LES TROIS PERSONNES DU PLURIEL
La première personne du pluriel a, d'après de Rada, la, terminaison mi (Lecce me) au présent, laquelle, à l'im-
(i) Rosen, Ueher dos Mingrelische Suanische nnd Abchasische, p. 74.
(2) Rosen, ibid., p. 76.
parfait et à l'aoriste, s'abrège en m ou {i)m (1). La désinence de la seconde personne est ni (quelquefois i) au présent, te ou t k l'imparfait et à l'aoriste, et enfin celle de la troisième {é)n (Hahn ene) au présent, et in (Habn ine) à l'imparfait et à l'aoriste.
Nulle difficulté pour la désinence mi de la première personne. Elle se compare au grec fi<ç, fuv, au sanscrit mas, ma^ et au me, mm^ des Finnois. Il n'en est pas de même de la troisième, ne ou n. Dans Ve qui suit Vn et qui est tombé dans le dialecte albanais de l'Italie, Bopp ne veut voir qu'un allongement inorganique qui rappellerait ainsi l'o de la conjugaison italienne dans amano, dicono pour amant, dicxmt. Dans Vn qui reste, Bopp reconnaît l'expression du pluriel, tandis que la désignation de la personne aurait disparu comme dans l'allemand moderne, ou même comme en grec et en sanscrit dans les imparfaits et les aoristes (par exemple ?v^«pov = ab'aran, c^ctÇav = adiks'an). Le prétérit gothique ne présente-t-il pas des formes comme haihaitun ils s'appelèrent, bundun ils lièrent? En un mot, Bopp établit l'équation ne albanais .= lat. nt. Il est possible qu'elle soit juste, mais cela n'est que possible, et elle est d'autant moins sûre que la seconde personne du pluriel qui, dans toutes les langues indo-
(1) Habn n'admet la désinence f^t que pour xepit nous avons, et jcpit nous sommes. Bopp fait observer que les Guègues ont conservé intégralement la désinence f^s, non seulement au présent, mais encore à Timpératif et à Taoriste. La voyelle finale n'aurait été retrancbée dans le dialecte du Nord comme dans celui du Sud qu'au subjonctif de l'aoriste. Nous croyons que ces nuances ont peu d'importance dans un idiome aussi peu fixé que l'albanais. Puis nous nous croyons obligé à nous en tenir surtout aux paradigmes que nous trouvons dans la grammaire de M. de Rada.
européennes, se termine en t (c'est-à-dire sanscrit tha, latin tis^ grec tc) (1), est m au présent actif et passif dans l'albanais; elle est ni, non seulement à l'indicatif, mais encore au subjonctif; elle est ni aussi à l'impératif actif et passif. J'ajouterai que dans le tableau synoptique dressé par M. Rossiy la seconde personne pluriel de l'imparfait et de l'optatif appelé par lui imprecativo se forme également, sinon en ni, au moins en t. De kendonj je chante, Rossi forme :