DÉCLINAISON INDÉFINIE. DÉCLINAISON DÉFINIE
Nom. Aveljak sillon, (thème nu). Aveljak4 le sillon, l«r degré.
Génit. Të ave^jak-i, l«r degré. Të aveljak-i-t, 2« degré.
Datif. Aveljak-i, Iw degré. Âveljak-i't, â« degré.
Abl. Aveijak-i, i«r degré. Avefjak'i'4, 2e degré.
En effet, le même t qui sert à donner une entière détermination au pluriel sert à remplir les mêmes fonctions auprès du singulier des masculins. Ce l est donc encore Un simple article qui n'indique pas même le nombre et <{aiy à l'origine, ne parait pas même avoir indiqué la différence des genres.
Il y a, toutefois, une trace de flexion dans le singulier de la déclinaison définie. C'est Vn de l'accusatif marquant
la passivité du nom auquel on l'ajoute. Cet n est tout à fait isolé dans le système de la flexion nominale ; aussi pensons-nous que son introduction dans le système de la déclinaison albanaise pourrait être due à des influences indo-européennes. Cet w, il est vrai, est suivi d'un e dans les anciens dialectes guègue et tosque ; Hahn écrit lujm l'ami, vje/3i-v« l'homme, pt^Xj-we la montagne, x^^c-vf la lune, p«-v8 Tœuf, ^i-vt la chèvre, etc. Mais ce fait même trouve une analogie dans la langue gothique (1). L'n en question vient se joindre le plus souvent à la désinence du nominatif défini, en sorte que l'accusatif indéfini qui, comme le nominatif indéfini, est identique au thème nu, en devenant défini, passe immédiatement au second degré. Ainsi :
Accusatif. Aveliak-H-n le sillon.
iQfen-t-n le chien.
Ulk-u-n le loup.
ûji-ri-^ le sein.
Il est à remarquer que les noms qui se terminent en aa, ee, ii préfèrent joindre l'n au thème nu. Il vaut donc mieux dire : vetaa-n le frère, ^ee-n la terre, njeri-n
rhomme, que vela-u-n, le-u-n, njeri-u-n (2).
M. de Bada, qui a une connaissance si profonde de l'idiome albanais, nous apprend qu'il a subsisté des traces d'un sixième cas, le locatif. Au pluriel, il est vrai, et au singulier de la déclinaison indéfinie, ce cas est identique pour sa forme au nominatif, et pour le sens il est rendu
(1) Voir Bopp, Ueher da$ Albanische, p. i, qui compare le gothique i-na lui, à l'article sufOxe des Albanais tve.
(2) De Rada, p. 23, note.
par M. de Rada par les prépositions nde et nder. M. de Rada a seulement oublié de nous dire pourquoi il place nde constamment devant le singulier, et nder devant le pluriel. En effet, Hahn ne semble pas faire cette distinction, puisque nous trouvons dans son dictionnaire la phrase suivante : (/xpatj cvSep fuvr c je retiens dans mon esprit. >
Quoi qu'il en soit, d'après M. de Rada, la déclinaison définie du singulier des masculins a un suffixe particulier pour le locatif; c'est encore le t, mais ajouté au nominatif indéfini, par exemple vool élan impétueux, locatif : nde vool'H (!«' degré); de même nde gjii-U (et non pas gji-
n-/), et nd' aveljakë-H. Ve dans aveljaket est purement euphonique. Si le locatif était formé du nominatif défini, il aurait fallu aveljak-i-t. Ce qui confirme l'opinion de M. de Rada sur le locatif singulier de la déclinaison définie, c'est que ce cas conserve l'exposant t même dans la déclinaison définie des féminins, quoique ces derniers remplacent le t par un s dans les autres cas obliques du singulier, ainsi : nde der-t ou deret dans la porte (nominatif indéfini dere porte), nde foljee-t dans le nid (nominatif indéfini folje nid).