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@t le fruit de la tolérance qui règne dans le pays. On n'y déte pas un homme parce qu’il est né sur le bord de ls Tmise LL. la Seine, qu’il est enfant de l’église catholique ou d:: iple de Luther ou de Calvin. On a de l'affection ou du mépris ‘Pour lui à proportion de son mérite et de ses vertus, ou de ses Wices. Mais aussi chez nous comme ailleurs, et peut-être plus ‘qu'ailleurs, on aime son pays, on le préfère à tout autre; et on a dit, peut-être avec quelque raison, qu'on ne pouvoit trouver d'hommes pénétrés d’un sentiment d'affection plus intime pour le pays qui les a vus naître que les Canadiens, On pourroit en dire autant quant à leurs établissemens religieux et civils.
Revenant maintenant plus directement à mon sujet, quel motif aurions-nous de désirer ardemment de changer de situation, ‘si l'Angleterre nous laisse dans la paisible jouissance des objets des plus chères comme des plus nobles affections dont l’homme social soit susceptible? Mais supposons pour un moment ‘vos projets réalisés et le Bas-Canada Anglais sous le rapport ‘des lois et des coutûmes, et surtout du language, comment ce #hangement pourrait-il vous donner l'espérance de voir l’Angleterre exercer avec plus de certitude l'empire de l'opinion, ©btenir une influence plus marquée sur les habitans du Bas-Canada, former leurs sentimens sur les siens ?
Si une nation peut acquérir cette influence sur un peuple, ‘c'est quand celui-ci, plus foible et plus isolé des autres peuples, a des rapports nécessaires avec elle: c’est quand elle en est plus rapprochée par sa situation, et en même temps plus puissante et plus nombreuse, que ses communications avec lui sont plus multipliés, plus faciles, plus rapides, plus coïtantes, qu’elle peut le former à ses opinions par ses écrits, ses publications Journalières, sa littérature, et autres moyens de ce genre, qu’elle à un gouvernement qui marchant plus directement dans le sens de l’opinion publique que celui du peuple voisin, ouvre par là même une carrière plus vaste à l’émulation et à l’activité des “itoyens, qu’elle peut faire servir à ses vues d’ambition et d’intérêt. Tels sont entr’autres les moyens par lesquels cette na-
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tion peut acquérir, indépendamment de ceux qui frésultent de la puissance l’ascendant que vous voudriez voir l’Angleterre exercer sur nous. Les Américains-unis, sont en possession de tous ces avantages à son préjudice, et encore plus relativement à la Province du Bas-Canada, que par rapport à toutes ses autres colonies de l’Amérique du nord. Les Provinces Britanniques qui sont à l’est du Bas-Canada, sont encore séparées des
Etats-Unis par des forêts qu’on a à peine commencé à abattre, Le Haut-Canada l’est par un fleuve, et par des lacs. Le Bas- Canada n’en est divisé que par une ligne purement idéale, déjà bordée des deux côtés en plusieurs endroits par des émigrés de ces états mèmes, établis sur les frontières. On ne peut pas sans doute se persuader qu’ils se dépouillent en la passant de toutes leurs habitudes, de leurs affections, de ieu:7 mœurs nationales, et qu'ils se j:rennent subitement d’une passion ardente pour l'Angleterre et son gouvernement. Les relations entre deux peuples limitrophes sont dans la nature des choses. Ici elles sont non seulement inévitables; elies ne peuvent que s'accroître et se multiplier. L’associasion d’opirions semblabes, de sentimens analogues, d’idées communes en doit être le résultat nécessaire. La population des Etats-Unis est et doit rester de beaucoup la plus nombreuse. Sans entrer dans d’autres détails, n'est-il pas évident que cette population doit dans ce cas finir par acquérir un ascendant décidé sur la nôtre, si on n’oppose pas à cette pente naturelle quelque contrepoids, ou si on‘n’en détourne pas r’effet. N’est-il pas évident de même qu'il est impossible que l’usage qu’on en fera dans l’occasion ne soit pas nuisible, pernicieux aux intérêts de l'Angleterre? Estce hien à celle-ci qu’il convient de mettre en d’autres mains ce levier puissant? Elle est à douze cens lieues de nous et l’océan nous sépare. Les actes de son gouvernement ne peuvent agir sur nous de la même manière que les actes du gouvernement de nos voisins agit sur eux. Elle ne peut jamais compter avec la même certitude ni sur l’exactitude des renseigneirens qu’elle reçoit de ceux qu’elle délègue pour exercer au milieu
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ë nous son droit de surveillance et son autorité en qualité de tre métropole, ni sur la sage application des principes qu'elle eut leur prescrire pour leur servir de règle de conduite, comme le peut faire une administration nationale. En faut-il davantage? Est-il nécessaire d’entrer Aans des détails pour faire sentir que dès lors l'Angleterre ne pourroit rien gagner au changement projetté; qu’au contraire, tout dans ce système seroit nécessairement à l'avantage d'une puissance rivale qui, d’un jour à l’autre, peut devenir son ennemie,
Mais laissons là les raisonnemens appuyés sur l'expérience des autres pays. Renfermons-nous dans celle du Canada, qui doit, pardessus tout, nous servir de règle. Son histoire depuis la conquête nous présente une suite de faits décisifs, capables de jtter le jour le plus éclatt :at sur l’objet de cette discussion. Pendant les quatorze années qui suivirent la conquête, nos inquiétudes sur notre sort futur avoient fini par devenir cruelles, Des intriguans qui étoient venus s’établir parmi nous, réputés Anglais, et qui s’en donnoient le nom parce qu’ils en parloient la | langue, travailloient avec l’activité du fanatisme naturel à des Ca enus à nous dépouiller de tous nos droits civils et religieux.
acte du Parlement de l’année 1774, calma nos craintes et rétablit la confiance dans le gouvernement de notre nouvelle métropole. C’est alors qu’on a vu les Canadiens lui rester attachés pendant que les anciennes colonies Angloises de l’Amérique du nord déchiroient avec violence tous les liens qui jusque là les avoient unis à elle. Quelle fut la conduite d’un grand nombre de ceux qui naguères importunoient le gouvernement Anglois de leurs cris sur le danger imminent et inévitable, suivant eux, pour son autorité de nous laisser en possession de nos tablissemens? A peine elle nous fut assurée, la question se dis- Cutoit encore dans le Parlement, et ils faisoient des efforts pour hQus engager à prendre parti en faveur des Provinces armées pour chasser les Anglois de cette partie du monde. C’est aux
Canadiens que l’Angleterre doit la conservation d’une colonie Mans laquelle on assuroit alors, comme on a fait depuis avec
bien plus d’injustice encore, qu’elle ne pourroit compter que ces traîtres.
Le vrai blesse quelquefois les règles de la vraisemblance.— Pourroit-on ne pas être convaincu de cette vérité en songeant que bientôt après qu’un traité eût assuré aux Américains leur indépendance, les déclamations, les intrigues auxquelles on avoit eu recours pour perdre les Canadiens, se renouvellèrent, et qu'on lit retentir la Province du bruit des prétendus dangers auxquels ce qu’on appelloit la foiblesse et l'erreur de ceux qui étoient à la tète du gouvernement de l'empire, exposoient ses possessions du Canada, en assurant la stabilité des établissemens de ses habitans. C’étoit, disoit-on, des Français dans le cœur comme ils létoient parela langue et les loix, des papistes, ennemis nés du nom Anglois, d’une nation protestante et de son gouvernement. Aussi quand il a été question de donner une nouvelle forme au gouvernement du Canada, et d’organiser sa constitution actuelle, a-t-on vu encore l’ancien levain fermenter de nouveau, et des hommes de la mème trempe invoquer les mêmes prétentions pour engager le Parlement à proscrire les Canadiens en masse, en les privant de tout droit de citoyen dans ce nouvel état de choses.
Le gouverneinent Anglois à méprisé ces criailleries comme les anciennes. Mais depuis cette époque, ces scènes dégoutantes se sont pourtant renouvellées. On a vu même la constance de ces déclamateurs couronnée par fois de succès. On a pu aller jusqu’à inspirer les craintes les plus vives, et tout ensemble les plus puériles à quelques uns de nos gouverneurs sur les dispositions des Canadiens. On soutenoit, avec l’accent d’une persuasion capable d’en imposer à la bonne foi de celui qui ne peut voir que par les yeux d’autrui, que du moment où on leur mettroit des armes entre les mains pour repousser une invasion, la métropole serôit victime de sa folle confiance, et qu'ils les tourneroient contr’elle. Un gouverneur en proie à ces préjugés, ivre de vanité et de ressentimens contre eux, parce que les communes soutenoient la cause du pays en opposant
FA
ompter que
mblance.— en songeant ricains leur Iles on avoit ellèrent, et us dangers le ceux qui J0soient ses s établissesais dans le es papistes, tante et de de donner t d’organi- | levain fermpe invonent à prout droit de
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üelque résistance à ses vues, s’étoit conduit d’une manière
us qu'arbitraire. Sous son administration, non seulement Ja rovince en général, mais plusieurs de ses citoyens en particulier, avoient épronvé des traitemens dont rien ne sauroient
atténuer l'injustice. Et c’étoit au moment où nous étions me-
Hacés d’une rupture entre l'Angleterre et les Etats-Unis qu’on
le poussoit à ces démarches odieuses. Lors de la déclaration de guerre, il se trouvoit heureusement remplacé par un homme doué de prudenc , qui sut s’honorer par des actes de justice, et inspi“er la confiance. Vous savez quel a été le résultat de cette dernière épreuve, également honorable pour le corps de ce peuple, aussi bien que pour les individus sans exception. *
Cependant à l’époque de la déclaration de guerre, il y avoit à peine des troupes dans les deux Provinces. Le gouverneur n'avait point de fonds à sa disposition. Un coup de main pouvoit faire tomber le pays au pouvoir de ceux qui l’auroient attaqué dans un moment où il étoit sans défense. Et ce sont
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100% Les ennemis des Canadiens n’ont pas manqué, au commencement de ces
“@vônemenr, de parler du rassemblement de ja Chine à propos de l’exécution de ,1a loi de milice passée dans la session du Larlement, comme du fruit d’un sys-
tême organisé pour faire soulever toute la Province, calomnie trop méprisa-
ble pour arrêter l’attention. Ce qu'on doit remarquer ici à ce sujet, c’est qu'en “flisant republier dans les Gazettes de la Grande. Bretagne le récit de cet évène- ‘ment, on eut le soin d'ajouter que des membres influants de nos Communes r@toient à la tête de ce soulèvement et on les nommoit! I] est nécessaire maintenant d’obser ver que pendant la session du P. intrigues, sux criailleries pour inspirer au peuple les sentimens de la haine con.
sent, on avoit eu recours aux
treux. On avoit été jusqu’à imputer à l’un d’eux la passassion d’une clause “de l’acte qui excitait les plaintes contre laquelle il s’étoit élevé avec toute la force et l'activité dont il étoit capable. Ces représentans étoient l’unique objet : des vociférations de ceux qui se trouvoient dans ce rassemblement, Et c'étoit S6es représentans qu’on imputoit un soulèvement dont ils étoient exposés à être * Jes victimes ! Il fant encore dire qu’il y avoit eu une impiudence de commise.— On mettoit cette loi à exécution avant de l'avoir fait connoître par l’impressiôn, circonstance qui donnoit un prétexte de plus aux murmures d'hommes qui Semandoient qu’on leur montrât la loi en vertu de laquelle on vouloit leur faire
porter le fardeau da la milice, &c.
ces Canadiens si souvent l’objet de la calomnie d'hommes qui parviennent au milieu d’eux à jouir d’une considération à laquelle il ne leur seroit point donné d’atteindre dans leur pays, qui ont pu trouver des ressources, et fournir à ce gouverneur les moyens d'assurer le salut de la Province dont ces zélateurs politiques désespéroient, dont ils avoient tant de fois avant cette époque, dont ils ont si souvent depuis pendant le cours de la gucrre, annoncé la perte comme infuillible.
Qu'on interroge les officiers de l’armée? Je m'en rapporterois à eux relativement aux dispositions des habitans de la Province, et en particulier des miliciens qui ont servi avec eux ou sous leur commandement, pendant le temps de la durée de la guerre.
Une chose surtout digne de remarque, c’est que quelque lourd que füt pour eux le service de la milice, on pourroit à peine citer des exemples de désertion de Canadiens pour passer à l'ennemi, ou qui aient servi dans les rangs de l’armée Américaine, et enfin qui aient pris parti contre leur pays. * Quant à leur conduite sous tout autre rapport pendant la guerre, elle a été sans reproche. Et ce fait qui finit par en imposer à la calomnie elle-même, milite plus fortement en ma faveur que tous les raisonnemens habiles.
Ce n’est pas que je préten:le faire un mérite particulier aux habitans du Bas-Canada, de cette conduite. Après tout c’étoit un devoir, ils s’en accquittoient. Mais il est juste d'observer que le sentiment de cette espèce d'obligation est toujours plus fort chez un peuple qui en la remplissant rend pour ainsi dire au gouvernement ce qu’il en reçoit. Il s’affoiblit dans la même proportion que celui-ci manque de son côté à ce qu’il doit au peuple, en cessant de veiller et de travailler au soutien de ses
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* Sil.y a eu quelques désertions dans les régrustens de milice parmi les Cana: diens, elles n’ont été que momentannées, Quelques uns d'eux s’échappoient pour aller passer quelques jour ches leurs parens, et revenoient le plus souvent d'euxmêmes rejoindre leurs corps.
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lissemens, en le tourmentant par la crainte de se les voir chés, et encore plus en le dépouillant. D'un autre côté, les anadiens suivoient aussi l'impulsion de leur propre intérèt en soutenant par là mème l'édifice de leurs propres droits. Puis, que pouvoient-ils gagner en travaillant à renverser un gouvernement qui s’est montré leur protecteur, pour s’afilier à un peuple dont les idées, les mœurs, le langage, les loix ne sont point à l'unisson avec ceux de leur pays? Cette pensée n’entre pas plus dans la tête d’un peuple que dans le cœur d’un individu, si des craintes fondées, si la persécution, des spoliations n€ l’ont point en quelque sorte dénaturé, et n’ont pas engendré cé malaise qui produit le désir d’un changement qui présente l’espoir de quelqu’adoucissement aux maux qu’on souffre, oùau moins l’apathie qui y rend indifférent.
Je suis entré au sujet des évennemens de la guerre dans des détails et j'ai cité un assez grand nombre de faits qui heureusement pour moi n’étoient pas douteux, ou qui étoient bien connus d’un de ceux qui prenoient part à cet entretien: et je dois ajouter qu'il ne m'a pas été diflicile de faire voir qu'aucun auté ordre de choses dans la Province, n’eut pu produire des résultats plus avantageux aux intérêts de l'Angleterre. MIA u reste, ajoutois-je, au moins l'expérience est en notre fa- ‘VYêur. Quand ce ne seroit pas de la part de l'Angleterre un acte de justice de nous laisser en possession de ce qui nous appaîtient à si justes titres, ce seroit un acte de prudence et de sagesse. En supposant même qu’elle pût se croire quelqu’intérêt à adopter un système contraire, comment pourroit-elle se téSoudre à payer de ce prix la fidélité constante d’un peuple d'elle ne pourroit traiter avec plus de rigueur s’il avoit mérité ‘sdhaiïne ct sa vengeance.
‘Mon adversaire avoit surtout insisté sur les grands moyens d'union et d’attachement qui résultoient pour les peuples de la
similitude de la religion, de l'identité des loix, de la langue,
Mes mœurs, des usages qui, concentrant leurs affections sur les
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'Mèmes objets, les disposoient à se chérir mutuellement, à ten-
dre à un but commun par une route qui l’est de mème. Sui. vant lui, c’étoit en effet les seuls liens d’une union constante, les vraies bases d’une alliance et d’une union durable et solide cntr'eux. Je lui ai fait remarquer qu‘au contraire ces liens, qui étoient très foibles entre particuliers, l‘étoient encore bien davantage de peuple à peulpe. Que les peuples dans leur conduite politique étoient st devoient être en effet plutôt guidés par les circonstances et en particulier par le sentiment de l‘intérèt général, enfin plutôt par le désir d'assurer leur existence que par les mouvemens du cœur purs et sans mélange.
Les faits se présentoient en foule. Outre ceux dont il a été question relatifs à des peuples réunis sous le gouvernement d‘un mème empire et quelques autres encore, je lui ai cité des exemples tout au moins aussi frappans tirés de l‘histoire des nations indépendantes, et par cette raison plus à même de 5‘abandonner à impulsion de ces sentimens d'affection, qui suivant lui, devoient être si impérieux. Je lui ai rappellé l‘alliance de la France cetholique ayant des ministres de sa religion à la tête de ses affaires, avec les protestans d‘Allemagne et de Hollande, de cette dernière avec l‘Autriche en possession des Pays-Bas catholiques. J'ai cité de mème les négociations de Cromwell avec le Pape, et ses ménagemens pour lui, et bien d‘autres négociations de la même nature du gouvernement anglois, à des époques postérieures, l'alliance canstante de l‘Angleterre avec le Portugal catholique devenu en quelque sorte une de ses provinces, et dans ces derniers temps, avec l‘Æspagne qui pendant plus d‘un siècle avoit été presque sans interruption dans les intérêts de la France. L‘Angleterre, leur dis- Je, n‘a-t-elle pas contribué aussi efficacement qu‘aucune des autres puissances de ‘Europe à remettre la triple couronne sur la tête du chef spirituel du monde catholique, quoique son roi n‘eüt pas la liberté d‘avoir un ambassadeur à la cour de Rome, et qu'un ministre ne püt sans crime traiter directement avec
elle? On sait cependant ce qui en est dans le fait, depuis longtemps.
nème. Sui.
n constante, ble et solide re ces liens, encore bien ins leur conlutôt guidés sent de l‘nur existence nge.
dont il a été uvernement ii ai cité des histoire des ême de s‘on, qui Suippellé l‘alli.
> sa religion \agne et de ssession des ociations de lui,. et bien nement ante de l‘Anelque sorte ec l‘Espasans intere, leur disne des auronne sur que son roi de Rome, ment avec
puis long-
lprès voir passé en revue un grand nombre d’autres traits ogues tirés de l‘histoire ancienne et moderne, et surtout la conduite de ‘Angleterre elle-même envers les autres nations ou envers les habitans de ses nouvelles acquisitions, il a bien fallu convenir que mes idées sur cet article n‘étoient pas le fruit d‘une théoric illusoire, et que I‘histoire du genre humain déposoit en ma faveur.
Le parlement d‘Angleterre, ajoutai-je, a depuis la conquête cru devoir ajouter la sanction de sa propre autorité aux titres que nous avions déjà à la conservation de nos établissemens que des aventuriers, des fanatiques s‘efforcoient d‘ébranler, travailloient à détruire. Le dernier acte qui a finalement réglé la forme de notre gouvernement et qui nous assure la jouissance dehos droits comme sujets Britanniques, avoit pour but avoué de consolider en même temps ceux qui nous appartenoient, et nous étoi nt propres en qualité de Canadiens, en nous en confiant le dépôt. C’étoit pour nous mettre à mème de conserver nos loix, nos usages, notre langue, notre culte, que l’on a donné au Bas- Cânnde, en particulier un gouvernement séparé.* Cette démar- & après tout, étoit une conséquence naturelle d’un principe
reconnu, et qui ne pouvoit être contesté. En supposant que cette conduite ne fût pas appuyée sur les maximes les plus claires du droit public, comme sur les règles de la justice, sur des exemples nationaux ou étrangers, on ne sauroit disconvenir que l'expérience en a complètement justifié la sagesse et I prudence ralativement à notre pays. Que pourroit le raisonnement contre ce fait? Quel motif pourroit porter ceux qui ont fait l‘épreuve de ses heureux succès à l’abandonner pour se je er dans les routes d’une théorie au moins incertaine? Sup-
si si l’on veut, que de grandes probabilités militassent en
# Voyez les débats dans le Parlement d'Angleterre à propos du projet de notre acte constitutionel, et comparez les discours des hommes d’état qui ont
le plus d’honneur à la nation, avec ces misérables productions qui font quel- 4 ois gémir la presse en Canada sur cés matières,
se
faveur de ce système : supposons qu’elles fussent d’elles-mêmes assez fortes dans les cas ordinaires pour porter à l’adopter, vo. yons au moins ici si l'on pourroit se promettre d’arriver au but que l’on devroit se proposer en le mettant en pratique.
Toutes les opinions, les sentimens auxquels on donne le nom de préjugés ne sont pas toujours des erreurs. L'amour de la patrie, l'affection pour tous les objets qui s’y rattachent ne doivent pas être placés au rang des illusions. La nature l’a mis dans nos cœurs, et il se lie à tous les sentimons nobles et élevés, grands et généreux. Il est la source comme l'aliment de toutes les vertus publiques, en mème temps qu’il soutient les vertus privées. Il n’est pas nécessaire d'indiquer les difiérens chainons par lesquels ces idées se rattachent les unes aux autres. L'énergie d‘un peuple est le résultat de ce sentiment inséparablement lié à celui de son attachement à ses loix, à ses coutumes, à ses mœurs, aussi bien qu’à tous ses autres droits.—
, Cfest la jouissance de ces avantages, et leur sécurité, qui l’attachent à l'ordre de choses qui les protège, pour tout dire en un mot, qui concentre ses affections sur le gouvernement qui leur sert d'appui. Ce sont la les liens de l'édifice d‘une société, Otez à un peuple ces élémens d'union, et il perd ses forces, il languit, il meurt. + Si pendant que ce principe de dissolution le mine, il éprouve une attaque du dehors, il succombe, Quel intérêt pourroit l’animer à la repousser? Nfest-il pas devenu étranger au sol qui l‘a vu naître? Il n’a rien à conserver, il n‘a rien à défendre, il attend même presque toujours d’un changement de gouvernement ou de domination, sinon la guérison de ses maux, au moins quelque adoucissement à ses souffrances.
Mais enfin, lui dis-je, quel est donc le plus grand mal que la conservation de nos établissemens puisse entrainer? Seéroit-ce qu’on parlât français dans le Bas-Canada, et qu’un catholique püt aussi bien qu’un anglican, un partisan de la doctrine de Luher ou de Calvin, vivre chacun en assurance et en paix sous sa vigne et à l'ombre de son figuier? Y auroit-il là de quoi alarmer l'Angleterre, lui inspirer des craintes pour son existence
es-Mmêmes
Jpter, voer au but e, ne le nom our de la nt ne doire l’a mis et élevés, de toutes les vertus ens chaî- IX autres, it insépai ses coudroits.— ; qui ’atut dire en ment qui e société, forces, il olution le e. Quel s devenu er, il n‘a change-
érison de
rances.
al que la Seroit-ce
itholique trine de aix sous oi alarxistence
fu pour sa prospérité? Si la continuation de cet état de choses
r. l'intéresser, c’est qu’il peut attester qu’elle fût éclairée, et
hi mqu'elle est juste.
Je connois mon pays et ses habitans un peu mieux que des voyageurs qui le traversent journellement ct s’y arrêtent à peine,
Ou que ceux qui, venus s'établir parmi nous, occupés uniquement des soins de leur fortune, ne les voyent que du fond de leurs comptoirs. Je puis dire que la haine du nom Anglois si
. souvent imputée aux Canadiens pour colorer les injustices que Von a de même projettées contr‘eux, n‘est qu'un prétexte dénué de tout fondement réel. Les Canadiens savent bien qu'ils ne
doivent pas regarder du même œil le gouvernement Anglois et quelques uns de ces aventuriers pour qui nous ne sommes que des objets d‘horreur, qui ne voyent en nous que des papistes à persécuter et à dépouiller, qui ont enfin pour nous les sentimens du soldat déguenillé et mutilé de Goldsmith, qui, après avoir été élevé aux dépens de sa paroisse, engagé pour sept ans à travailler dans les colonies, pressé à bord d‘un vais-
‘ eau, été soldat, prisonnier, échangé et déchargé, demandant
aumône, ait, dit-il, es François, parce qu‘ils sont esclaves, et portent des souliers de bois.*
mr Si toute l‘histoire du Bas-Canada, n‘en fournissoit pas la preuve, je pourrois démontrer, d‘après des observations et des
faits recueillis et puisés sur les lieux, que les Canadiens sont aus-
si attachés à l‘Angleterre qu'aucun des autres peuples de l‘empire. Les hommes éclairés parmi eux sentent peut-être plus . vivement encore les avantages dont ils sont à portée de jouir et \désir de les conserver, parcequ'ils sont plus à même surtout
é comparer la constitution établie dans la Province depuis tente ans, avec la forme de gouvernement sous laquelle leurs pères ont vécu. Ils ont parfois appris en résistant aux vues particulières de leur administration locale, et en déjouant quel-
uts I hate the French because they are slaves and wear weoden shoes. Le mot
= bo ue peut se rendre en Anglois que par celui de souliers de bois.
ques unes des intrigues de ceux qui ont travaillé à les perdre, le prix de cette constitution au moyen de laquelle ils se trouvent les conservateurs nés de droits que des hommes étrangers à leur pays ont si souvent tenté de leur ravir. Mais on ne peut pas sans doute leur faire un crime de leur résistance, encore moins de repousser des injustices qui en les accablant auroient en même temps l‘effet d‘anéantir d‘un coup tous les motifs qui peuvent les attacher à leur métropole. On ne prétend pas sans doute qu'ils dussent aller audevant des vues de leurs persécuteurs ou les combler de bénédictions.
Quel crainte au reste pourroit inspirer au gouvernement Anglois I‘attachement qu'on attribue aux Canadiens pour la patrie de leurs ancêtres? Ils sont séparés par douze cens lieues de mer de cette nation qui ne peut jamais devenir une puissance maritime, pas même à proprement parler une nation commerçante. Ils le sont encore davantage par la cessation de toute communication entre les deux pays depuis plus d‘un demi siécle. Les habitans actuels du Bas-Canada ont remplacé deux
générations successivement descendues dans le tombeau depuis
la conquête. Les loix que nous tenions de la France, la France les a effacées de son code, et lui en a substitué un autre entièrement nouveau. La révolution qui s‘est opérée tant dans les mœurs de ses habitans que dans-son gouvernement, celle que ce laps de temps a dû amener, en a fait un autre peuple. D‘un autre côté, les Canadiens avoient dès avant cette séparation, un caractère et des mœurs qui les fesoient distinguer des François. On conçoit que cette différence doit être aujourd‘hui comme
elle est en effet beaucoup plus sensible. Ajoutons que la gi. ?
nération actuelle s‘est formée sous un autre gouvernement à de nouvelles habitudes, a adopté des opinions, s‘est pénétrée de sentimens qui s‘éloignent de plus de ceux de sesancêtres. Cet effet:est le résultat d'institutions publiques qui n‘ont pas seulement agi sur des individus ou sur quelques portions particulières de la Province, mais bien sur la masse entière du peuple qui J‘habite, ‘Toûs ces changemens graduels joints à la posi-
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géographique, au climat, à une foule d'autres causes de ee re, ont dû rendre encore plus frappant le contraste qui se Hrouvoit déjà si marqué entre les Canadiens et les François dès le temps où ils étoient réunis sous le mème empire. En envisageant encore l‘attachement attribué aux Canadiaisé pour la nation dont ils tirent leur origine sous un autre point de vue, et en supposant que les circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés pussent faire redouter le danger durapprochement entr‘eux, scroit-ce un moyen bien efficace de le prévenir ou de le détourner, que de les dépouiller de la partie la plus précieuse, de la portion la plus chère de l‘héritage qu‘ils tiennent de leurs pères? Pourroit-on fonder sur des mesures de cette espèce l‘espoir de déraciner de leur cœur tous lesgentimens d‘aflection qu‘ils pourroient avoir conservés pour leur. ancienne mère-patrie, de leur en inspirer une bien plus vive pour leur métropole?
«est sans doute imposible de se le persuader. Ce seroit exactement le contraire. Mais ce n‘est pas la plus funeste des quences qu'elles produiroient. Les raisonnemens par les- D. a parfois essayé de justifier les projets de changemens dent il a été si souvent question pour le pays, depuis la con- + M ne sont appuyés que sur des illusions. Elles acquerebientôt l’importance de la réalité. On oublie l'injure on a été l’objet. On pardonne une injustice à son auteur. Celui qui s’en rend eoupable n’en perd ni le souvenir ni le sentiment. Pourroit-il supposer pur et calme le cœur qu’il a blessé, quand le sien souillé de fiel respire la haine? Il s’acharhessur sa victime. En l’accablant, il suit l'impulsion de ses prapres fureurs et travaille à la réduire à l'impuissance de se venger des torts qu’elle a à lui reprocher,
.…ibes artisans de ces spoliations toujours cruelles pour un peu-
pkey verroient eux-mêmes une source d’amertume et de mé>
tentement. Ils se persuaderoient, ils persuaderoient aux es qu’elles doivent réveiller chez nous l'attachement pour -pères, allumer l’indignation contre les enfans de l’Angle-
terre, auteurs de nos maux. Quel motif puissant pour engager le gouvernement à leur prèter le secours de son autorité! Quelle arme dans les mains de la passion toujours aveugle dans ses transports, toujours habile dans ses trames! Ils auroient alors des prétextes plausibles de nous croire, de nous attribuer des mouvemens de vengeance, le désir de secouer le joug qu'ils nous auroient imposé. Plus il seroit dur et cruel, plus il y auroit de raison de l’appesantir de plus en plus pour nous rendre incapables de le briser. Le gouvernement de la mère-patrie, dupe des intriguans subalternes qui verroient jour à profiter de ses fautes, ne seroit bientôt plus que le ministère de cette ambition cupide, que le succès enflamme et rend toujours plus brûlante. ‘Telle est la marche du pouvoir quand les loix et l'équité ne la règlent pas. La tyrannie devient inévitable, C’est une génération d’erreurs qui enfantent les crimes et les couronnent.
Mais supposons la résolution enfin prise d’opérer chez les Canadiens cette métamorphose qui doit, dit-on, nous régénérer. J'en admettrai pour un moment la possibilité, je veux cu’on en puisse attendre des résultats heureux. Au moins faut-il convenir qu’on ne peut espérer de faire changer à un peuple de loix et de coutumes, d’usages, de langue ou de religion comme de vêtemens, ou à un particulier la forme de ses habits. 11 est question de près d’un demi million d'hommes déjà anciennement établis dans le pays, d’une population compacte, dont les mœurs sont fortes, et à qui on a déjà reproché, non sans quelque raison. un attachement tenace, même opiniâtre à ses habitudes. Ce n'est pas tout, il faut l’amalgamer à la fois avec les émigrés des trois-royaumes, qui tous les jours traversent l’océan pour venir s'établir dans son sein, tous autant d’artisans destinés à nous façonner sur leur propre modèle, et avec les enfans d’une nation voisine qui trouvera aussi de l’avantage comme de la facilité à nous donner des leçons et des exemples assortis à ses goûts, à ses institutions et à ses intérêts.
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ces matières hétérogènes? Quel sera l’état de la masse pent l’opération? Pourra-t-on donner à toutes les parties qui composent une impulsion uniforme? La dirigera-t-on bien faéilement vers le but commun que le gouvernement devra se Proposer? N'y aura-t-il pas entre les anciens et les nouveaux venus quelqu'opposition de vues, de sentimens, d'intérêts? Que de problèmes à résoudre!
* La conséquence la moins malheureuse qui suivroit inévitablement l’exécution de ce projet, ce seroit d’abord, sinon la discorde pour prélude à une confusion universelle, assurément ‘pendant longtemps l’engourdissement de l’apathie, une indiffé-
! rence profonde pour ceux qui auroient fait éclore ce cahos.—
On ne peut en effet se promettre une affection bien vive pour un gouvernement de la part d’un peuple assujetti à un pareil Système. Quel motif pourroit l'y attacher? En appelleroit-on àlempire de la force? Mais elle fait des esclaves qui jouent un
‘tôle purement passif. C’est toujours au moment où cette arme
dévient la plus nécessaire qu’elle se brise ou dans les mains de @elui dont elle est l’unique ressource, ou perd son ressort.— Célui qui n’obéit pas à l'impulsion de son propre cœur, en suifvênt celle de son gouvernement, lui est nécessairement étran- Aou il n’est pas son ennemi. Je veux bien encore que toutes les difficultés soient susceptibles de s’applanir, que l’on puisse réunir ces matiéraux disparates, réorganiser cet édifice délabré, à quelle époque peut-on raisonnablement se promettre de voir ce phœnix renaître et sortir plein de vie de ses cendres?
‘Les ressources d’un peuple ne sauroient se développer pen- + cet état de langueur. Mais il faut observer qué ses voisins men continueroient pas moins eux-mêmes à faire des progrès rapides, et à marcher comme ils l’ont déja fait, à pas de géants
dans la route de la prospérité. Il seroit bien inutile de s’ap-
K santir sur ces considérations. Contentons-nous d’observer e des évènemens analogues à ceux qui ont fait éclers la
Mrnière guerre entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis,
peuvent se renouveler. Des sujets de collision peuvent noi. tre d’un moment à l’autre entre deux peuples qui courent la méme carrière avec une ardeur égale. Quel fruit l'Angleterre pourroit-elle recueillir de ce changement de conduite par rapport au Bas-Canada? Que seroit-ce si ces boulversemens avoient, la chose est inévitable, graduellement enfanté des injustices des haines, des persécutions, tous les désordres qui marchen. à leur suite? Il suffit de jetter les yeux sur les peuples qu: se sont trouvés dans les mêmes circonstances, de consulter l'expérience pour sentir d’un coup que l'Angleterre auroit travaillé contre son intérêt, aussi bien que contre celui de la colonie; qu’en foulant #ux pieds les principes de la justice, elle auroit également violé les principes de la saine politique.
Différens sujets sur lesquels notre attention s’est successivement fixée, m'ont fourni l’occasion de faire observer que jamais métropole ne s’étoit vue dans une position aussi favorable que l'Angicterre relativement au Bas-Canada. Il suffisoit de laisser la colonie à elle-même pour que le gouvernement Anglois n’eût rien à craindre des dispositions des habitans de la Province.— L'état dans lequel ils se trouvoient étoit le gage Le plus sûr de leur fidélité comme de leur tranquillité. Il en résultoit pour leur métropole sous d’autres rapports des avantages d’autant plus marqués que la colonie était par là même fortifiée blus qu'une autre contre les attaques de ses voisins iminédiats, tandis qu’en la supposant dans celui où il l’auroit désiré, elle seroit en effet le point le plus vulnérable de ses possessions dans cette partie de l'Amérique.
D'un autre côté, l'Angleterre pouvoit avec plus de facilité qu'aucun autre peuple faire avec le pays un commerce réciproquement avantageux. C’étoit d’elle et d’elle presque seule que nous pouvions tirer les objets manufacturés nécessaires d:ns votre climat, assortis aux besoins et aux habitudes qui en étoient le résultat. Ceux que nous pourrions nous procurer d’ailleurs n'étoient, à quelques exceptions près ec généralc.nent, que des objets de luxe. En considérant la position du pays, sa situar
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n géographique, la nature de ses productions, ce ne pouvoit tre la partie vraiment importante de son commerce. Quand “es circonstances amèneroient la séparation des deux pays, en Shpposant même que l'Angleterre erüt devoir se déterminer à
Nous laisser jouir de l'indépendance politique, elle seroit encore
davs ce cas à même de s'assurer la conservaiion de ce genre de supériorité dans le Bas-Canada. En outre, dans cette dernière alternative, elle se trouveroit notre alliée née, notre proteétrice raturelle.e Nous ne pourrions que gagner mutuelle- Mént à des rapprochemens. Le sentiment de notre intérêt féndroit nos liaisons toujours plus étroites. NII étoit aussi aisé de tirer de toutes les données que je leur di mises sous les yeux, la conclusion que, mème dans l’état ac- . tüel, l'étendue du commecre de l'Angleterre, l'accumulation de sés capitaux, la supériorité de son industrie, la perfection de #5 manufactures, la grandeur de sa puissance maritime, tout enfin la mettoit dans une position à ne rien craindre de la rivalité des autres nations, Elle pouvoit, elle devoit pour son propre intérêt ouvrir une carrière plus ample à notre propre industrie et étendre la sphère de notre activité. Bien loin qu’il en pût résulter des inconvéniens pour elle, les avantages qu’elle Pourroit tirer par là de sa colonie ne pouvoient qu’aller en aug- Bntant, au lieu de diminuer. Elle auroit par là aussi celui
desc l’attacher d’une manière plus étroite, non seulement en fisent par là disparoître foutes les causes qui pouroient faire tiaître le mécontente=.ent ou le désir d’un changement, mais ehtore en rendant notre sort mème de beaucoup préférable à
éélu: que nous pourrions jamais espérer d’éprouver, s° notre pays fisoit partie des Etats-Unis.
pit part d'idées et de faits qui m’ont paru les frapper par leur vérité, et avoir à leurs yeux le mérite de la nouveauté. Ma letre est déja trop longue pour m’y arrêter. Je dois ajouter seument que j’ai.pu par ce moyen faire sentir plus fortement en-
Je suis entré à ce sujet dans quelques explications et leur aï
are que des erreurs et des injustices de la part du gouverne-
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went Anglois pourroient seules affoiblir les liens qui nous at. tachent à son empire et qu’il ne tenoit qu’a lui de resserrer. Pendant le cours de notre entretien, je n’ai pas manqué de saisir l’occasion qui s’est présentée de citer un trait bien remarquable de l’histoire d'Angleterre, je veux parler du refus que firent autrefois les Barons de recevoir un nouveau code pour le mettre à la place de l’ancien droit et de la jurisprudence du pays. L'énergie aussi bien que la profonde sagesse de leur réponse, quand on leur en fit la proposition qui n’était pas dénuée de prétextes plausibles en apparence, est devenu l’objet de nos justrs éloges. Le Nolumus Leges Anglie mutare * a servi de texte à des observations réciproques sur les maux qu’entrairoient des changemens de cette nature que l’on fait subir à un peuple, et qui ont donné lieu à un célébre philosophe de lAntiquité de dire que les citoyens devoient rombattre pour leurs loix comme pour leurs murailles. J'avois parlé de la masse et de l’étendue des connoissances légales qu’un peupi: f: toujours par acquérir par l'habitude, que la nécessité force ‘es individus de contracter, de donner une attention constante aux principes que les loix ont établis de longue-main, et que la jurisprudence consacre journellement pour régler leurs actions comme la conduite de leurs affuires. C’est en effet pour eux une éducation pratique qui ne peut être que le fruit d‘une longue suite d‘années, qui se transmet et se parfectionne de génération en génération, et qui dans le fait est le plus sûr gage de la cranquillité come du bonheur public. Jai fait contraster cet heureux état avec l'ignorance, l‘incertitude, pour tout dire en un r le cahos qui est toujours le résultat de l'introduction d‘un c: : nouveau, qui ne peut jamais se trouver à l‘unisson avec les établissemens préexistans. Ces considérations ont naturellement conduit à parler des difficultés même que l‘on éprouve souvent à faire cadrer les plus légères altérations dans quelques parties des loix d‘un pays avec tout le reste du système, et de l‘embarras et de la confusion qui en sont le résultat quand on ne se
# Nous ne volons pas changer les loix de l'Angleterre,
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Mon adversaire ne nioit pas la vérité de ces observations.— Mais lui aussi prétendoit que les maximes que j‘invoquois nfétoient pas applicables à toutes les circonstances, et que les conséquences que j‘en tirois dépassoient le but. Suivant lui, etefétoit avec l‘accent d‘une philanthropie sincère qu‘il me paroissoit soutenir son sentiment, la différence de loix, d‘usages, de langage sur surtout, entre une métropole et une colonie formée dans l‘origine par un autre peuple, devoit aussi souvent produire entre l‘une et l‘autre une opposition de vues, d‘opinions et d‘idées qui nuisoit nécessairement aux intérêts des colons. Il nepouvoit qu'en résulter pour eux des maux journaliers, parcequ'avec des intentions droites et pures, ceux auxquels l'autorité getrouvoit déléguée par le gouvernement de la mère-patrie, manquoient absolument de termes de comparaison pour bien juger de l‘état des choses, ils pouvoient à tout moment tomber dans des fautes involontaires qui cependant avoient tout l‘effet d'une injustice raisonnée,
. En remontant à la source du mal, ajoutoit-il, on trouveroit facilement le moyen d‘y porter remède. La métropole et la co- Jdonie ne doivent-elles pas avoir un intérêt égal à applanir ces tobetacles à l‘union qui doit règner entr‘elles, à faire évanonir toutes les causes qui peuvent contribuer à troubler l‘harmonie Qui la nou:rit? Les colons, loin de refuser de se prêter à cette amalgame, avoient les : 15 puissans motifs de courir audevant detoutes les mesures qui pouvoient contribuer à l‘opérer.—
Cfétoit le seul moyen d'éclairer le gouvernement de la mère-
atrie sur la conduite qu'elle devoit tenir envers ses nouveaux
< nt des injustices, de la mettre à même de répandre ses bien faits d'une manière égale, et dans les mêmes proportions que
.sur toutes les autres parties de son empire. tai 1 étoit aisé de répondre d‘une manière victorieuse. J'ai fait
que toutes ces idées brillantes dans la théorie se réduisnient ü
s, enfin en empèchant que ses faveurs mêmes ne devins- .
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à des illusions dans la pratique. Revenant sur les différens faits historiques que j‘avois mvoqués dans le cours de cette discussion, j‘ai pu démontrer d'après une expérience constante, Que les changemens dont il étoit question, qui émanoient de l‘autorité qu‘une nation exerçoit sur une autre, ne pouvoient produire que ä+s maux réciproques. Que quant au peuple qui les subissoit, ils avoient l‘effet de le dénaturer, et par cela même de l‘avilir, dégradation qui servoit ensuite à ceux dont elle étoit
l‘ouvrage de prétexte pour l‘écraser. tio Je lui ai fait remarquer en outre que la conservation des rés établissemens d‘un peuple qui passoit sous la domination ce d‘une autre nation, ainsi que la conservation des propriétés des ob) individus dont celle des premiers était le gage, bien loin de met- Fr le tre des obstacles à l‘union qui devoit règner entr‘eux, étoit ex- et actement ce qui devoit nourrir l‘harmonie. Cétoit le respect Ént du£: 11ement de cette nation pour les établissemens des d’e habitans e cette nouvelle partie de ses domaines qui seul pou- dd voit les mettre à l‘abri de la tyrannie de ceux entre les mains êns dsequels elle remettoit le dépôt de son autorité. Qu'il n‘y »- doi voit que les changemens qui s‘opéroient graduellement, comme k s d‘eux-mèmes et sans efforts, qui n‘enfantoient pas ces sujets de vOy collision, et trop souvent les convulsions qui faisoient le mal- ‘nav heur des peuples d‘un même empire, en minant ses forces et sidé en affoiblissant ses ressources. Que quand cette vérité ne se- enti roit pas de tous les temps et de tous les lieux, et qu‘on pût not même admettre la proposition contraire comme un principe le ] fondé, il seroit comme tous les autres sujet à quelques excep- vie. tions, et que ce qui s‘étoit passé dans le Bas-Canada suffisoit gou pour prouver combien il y avoit eu de sagesse à ne pas en faire | con. l'application à ce pays. Qu'il étoit impossible de rien opposer 0 tibl à un fait aussi contant; qu'il étoit d'ailleurs évident que dans: que
les circonstances particulières dans lesquelles nous nous trouvions, aucun des heureux effets qu‘on pourroit se promettre de l'exécution du plan dont il avoit été question, ne pourroit jamais compenser le danger, les maux qui en seroient l‘inévitable ré-
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Mressorts de l‘énergie chez les Canadiens qu'on pouvoit espérer
d‘eux un attachement solide pour leur métropole, des efforts généreux pour préserver d'atteinte les liens qui les unissoient La elle, qu‘enfin ce n‘étoit pas par un principe de dissolution et
de mort que l‘on pourroit espérer de conserver la vigueur d’un
uple ou de lui rendre la vie plus qu‘à un individu.
Pour ne pas revenir inutilement sur les différentes considérations liées à oette partie de notre intretien qui a été à peu près un résumé de tout ce qui avoit précédé, je te prie de te rappeller de æ qui se trouve déjà daus cette lettre relativement aux mêmes
4 Objets. Il :e sera aisé de te former une idée à peu près exacte de tout ce que j'ai pu dire pour ajouter au poids de ces raisons et mettre ces vérités dans un jour plus frappant. Aussi sans entrer dans ces détails, je te dirai qu’enfin j'ai eu la satisfaction d'entendre mon adversaire me dire avec la candeur, appanage ordinaire des lumières et de la droiture, qu’en formant les opinions qu'il avoit mises au jour rel:tivement au Bas-Canada, il n’avoit pas eu comme moi l’avantage de connoissances puisées à l source; que ses notions, il les avoit prises dans les écrits de voyageurs, et dans les conversations d’hommes qui pouvoient Mavoir pas vu }°s choses par eux-mêmes, ou n’avoient pas ré-
é assez longtemps parmi nous, pour mériter une confiance entière: qu'il se croyoit obligé d’avouer que dans le cours de nôtre conversation, il avoit acquis plus de véritables données sur le Bas-Canada qu'il ne l’avoit fait pendant tout le reste de sa vie. Qu'en effet quelques unes des règles de politique et de gouvernement qu'il avoit invoquées pour soutenir le système de
. fonduite qu’il supposoit adapté au pays, n’étoient pas suscep- ” fibles d'application à tous les lieux, à toutes les circonstances, que les faits étoient tout dans une discusion comme celle-ci, et
Que ceux que j'avois invoqués moi-même étoient de nature à
ettre en défaut tous les raisonnemens.
Il est bien temps de venir au dénouement final de cette scène
dont le tableau ne sera probablement guères moins intéressant