INVERSIONS ET CONSTRUCTIONS SYNTHÉTIQUES
Dans une foule de cas, l'albanais est resté fidèle à la synthèse antique. Il ne craint pas de faire attendre le sujet et de suspendre le sens jusqu'à la fin de la phrase, laquelle se termine ainsi, comme on dirait, en pointe. Cela n'arrive pas seulement dans des phrases incidentes, commençant par des adverbes ou des conjonctions comme celles-ci :
Posa ouvra derhi quand eut été tué le sanglier.
Pas nœ tçikœ na vyefl edhi dielhi après un peu (de temps) nous arrive aussi le soleil :
Cette inversion se rencontre aussi dans des phrases principales :
Kœtiy mbretit i erdhi koha à ce roi-lui vint le temps.
Elle est saisissante, surtout dans l'exemple suivant :
Nœ mes iœ oudhœsœ dialyinœ e mort ouria.
Au milieu du chemin le garçon (accus.) le prit la faim.
(La faim saisit le jeune homme au milieu du chemin.)
Le sujet est même placé quelquefois après l'attribut :
Tœ tœ vinœ i œmbely douhani.
Afin que X^ vienne (paraisse) agréable le tabac.
Pour mieux faire connaître la construction albanaise, nous empruntons à la grammaire de M. Dozon une phrase un peu plus longue, munie d'une traduction juxtalinéaire :
Çoumœ mirœ e koupeton çdoneri slsa i çtroudhi zœmbœrœnœ Moult bien le comprend chacun combien lui serra le cœur
kœliy reçperit kœyo vdekiya e tœ çokyesœ tiya .
à ce marchand ceUe mort celle de l'épouse sienne (1).
LES ALPHABETè DE LA LANGUE ALBANAISE.
Hahn, 1855.
Rada, 1866.
Miklosich, 1870
OU
(1) Dozon, p. 322.
(2) Dans sa Grammaire albanaise de 1870, M. de Rada supprime la voyelle u; mais à côté de Ve simple il admet un ^ à peu près muet, qu'il écrit è, et un autre dont le son ressemblerait à celui de Veu français, et qu'il écrit è,
Haho, U55. Rada, 1S66. Miklosich, 1870.
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