ASPECT DÉTERMINÉ
Formes rég. Fonnes irrég.
Nom.
Vettexea»
Vetiejûa.
Vettexeat*
VettejuaU
Génit.
Të vettexeve.
Vettejuash.
Të vettexevet.
Të veitêjuvet
Datif.
Vettexevê.
Vittêjuve.
Vittexevet.
Vittejuvet
Ace.
Vettexea*
Vettfjua,
Vettêxial
Yittejûat,
Loc.
Nder vettexea.
(Manque.)
Vettexea$hi(,
Yettejushit.
Ablat.
Vettexeashû
Vettejushù
On sait que les langues aiment à faire ressortir l'idée
(1) De Rada, p. 31, 32.
de ridentité le plus souvent par le superlatif («ÙToTaroç, ipsissimus): l'albanais le fait par la répétition du mot, au lieu de P«tc il dit PrrPtrc, à l'aspect déterminé PiT^rr^'oc sdlas intima. C'est ainsi que dans vettejue, vettejui il nous semble que la même idée est exprimée deux fois, car Vu {(ni) des avant-dernières syllabes nous paraît être le même qui sert à former le passif de l'aoriste et de l'impératif (ou Kipxopot, je fus cherché, xcpxoou sois cherché), et cet ou il y a longtemps que Bopp l'a identifié avec le pronom sanscrit sva (1). Kous-méme nous avons soutenu que la première syllabe de Pcn se retrouvait dans la forme flexive du pluriel p<, que les deux syllabes réunies n'étaient que la même forme à l'aspect déterminé.
En effet, la notion de la séparation, de l'isolement, sert à expliquer le génitif des déclinaisons aussi bien que le passif ou le moyen des conjugaisons. Puisque Lecce écrit um pour p€T€, le passage de «c à ou ne présente plus de difficulté. Be aussi bien que oy sont ramenés à sva soi, par Bopp. Or, ce sva, pronom sanscrit, devient se en latin, et se, dans cette dernière langue, est tantôt pronom réfléchi, tantôt préposition composée avec des verbes comme segrego, se-cernOy se-paro, tantôt lorsque le d de l'ablatif archaïque vient s'y joindre, conjonction, sed signifiant mais.
Le mot Pc indiquant une existence séparée, indépendante, PcTc sert à désigner aussi tout simplement l'idée de personne ou d'individu. 2a pcrc jave veut dire : combien de. personnes sont-ils? Réponse : <y«Te PcVe dix personnes (2). Ceci nous amène à poser une dernière question :
(i) Bopp, p. 20.
(2) Nous traiterons un peu plus loin de l'origine présumable de la dernière partie du mot /3st8;^8.
L'ou qui désigne le pronom de la première personne serait-il autre chose que le pronom réfléchi ou qui sert à former l'aoriste passif, autre chose que le s'ùa des anciens Indous, ce sva qu'on employait à toutes les personnes? Quoi de plus naturel que de se désigner soi-même, le geste aidant, par un mot signifiant l'individu, le même? Cela rappelle quelque peu le outoç des Grecs, le hic des Latins. N'est-ce pas en effet à la première personne que le sujet et l'objet se confondent dans.le même être?
Enfin cet ou qui, à l'instar du sva sanscrit, peut désigner toutes les personnes au sens réfléchi, ne peut-il pas expliquer du même coup le pronom enclitique iu leur, à eux, abrégé quelquefois en ou comme dans l'exemple cité par de Rada : E^e ai ou pergjegj e ouBa attire et il répondit et il leur dit, à eux (1).
(1) De Rada, p. 35.