol parle chevalier du Clergé Royal (Lyon, 1534, Pierre de Saincte Lucie), n'a de commun avec le Palamède que le nom de Meliadus; les aventures qu'on y prête à ce roi paraissent être tout à l'ait modernes1.
1. Quant aux manuscrits et aux Imprimés qui ne se trouvent pas aux bibliothèques de Paris, et qui' Je n'ai pu examiner de près, je me borne à énumérer ceux que j'ai vus cités dans les catalogues loua le nom de Qulron on de Meliadus; cas titres — i surtout le dernier; cf. l'épilogue de 3lo, s 013 peuvent d'ailleurs désigner aussi la compilation de Husticien, qui semble avoir fourni le fond au grant lim de Guiron le Courtois et de Branor, rime , figurant dans l'inventaire de la librairie do Louvre, publié par m. Delisle, Cabitwt de* ilatutterits, III, UÏ8.
Il y a un manuscrit il Cliclteidiam J Phillipps, 8844), un il Florence (Lilni, 60), un il Modène (c'est, la rédaction de 8661 ''•'• l«S extraits dans Damus, / coiliii l'r. délia Htç. liilil. SêtOtU», »Wi un ii Marseille (llaenel, p. 313 ; le il" 1106 du catalogue nouveau; je dois il L'obUgeatUM de M. l'abbé Albanës une description de ce fragment, dans lequel se retrouve au moins un épisode du Palamède, la rencontre de Meliadus avec le chevalier de Camaaloth; cf. § 638), deux à
Les extraits du Palamède donnés dans Dunlop- Wilson , History of fiction, I, 188, 233, reposent sur les imprimés de Galliot du Pré, 1528, et du Verard de 1501.
Je passe maintenant aux analyses.
Début du Pala- 63^ Le Palamède, après le prologue1, commence ainsi (355, 338, mède. 3477, 356, 359, 3325, Janot) : De grant valeur [et 355) de grant puis-
Londres (décrits par M. Ward, Catalogue of Romances, I, 364-371 ; l'un de ces mss. concorde essentiellement avec le Palamède de 3325 ; l'autre, qui débute au milieu du récit fait à Guiron, § 635, n., par le chevalier à l'écu mi-parti, dans 355, etc., se rapproche de 350 pour le nom de Calinan, § 637), deux à Venise (cf. Jacob, Dissert, sur quelques points curieux de l'hist de Fr., VII, 167, 159) ; le premier commence par le début un peu changé du Palamède, sans que les variantes suffisent à établir une parenté sûre ; l'avènement d'Arthur est fixé à l'an 300 ; cf. 3325 : l'an 400 ; les autres : l'an 3. Le second débute par le texte isolé que donnent 355, etc., de l'épisode de la mort d'Absalon ; cf. § 635, n.; au lieu de la faute fille Sain, lire fille [E]sera). Nous avons parlé plus haut du second ms. de Modène, des trois de Turin et de celui de Rome. — Des imprimés, le Meliadus de Galliot du Pré (1528) a été mentionné ci-dessus. Dans Brunet sont cités, en outre, le Guiron de Jehan le Petit et Michel le Noir (comm. du xvie s.,), un autre de Michel le Noir (1519), puis des traductions italiennes du Meliadus (Venise, collection aldine, 1559-60), et du Guiron (Paris, Galderio-Claudio, 1548; imprimé sur l'ordre de L. Alamanni) ; l'ouvrage de Tassi, Girone il cortese (Florence, 1855), dans lequel est publiée une traduction italienne (cf. Rajna, Fonti dell' Orl. fur., introd., 53-54), ne m'a pas été accessible.
1. Le prologue est imprimé, d'après 338, dans P. Paris (Mss. fr., II, 346 ss.; ce qui est cité ib. III, 58 appartient au début du roman; cf. ci-après), dans Hucher (le Saint-Graal, I, 156), et, d'après un ms. de Londres, dans Ward (Catalogue of Romances, I, 365) : J Dieu , qui m'a donne pooir et engin et mémoire, etc. Ce préambule, précédé d'un autre dans un ms. de Turin (voy. p. 434) , manque à 3325, à 350 , dont les premiers feuillets ont été enlevés, et au fragment 5243 (cf. p. 439) ; les autres en offrent le même texte que 338 , mais sans la lacune du nom de Robert (cf. G. Paris, Merlin , I, xxxiv ; les changements faits dans Galliot du Pré , cf. Ward, 366, et ci-dessus, se retrouvent dans Janot). On verra répéter, par la suite, les renvois à « mon livre de Bret » (Brut Janot) et à Robert de Borron, « mon compagnon. »
Rédacti On d e 358 630a. Le ms. 358, qui nous a conservé un morceau d'une version d'aventures de Guiron et des Bruns , distincte du Palamède, quoique ayant des traits communs avec ce roman, se composede deux parties différentes, dont la juxtaposition n'est pas clairement expliquée dans le manuscrit. La première est une chronique d'Angleterre incomplète, qui ressemble fort à celle dont M. P. Moycr a publié des extraits dans le Bulletin de la Société des une. textes fr., 1878, p. 129 (cf. Ward, Catalogue, 318, 202). Début : Au temps que lepreu Hercules et Theseus régnèrent en Grèce et estoit juge du peuple d'Israël ung nommé Jari , qui fut le troisième aprez Josuè, alors fut régnant en Sirie ung très puissant roy nommé Diodicias; vient ensuite le récit de l'arrivée d'Albine avec ses sœurs en Albion. Ce conte, qui se trouve isolément dans six mss. latins du Musée britannique (intitulé De origine gigantum-, imprimé dans Y Eulogium Historiarum ; cf. Ward, 198 ss.), et dont nous avons aussi une traduction en vers français (éd. Jubinal, Nouv. recueil de contes, II, 354; cf. Ward, 198), servait quelquefois de prologue à YHistoria regum Britanniae de Gaufrei de Monmouth (v. Ward, 245), et précédait souvent, en manière d'introduction, les chroniques d'Angleterre (cf. P. Meyer, p. 123 ss.). 358 présente, pour cette historiette, des détails que je n'ai pas retrouvés ailleurs; ainsi le roi Diodicias de Syrie, père d'Albine, de ses trente-trois sœurs et de ses trois frères, épouse d'abord la fille de son oncle, roi de Chirenne, lequel avait nom Albana, puis, successivement, Manalrie, Meralis, Canapille. Le chroniqueur, s'étant borné à dire, quant à la défaite des géants, qu'après avoir fait grand dommage aux Ecossais et aux Irlandais, ils furent vaincus par Brut, termine la première partie des cronicques de l'isle d'Albion, appelée Grande-Bretagne, en mémoire de Brut, et enaprez par Engist eult a nom Angleterre , nom que porte ce pays encore aujourd'hui, comme cy après en la cronicque de Bructus le porrez plus amplement veoir (f° 12 c) ; suit une rubrique annonçant le récit — non donné ; la dernière colonne du f° 12 d est restée blanche — de la naissance de Brut, qui, ayant tué son père par meschief, s'enfuit en Grèce et y devient duc des Troyens.
Ce récit, annoncé seulement dans la première partie de 358, figure dans la seconde , qui contient le romande Guiron ; le rédacteur, qui, tout en citant Gautier d'Oxford (cf. Ward, 218-19), utilise YHistoria de Gaufrei, a jugé convenable de faire précéder son œuvre d'un prologue résumant la chronique des premiers rois d'Angleterre, procédé contre lequel semble polémiser l'auteur du prologue de Turin (voy. plus haut). Cette seconde partie de 358 commence, au f° 13 a, après une grande miniature, par ce prologue, dont le début est imprimé dans Delisle, Cabinet des Mss., I, 167 : Au commencement du traittié du livre de Bruth , duquel (1. plutôt auquel) par l'ordonnance du treshault et tresexcellent prince monseigneur Loys, duc de Bourbon, sont adjoustees parolles abrégées sur le commencement decestui présent volume du noble livre de la Table Reonde, les histoires et adventures merveilleuses des roys, princes et chevaliers et aultres nommez ou dit livre de Bruth, et en especial du noble et raillant chevalier Guiron le courtois, duquel nous entendons a raconter ses fais, proesses et vaillances, et commencerons ainsi comme en manière de prologue a ramentevoir et descripre en brief le commencement du royaulme de la Grant Bretaigne, qui ores est Angleterre appellee, et de ceulz qui régnèrent ou dit royaulme et desquels furent extrais le roy Utherpendragon , père du roy
sancc et de grant envoiseiïre, et plain de grant déduit et de grant soûlas (puissance, degr. déduit, etc., 359 ; puissance, degr. envoiseiïre plains, de gr. déduit, degr. s. 3325; de gr. valeur, puissance, déduit, et degr.
Artus, et plusieurs aultres royt et princes et chevaliers nommes ou dit livre de la Table Reonde, est faite mention d'une région nommée Urelaigne, et dist illecques que c'est une isle la meilleure des aultres, assise entre Galles et Yllande, contenans d'espace en soy trois cens mille de long et deux cens mille de lé. Et voici les raisons, illeques assignées par G. de I/ontenrfort(\. d'Ossenefort), arcediacrc, pour lesquelles il préfère cette ileaux autres : il y a là trois fleuves principaux , la Thamise, Sabryne et l'Hombre, et d'iceuls est couvenable chose faire mention pour plusieurs adventures qui jadis advindrent auprès d'iceuls trois fleuves ; et dist itlec le conte que en cellui pays demeurent chincq manières de gens, c'est assavoir Norman» , Bretons, Saxonnoi», Poitevins (= Pietés) et Escots. Les Bretons furent subjugués par les l'ictes et les Saxons. Cette Bretagne est actuellement le royaume d'Angleterre. Suit, en abrégé, l'histoire de Brut et des premiers rois de ce pays. Arrivé au règne d'Arthur, le maistre, qui dans le cours de son ouvrage s'excuse plusieurs fois sur la brièveté exigée par l'istorie, et renvoie souvent, pour des aventures supprimées, à ce qu'il appelle son livre de Hruth, passe (f° 31) à Guiron le courtois.
Le père de Guiron était de la maison de France et le fils de Lestoc de la Rachine, un des quatre fils de Febus le fort, qui descendait de Clovis , et qui abandonna ses terres pour en aller conquérir d'autres dans des régions lointaines, comme on promet de nous le raconter par la suite (mais les aventures de Febus manquent dans 358, dont nous n'avons d'ailleurs pas la fin) ; du côté de sa mère, une noble dame de la lignée d'Hector le brun, notre héros vint d'une des filles de Ellain le gros , neveu de Joseph d'Arimathie. Le père , suivant l'exemple de plusieurs membres de sa famille, se fit anachorète lorsque son fils eut cinq à six ans, et la mère en mourut de chagrin ; les sujets, n'ayant pu décider leur seigneur à revenir auprès d'eux, le laissèrent dans la compagnie de Lestoc. (Cf. la généalogie donnée dans le Palamède, § 636, où Febus a cinq fils, et où on ne parle pas d'Hector le brun.) Guiron, à l'âge de vingt ans, va d'abord à la cour de Pharamont, pour être armé chevalier par le roi, et s'y distingue; puis il part pour la Grande- Bretagne, désireux d'en tenter les aventures. Ayant triomphé de six frères d'armes gardant un pont, il est logé, en Norgalles, parle seigneur de Homme, dont la femme et la jeune et jolie fille reçoivent bien Guiron, leur seigneur lige (f° 111), dans le gracieux château du Bois verdoiant (ainsi d'après le texte confus des ff. 41, 52, 53, comparés au f° 65); les jeunes gens ne tardent pas a se plaire l'un à l'autre. Après avoir battu vingt chevaliers du château du Trespas, Guiron est hébergé par un châtelain qui a été un compagnon de jeunesse de Galehout le brun, et qui expose brièvement la généalogie des Bruns (f° 51 ) : le grand héros est le fils du célèbre Hector, mort, ainsi que son frère, moins renommé, qui s'appelait l'Alain, et dont les trois fils sont Hector, Branor, Bruhault; ce dernier Hector est le père du jeune Segurant, le nepveu (c'est-à-dire le fils du cousin) de Galehout. — Guiron met en déroute six chevaliers postés devant un pavillon, trouve le fameux Galehout le brun, son cousin (plus loin, son proche parent), qui avait à cette époque cinquante à soixante ans , fait route avec lui, triomphe des deux défenseurs d'un pont, combat le géant t'viliatilt, qui est tué par Galehout (cf. le récit semblable du Palamède, % 633), et met à mort les cinq frères de Fribault. Lesdeux compagnons (qui ne se disent pas leurs noms; plus loin ils se connaissent quand même) secourent le seigneur de VEstrange Marche, assiège' par le comte de Cambenic, désarçonnent Meliadus avec le bon chevalier sans peur, vont regarder la belle dame de Malehault, nouvelle mariée, qui passe escortée de vingt chevaliers, et, provoqués, ont le dessus à la joute. A l'hiver, Galehout se rend au V al Brun , et Guiron Va au Bois verdoyant, où il est reçu avec joie, surtout par la jeune demoiselle dont il était amoureux (f° 76), Le récit passe à Segurant, fils de Hector le brun et cousin de messire Hector le brun *, Il est vainqueur au château du Trespas, dans une lutte contre Bortoullars et ses vingt-quatre chevaliers, combat un dragon, qu'il chasse et poursuit vainement, délivre un ermite de trente chevaliers, triomphe deLamorat de Listenoiset du Morhout, puisse remet à la quête du dragon. Guiron quitte le Bois verdoyant pour aller à la fête de la Pentecôte, célébrée tous les ans par Uterpendragon au château de l'Ombre; une demoiselle qu'il a privée de son chevalier l'accuse, pour se renger, de déloyauté, et le roi le fait promener dans la charrette infâme. Tournoi à l'occasion de la fête ; le roi lîoliort en remporte le prix. Un jour advint que Guiron trouva Danain le roux , dont il se fit le compagnon d'armes; ils viennent en aide à une demoiselle maltraitée par tSacanor. Guiron, allant de nouveau à la fête, tue un géant, désarçonne Hervi d'Erveil (1. Hevii de llivel), le roi Loth d'Orcanie, Sadot de Norgalles, Uthcr de Camaaloth et autres; il est vainqueur dans le tournoi, où il arrive en conduisant treize demoiselles, qu'il vient de conquérir;
1. Voici la table généalogique des premiers Bruns, selon 358, dont les indications ne sont ni complétée ni toujours claires :
Hector Ellain (frère d'Hector) essor d'FIeetor et d'Ellain, épouse de Lestoc
Galehout Hector, Branor, Bruhault Guiron
Segurant Hector (cousin de Segurant)
niant étant appelé parfois le neveu de Galehout, et ee dernier l'oncle de Segurant, il serait possible qu'Ellaln eût été Inventé plus tard, peut-être par quelque confusion avec le neveu de Joseph d'Arimatnie, le célèbre Helaln le gros, de qui, dans le Palamède aussi, Guiron est le descendant, du coté maternel. — Rusticien (g 622) connait un quatrième Hector, cousin de Branor, à moins que cousin ne soit une faute pour frère.
soûlas Janot) fu le roi Artus, qui monta sur le. trône trois (quatre cents, 3325) ans après le crucifiement de Jésus-Christ. Son père et prédécesseur Uterpendragon avait mis fin au tribut que le royaume de Logres , comme tout l'univers jusqu'à l'Inde, devait à l'empereur de Rome.
ensuite il s'éloigne de la cour furtivement. Galehout se distingue à la joute. Guiron ayant repoussé les propositions d'amour de la femme A'Elizer, cette dame le fait prendre par son mari , et on l'abandonne dans la forêt, lié à un arbre. Un chevalier, Nes.iaus (var. Naisens) , le délivre et l'amène à son château, que vient assiéger le roi Lêodagan de Carmelide, dont le flls avait été tué par le châtelain. Guiron, ayant vaincu le roi dans un combat singulier, s'esquive aussitôt (cet épisode est raconté à Danain dans 3325; §631 a). Galehout, le chevalier à l'écu d'or, en quête de Guiron, abat Helianor du boscage et Escanor, tue un géant, dont les prisonniers délivrés vont porter la tête du monstre à la, cour d'Uterpendragon, à Camaaloth, et renverse Guiron devant une chapelle dont les moines mettent un terme au combat à l'épée qui s'ensuit. Après l'épisode de la défaite de Galehout par Segurant, que nous avons déjà vu plus haut (p. 431), le récit revient à Helianor et à Escanor. Ces deux se battent avec le bon chevalier sans peur et Lamorat de Listenois, qui viennent de porter secours à la dame de Ritcot, enlevée par le seigneur de la Grandlande -le Gallone ; leur lutte est arrêtée sur le désir du roi de VEttroite Marche. Segurant quitte Galehout, défend un chevalier poursuivi par vingt ennemis, et rencontre une belle princesse de Normandie qui , pour l'éprouver, l'envoie combattre le noir chevalier au Pont au Géant. Il e?t vainqueur et, selon la coutume, doit rester dans un château voisin, dont la maîtresse désire l'épouser, pendant quatre mois, si, dans cet espace de temps.il n'est vaincu par un autre chevalier. Un dimanche arrivent le roi Bohort et Hervi de Rivel, puis le bon chevalier sans peur et Lamorat de Listenois; ils sont tous terrassés par Segurant. Le père de cclui-ri, Hector le brun, va, avec son frère Branor (var. Blanor) le chercher; ils sont désarçonnés par Segurant, qui ne les reconnaît pas (encore un exemple du combat d'un père contre son fils, cf. p. 82), et retournent avec lui au Val Brun, où ils trouvent Galehout. Ce dernier part pour chercher Guiron, se bat avec lui sans le reconnaître, et a le plus beau de la bataille. Etant partis ensemble, ils renversent Escanor, Helianor, le bon chevalier sans peur et Lamorat ; Guiron ayant abattu les rois Ban de Benoic et Bohort, lui et Galehout se logent avec eux. Guiron retourne au Bois verdoyant pour y passer l'hiver. Le frère du roi d'Ecosse ayant été mortellement blessé à la joute par Gallegodin le courtois, qui, dangereusement atteint lui-même, est tué peu après par le roi, un des amis de Gallegodin va au royaume d'Oultre les marches trouver le frère du mort, Armant, qui est roi du pays, et une guerre éclate entre les deux souverains. Le roi d'Ecoss'*, dont les terres sont dévastées , obtient le secours d'Arthur, avec qui viennent aussi Meliadus , Pelinor et le roi d'Estrangorre, connu sous le nom du bon chevalier sans peur ; mais les ennemis, encouragés par un discours du roi Vagor de la Cité vermeille, ne se retirent point. Après plusieurs négociations, la première bataille a lieu; à côté du roi Landunas (Laudunas) de la Cité vermeille, lutte Guiron. Celui-ci était allé à Vlsle desvee, où il secourut la fille d'Escanor le brun, tué par les deux fils d'un géant qui avait été l'ami d'Escanor et qu'avaient mis k mort ses propres fils, parce que leur père n'avait pas voulu consentir à assassiner son ami. Ils furenttués par Guiron, qui s'éprit de Reis — ainsi s'appelait la demoiselle — et s'engagea par serment à rester au château de celle-ci tant qu'elle l'y retiendrait. Il passa plus de dix ans dans cette île, où, ayant fait proclamer un tournoi, il triompha du bon chevalier sans peur et de Danain le roux, qui étaient venusensemble après s'être rudement battus. A la fin, Reis, bien à contre-comr, laissa partir Guiron, sur l'ordre du roi Armant, à qui Landunas avait conseillé de faire venir ce héros incomparable. Grâce à la prouesse de Guiron et de Danain, Arthur et le roi d'Ecosse sont battus, et on fait la paix : Armant pardonne à son ennemi (cf. la guerre de Meliadus, § 631). Guiron et Danain partent ensemble ; ils triomphent de neuf chevaliers devant des pavillons, délivrent Lac, mené prisonnier par vingt chevaliers, et s'en vont ensuite au château de Malehault, où la femme de Danain, qui, comme j'ay compté en mon livre de Brust, est aimée secrètement de Guiron, lui fait, & plusieurs reprises, des propositions d'amour; il refuse, ne voulant pas tromper son ami (raconté, mais avec un texte différent, aussi dans le Palamcde; § 633). Sur le théâtre de la guerre, on se reproche beaucoup d'avoir manqué Guiron. Les deux armées se dispersent. Le bon chevalier sans peur, logé par un vavasseur, qu'attaque nuitamment le seigneur de Plessels avec vingt chevaliers, secourt vaillamment son hôte : les agresseurs sont tués ou mis en fuite, et leur chef est blessé et emprisoené. Parti, le vainqueur, assailli par quatre des chevarliers chassés, qui se sont renforcés d'un grand nombre de parents, est secouru par Asor le feulz. excellent chevalier, mentionné en mon livre de Brust , et se ioge avec lui chez un châtelain Melianus, que le roi de Sorelois veut priver d'une baronnie pour en faire cadeau au géant Nabor. dont il désire le secours. Le bon chevalier s'offre à combattre le monstre, et on lui fait fête ; il écoute avec admiration le rirelay que Guiron composa dans l'Isle desvee. Il part en compagnie d'Asor, qui joute en route avec Escorrant le pauvre ; tous les deux, gravement blessés, sont transportés dans une abbaye. Le bon chevalier, qui fait le reste du chemin avec Blioberis , triomphe de Nabor ; Blioberis, ayant eu le dessus contre un châtelain et ses hommes qui l'attaquent, est soigné dans le manoir du vaincu. Meliadus , après la fin de la guerre d'Armant, retourne en Léonois. Chemin faisant, il triomphe du roi Caradoc, s'égare dans la Forest deleable et trouve , à l'hôtel, Gauvain, avec qui il va prendre son logement dans un château où l'on n'est admis qu'après avoir désarçonné trois chevaliers, et où ils trouvent Lac ; tous les trois, marchant de conserve, arrivent à l'endroit où Blioberis était resté, et, le lendemain, Meliadus et Gauvain s'en vont ensemble. Le conte passe au roi Arthur et aux belles aventures qui advindrent en sa court et ou royaulme de Logres sa vye durant et en son. temps qu'il regnoit en grant honneur et en tresgrande puissance.
Fin de 358, dont je n'ai trouvé nulle part la suite.
L'empire, affaibli par la papauté, était tombé en décadence dès le règne • de Constantin (Augustin, 355 ; Auguste, Janot; la remarque manque dans 359), et les Romains renoncèrent à punir le Logres, où la gloire naissante d'Arthur attirait tous les bons chevaliers. Le pays fut libre jusqu'aux temps de Charlemagne, qui le conquit avec le reste de l'Angleterre , et qui déclara qu'Arthur avait vraiment eu cuer d'enfant, lui qui, ayant à sa disposition tant de héros, s'était contenté d'un petit coin de terre au lieu de subjuguer le monde entier. A l'époque du cou- ¥ pVin'm^ip1^ ronnement d'Arthur vient à la cour de l'empereur1 de Rome, faisant partie du tribut, Esclabor2, un gentilhomme païen de Rabylone, âgé de trente vingt-cinq, 338, 356, 3477) ans, avec sa femme, son frère et ses douze, 3325) enfants, dont le préféré était Palamède, qui porte le nom d'un sien aieul. Esclabor sauve la vie de l'empereur attaqué par le lion du palais, et gagne ainsi les bonnes grâces de son maître. Arrive un messager qui, ayant rapporté comment les rois Ban de Benoic [ici commence 350) et Bohort de Gaunes ont rendu hommage à Arthur, tandis que leur ennemi Claudas de la Déserte est resté fidèle à Rome, raconte l'aventure du perron et de l'épée (renvoi à Robert de Borron, c'est-à-dire au Merlin) survenue au couronnement d'Arthur, qui a fait la Table Ronde, dont les chevaliers sont au nombre de cent cinquante (cent un, 359; feuillets enlevés dans Janot). Les courtisans romains, jaloux d'Esclabor, lui tendent une embûche, tuent par méprise son compagnon Gratien, le neveu de l'empereur, et imputent ce meurtre au Babylonien; le vrai coupable, Luce le grand, est enfin découvert et exécuté. D'accord avec son frère Alphazar [Arphasar 356, 3477, 350, Rafasar 3325), Esclabor, ayant obtenu la permission de l'empereur, pari avec sa famille pour le Logres et débarque en Norhomberlande, près de la cité de Lonegloi [Lonegloys 356, Loenegloi 359, Longen 3325, Mencglorj Janot, Neenegloi 355). Aidé de son frère, il triomphe de deux chevaliers de Gamaaloth 3, qui attaquent le roi du pays, Pelinor (var. Palinor), chassant dans une forêt. Le roi promet d'épargner les agresseurs; selon ta coutume, il ne peut rompre une pareille promesse5. Deux mois plus tard, les Babyloniens quittent Pelinor, et, après plusieurs aventures qu'on pourra lire dans le livre du Bret, ils arrivent à Camaaloth, cité qui, étant particulièrement aimée d'Arthur, fut, pour cette raison même, détruite après sa mort par le roi Marc; Robert de Borron, « mon compagnon », commença a dire en son livre de cette destruction, ainsi que de la discorde d'Arthur avec la lignée de Lancelot (c'est-à-dire la Mort Artu 3), mais a ceste fois m'en tairai dusques
1. Pour des détails sur cet empereur, renvoi, manquant dans 359, Janot, à la suite, où on n'en trouve pas.