‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 47 sur 109 · Ijagchenjen. 3. Ijagchen · texte numérisé non relu

Ijagchenjen. 3. Ijagchen

En effet, dans les formes actives Ve parait muet ; il est entendu dans les formes passives.

Il ne faudrait pourtant pas se laisser tromper par les apparences. La langue a, pour marquer le passif, les lettres x ou ^ qu'elle insère entre le thème et les désinences pronominales; et si, aujourd'hui^ on a laissé tomber quelquefois ces lettres dans des thèmes terminés par des consonnes, par négligence ou par paresse, Bopp a prouvé qu'anciennement on ne reculait pas devant le cumul des consonnes pour exprimer clairement sa pensée. C'est ainsi que les Guègues disent encore a£fAuvx«fA je tombe malade, Pav^ï/x je suis fait fio, bptvxv^t ils se rongent (bptiy je ronge) au lieu de c€ixvp€it., j3cv£|ui, formes employées par les Tosques (1).

Le prétérit albanais paraît s'être formé sous l'influence simultanée du parfait et des aoristes grecs. Va de la première personne répond par conséquent quelquefois à l'a du parfait grec et à la même désinence du parfait

(1) Bopp, Ueber dos Albanische, p. 22.

sanscrit, d'autres fois à un am sanscrit ou latin (comme dans les prétérits en va = latin ham). La seconde personne n'a conservé qu'une terminaison bien mutilée — e (1); — mais dans la troisième qui est i, les Albanais doivent reconnaître leur pronom démonstratif i^ puisque, à l'exemple de ce qui se passe dans la déclinaison, cet ( se permute dans une foule de cas avec ou.

L'imparfait, à l'instar du prétérit, forme, d'après de Rada, sa première personne singulier en a et la seconde en 6. Â la troisième il se contente très-souvent du thème nu, par exemple vi^ il pillait, shchit il glissait. Dans les verbes à thème vocalique il prend un j à la troisième personne, par exemple rhiij il était assis, douaj il voulait ; autrement l'insertion de Ve est requise, par exemple dans shitt-e-j il vendait. D'après Hahn, la troisième personne singuher de l'imparfait est formée soit par le thème, soit par l'addition du pronom démonstratif tc, par exemple xfpxov ou xcpxovTc il cherchait, irXjax ou irXjoxTc il vieillissait. La même formation se rencontre souvent dans les verbes irréguliers; ôo^r' et Oo^ tc il disait, cirrc il donnait, prv et PçvTc. il allait, etc.

(1) Déjà, dans rancien haut allemand, on trouve bugi =: scr. bubâug*tfay et dans le vieux slave bûdi = scr. abôd'is, de abôd'is'am.

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