LE PLURIEL DES SUBSTANTIFS MASCULINS EN OH
La liste de M. de Rada renferme ensuite un certain nombre de substantifs, dont le pluriel se terminant en n;, nje est considéré comme également irrégulier par les grammairiens. Ce sont :
Bugua poudre, plurieP&t<^onj>.
Crua source^ pi. crofije.
Druu bois, pi. druunje, Boua ongle, pi. Bonje.
Gjuu genou, pi. Qjunje.
Guu marais, pi. guunje, Ljéém aire, pi. Ijemetije.
Pee fil, pi. peenje.
Perrua torrenl, val, pi. perrenje.
M. Camardâ mentionae encore seljpi noyau, pi. Beljpinje; kertsi (génitif kertsiri)\ skop hêXony ip\. skopinje; pljaf couverture de laine, pi. plefinje; xou (génit. x^^^) pieu, pi. xounje ; enfin gjarper (qui, dans le dialecte des Guègues, fait gjarpen)y pi. gjerpanje.
Tous ces pluriels n'ont de l'irrégularité que l'apparence. Nous avons vu plus haut que les Albanais, à l'exception des Guègues, n'aiment généralement pas la nasalation à la fin des mots. Des formes comme Boua, kroua, hugua^ p&rrua tiennent lieu des anciennes formes Bon, krôn (encore aujourd'hui à Scodra kroni au nominatif déterminé), bugon, perron. L'n qui a disparu au nominatif indéfini reparait au pluriel, mais soutenu par un i qui le rend mouillé et suivi d'un e, désinence de la grande majorité des masculins au pluriel. Des pluriels comme iatronje (de iatrôs médecin), zygonje (du grec 7u7ov joug), et comme te medenje-te les grands, te kekjinje-te les méchants, ont été créés d'après une fausse analogie. D'ailleurs le Skipétar aime l'épenthèse d'une syllabe qui contient une nasale.