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pour toi qu’il ne l’a été pour moi-même. Il y manque un trait que je dois encore ajouter et qui te fera connoître pourquoi, j'ai pris la peine de signaler en particulier la réponse des Barons d'Angleterre entre tant d’autres faits historiques que j'ai été obligé d’omettre, dans la crainte que cette lettre déjà très longue ne finit par devenir un volume considérable.
Je m’adressai à celui qui avoit fait ces aveux respectable, et je lui dis: changeons de position et détournons pour un moment nos yeux des différens points de vue sous lesquels nous avons envisagé cette question, et les principes sur lesquels nous l’a. vons discutée. Permettez-moi de vous offrir un nouveau sujet de réflexions sur un objet également digne de notre attention à l’un et à l’autre comme sujets du même empire, mais qui sans doute doit me toucher comme Canadien encore plus vivement que vous.
Supposons que les événemens qui ont amené la conquête du Bas-Canada eussent pris une autre direction, ou plutôt que le Canada eût été d’abord une colonie Angloise et que le sort des armes l’eussent fait passer sous la domination de Ia France.— Placez-vous dans notre situation et dans les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons nous-mêmes, mais Anglois, régis par des loix, des coutûmes, parlant une langue étrangère à la métropole avec une religion distincte, des établissemens analogues à vos goûts, à vos usages surtout en unisson avec ces loix, l’objet de votre confiance, les seules qui vous seroient connues, les seules par cette raison là méme que vous seriez capables de consulter avec avantage et de prendre pour guides pour assurer ou défendre vos droits comme pour régler votre conduite.
Toutes les nations ont une prédilection fort naturelle pour leurs établissemens. Cet attachement est sonvent aveugle, il est presque toujours exclusif. Elles croient souvent de bonne foi travailler au bonheur d’un peuple en le forçant à les 2dopter pour les substituer aux siens. Outre les avantage: que les François espéreroient pour eux-mêmes de vous voir vous former à leurs institutions, à les prendre pour modèles, il pour-
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“Foit se rencontrer parmi eux des hommes vertueux qui céde- “Hoient à l'impulsion de motifs semblables à ceux dont vous m’a- Nez fait, par animés du désir de contribuer à votre félicité. Le Li oyen de l’opérer seroit sans doute celui que vous avez indiqué.
Ne pourroient-ils pas tenir le même langage et vous dire: La dif
férence de vos loix et de vos usages, celle de votre langue et de vos mœurs, jusqu'aux traits de votre caratère national éta- ' “blissent entre nous une ligne de démarcation beaucoup trop fortement empreinte. Vous demeurez étrangers à la nation “ont vous êtes devenus les enfans et qui vous chérit. L'attachement que vous conservez pour vos établissemens oppose “des obstacles sans cesse renaissans à ‘harmonie qui doit règner ventre les membres d’un même empire pour leur bonheur réciproque. Il tarit la source des bienfaits dont nous désirons vous combler, ou il en détourne le cours. Ne repoussez pas la main qui vous les présente. Abandonnez vos coutümes, changez vos habitudes, dépouillez enfin toutes ces marques de “distinction qui vous sout si funestes. Que des opinions analo- gues, les mêmes sentimens, des affections, des idées communes fruit de l'identité de langage, de loix, de principes moraux et réli. gieux vous rapprochent, et cimentent à jamais les liens qui nous tunissent. Soyez enfin comme nous pour devenir un de nous. Quel parti prendriez vous? C’est à vous maintenant que je demande de prononcer sur la question qui a été si laborieusement discutée entre nous deux dans le cours de cette soirée. Je m’en ? rapporterai volontiers à votre décision; je suis persuadé qu'elle “sera dictée par la bonne foi. Jugez entre nous. Tu partageras la satisfaction que j‘ai éprouvée, quand après ' un moment de silence j‘ai reçu pour unique réponse à cette in- * terpellation ces mots bien remarquables dans la bouche de mon adversaire, Nolumus Leges Angliæ mutare. | Notre dialogue s’est à peu près terminé là.
où je finerai ma lettre.
C’est aussi par Pour le coup, je ne solliciterai pas ton indulgence pour mes redites, le manque de clarté, les vices du style. Le sujet est trop intéressant pour que tu ne passes pas
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aisément sur ces défauts D'ailleurs cfest d’un entretien dont je tai rendu compte. Il eût été assez difficile d’y mettre un ordre bien exact. Tu dois m’avoir encore quelques obligations
de mon travail, quelqu’imparfait qu’il puisse être dans la forme, Adieu.