De nuit, ajoutent les autres
3. Il interdit l'entrée, en général, dans 334, 97, 100, 102; 99.
rer de lui. Àndret poste vingt chevaliers dans une chambre par devers le jardin par laquelle Tristan devra venir, et leur dit de le laisser passer, sans qu'il les voie, dans la chambre de la reine ; lorsqu'il sera endormi, une demoiselle doit avertir Andret. Ce soir-là, Tristan se tient en effet caché dans le jardin, où le clair de lune lui fait peur ; il n'a d'armes que son épée. Quand il croit tout le monde endormi, il pénètre, sans voir personne, dans la chambre qui est devant celle d'Iseut et, de là, dans la chambre même de la reine. Il la trouve endormie et seule : Marc ne couche pas là; il feint d'être malade pour donner à Tristan l'occasion de se perdre. Pendant que les amants sont ensemble, Brangain vient leur annoncer qu'ils sont guettés par les vingt chevaliers. « Ils s'en repentiront, » dit Tristan, et après avoir rassuré Iseut, il entre dans la chambre où se tiennent ses ennemis, qui s'apprêtent déjà à l'assaillir. Il en aperçoit un au clair de la lune et le tue d'un coup formi- Tristan sort dable. Des autres, plusieurs tombent à terre d'épouvante1, ^e^anens dU Tristan les menace de la mort, en atteint un autre2 et le tue d'un coup qui lui fait tomber l'épaule gauche3. Tristan, qui est presque sans armes et craint d'être attaqué par derrière dans l'obscurité, saute par la fenêtre dans le jardin, d'une hauteur do vingt pieds4, et regagne son hôtel, où Gouvernai et ses compagnons le reçoivent avec joie.
50. Le roi Marc déplore cette nouvelle mésaventure, tout en admirant la bravoure de Tristan. Il mande et blâme Andret et lui ordonne de faire rage pour prendre Tristan. Andret fait transporter les corps des tués à leurs hôtels. Marc reproche à Iseut sa conduite, et lui dit qu'elle sera la cause de la perte de Tristan et de sa propre mort. Elle ne répond rien, car a merveilles le doutoit. Le lendemain, Marc fait enfermer Iseut Iseut enfermée, dans une tour où Tristan ne pourra la voir. Celui-ci n'hésite pas à se montrer à la cour parmi les autres chevaliers : Marc n'a pas l'air de l'apercevoir. Tristan ressent une vive douleur en apprenant qu'Iseut est enfermée; il rentre et se met au lit : il est malade de chagrin et s'affaiblit de plus en plus. Le roi v;t le voir; Tristan compare son sort à -celui d'Absalon, de
1. Ce détail pas dans 97, 100, 102; 99. —334 e. I. a. : la peur
leur fait t bor les épées des mains.
! Qui s'enfuit vers la fenêtre, 756.