‹ ANALYSE DE L'ENTENDEMENT HUMAINChapitre 26 sur 29 · PAR M. MARC · texte numérisé non relu

PAR M. MARC

Preniw oiMacin du roi , impectow au» naitons à» têaHé , «le (I).

L'établissement que vient de fonder M. Yoi* sin manquait à la science et à Thumanité. il est spécialement consacré aui enfants qui, par leurs particularités natives ou acquises, 8*é« chappent et se soustraient, dans les collèges ou dans les autres pensionnats, à Tinfluence des méthodes uniformes, calculées sur les dispo-^ sitions communes, vulgaires, des individus qui y vont puiser une instruction générale.

D'après les faits recueillis par le docteur Voisin^ les enfants qui réclament un traitement

(1) Elirait du Moniteur do 2k octobre 1834.

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orthophréniquc peuvent se diviser en quatre classes principiilcs.

1^ Dans la première classe sont les enfants nés pauvres d'esprit, c'est-à-dire avec une organisation cérébrale au-dessous de forganisa* tion commune à Teii^pèce en général.

2" Dans la seconde classe sont les enfants nés comme tout lemonde^ doués de Torganisa tion commune à Tespè^e en général, mais auxquels une éducation première mal entendue a fait prendre une direction vicieuse.

3' La troisième classe comprend les enfants nés exlraordinairement. Établis par la nature sar de grandes proporttons^t ils forment les grands hommes ou les grands scélérats, sui* Tant le cours favorable ou défavorable des cir^ constances au milieu desquelles ils passent let premiers temps de leur vie.

4"^ Enfin^ la quatrième classe se compose da tout tés enfants qui, nés de fmrenh aliénés, sont éfi nttlïsant faltfleilieilt prédisposèt à l'aliéna* tion montald &y h toute antre affection nerteuée.

Les idées dont le dofetetf r Voinln entreprend

de faire l'application, reposent sur des faits incontestabtes d'observation. On ne peut plus

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longtemps se refuser à Tévidcnce; la nature est inégale dans ses répartitions, et lé système si fortement accrédité par les philosopher du siècle dernier, de l'égalité des facultés, ne peut plus aujourd'hui soutenir un seul instant Texamen.

Des formes générales, Il t?ât vrai, bht 6té arrêtées pour l'espèce ; mais il n*eSt pas moin^ exact d^afïirmer que chacun ^'appartient par une spécialité d*organi$aliùH. Il n'y d (jub dcâ individus dans le monde. L*hommc est (outâ la fois semblable et dissemblable h l'homme.

On l'a déjà dit et i-edit cent foiâ, dans Têchelle sans fln qu'il faut parcourir, depuis Teieellence du génie et l'élévation la plus sublime de l'âme, jusqu'à l'image la plus repoussante de l'idiotisme intellectuel ou mo<*dl, les combinaisons intermédiaires sont innombrables, et la nature nese répétejamaié. Chaque homme a donc son caractère propre ; il à soti cachet, son empreinte ; il a en lui la raison Ibhdamentaie et Spéciale de sa vie. Yoilà ce qui cohstîlue les conditions organiques de Vêlre, conditions organiques qui, jusqu'à présent, n'avaieh't pas été analysées, n'avaient point été prisée en considération, et sans l'appréciation des-

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quelles, chez les sujets hors de ligne^ il est impossible de faire le moindre calcul et d'obtenir le moindre résultat.

En nous exprimant ainsi , nous ne parlons pas dans un sens absolu. Nous savons tous, et l'expérience le démontre à chaque instant, et l'institution dont il s'agit mettra sans doute au grand jour les convictions du fondateur, que l'éducation et toutes les autres influences extérieures modifient prodigieusement l'organisation, et partant les manifestations instinctives, intellectuelles et morales de l'homme. Nous savons qu'elles entrent pour une énorme proportion dans les événements qui signalent les diverses époques de son existence. Ainsi donc, si par nous-mêmes, si par les mains de la nature, nous avons notre individualité, et par cela même notre valeur intrinsèque et déterminée, il faut reconnaître aussi que cette valeur reste telle quelle, augmente ou diminue, suivant les circonstances au milieu desquelles nous apparaissons dans la vie : c'est ce qui constitue les conditions de développement.

Néanmoins, la nature ayant l'initiative en tout, l'organisation étant la puissance première, on conçoit dès lors combien il est important de

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connailre la spécialité organique de renfan' ou du jeune homme dont on veut diriger Tédu cation. Celte connaissance préliminaire est surtout indispensable à relui qui veut instruire, ennoblir, modiRer et perfectionner les enfants qui font exception à la forme générale etcommune de l'espèce, qui sont par la nature au-dessous ou au-dessus du terme moyen de développement, et qui portent si ostensiblement Tempreinle de leurs mutilations ou de leurs proportions démesurées.

Ces mêmes vues doivent présider aux soins que réclament les sujets qui ont été viciés dans leur première enfance par l'ensemble malheureux des circonstances extérieures.

Les facultés prédominantes de l'enfance, ses bases organiques, ses habitudes exclusives, donnent le premier point de départ. Les conditions de développement doivent être constamment subordonnées à cette appréciation rigoureuse. Si cette destination organique est méconnue, si les rapports du sujet avec le monde extérieur ne sont pas calculés, ordonnés, sur les particularités natives ou acquises de son cerveau, de son être intellectuel et moral, Téducalion qu'on lui donne forme

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avec ses dispositions un contresens perpétuel. Vous n*avez plus de point d'appui^ vous manquez de boussole, le gouvernail vous échappe, et vous perdez, dans une lutte inutile et funeste contre la nature, le temps qui suffisait à la perfectionner.

J'ai tracé à dessein avec quelque étendue Tensemble des principes qui président à Texécution du projet de M. Voisin. Si cesprincipes sont généralement justes, ne doit-on pas déplorer les pertes que la société a faites jusqu'à présent par le défaut de leur application? Que de grandes forces perdues I que de caractères bienveillants et trop sensibles tombés dans le découragement , TindifTérence et régoïsme I que de têtes nobles et généreuses et pleines de capacité ont tourné contre ellesmêmes et contre la société leur puissance! que d'intelligences magniGques qui n'ont point été senties, qui n'ont point été convenablement placées, qui n'ont pas été devinées, et qui, ignorées d'elles-mêmes et de leurs contemporains, ont emporté dans la terre les facultés supérieures qu'elles avaient reçues de la naturel En laissant de côté ces merveilles et ces prodiges de la création, que de têtes incom-

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plètes parmi la foule humaine n'aurait-on pas pu modifier, agrandir et amener à une existence plus large, plus intellectuelle, plus libérale, plus affectueuse, plus utile et plus heureuse, si Ton s'était engagé dans ces voies !

Mais alors même qu'il faudrait soumettre ces principes à de nombreuses restrictions, le bienfait d'un établissement tel que celui de M. Voisin serait encore immense.

Au reste, je ne connais pas d'homme de ma profession qui possède à un degré plus éminent que M. Voisin l'ensemble des connaissances, ainsi que l'expérience nécessaire pour la réussite de l'enlreprise qu'il a conçue.

C'est une roule nouvelle quece philanthrope va frayer; et si, comme je l'espère, il arrive au but, il aura rendu un service inappréciable à la société.

orthophrénit:

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