TROISIÈME PERSONNE
Singulier,
Nom. Ai lui. Ajo elle.
Génit. Të attij, assije, Të assai, anqje.
Datif. Attij ou t. Assai ou t.
Acc^ Atte, te ou è. Atte, te ou e.
Ablat. Cà ai ou assi. Ca ajo ou asso,
Loc. Nd' atte ou nde te. Nd^ atte.
Pluriel.
Nom. Atta ou atta ils, eux. Attô ou olô elles.
Génit. Te<Utireve,atire{atish?). Ativere, atire, asôh.
Datif. Atireve ou t. A^tr^«, a(tr« ou i.
Aee. Ata ou i. Atô ou i.
Ablat. Cà atà ou atireshi. Cà aiô, aUresM, a$aishi.
Loe. iV({&r atô. Nder atà.
Il faut ajouter à ces formes pour le fieutr^ : au singulier attà (nominatif et accusatif, ncT attà (locatif), au pluriel atà (nominatif et accusatif), et aûf (génitif).
Le pronom démonstratif ehii, celui-ci.
SINGULIER
Masculin.
Féminin.
Neutre.
Nom.
Chii celui-ci.
Chejo cell^ci.
Chetaced.
• Génit.
Te chetijy chesije.
Te chesai, chesoje.
Datif.
Chetiij.
Chesai.
Ace.
Chete ou chet.
Chete, chet.
Cketa.
\h\dii. Càchij, prei cketUj. Cà chejo, chesaje, préi
chesai.
Loc. ^de (^te^ nde chet. Nde chete, nde chet. Nde chta.
— fB —
PLURIEL
Matculin. FéminiD. Neutre.
N.Acc. Chetà ceux-ci. Cketà celles-ci. Cbetà.
Génit. Te cketireve, chettre Të cketireve, chetire, chesdh. Chesi. chetish.
Datif. Chetireve. €hetireve, ckeUre.
Abl. Cà chetà ou cheU- CàchMô,chetire$hi,chesai$hi. reshi,
Loc. Nder eheta. Nder chetà.
Quant au nominatif du pronom de la première personne u '(prononcez ou) y il pourrait peut-être se rattacher au sanscrit aham? S'il venait du grec èyc^ ou latin ego^ il serait plus difficile d'expliquer la suppression entière de la gutturale g, j ou de la voyelle i qui est restée dans Titalien io, l'espagnol yo et même dans le français je. M. Camarda pense que Vi a été retranché pour éviter la confusion avec le pluriel yu (prononcez you). En aucun cas nous ne serions disposé à considérer u (ou) comme abrégé de ouvc , ovva, et à voir dans ces deux dernières formes l'équivalent de l'antique èywvîj. Nous pensois que les syllabes na, ne ont •é&é ajoutées phxs récemment au pronom ov, et nous les identifions avec les parti<5ules vjc, vjou et va, qui toutes signifient là. Par la phonétique albanaise ouvc ne peut être ramené qu'à on qui, en russe, est le pronom de la troisième personne (sanscrit ana, anu). Dans ce cas le sujet qui parle se désignerait lui-même parle pronom de la troisième personne en ajoutant le geste du doigt : celui-ci.
On compare le génitif ^c au grec f«To pour ïi^To^ qui répondrait à une forme sanscrite supposée masya. Il nous
parait plus naturel de voir dans fujc une forme de la déclinaison des féminins, comme si l'on pouvait dire meitas, meitatis. On n'a qu'à se souvenir de composés comme vetteheje à soi (mot à mot essentiœ suœ) (1), de chesije pour chetijj et de chetish pour chetire. Il est manifeste que dans ces deux derniers cas des formes féminines ont réussi à pénétrer dans la déclinaison masculine. Quant à poua, fxoue, Bopp (2) les fait dériver du sanscrit marna, mam, qui serait devenu mau, mou? Nous partageons l'avis de M. Camarda qui considère fAoua comme une forme secondaire du grec /^ot. On sait, en effet, avec quelle facilité les deux diphthongues ot et oua permutent entre elles en albanais, comme dans rrayovaty et irayocy je paie, tshouaij et ishoij je flaire, vcfxepouaty et veinpoty je compte (3), etc.
Le pluriel na rappelle le nas sanscrit, comme le pluriel you de la seconde personne se compare au bactrien yus ou yovrzem, sanscrit yu-yam, etc. La déclinaison de ces pluriels n'off*re rien de remarquable. 11 n'en est pas de même de la flexion de ti toi. Le génitif de ce pronom manque dans les dialectes albanais de l'Italie : il y est remplacé par les formes respectives du pronom possessif. Dans la mère-patrie, ce génitif se disait teje, formé exactement comme meje^ ou encore rvty (albanais italien tiij). Ce Tuty, ainsi que xerty hujus et aziy illius, est assimilé par Bopp au génitif pronominal des langues slaves en -go, par exemple to-go de celui-ci, lequel lui-même ne parait qu'une modification ultérieure du sanscrit -sya (ainsi slave
(1) Rada, p. 31.
(2) Bopp, p. 80.
(3) Hahn, p. 76.
logo =■ sanscrit tasya). C'est ainsi que le zcnd ihwa-hya est identique au sanscrit ivasya. Quant à leje, Bopp y voit une forme moins dégénérée de tvasya que dans rvcy.
Dans les génitifs féminins des pronoms composés (Mour^ (guègue assai)^ i«<y«iy (guègue kessai)^ Bopp paraît considérer, avec raison, ij ou i seul comme désinence ; il divise donc : a-a«-cy, xt-a«-iy. Nous ferons des réserves, toutefois, pour les autres réflexions que ces formes lui inspirent.
Quant aux pronoms de la troisième personne aï et chii (Hahn : xviy), ils sont manifestement composés, Tun de la racine pronominale a et du détermina tif i, et Tautre de l'ancien xa, xc (sanscrit ka$) et du même i. Cet i est précédé d'un t dans les cas obliques, et ce t s'adoucit en s surtout — mais pas exclusivement — au féminin.
On remarquera les formes insolites du féminin ajô^ato; chejôf chetOy dans lesquelles Bopp croit retrouver des transformations de la terminaison sanscrite as en ô. Nous pensons que l'albanais, qui aime tant à signaler la différence des genres, a attribué la désinence ô au féminin de aï et de chii pour la distinguer davantage du masculin et du neutre {atlà et chëtà ceci, chetà ceux-ci, chetà ces choses, hœc). Il est vrai que si atlà et chetà désignent le singulier du neutre, et ajô et chejô celui du féminin, on ne comprend pas que chM et attà en puissent désigner le pluriel, à moins que dans ces deux formes le t [ne soit considéré comme l'exposant du pluriel. Or, cela n'est pas. — On peut supposer que les formes plurielles attô et chetà sont d'une origine plus récente, qu'elles sont le résultat d'une aberration du génie de la langue guidée dans ce cas par une fausse analogie, et que le véritable pluriel commun aux deux genres a été atirCj ketire, chetire (guègue atoune^ comme le guè-
gue ip^otrc aromeS; répond au tosque Ipcparcles airs). — En eflety nous retrouvons ici l'ancienne désinence du pluriel re, laquelle, augmentée de la terminaison ve, désigne le génitif. Ce n'est que par abréviation que chetire, attire peuvent, privées de cette terminaison, désigner aussi le génitif. A l'origine, ces formes paraissent avoir appartenu au nominatif seul (1).