‹ Analyse de la langue albanaise: étude de grammaire comparéeChapitre 98 sur 114 · NEUTRE · texte numérisé non relu

NEUTRE

Prépos. CoDj.

Prépos. Conj.

tœ {të). {tœf).

tœ, sœ. Manque.

tœ, sœ. Manque.

On peut dire que les deux articles ne sont pas absolumont distincts ; le conjonctif ne paraît qu'une forme affaiblie du prépositif. — Il s'emploie volontiers dans la rapidité du discours familier. Lorsque le génitif d'un nom indéterminé est uni au nominatif qui le régit d'une manière tellement intime qu'il en fasse nécessairement partie, le signe du génitif te ou se (M. Dozon écrit tœ et sœ) peut être supprimé : nde njè decgch trcntafiljie sur une brancbe de rosier (1). M. Dozon supprime l'article chaque fois que le substantif recteur est au génitif ou au datif : bririt lyopœsœ de ou à la corne de la vache; brirevet lyopœsœ des ou aux cornes de la vache. De même bririt lyopœvct de ou à la corne des vaches (2).

Nous avons parlé déjà plus haut de phrases comme celle-ci : calji i trimit t'abëresh h Tnnoç h tou vcavtou

àXSavtxoîî.

Nzori Skcep e CreOUt Sai ««peTAev èGov^jv rh tyî; xiyaXïîç. / se biljês o t^ç Goyarpéç, e se biljêS -h t^ç Ouyarpoç.

Nous avons exprimé l'opinion que ce genre de construction pourrait bien appartenir en propre à l'albanais et avoir été emprunté très-anciennement par les Grecs aux ancêtres de nos Skipétars (3).

Ce qui contribue à nous fortifier dans cette manière de voir, c'est qu'en albanais le génitif suit toujours le nom qui le régit (4) ; que le nom et son adjectif ne peuvent être séparés que par l'adjectif possessif, que la préposition précède toujours son régime, que l'auxiliaire précède

(1) De Rada, p. 21.

(2) Dozon, p. 203, 204.

(3) La Grèce avant les Grecs, p. 47.

(4) Dozon, p. 321.

immédiatement le participe du verbe principal; ce sont autant de points fixes qui servent à rendre la phrase plus claire et lui donnent un caractère plus analytique.

Ce qui rentre dans le même ordre de faits, c'est la répétition du pronom dans la même phrase exprimée une première fois avant le verbe sous sa forme abrégée, enclitique; — et une seconde fois après le verbe sous sa forme pleine, absolue :

Tœ mœ merhte moua groua s'il me prenait moi (pour) femme.

/ thonœ atiy (ils) lui disent à celui-ci (c'est à celui-ci qu'ils disent).

On peut même mettre la forme pleine en tête lorsqu'il s'agit d'appeler sur le pronom l'attention de l'interlocuteur.

Motia mœ lyee moi (tu) m'abandonnes.

Tu tœ lyee vetœm toi (il) te laisse seul.

Enfin, le substantif régime du verbe est souvent précédé du pronom abrégé qui l'annonce pour ainsi dire :

/ tha arioiit derviçi à lui dit l'ours, au derviche.

S'e lyà tsoîipœnœ tœ binte point ne la laissa-t-il, la jeune fille, tomber.

M. Dozon fait remarquer que, dans ce cas, le pronom rappelle un objet dont il a été déjà question (1). C'est ainsi qu'en allemand le neutre du pronom de la troisième personne es annonce souvent un substantif ou une phrase entière qu'il s'agit de faire ressortir ; il est vrai qu'es est alors toujours au nominatif ou à l'accusatif.

(1) Dozon, p. 301.

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