ANALYSE PSYCHOLOGIQUE
Ail
Tamté»
détîr de plaire.
•irvontpeottMi,
L'enfant aime-l*il les flatteries el les compliments? Recherche- t-il la parure el à se faire remarquer même par de mauvais moyens?
Est-il au contraire tout à fait insensible à l'approbation de ses semblables?
L'enfant a-t-il de Tîncertitude, de Tinquiétude et de l'irrésolution dans la lêie? N at-il pas une teinte de mélancolie dans son caractère ? Ou bien agit il dans toutes cir* constances comme un étourdi ?
So«U, wktoM
dé îretpéot et de Hméfmtiom,
L'enfant se fait-il remarquer par sa douceur
ou sa méchanceté?
Le voit-on s'attendrir avec facilité, montre-
t-ilde la compassion? Est- il généreux, et
pansif, etc.?
L'enfant a-t-il en lui le sentiment de vénération ? Ëst-il religieux? E>t-il respectueux envers ses parents el ses professeurs?
Montre- t-il, en un mot, de la vénération pour toutes les supériorités réelles ou n'a* t-il (fe culte que pour lui?
▼oloDté I
persévérenoe variété.
L'enfant monlre-t-il dans sa conduite habituelle de l'opmifttreté.^e 1 obstination, de J'entétement? A-t-il l'esprit séditieux? At-il au contraire le caractère inconstant, changeant, variable et incertain ?
Beotîmcnl do juste* d0 rinjiute.
L'enfant désire- t-*il et cherche-t-il la vérité?
Se révolte-l-il contre l'injustice, s'exagère-
t-il ses torts ?
La conscience au contraire est-elle muette
dan9 sa constitution, néglige-t-il ses de«
voirs?
Sentînaenl de l'etpèraoee.
L'enfant a*t-il l'esprit aventureux, forme-t-il incessamment des projets chimériques?
Voit-il lout en beau ? Vit-il au contraire dans le découragement et sans foi dans l'avenir?
i-6 AV4LT5F PSTOKNLOCIQCE.
L »&•! 9-i\\ de b AspoMticMi à saisir en toolcschoK* le cAlé mimëkmr, HoÊmni.
DirncBlcQX el matsral? Ce lentineBt bi^âe-t-tl a« coBlraire par sa fiublesse et m iaactîvité ee aitoe eafiot eiclasîve- ■leat ei çrassiemMat abaorbé daas les pbeDoméiie» da coocrel cl do monde bmlene<?
L'enbat se bit-il rfisrqner par de b viva- S ciié. de renthoosiasiiie, de rinspiratîMi?
I Ou voit- il irtMleBent. Iristeneat ei saa^ ' prisflw toos les obieCs exléneors ?
L'eabat a-Uil une haaiear gaie? A-i-il de b tendance à saisir b côté pbisanl daa choses? Oiercbe-i-il à bire riret Bal-il railleor, ironique? A-i-il an conlraire le caractère sérieoi?
'L'enbnt a-i-il de rindination à isûter ce i qo'il Toîl bire aotonr de loi ? N'a»i-il an- < cooe tendance an conlraire à répéter le»
I actes dont il est le lémotn ei a s'barmonier V par ceb méoM avec ses senibbbles ?
T a-i-il slrabisine ?
Y a-i-il rotation spasmodique du globe oni-
bire dans l'orbite ?
L*enfant est-il afléclé de myopie, de prps-
bvtie?
i Le goût esi-il dépravé? Montre-t-il des pré-
OoAt. / férences ponr les savears fortes on douces.
( aigresoo sucrées, suaves ou nauséabondes ?
''Notion du froid ei du chaud, du sec el de \ rhumide, du doux ei du rude, eir.. eic.
Tovehffr. * On connaît toute l'importance de ce sens vét rificalenr pour b connaissance dea objets
piléripurs.
.^iNâlyse psychologique. lin
ILe sens de Touîe mérite particulièremeni de fixer rallentioQ. Cest le sens qui peut remuer le plus profoudément l'ftme humaine.
i L'activité dont ce sens jouit chez les sauvages Worai* I prouve tout le parti qu'on en pourrait tirer
dans l'éducation de mes pauvres sujets.
Je me propose d'entrer à ce sujet dans quelques détails avec notre instituteur* On ne saurait croire combien il y a à faire, sous ce rapport, dans notre éducittiun publique et particulière. Dans les jeux de la première enfance, on trouverait, en les organisant, bien des ressources précieuses. Les philanthropes du xviii* siècle avaient déjà fixé l'attention sur ce point ; mais il faut y revenir aujourd'hui.
KouvemcDlf volonU^ji^s.
Station.
Marche.
Course.
Saut.
Jet.
Se balance-t-il d'un côté à l'autre ou d'avant Mouvements \ en arrière? E&t-il aiïeclé de la danse de invoionuircs. j Salnt-Guy (cboréo), ou de quelque autre
tic ou mouvement nerveux ?
^ àParle-t-il?
{ rôle?
SomoMil.
^ Le sommeil est-il profond et réparateur, est- \ il léger, l'enfant se réveille-t-il en sursaut, i a-t-il souvent des rêves ou des cauche- V mars, etc.?
ill ANALYSE PSYCHOLOGIQUE.
Mêrm
L'enfant prend il aisément eonnaissanoe des AaU««ae \ <^^j**** #»xiéneors et de lear eiisience indi-
^CiNinali-il «ses letlrasîSail-îl épelerT Sail-il . lire? Sait-il écrire ?
; Lenfant présent e-l-ii qvalqoM difpiM4aoBS
WmtmHé àm de»m. \ ^^^ ^ ^^^^ ^ ^^ j
' Sa!sil-il bien la forme des objets?
'' LVnfanl présente-t-il sons ce rapport qœlqiie--"nes 4p$ di^pnsiiions saitbn*es qoe I on remanioe ctiec les ^éomètre^. les arcbiiecles et ies enlrepreoeors?
/ Lefifânt aperçoît-il les npporU des ooolears
entrée! es?
v£à.-il senMble à leur hannoois?
L'enfant ainie441 à se déplacer, à changer
de localité ?
Gdfie-i-il la mémoire des lieaz qa*il aTÎ-
siiè»?
(Quels sont sous ce rapfibrt les aptitodes de l'enfiint ?
1 LVnfant se fait-il remarquer par la force on I la faiblesse de ceiie Eacallé t
(Examiner quelle est son activité dies Teo-
KahH|«e. i Quelles sont à ce sujet ses dispositions ?
Iiangage et ( Étudier éjUement à ce sujet les perfections naetnoire drs mou. [ OU Itrs imperfeclfoos de U nature.
ANALYSE PSYCHOLOGIQDK Jfg
Cas facnlti^s se composent de la comparaison et de la causalité ; tout le succès de Téducalion que Ton poul donner à ces malheureux dépend parliculièremenl du développement que Ton fait acquérir à «M deqs attributs supérieurs de TAme humaine.
Mliiotagie*
Ta-t-il des transmissions héréditaires? L'enfant a-t-il eu dai convulsions dans les premiers temps de sa vie? A-t-il eu, à cette même époque de rexisience, des inflammations du cerveau et de ses membranes? N'aurait-il point fait de cliule? Ne serait-il pat pos)^ibie qu'il eût été conçu dans l'ivresse et dans l'orgie? Ne serait- il pas la victime de quelques dé;;cnérescences (1)? Les habitudes de la mai^turbation ne riiuraienl-cllrs point énervé, et ii*auraient-çlles pas porté unç atteinte profonde et radicalo aux pouvoirs les plus élevés de sa constitution ?
Il ne sera pas sans utilité, pour compléter ces observations, de donner la nmsure des principaux diamètres de la lôte de ces mal* heureux enfants, et d'indi({uiT «également les configurations étranges ou extraordinaires qu'elles pourront présenter.
On le voit par toutes ces questions^ connaître la nature de l'homme, c'est connaître particulièrement son organisation cérébrale
(I) Consultez sur ce pr)?nt Pouvrag.» romarquibU* que vient de pub!lf!r le docteur t^-A. Murel, miMccin en • liefde Tnsile des Aliénés de Saint- Yun, ayant |)our litre : Tra té des dêyénérefcences physiques, intellectuelles et mnrale^ de Cespère humaine. \ IMri-», cher J.-aBaillièrccIKils.
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el tout ce qu'elle comporte ; c'est connaître les propriétés qui y sont invinciblement et éternellement attachées; c'est connaître les facultés primordiales qui, par leur ensemble, constituent son eiistence instinctive, morale et intellectuelle; c'est connaître l'emploi, le but, le mouvement, le désordre ou Tabus de ces facultés, chacune d'elles considérée isolément dans son exercice ou dans ses rapports et ses combinaisons avec toutes les autres; c'est connaître tous ces principes d'action réduits à leur force native, à leur activité propre, indépendamment de tout ce qui peut du dehors en solliciter ou en neutraliser la puissance ; ou, au contraire, c'est connaître ces mêmes pouvoirs, modifiés par les circonstances eilérieures, favorables ou défavorables à leurs manifestations. Connaître la nature de l'homme, c'est connaître sa destination et l'ordre entier dé ses rapports dans ce vaste univers; c'est connaître ses intérêts, ses devoirs, ses plaisirs, les trésors de son intelli* gence, les libéralités de son âme.
Ce n'est pas tout, lecteurs. Connaître la nature de l'homme, c'est pouvoir estimer à sa juste valeur la cap^icilé intellectuelle el
ANAI.YSM P8YCllOI.()(;iQlîK. k^i
morale d'un peuple ou d'un individu; c'ost pouvoir mesurer tous les degrés de l'inlelligence, depuis l'idiol, l'imbécile et Thomme ordinaire jusqu'au génie le plus grand et le plus universel ; c'est pouvoir suivre tous les mouvements du cœur humain; c'est pouvoir déterminer les causes internes et externes de nos actions; c'est pouvoir différencier la vertu du vice, rintelligence du délire, et l'héroïsme de tout ce qui en est le faux simulacre.
Vous le sentez, pour aborder et trancher toutes ces questions de la plus haute et de la plus ancienne philosophie, pour aller ainsi arracher tous les secrets à la nature et donner des bases à l'éducation, à la morale, à la politique et à la législation des différents peuples, il faut un ensemble de choses, si rare à trouver chez un seul individu, que de quelque libéralité dont je veuille user envers moi, je ne puis, devant fimporlance et la majesté de mon sujet, ne pas m'empresser de réclamer bien vivement voire indulgence.
Il ne suffît point, pour un pareil travail, d'avoir reçu tout à la fois une instruction solide et brillante, ni d'avoir élé formé à l'école des bonnes mœurs; il ne suffît point
A22 ANALYSK PSYCHOLOGIQUE.
d'être versé, comme un érudit, dans Tétode de l'histoire ancienne et moderne» d'être affranchi du joug des préjugés de caste ou de nation, ni de se trouver dans une position sociale d'où l'on puisse convenablement observer les hommes et les événements de son temps; il faut aussi avoir été, au moins, placé par la nature dans la moyenne de l'organisation. II faut être apte h goûter, à sentir, k faire et à analyser tout ce qui constitue la vie de l'espèce entière.
Le monde alors est un espace oavert au développement et à l'application des facultés de l'homme; il comprend la plus belle intelligence, il descend jusqu'à ta plus misérable^ et sait aussi se mettre en rapport avec elles^ Il se passionne pour tous les chefs-d'œuvre des arts, il parcourt toutes les régions auxquelles le génie peut atteindre, et par le pourvoir qu'il tient toujours de son organisation d'arriver, à l'aide de l'enregistrement et de la comparaison des faits, à connaitre le comment et le pot^r^tio/ des choses, il conçoit également les bizarreries, les ridicules, les superstitions) les fanatismes, les désordres et les vanités de ce môme esprit humain, dont tout à l'heure
ANALYSE PSYCHOLOGIQUE. Û*i3
encore il admirait rélévation^ la puissance et réclat.
Quant aux facultés affectives, aux sentimenls et aux penchants qui nous sont communs avec les espèces inrérieures, ou qui for* ment Tapanage exclusif de re>pèce humaine, il faut» non-seulement que celui qui en veut faire l'objet public de ses réflexions soil apte à constater, par Tobservalion chez la masse des individus, Tinégalilé de force et d'activité de chacune de ses facultés, mais il est encore à désirer, pour qu'il soit mieux en état de juger leurs manifestations, qu'il en sente en lui-même toutes les incitations; il faut que son âme ait été dans toutes les positions de l'âme humaine; il faut qu'elle se soit faite et brisée à toutes les émotions, à toutes les joies, à toutes les douleurs de ce monde. Rien de ce qui appartient h l'humanité, ainsi qu'on le disait autrefois dans l'école, ne doit lui rester étranger. Le tableau des vertus les plus sublimes doit faire battre son cœur et transporter son âme; il doit concevoir toutes les belles actions et être capable de les faire. Sous un autre point de vue non moins important, il faut aussi que, se dépouillant de tout orgueil
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et de toul charlatanisme, plein d'amoar pour la juslice et pour la vérité, il pénètre dans les replis les plus cachés de son cerveau, qu*il en étudie les mouvements secrets, et que, malgré les privilèges dont il jouit, convaincu de ses propres faiblesses, honteux de certains senti* ments qui, bien des fois, lui ont fait oublier ses obligations d'homme, il soit également apte k concevoir tout ce qui résulte de Taclion incomplète ou démesurée de nos penchants ou de nos sentiments primitifs.
J'en ai la plus intime conviction, si tout ce qui peut, soit en bien, soit en mal, soit en génie, soit en stupidité, se présenter à l'esprit et au cœur de l'homme considéré d'une ma* nière générale, n'entre point dans la tète de celui qui veut deviner l'énigme de sa nature, il peut renoncer a son entreprise : comme instituteur, comme juge, comme législateur, comme philosophe ou comme prêtre, Tintelligence des faits lui échappera toujours; sa mission est manquée I