Surnomme'-, par ci par là, le méconnu
8. Ici débute le Fragment 52-13 (Nouv. Acq.), qui présente de nombreuses lacunes causées par l'enlèvement de feuillets.
4. Coutume, ajoutent 350, 3325 (lacune dans 5243), qui dura jusqu'aux temps d'Escanor le grand, de Brebos, de Mordret, d'Agravain et de Calinan le noir, qui, après avoir, devant la Fontaine du Pin, abattu Lancelot, Hector, Dlioberis, Keu, Arthur et (iauvain, fut tué par Palamède, survenant,, d'nn coup de lance (cf. pour cet épisode p. 489) ; Arthur ayant dit qu'au monde il n'y avait que deux chevaliers, Tristan et Palamède, Lancelot, fâché, se lança à la poursuite de ce dernier, qui refusa de se battre avec lui devant autre que Tristan. (Même* remarquée dans la seconde partie de 8838) Cf. § 68] a.) Depuis ce moment, (iauvain se lit une triste réputation, lui qui, au commencement du règne d'Arthur, s'était montré si loyal : ce changement de caractèi e fut le fruit du chagrin qu'il éprouva de voir sa gloire rapetissée par Lancelot, Tristan et Palamède (cf. S' 631).
5. Ici 8836, OÙ la suite du f° 8 ne figure, par une faute de reliure, qu'au f« (il, et où manquent les mots mon compagnon, ajoute des remarques qui se retrouvent dans un ms. île
1 a tant que point viengne du deviser. Nos voyageurs sont bien reçus chez le roi, où tout le monde vient d'être douloureusement impressionné par la mort de Nestor (var. Nectar; 3325 : Hestor) de Gaunes, qu'avait tué, par un malheureux hasard, son propre frère (iils, 359, 350, 3325) Blioberis, « ainsi que je l'ai rapporté dans mon livre du Dret. »
Arrivée à la cour d'une nef, qu'Arthur dit avoir déjà vue près de la Douloureuse Garde a celui point qu'il tua Brun le félon; sur cette nef se trouve un chevalier qui, ayant envoyé un nain demander un cheval, défie les preux de la Table Ronde, soutient un rude combat avec Blioberis, accepte l'hospitalité du roi et est reconnu par une demoiselle pour l'ennemi d'Arthur, le roi Pharamont [Feramont 5243) de Gaule. Blioberis fait le récit de la prouesse de ce prince à la cour du roi Ban de Benoic, qu'il avait vaincu. Arthur raconte comment le Morhout [le Morlolh 5243) d'Irlande l'avait délivré, lui Arthur, de la prison du duc de Haudebourc en triomphant de trente chevaliers. Un messager de Gaunes annonce la mort du fils de Pharamont dans une expédition contre Ban ; puis un chevalier vient pour tuer Arthur, qui est sauvé par Gauvain, chevalier nouveau à cette époque et déjà très renommé. Le roi pardonne à l'agresseur et raconte ensuite comment le Morhout était venu à la cour déguisé en demoiselle. Conversation sur le roi Meliadus. Meliadus de Léonois, brillant héros, qui fit reculer, par sa bravoure, ■. l'armée d'Uterpendragon assiégeant Pharamont ; Meliadus est le père de Tristan, dont nous verrons, dit le romancier, mainte merveille. Pharamont part sur sa nef (cf. l'analyse de Dunlop-Wilson, I, 191) et arrive au château de Trarsin (var. Trasin, Tarsin, Trart), père de Segurades, qui était encore damoùiaus; il triomphe du châtelain et est à son tour vaincu par le Morhout. Sans se connaître, les deux chevaliers se racontent des aventures : comment la femme de Pharamont, enlevée, puis rendue, par le roi Ban, et plus tard ravie par le Morhout, que le mari, désarçonné, n'osa attaquer, fut ensuite abandonnée par le vainqueur, blessé par un archer; comment un chevalier qui, originaire de la marche de Gaule et de la Petite-Bretagne, doit à sa haute valeur le surnom de Sans Peur, et qui, dans le seul château qu'il possède, ne reconnaît aucun seigneur lige, reconquit sur le Morhout une demoiselle que celui-ci lui avait prise; comment Meliadus et ce bon chevalier sans peur, se jalousant l'un l'autre, se battirent d'abord sans résultat, puis se rencontrèrent, sans armure, dans un tournoi, où Meliadus eut peur et évita la joute, après quoi son antagoniste reçut d'Uterpendragon le royaume d'Estrangorre. — Le Morhout, amant de la femme de Trarsin, tombe entre les mains du mari et est délivré par le bon chevalier sans peur (cf. Dunlop, ib. 1).
631. Meliadus ayant enlevé la femme de Trarsin au Morhout, celuici se met en route avec le bon chevalier sans peur pour aller au tournoi
Londres (Ward, 368) : le romancier promet de compléter la Mort Artu , et nous affirme que le grand roi aurait humilié ses ennemis, si Tristan et Palamèdc, déjà morts, comme • ne vos deviserai », avaient pu lui venir en aide. — Lacune dans 5243, qui reprend au milieu de l'épisode de la nef. — Pour l'annonce de la Mort Artus, cf. § 638.
1. Ajoutez : Le jeune Brehus, s'excusant d'avoir tué la demoiselle d'Ivain, dit : « Une demoiselle errant fut la cause de la mort de mon père. » Meliadus , avant de rejoindre les ravisseurs , apprend dans nn couvent que le bon chevalier satjs peur vient de débarrasser le passage du Pont périlleux, gardé par deux chevaliers qui voulaient venger leur père, le géant Brun, tué par Uterpendragon.
qui aura lieu au château du Pin du Géant entre les rois de Norhomber- Aventures du lande et d'Irlande. Ils reucontrent Gauvain, dont la force dut baisser Morhout et du après l'assemblée d'Arthur avec Galehout1, et Blioberis, qui, abattus sans peur '^ par le bon chevalier, trouvent, le lendemain, Keu et Sagremor; ces derniers sont également renversés par le même, qui survient avec le Morhout, et qui raconte par quel malheureux quiproquo il devint le meurtrier de son compagnon d'armes Lamorat de Listenois, frère de Pelinor et, comme lui, fils d'un Pelinor : Lamorat, retournant, rudement blessé, après avoir tué l'un de deux ennemis d'Uterpendragon , et portant les armes du mort, fut rencontré et mortellement blessé par son ami, qui le prit pour celui qui venait de succomber. Le tombeau du célèbre héros se trouve dans une belle chapelle devant laquelle on passe; sur la tombe est placée la statue dorée d'un chevalier armé, avec une inscription en vers. Le jour suivant, Gauvain et ses compagnons sont abattus à un gué par Arthur2, qui, étant parti clandestinement pour le tournoi, s'est engagé à garder Veaue jusqu'à ce qu'il soit vaincu. Peu après survient Esclabor, qui, depuis son arrivée à la cour, s'était beaucoup distingué; il est renversé parle roi ainsi que le Morhout, qui arrive avec le bon chevalier sans peur. Ce dernier abat le roi 3,
1. Un peu plus loin, là où Arthur abat Gauvain, on nous dit que si ce bon chevalier commit plus tard mont de felonnesse (m. de felonnie Janot, maintes gratis félonies 338, 359, maintes f. gr. 35fi, 3177, munîtes grans vilenies et maintes gratis félonies 350, mainte grant vilonie et mainte grant felonnie 5213, mainte vilenie e mainte fetlenie 3325), cela fut la conséquence du chagrin qu'il éprouva de voir sa force diminuée par suite des grands efforts qu'il fit dans la guerre d'Arthur avec Galehout (avec un autre roi, 3325; ici et ailleurs les scribes ajoutent quelquefois le brun après (ialehout : confusion «les deux homonymes). Cf. sur la félonie de Gauvain, l'explication donnée plus haut, p. 439, dans 350, 3325.
.'. Arthur, qui cessa de porter les armes sur les instances d'Urien et d'autres rois, eut, daus la seconde année après son couronnement, l'occasion de prouver sa force en tuant un géant venu pour se mesurer avec les chevaliers de la Table Ronde.
3. Ici 332'), au f° 17, dont trois pages et demie sont demeurées blanches, abandonne le Palamède. Le reste du ms., à partir du f° 48 a, contient un fragment d'une rédaction particulière, dont on trouve une continuation daus la seconde partie de 5243 (v. § 631 b), et qui commence, pour nous , par un voyage du bon chevalier sans peur, accompagné d'Ivaiu aux blanches mains, après qu ils ont quitté Guivret le petit, tué par Arthur: il va vers le Sorelois, pour délivrer Dayre, père d'I vain, delà prison det pont norgalois. Je me borne k résumer très rapidement la suite, sauf pour quelques points d'un intérêt spécial.
§ »;:S1 a. On y voit figurer, outre les chevaliers déjà nommés, Daresen, Lac, Brehus et le rjl Marc. Pour le f° 01, voy. p. 43!). Au f» 67 a il y a un renvoi au Lancelot pour la quête du héros de ce roman, séjournant chez Galehout, par Gauvain ; celui-ci eut les faveurs d'une pucelle, qui était la fille, non pas du roi de Norgalles, comme on le croyait, mais du roi Marc, l'amant de la reine de Norgalles, ainsi que Tristan le fit remarquer à Dinadan. La reine, qu'on allait brûler au château à.'Hotegon, est sauvée notamment par la prouesse de Lac. Récit (f» 71) sur Torain l'orgueilleux, seigneur du château de Laguenon. Aventures du roi Hoël (f° 80 ss.) ; conversation sur Meliadus, supérieur an bon chevalier sans peur, d'après le témoignage de celui-ci-mème (ff. 8G, 115) , dont suivent des aventures avec Brehus, Lac , Hervi de Rivel. F" 101, récit fait par Lac au bon chevalier sans peur : « Cherchant un jour deux chevaliers qui étaieut mes cousins, je fus rencontre et désarçonné d'abord par le roi Meliadus, puis par un chevalier portant un écu tout doré et faisant grant duel; ce nouvel arrivé renversa aussi Meliadus et tua mes cousins, qui étaient survenus. Ceci se passait dans l'été qui suivit la grande fête donnée à Carlion par Uerpendragon, a celui têtu qé l< chtvalieri tu noires armes vos navra si duremant en la praerie defors la vile, -a Son interlocuteur dit avoir trouvé ce même chevalier a l'écu d'or (c'est évidemment Galehout le brun), qui, désespéré d'avoir encouru la colère de sa dame, voulut le forcer à lui couper la tête et, sur un refus, le combattit avec avantage jusqu'à l'arrivée d'une suivante de la dame, qui lui ordonna de cesser la bataille. F° 113 : Le Morhout, gardant un pont, est blessé par Bscoralz le pauvre , qnl , après la conquête du château de VEscu Loth par Lac, dont l'écu est d'argent à gouttes d'or, et le bon chevalier s. p., assiste à la cour tenue par Arthur à Camper- :in. Promesse (f" 120) de décrire plus loin un combat entre liliohcriset Gaheriet, qui a soutenu que Tristan, descendant de David, comme Lancelot, était supérieur ace dernier. Ydier, fils de IVtt, part avec une demoiselle venue ;'i CampcrcoiTctin pour prier Arthur de faire délivrer de prison Dur m un, le lion che va lier de Norgalles ; il est blessé par le bon chevalier s. p., qui se charge de l'affaire (cf. le bon chevalier de Norgalles, l.udinas, dans le l'alamède, f 637). Les héros des épisodes suivants sont Lac, Brehns, Hervi de Rivel et Daguenet la fou. F" 1 35, remarques sur Calinan le noir, dont le père, Guiron lins, t.itrnn). un des plus grurieus chevaliers de la maison d'Uterpendragon, mourut (cf. 869 | 689 a,fln) aux temps où Lancelot porta armes devers Calehout ; ensuite sont mentionnées, contas dans la première partie du ms. (voy. p. 439), la victoire de Calinan
Losetii. — Tristan. 28 bis
Rédaction
.le
qui ne permet pas qu'on retienne le vainqueur comme défenseur du pont. Le bon chevalier ayant raconté à Arthur comment il eul un nouveau combat indécis avec Meliadus après le tournoi du Cliastcl ancien en Irlande, va, sans se laisser intimider par une inscription rimée, et toujours accompagné du Morhout, à la Haute Garde, et joute brillamment devant ce château, nommé aussi la Douloureuse Garde à
a la Fontaine du Pin, sa mort et la rencontre de Palamède avec Lancelot,<|ui se battirent devant Tristan, ainsi que nous le deriserom autre fois. Hervi de Rivel, abattu par Danain le roux, Qui porte un écu d'azur au lion vermeil, prend en conduit les deux demoiselles de son vainqueur pour les aider à trouver lirelms. Le bon chevalier sans peur arrive (f» 117), avec la demoiselle, au château de Louverep, où il a été jadis abattu par Lamorat de Listenois; on l'y retient afin qu'il soutienne un combat pour les habitants du château contre Danain, défenseur de la cause de ceux de la Douloureuse Garde, qui désirent recouvrer le pouvoir sur les gens de Louverep , leurs anciens sujets. Dans un château est racontée à Danain la défaite, donnée dans Rusticieu (v. p. 181), dos deux géants par le bon chevalier s. p. et Guiron. Au même château arrive ce dernier ((" 1 07 ) ; ayant repris son écu d'or sans taint, qu'on y gardait, — cet écu, comme il le dit plus loin (f" 217) à Danain, avait appartenu à Galehout le brun — il part, suivi de Danain, qui ne peut soupçonner que c'est Guiron, qu'il croit mort, et qui, pour des raisons que nous deriserom dans la suite, n'était pas encore bien connu. Dans le cours de leur entretien, Guiron, qui compte aller à la Douloureuse Garde regarder la bataille, dit : « Je n'ai jamais été à la cour d'Arthur, et je n'ai vu ce prince qu'une seule fois (ff- 159-162, en partie illisibles). » Récits sur le bon chevalier sans peur et Ilelinan. Guiron et Danain continuent à marcher ensemble sans se connaître. Un vavasseur, f° 169, leur fait le récit du combat de Guiron, délivre par Nessaus, contre Léodagan (cf. 358; p. 438). Guiron raconte à Danain comment, par la trahison d'une demoiselle qu'aimait un chevalier nain et laid , et qu'avait gagnée le Morhout, il fut enferme par un châtelain . puis remis en liberté à condition de combattre lesdeux frères de VEspine nuire ; il donne aussi f" 180) des détails sur son emprisonnement par Elizer (cf. 358). Ayant délivré une demoiselle d'Escanor le noir, proche parent du géant Caradoc de la Douloureuse Tour, et seigneur du château du Chief de l'Ombre, il arrive avec Danain à un château où il faut jouter pour être hébergé; ils y abattent Rrehus et Lac qui sont forcés de s'en aller selon la coutume établie par Uterpendragon (f» 191) en souvenir de sa défaite par un petit chevalier, comme le raconte l'hôte, qui relate ensuite comment Guiron, qu'il ne connaissait pas encore, le secourut contre Brun le félon, dont le père avait été tué par le sien, et lui enleva plus tard sa femme ; la demoiselle rapporte à sou tour comment elle-même d'abord, puis Gauvain, essayant de la délivrer, furent emprisonnés par Escanor. Ce géant met quarante hommes en embuscade contre Guiron, qui est en proie i ses peines de cœur ( f ° 198) : il aime la jeune dame de Malohaut, depuis quatre mois femme de Danain, ce dont Guiron ne sait rien; il la croit toujours pucelle, corne il l'avoit leissiee il y a six mois (sur cela aucune explication dans ce qui précède). Lac et Brehus chassent les quarante afiidés d'Escanor, qui les assaillent, pensant avoir affaire à Guiron et à Danain ; puis ils rencontrent ceux-ci et font route avec eux. Lac, qui a également l'intention d'aller voir la bataille de la Douloureuse Garde, reconnaît la Plaine aux neiges, où l'on vient d'entrer, et raconte comment, à cet endroit, s'étant mis en quête d'un chevalier à l'écu d'or, qui avait abattu Ban, Bohort, Lamorat et Meliadus, et ayant retrouvé ces deux derniers, il fut précipité dans un fumier par l'inconnu, qui déclina la joute avec Meliadus (cf. Rusticien, p. 432). Guiron fait savoir à Lac que son vainqueur était le premier héros du temps d'Uterpendragon , époque où l'on vit des chevaliers bien supérieurs à leurs successeurs ; le second fut Lamorat de Listenois (cf. §' 633). Guiron, sans vouloir nommer l'inconnu, montre l'écu qu'il avait saisi dans le château. « Ah! s'écrie Lac, c'était donc Guiron du Dois verdoyant, le château où Guiron naquit. » J'ar ceste parole., poe» vos entendre que avant que Gu. estoit chevalier esloit il appeler. Ou. de Bois rerdoiaui par ce que de la estoit nez (f" 204; commenta. re d'un scribe étonné du surnom? Cf. p 43 i) ; l'autre nom, Guiron le courtois, lui fut donné des qu'il ot auques porté armes. Guiron l'assure qu'il se trompe, mais ne dit pas le nom de Galehout. Conversation. Guiron croit le lion chevalier sans pour inférieur à Meliadus, qui fut préféré à son rival pour combattre Ariohan (cf. p. 446) ; selon Lac, on n'a fait, en accordant cette préférence, que suivre le cri dou monde. Guiron raconte comment il eut à subir la honte de la charrette (cf. 358 ; p. 437). On trouve un chevalier blessé par un autre parce qu'il avait prétendu que la dame de Malohaut était plus belle que la dame d • Xohaut. Guiron et Danain quittent Lac et Brehus. Pour rompre la monotonie du voyage, Guiron raconte comment il conduisit vingt-six demoiselles gagnées (cf. 358). 11 se fait le compagnon d'armes de Danain (t° 217 b), et raconte comment, après avoir quitté Danain h une fontaine , il trouva Galehout, qui, ayant renversé Lamorat, parce que celui-ci avait abattu Guiron, triompha ensuite de Meliadus (cf. Rusticien, p. 431). Guiron et Danain, ayant passé la nuit au château de Musen [Mesen), trouvent Keu blessé par l'adorateur de la dame de Noliaut et sont assaillis par vingt chevaliers de Louverep, dont l'atiaque vient d'être annoncée par une demoiselle que Senan, cousin de Danain, avait envoyée avertir celui-ci. Guiron se charge de les vaincre ; celui qui avait blessé le sénéchal lui vient eu aide, et les vingt sont mis en déroute. L'inconnu s'éloigne immédiatement; c'est le roi Léodagan de Carmelide. Conversation (f» '.26) à Louverep du bon chevalier sans peur avec Lac et Brehus. Guiron et Danain arrivent à la Douloureuse Garde , ou vient aussi Léodagan, qui s'est fait chevalier errant, poussé par son amour pour la dame de Noliaut; elle est la sour du roi Loth oVOrcanie, et séjourne entur le roi de Norhombellande. Etant parti, Léodagan atteint le roi Bademagu de Gorre, chevalier nouveau à cette époque, et se rendant, comme Léodagan, à Louverep , pour voir le champion de ce château. Les deux rois font route ensemble (f-237). Fin de 3325.
cause des tristes coutumes qu'on y avait établies pour venger un ancien seigneur tué par Uterpendragon ; selon Merlin, consulté par le bon chevalier sans peur — comme celui-ci le raconte à un châtelain — chez Pelinor, immédiatement après la mort de Danor le blond, frère d'armes de ce roi, la Douloureuse Garde sera conquise par un seul chevalier, de même qu'un autre délivrera la Cornouaille du tribut irlandais1. Le châtelain entretient nos deux compagnons de Meliadus : « Tout récemment, dit-il, je trouvai un chevalier qui, perdu dans ses rêveries, se laissait emmener par moi sans protester; cinq autres (ce sont Arthur, Gauvain, etc.), que nous rencontrâmes, me forcèrent à lâcher prise, sur la prière de mon prisonnier, qui renversa d'abord Keu d'Estraus, survenu, et puis les cinq. Il ne s'attaqua point à moi parce que je l'avais sauvé de mort à l'époque où il tua mon parent Delis. » — Meliadus rencontre un chevalier nouveau, s'amuse à faire le poltron et, Exploits de Medans un château où ils logent, questionne l'hôte, Nai m on (var. Maimon, liadus.
tfaynom), sur le bon chevalier sans peur, son grand concurrent ; la rivalité de ces deux héros est comparable à celle de Tristan et de Palamède, dont le motif principal était leur amour pour Iseut. Meliadus, qui dit porter les armes depuis quarante-cinq (dix-sept, 338, 350) ans2, raconte comment une fois, ayant abattu le roi de Norgalles et son neveu Edran. et ayant tué le géant Marmon, il désarçonna lé bon chevalier sans peur et Lamorat de Listenois. Ses auditeurs le traitent de menteur. Le lendemain, Naimon part avec ses hôtes pour le tournoi. Meliadus s'écarte un instant pour aller secourir Arthur, emprisonné avec ses compagnons par le méchant Cœur de pierre. Il les délivre en triomphant de vingt chevaliers à l'endroit où Arthur fit ensuite construire un château en l'honneur du vainqueur, dont la statue d'argent, placée sur la maistre tour, en surmontait vingt autres en cuivre, représentant des vaincus qui rendent leurs épées ; deux cents ans plus tard, Gharlemagne lit remplacer la couronne de cette image, qui n'avait pas de pierres précieuses, par une autre d'or et garnie de pierreries, et le château fut le seul en Angleterre que le grand empereur affranchit 3. ' — Meliadus rejoint ses camarades de route et rencontre Marc *. Ce roi de Cornouaille,
1. Lancelot (cf. P. Paris, Rom. de la T. R , I, 151 ss.)et Tristan (§28).
2. Chevalier nouveau à l'âge de dix-sept Ans (355, Janot : vingt-sept; 350 : trois; 338: soixante).
■i. En dépit de ce glorieux exploit, la postérité rangea Meliadus au dessous de Tristan, qu'il rgala en beauté (et en valeur, 355, Janot) sans être si parfait en toutes choses (rfe t. ch. si acomptit, 850) lacune dans 5348), comme le dit notre romancier un peu plus haut, en ajoutant que Tristan aurait été aderanci par Dinadan et le chevalier à la cotte mal taillée, si ces deux fils du bon chevalier sans peur avaient eu la prouesse de leur père; le plus renommé de ces flls fut le second, qui aimait Iseut ; il composait des chansons qu'il chantait, et était un merveilleux joueur de harpe : « Je promets au roi Henri, qui en tel travail me misl , de relater plus loin ce i trouve en eicript sur ce brillant héros , dont je n'ai pas suffisamment parlé dans mon Bref, et dont s'occupe beaucoup le livre da latin. » Meliadus, poursuit au présent endroit le rédacteur, fut jugé plus tard inférieur non seulement à son fils , qui , avec Dinadan ( Danain le roux, 866. 869, faute; cf. § 10s), vainquit les trente chevaliers de Morgain, mais aussi à I.an- ;iii gagna la dame du roi de Norhomberiande sur trente chevaliers ; à Palamède. qui combattit trente adversaires de Norgalles pour punir un chevalier qui médisait d'Iseut ; à cet à la cotte Mi.-i 1 taillée, (|iii , sortant d'un tournois, triompha de vingt (XL, 355, 859; ruse Janot, par confusion de xi avec SCI) chevaliers de Qalehodin (Qualehoctin, 338, 356, 8177, 359) de Sorelois (malgré la promesse au roi Henri, llrunor ne tigure, après ce passage, qu'une seule fois dans le Palamède; on ne saurait compter son apparition dans la suite postiche donnée par 3<i3; § 6 tout, au célèbre Qalaad (Qalehout, 3â0; lacune dans à'.".:!).
4. Son beau-frère ; la femme de Meliadus mourut en donnant la vie à Tristan (plus loin il \ a.
pour cet événement, un renvoi au roman; cf. § 20). — Janot (préface) sur l'extraction de
lus : « D'anciennes chroniques d' Vngleti rre m'apprennent que ce roi descendit de <eulr
lia payi d'Angleterre, connue on peut le voir dans ces chroniques, où il est parlé de l.ijonnel
da i.lar, qui flnrissoil (la temps (la m;/ Pereeforett, 11 est vrai que cette généalogie est bien
différente de celle du Tristan ; » (cf. g 1-10).
Le tournoi du Pin du Géant.
qui, après avoir tué Tristan, atteignit un âge considérable, n'a encore que trente ans ; il est venu en Logres pour tâcher de délivrer son pays du grant servage d'Irlande. Meliadus, ayant abattu Gozouain d'Estrangorre, s'éloigne brusquement, en vain cherché par Marc. Conversation à la cour sur Meliadus, qui reçoit à l'hôtel la visite d'Arthur avec Gauvain et autres, rencontre Pelinor de Listenois avec Perceval, le meilleur des chevaliers de ce prince ', apprend d'un vieux chevalier, connaissant Merlin, la prédiction du devin relative à la supériorité de Tristan sur son père, et, pour montrer sa force, porte un énorme bloc de pierre, qu'il dépose dans une église 2. Dans le grand tournoi du château du Pin du géant 3, où Blioberis eut le prix des vesprees, Meliadus et le bon chevalier sans peur se distinguent ; le troisième jour, ce dernier blesse gravement son rival. Pharamont retourne en Gaule, en faisant un crochet sur le Léonois. Meliadus rencontre Pelinor et apprend par lui qu'Arthur avait couronné comme roi d'Estrangorre le bon chevalier sans peur; celui-ci, qui a été blessé la veille, arrive, marchant vers son royaume en guise de chevalier errant. Meliadus le défie et triomphe de lui. Pelinor, qui veut tuer le meurtrier de son frère, en est empêché par le vainqueur et retourne en Listenois, où vient de naître son fils Lamorat de Galles, qui mourut jeune, assassiné par Gauvain (cf. § 307). — Meliadus tombe éperdument amoureux de la reine d'Ecosse, et, souffrant de ses peines de cœur, il retourne dans son pays de Léonois. Etant l'homme le plus habile de l'époque en fait de chansons et de jeu de harpe, il exprime ses aspirations amoureuses dans un
Rédaction de
1. Qui, pour l'amour de lui, appela du nom de Perceval un de ses fils, dont Robert de Borron, Gautier Map et Gasse le blond ont souvent parlé.
2. Personne depuis ne put remuer ce bloc, sauf Lancelot, Palamède, Claudin, fils de Claudas, et Brunor le noir ; quant à Tristan, il n'y vint jamais.
3. Au milieu de ce tournoi, le fragment 5243 (Nouv. Acq.) passe (f» 65 a) à une autre rédaction présentée fort incomplètement; c'est, semble-t-il, une suite de celle de 3325 (§' 631 a). La voici :
§ 631 b. Brehus quitte Lac à Louvrezep pour aller s'informer sur le chevalier qui s'est chargé du combat pour les gens de la Douloureuse Garde. Keu, qu'il rencontre et qui va ensuite trouver Lac, ne peut le renseigner sur le champion , qui est Danain. Guiron, qui, lui aussi , doit soutenir une lutte pour les habitants de la Douloureuse Garde contre Lac , le défenseur de la cause de Louvrezep (de ce couple double de combattants il n'y a aucune trace dans 3325) , triomphe de llelynant des Iles (lacune) , et devient l'objet des intrigues d'Escanor le grand , qui veut le tuer pendant une partie de chasse (lac.). Récit fait à Meliadus sur le combat de Danain contre le bon chevalier sans peur, le champion de Louvrezep : ce dernier ayant blessé son adversaire, la lutte avait cessé , et la paix avait été conclue. Meliadus est emprisonné par Escanor, qui vient de s'emparer de Lac et de Gauvain (lac). Guiron ne réussit pas à trouver le géant Asue, l'ennemi delà Douloureuse Garde; le monstre fut tué par Tristan, qui en envoya la tête à Camaaloth (lac). Danain, Guiron et Léodagan triomphent de six chevaliers d'Escanor, et trouvent Blioberis avec Brehus dans un château où il faut jouter pour être logé (lac). Ariohan raconte à Léodagan comment le roi Esonain de Carmelide, ayant trouvé, un jour de chasse, une femme , qui, ayant vu son mari blessé par son serf, venait d'accoucher avant le terme, la fit transporter avec le père et l'enfant dans un château où la dame mourut, malgré les soins qu'on lui prodigua. Son époux guérit et vainquit bientôt après dans un tournoi. Pour ne pas être reconnu, ii jeta son écu ; un chevalier du pays s'en empara , prétendit être celui qui avait remporté le prix et obtint la main de la fille du roi , mais il fut défié et tué par le vrai vainqueur, qui décida ensuite de délivrer Esonain , emprisonné par son frère ( lac). Ariohan et Léodagan trouvent Esclabor, baptisé cette année même, et une femme, liés chacun a un arbre par un mari qui se croit, trompé. Léodagan force la dame de confesser que, se voyant repoussée, elle s'était couchée dans le lit d'Esclabor pendant qu'il dormait, et le mari coupe la tète à son infidèle épouse. Les deux compagnons s'approchent du pont de pierre du fleuve d'Assumé en Saxonne. Les écuyers et le nain conduisant la demoiselle liée (les détails sur elle ont disparu dans la lacune), se voient barrer le passage par un chevalier de la tour bâtie de l'autre côté du pont, par devers Norgatles ; Ariohan et Léodagan surviennent et désarçonnent trois chevaliers sortant de la tour pour rompre une lance. Léodagan recommande à son camarade de se défaire de la méchante demoiselle, qui leur attire des joutes partout. Puis ils arrivent près du château de Mal Change , où l'on a coutume d'ôter au passant sa dame, si quelqu'un du château en veut et que la dame y consente Léodagan est déjà venu en ces lieux, « et, dit-il, ge vi de moi cette chosse avenir. En telle » (fin de 5243, Nouv. Acq.).
lai ', qu'il fait chanter par un de ses intimes, devant la grande dame, à une cour plénière tenue par Arthur 2. Peu après, il y va lui-même; ayant fait monter un géant, venu pour se mesurer en force avec les hommes de la Table Ronde, sur un énorme bloc de marbre, le Perron a la jaiande, il porte et jette ensuite à terre le bloc avec le géant, qui se casse le cou 3. Ses amours avec la reine sont découvertes par le mari, qui, sur le conseil de son parent Arthur, part pour son pays afin d'y faire bien garder son épouse. Meliadus le poursuit. Ses amis ne parviennent pas à lui faire entendre raison : il enlève sa maîtresse et remmène avec lui en Léonois. Là dessus une guerre formidable. Les alliés de Meliadus sont les rois Pharamont, Claudas et Marc, qui viennent le rejoindre au château d'Hanthone k; du côté du roi d'Ecosse se rangent d'abord Arthur avec ses fidèles, parmi lesquels se trouvent le Morhout et le bon chevalier sans peur, puis les rois Pelinor, Urien et enfin les rois de Norgalles, d'Irlande, de Galles, de Norhomberlande 5, de la Cité vermeille fi. Meliadus, dont les quatre corps de bataille ne peuvent à la longue tenir bon contre les huit de l'ennemi, se voit à la lin sur le point d'être fait prisonnier ', lorsqu'il lui arrive un secours
Guerre de Meliadus contre le roi d'Ecosse et Arthur.
1. Par ce nom, le royal trouvère voulut indiquer qu'il comptait laissier tous autres chans. Le lai, qui débute ainsi : Dame, a vous cettui lai amant (var. mant), fut le premier chanté en harpe, et devant celui n'avoit onques lai esté dit , ne ne fu puis jusqu'aux temps où Tristan commença d'en composer. (Ci-après, cependant, Meliadus, dans 355, etc., en fait un autre, et, plus loin , aux §§ 685, f>37, le lai des Deux amants est attribué à Guiron)