Cf
2. 750 ne raconte pas l'arrivée de Tr. et de K. à la cour; un peu plus loin, Dinas esl mentionné parmi ceux qui savent que Tr. est dans la tour. Le récil n'est, dans 750, nullement « anschaulicb », comme le dit Brakelmann, Zeitschr. f. deutsche l'Inl., XVIII. p. 91.
point d'être obligé de garder le lit. La demoiselle arrive avec la réponse de Lancelot ; un des écuyers de Kahedin la reconnaît et la conduit au logement de son maître, en qui Marc voit, non pas le fils d'Hoël, mais un chevalier errant de la Grande-Bretagne. Elle assiste aux plaintes d'amour de Kahedin, qui lui dit que Tristan est en celé tor la amont dejoste le paies le roi Marc et que personne ne peut y entrer, sauf le roi. Il lui recommande de s'adresser à Brangain ; puis il continue ses plaintes, ce qui fait de la peine à la demoiselle, qui ignore la cause de ce désespoir. Au soir, elle va à la cour avec un de ses écuyers. Marc, qui s'entretient, à une fenêtre, avec Andret ', la fait venir devant lui ; elle lui dit avoir été envoyée par Gauvain pour chercher Mordret, qui avait abandonné la cour d'Arthur et qu'on croyait en Gornouaille. Le roi la recommande à Brangain, qui, au premier abord, se méfie d'elle. Le lendemain, Marc part pour la chasse; Brangain va trouver Tristan, qui, ja estoit aie avec Yselt tout priveement. Il fait remettre par Brangain sa bague à la demoiselle, afin qu'elle donne la lettre; car il ne veut pas recevoir la messagère devant Iseut. Celle-ci lui parle de la lettre qu'elle a reçue de la part de Guenièvre, et Tristan dit qu'il voudrait bien la lire. Il se déclare inférieur, en chevalerie, à Lancelot, dont il lit avec Iseut la longue lettre (en prose : Au meillor qui or soit el monde, etc. il conseille à Tristan d'aller en Gornouaille). Iseut fait voir à son amant la lettre que Guenièvre lui avait envoyée.
76. Kahedin, qui garde toujours le lit, adresse à Iseut une lettre dans laquelle il lui déclare son amour (f° 89) 2. Pour ne pas désespérer l'ami de Tristan, elle lui répond avec douceur. Jalousie de Tris- Par malheur Tristan trouve la lettre d'Iseut 3, et uu jour que Kahedin entre dans une chambre où Tristan est seul, ce dernier l'attaque : Kahedin saute par la fenêtre et tombe devant le roi Marc, qui est en train de jouer aux échecs avec Iseut. Tristan aperçoit à temps le roi et reste caché. Il se dit que, si Kahedin découvre sa présence au roi, il soutiendra les assauts
1. Son neveu, qu'il molt haoit durement; les mots : « de Tristan » ont été oubliés dans le ms.
2. A partir d'ici, il y a accord avec 756 et les autres (voy. § 75 a).
3. La lettre de Kahedin, 756 et 99; de même la Tav. Hit. Plus loin, Iseut racontant tout à Brangain, dit que c'est sa lettre à elle qu'il a trouvée ; de même quand elle donne des explications à Fergus.
tan
dans la tour, qui est très forte, et en attendant il s'arme de son mieux. — « D'où venez-vous ? dit Marc à Kahedin ; est-ce que vous avez dormi? » Iseut, qui devine la cause de cet incident, confirme le roi dans l'opinion que le jeune homme était tombé pendant son sommeil, et Kahedin a le bon esprit de ne pas la contredire. Cependant, Tristan se désole, et, quand Iseut vint amont au soir, il lui adresse des reproches au sujet de sa lettre. Elle veut se justifier, mais il ne l'écoute pas et part hrusquement *. II traverse la salle où est le roi, mais personne ne le reconnaît, parce qu'il est armé ; dans la cour, il monte sur le premier cheval qu'il trouve, et s'en va, menant le plus grand deuil. Hors de la ville, il rencontre un nouveau chevalier, Guinglain 2, le fils de Gauvain , qui est Guinglain. venu en Gornouaille pour courir les aventures. Etonné de la douleur que manifeste Tristan, Guinglain lui en demande la cause et tente de le consoler, mais Tristan est intraitable. Guinglain se fâche et le provoque : Tristan, qui n'a ni écu ni lance, lui donne un grand coup d'épée sur le heaume, qu'il met en pièces ; mais l'épée glisse et frappe le cheval, qui s'abat avec le cavalier 3. A l'entrée de la forêt Tristan rencontre une
1. Ici finit le texte de J. Maugin. — La Tav. Rit. passe à la vie de Tristan dans la forêt; voy. plus loin, § 101.
2. Var. : Gi(n)glain et (756, 99, 94) Gi{n)glantin (Guiglant)y Gyngantin. — L'apparition de ce personnage en cet endroit a déjà été relevée par M. G. Paris (Romania, XV, p. 20). Il reparaît plus loin dans notre roman pour consoler Iseut (§ 91); Palamède apprend par lui la folie de Tristan (§ 96) ; il renverse Galaad, qui dort sur son cheval (§ 521) ; il est mentionné avec Erec, Perceval et Sagremor au § 420, et figure dans la liste des chercheurs du Graal, § 395 a.
3. Ici 756, etc. passent à Marc, qui a vu la joute d'une fenêtre et qui fait venir Guinglain ; ils poursuivent comme 750, sans donner cependant la proposition faite par Andret. Puis :
77 a. Tristau pénètre dans la forêt du Morois, où il jette ses armes (fo 123). Il est rencontré par Fergus (a), qui le questionne, mais Tristan ne répond rien : Fergus respecte sa douleur et ne lui parle plus, car il n'osa. Cependant, Palamèdes (6), qui était en Logres et qui ne pouvait oublier Iseut, s'était dit que si Tristan était mort ou absent, il pourrait espérer de remplacer son rival auprès d'Iseut. Il avait donc envoyé une demoiselle en Gornouaille pour demander des nouvelles.
a. Itrakelmann s'est trompé en prétendant (Zcitschr. f. deutsche Phil., XVIII, p. 91) que cette rencontre de Fergus et de Tristan n'est pas racontée dans la version Qu'il appelle « la valgatc « (c'est-à-dire la version des mss. 755, 334, etc.), car on y lit ceci : .S» li arint par aventuré que mi chevalier qui Fergus estoit apelez et qui en sa compagnie avoit esté a Norholt et on autre» lieus (par devant, 334), si comme je vous (li contes, 334) ai devisé ça en arrirres, vint ii sa rencontre.
/'. De même les antres, sauf 335, qui porte : car il n'osa. Si en laisse ore le conte a parler et retourne a Palamèdes, etc. ; 97, 100, 102 =335 (pour le fond).
Lùseth. — Tristan. 5
La demoiselle de demoiselle envoyée par Palamède. Celui-ci a entendu dire en Palamède. effet que Tristan a quitté la Petite-Bretagne, et il désire savoir s'il est en Cornouaille. Dans ce cas, il ira lui-même dans ce pays, malgré la promesse qu'il a faite à Iseut, un jour qu'il devait se battre avec Tristan (sic ; cf. § 44). Pour des détails, on peut consulter Yestoire de Tristan par Luce du château de Gaut. Palamède hait trop Tristan pour pouvoir tenir sa promesse. — Tristan dit à la demoiselle que Kahedin a tué celui qu'elle cherche : elle se rend alors à la ville pour se renseigner.
77. Le roi Marc avait vu d'une fenêtre la défaite de Guinglain et le fait venir. Il lui dit que c'est Tristan qu'il vient de combattre : « Il nous a deceû en restant parmi nous sans que nous le sussions l. » Marc est joyeux de la douleur de Tristan. Andret propose de le faire poursuivre par dix chevaliers, mais le roi pense qu'ils ne pourraient rien contre Tristan.
Les habitants de Tintagel regardent le cheval mort de Guinglain, quand arrive la demoiselle de Palamède. Lorsqu'elle apprend que Tristan n'est pas mort, elle résout de faire ce qu'elle peut pour le retrouver et part le lendemain.
78. Tristan, hors de lui, se lamente dans la forêt (du Morois). Un chevalier, qui se rend à Tintagel pour y passer la nuit, entend les cris; il se laisse guider par la voix, trouve Tristan assis sous un arbre (P 95) et le salue. Notre héros, impatienté, répond moins courtoisement qu'il ne soloit et prie le chevalier, qui s'efforce vainement de le consoler, de ne pas rester davantage. L'inconnu pleure de pitié et veut descendre de cheval, mais Tristan ne le lui permet point. Le chevalier l'invite très raisonablement à lui dire son nom et se nomme d'abord lui-même : c'est Fergus. Alors Tristan témoigne à
1 . Le roi Marc a donc reconnu son neveu en voyant le coup formidable asséné à Guinglain.
Elle arrive à la cour immédiatement après le départ de Tristan, et on lui dit, qu'il s'en est allé vers la forêt. Tristan et Fer- 78 a. Tristan est toujours plongé dans la douleur, ne Fergus not Sns- oneques tant de har dément que de lui adresser la parole. Ce trait de
délicatesse émeut Tristan, et il se contient le mieux qu'il peut. Le lendemain, Fergus dit qu'il veut aller à Tintagel pour parler à Iseut, et avant de partir, il prie Tristan de l'attendre. Celui-ci le lui promet et le charge de saluer Iseut et de lui dire qu'elle aurait pu en user avec lui mieux qu'elle n'a fait; — A partir d'ici, il y a accord avec 750 ; cf. S 79.
son ami sa joie de le revoir. Il consent à avouer à Fergus, Fergus. qui est un des hommes du monde en qui il a le plus de confiance, qu'Iseut est la cause de son désespoir ; puis il se reprend et ne veut plus rien dire pour ne pas blâmer celle qu'il a tant aimée (f° 97 a) : « Fergus, fait il, beaus dolz amis, ge me repent de ce que dire voloie. Ge avoie folie en pensée et vilenie voloie faire trop grant, plus por moi que por autre, qui voloie dire vilonie de madame Yselt, que ge a y amee de tôt mon cuer, sor totes les mortelœ choses ; ne place a Dieu que ge le die ; mielz voldroie perdre la teste que » ge deïsse contre lui mal ; s1 ele a mal fait et chose qu'ele ne deiist et ele a mespris contre moi, ge li pardoing de bon talent. Encor par aventure se repentira ele, par la franchise
de li plus que por bonté que ge aie en moi; tant main-
tendrai ma complainte que ma dolor prendra fin en alcune manière. » Comme Tristan persiste à ne pas donner de détails, Fergus dit qu'il ira le lendemain voir Iseut, qui, por sa franchise, lui dira la vérité; de cette façon il pourra peut-être trouver quelque remède. Il essaie encore de lier conversation ; mais Tristan reste silencieux pendant toute la nuit.
79. En sortant de la forêt 1, Fergus rencontre la demoiselle La demoiselle messagère de Palamède. Elle lui demande s'il sait où est ef Tristan. Tristan. Fergus s'imagine que c'est une demoiselle d'Iseut, et
lui indique le chemin conduisant à la fontaine où il a quitté son ami. La demoiselle dit à Fergus que le roi Marc est allé chasser dans la forêt de YEspinoie ~ \ il n'ose chasser dans le Morois, parce qu'il sait que Tristan y est, et tous ses hommes // m donnèrent conseill.
80. La demoiselle trouve Tristan ; elle l'ennuie beaucoup en s'obstinant à le consoler. A la fin il se sauve et reste huit jours au bord d'une fontaine, près de la tour où il avait passé avec Iseut trois3 jours si heureux (f° 124 d) après l'avoir
1 . Ici se termine la longue divergence (§§ 71-78) des versions de 750 (12599) et de 7 50, etc. ; cf. § 78 a. — 756, fautivement : en sortant de la porte.
'.'. Ce nom sauté avec la première partie de la phrase dans 75G; Espinoie donné aussi par les autres (Espinote 97, 102; Espinete 100), Bauf 99, 94, qui portent Derblois. Au lieu de Morois (écrit ici Morloys dans 756), 334 a (en la forest) du mois.
3. Plus haut, § 44, ce n'était que deux jours ; 103 ne donne pas de chiffre ici,
délivrée de Palamède *. Tristan est plongé dans la plus profonde douleur. La demoiselle le retrouve et reste pour voir ce qui va se passer ; il refuse toujours de lui parler. Au huitième jour, elle le voit tout noir et livide, comme s'il avait été meurtri dans un tournoi. Elle le croit près de mourir, et pour le réconforter, elle apporte une harpe qu'elle a trouvée dans la tour, où la loge une dame veuve. C'est de cette même harpe que Tristan jouait quand il était dans la tour avec Iseut. Au sou de la musique, il dresse la tête et prie la demoiselle de Les lais de Tris- chanter un lai. Elle chante les trois lais composés par Tristan — ■ celui-ci est d'accord avec elle pour déclarer qu'il n'en a fait que trois — : le lai de Plor, quand il s'embarqua pour chercher un remède à la blessure que lui avait faite le Morhout, le lai du Boivre amoureux 2 et le lai du Déduit d'amour, fait pendant son séjour avec Iseut dans le Morois. Avant de chanter le troisième, la demoiselle fait promettre à Tristan d'en composer un nouveau. — Il ne veut accomplir cette promesse que le lendemain et reste absolument silencieux pendant le reste de la journée. La demoiselle va passer la nuit dans la tour, comme à l'ordinaire ; elle n'a rien voulu raconter à son hôtesse. Le lendemain, Tristan commence en pleurant le Lai mortel : J'ai fait chançonetes et lais etc. 3. Ce lai terminé, il veut se tuer, mais il ne trouve pas d'armes; Tristan fou. alors il s'enfonce dans le bois, en criant corne une beste forcenée ; car il a perdu la raison 4.
81. La demoiselle le cherche en vain pendant quinze jours; elle retourne ensuite en Logres, où elle raconte comment Tristan s'était introduit dans la maistre tour de Tintagel, et comment il estoit avenu a la roïne Iseut 5. La messagère a
\. 750 renvoie à la Grant Histoire de Luce.
2. Appelé, un peu plus loin : le Boivre plaisent (plesant); 750, 335, 103 : pesant ; 104 : besant. — Il est donné bien plus loin, § 469. — Cf. l'extrait donné dans von der Hagen, Minnesinger, IV, 581.
3. 750, 335 : .la fis ch. e. I. ; 104 : J'ai fis cha[n]cons etlays; 103 : Je fis jadis ch. e. I. — Deux strophes données dans Wolf, Ueber clic Lais, facsim. VII (ms. de Vienne), et in extenso par Fr. Michel, Tristan, II, 212, d'après les éditions de Michel le noir et de Denis Janot.
4. La nouvelle XGXIX du Libro di Novelle (éd. de 1572), intitulée : Corne Tristano per amoredioenne forse?inato, est citée par Fr. Michel, Trist., 11,207.
5 334. — 756 : Comm. il estoit venus a la r. I. — On voit que la tour figure aussi dans la version de 756, etc. ; cf. § 75 a.
appris encore, par une demoiselle venant de Tintagel, qu'Iseut
est très malade depuis la disparition de Tristan. Palamède se
détermine à aller en Cornouaille pour l'amour d'Iseut et aussi Palamède en
pour se renseigner sur le sort de Tristan ; il soupçonne que ornouai e-
c'est Kahedin qui est cause de tout. Au bout de cinq jours, il
passe en Cornouaille.
82. Iseut, désespérée, raconte à Brangain ce qui s'est passé. iseut et Bran- Elle dit avoir écrit la malheureuse lettre « aucques par vostre Sainconseill ». Brangain la console et lui promet d'aller chercher
Tristan dans la forêt. Iseut rappelle encore à Brangain que c'est elle et Gouvernai qui ont causé tant de malheurs en commettant la fatale erreur du philtre. Elle jure que si elle ne retrouve pas son Tristan, elle se tuera, comme Didon pour Enée de Troie (f° 128). Pendant cet entretien survient le roi Marc. Il sait parfaitement que Tristan a été avec Iseut, mais son amour pour elle est tel qu'il ne lui ferait jamais de mal por nul forfait ne por nule parole que Vom li deïst de lui. Il ne trouve donc ni la force de se venger ni le courage de la questionner et s'en retourne immédiatement. Le lendemain, il va chasser dans une autre forêt que le Morois; car il continue à avoir peur de Tristan.
83. Brangain se met en route et rencontre Fergus, allant à Brangain et Fer- Tintagel. Elle le mène d'abord chez un prodome et prévient ^3^****** Iseut. La reine fait venir Fergus *, lui explique tout ce qui
est arrivé et l'envoie dire à Tristan de revenir. Brangain l'accompagne, mais à la fontaine ils ne trouvent que le heaume et le haubert de Tristan. Ils errent en vain pendant dix 2 jours : le Morois est une vaste forêt, qui a cinq journées de lonc et trois de lé. Ayant rencontré Palamède et sa demoiselle, ils Us rencontrent apprennent par celle-ci les récents événements. On se rend à la fontaine où la demoiselle avait vu Tristan pour la dernière fois ; Brangain s'étonne que Palamède ait osé venir en Cornouaille malgré la défense d'Iseut.
< »n arrive à la fontaine. Brangain prie la dame de la tour de lui donner la harpe dont Tristan s'était servi, afin de la porter h Iseut. Palamède et la demoiselle restent à la tour ; Fergus poursuit la quête de Tristau (f° 132). Brangain y
1. Il oe transmet pas les salutations de Tristan. | te même 94, 99; les autres : vint.
Bran gain re- renonce et retourne très affligée à Tintagel, où elle arrive à tourne auprès }a nujt> d'Iseut.
84. Le lendemain, Marc va à la chasse comme d'ordinaire, car personne au monde ne se livre à cet exercice avec plus d'ardeur que lui. Il évite toujours le Morois, bien qu'il soit un peu rassuré, personne n'ayant revu Tristan. Les uns croient qu'il est mort, les autres qu'il est parti de Gornouaille. Andret, cependant, est d'un autre avis : « Je pense, dit-il, que Tristan est quelque part malade. »
Dès que le roi s'est absenté, Brangain se présente chez Iseut et lui rend compte de son voyage. Iseut est très malheureuse ; elle se console cependant un peu en se rappelant les mots d' Andret, qu'on lui a rapportés. Pleine de ressentiment Iseut fait chas- contre Kahedin, elle lui fait dire par Brangain de sortir de deGornouaiile! Gornouaille sous peine de mort. Puis elle commence un lai ; c'est Tristan qui lui a appris à jouer de la harpe pendant qu'ils étaient ensemble dans le Morois *, comme il a été raconté plus haut 2.
85. Kahedin sait bien que la reine lui veut du mal parce Départ de Ka- qu'elle a perdu Tristan à cause de lui. Il a déjà envoyé ses
écuyers en Petite-Bretagne pour annoncer son retour prochain à son père et à sa sœur Iseut, malades tous deux à ce qu'on lui avait dit. Chemin faisant, il s'égare dans la forêt et, attiré par le son d'un cor, arrive à une maison déserte. C'est le roi Marc qui a sonné du cor pour appeler sa suite, dont il a Kahedin, Marc été séparé pendant la chasse. Voyant arriver un chevalier, le et Palamede. roj croit qUe c'est Tristan et se cache, épouvanté, entre deux murs sans oser répondre aux cris de Kahedin. Celui-ci, fatigué, se couche et s'endort, mais, bientôt, est réveillé par l'arrivée de Palamede 3, qui, sans nommer Iseut, se met à se plaindre de ses peines d'amour, « de cet amour, qui est d'abord comme la belle matinée du jour, qui fait chanter les oiseaux et aller çà et là les chevaliers amoureux; soudain, le temps change, l'orage les surprend, et leur joie remaint. — Qui met son cœur à l'amour est comme le fou qui gravit la montagne pour