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3. Pour concilier ceci avec ce qui précède dans 338, etc., nous serions obligés d'admettre, dans ces mss., une grosse lacune contenant d'abord une nouvelle rencontre d'Ariohan avec Léodagan, qui, en laissant son compagnon avec Guiron, lui avait fixé Hetin comme rendezvous, puis de nouveaux détails sur la demoiselle traîtresse emmenée par Ariohan et, enfin, l'emprisonnement de Léodagan. Pour ces deux derniers points, l'existence d'une lacune est manifeste. Mais une nouvelle rencontre du prince saxon avec le roi de Carmelide avant le combat à outrance que celui-ci va soutenir est invraisemblable et parait peu conforme aux habitudes du prosateur. Je suis porté à croire qu'à partir de la laisse Or dist li contes que puis que Aryhoan se fu partis du roy Leodagant, l'original de 338, etc., sans donner la suite primitive, perdue dans les mss. de Paris, de la version, a adopté, par une fusion de textes (cf. les noms Hetin- Het an, et la substitution de Lac à Blioberis, v. la note soi v.), la continuation de la version de 355, etc., dont le morceau précédent a peut-être été conservé par Janot (v. ci-dessus), qui présente les aventures d'Ariohan et de Léodagan en Carmelide avec une ampleur inusitée dans l'imprimé, où, pour souder ensemble deux bouts de texte, on se contente ordinairement de quelques mots de transition. La question se complique d'ailleurs d'une autre, à savoir si la rédaction de 338, etc., qui, comme nous l'avons vu plus haut, font finir la guerre de Meliadus par le secours que lui porte Guiron, est plus ancienne que celle de 355, etc., dans laquelle Meliadus est fait prisonnier. Cette dernière rédaction se recommande par la façon fort naturelle dont on voit introduire d'abord Ariohan, chef de l'invasion saxonne, puis — dans Janot ; son récit unique est cependant sujet à caution — Léodagan, qui sauve Ariohan arrivé en Carmelide après avoir quitté la cour d'Arthur; le combat singulier entre le prince des Saxons et .Meliadus,