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LES VERBES FAIBLES

Notis sommes convaincu que l'insertion de la lettre n suivie d'un j a eu pour but d'ajouter la notion de la durée à celle du passé; car cette insertion ne se retrouve pas à

Taoriste, tandis que les désinences pronominales de ce dernier ne diffèrent guère de celles de l'imparfait. Nous avons déjà dit plus haut que les deux lettres nj nous paraissaient se rapprocher des particules nani, ni, njen, etc. On comprend alors comment ces mêmes lettres^ ajoutées au thènâe du verbe simplement ou à Taide de la ligature e ou i, aient pu, après suppression des désinences pronominales, servir à marquer plus fortement la notion du présent, par exemple Ijipenj je demande, taxinj je promets. On n'est pas étonné de voir que cette amplification se soit étendue ensuite à tous les thèmes verbaux terminés par une voyelle, par exemple frii-nj je souffle, riuinj je regarde, shchelkenj je resplendis, kerkonj je recherche; c'était un moyen de les soutenir, de les protéger, de les revêtir. Tous ces thèmes font partie de la classe des verbes qu'on pourrait appeler les verbes réguliers ou faibles, leur voyelle radicale restant la même à l'aoriste, à l'impératif et au pat*ticipe, et n'admettant pas l'apophonie au présent. Il y a, bien entendu, beaucoup de verbes qui, sans prendre les lettres nj au présent, se trouvent dans le même cas, par exemple irXjax je vieillis, gjas j'imite, et le nombre si considérable des thèmes en os et is tirés de l'aoriste des verbes grecs en ow, ovw, tw, «î^w, etc. La plupart de ces verbes sont, comme de raison, d'origine relativement récente (1).

(1) M. le consul Dozon cite dans sa grammaire (p. 25i) des verbes qui peuvent prendre la forme simple ou la forme revêtue : x^p ou x^P^^J je monte, Ijip ou Ijipenj je mendie. 11 n'aurait pas dû leur assimiler ikenj je pars, sous prétexte que ce verbe fait ika à Taoriste ; la désinence enj n'appartenant qu'au présent et à l'imparfait. 11 n'y a pas de forme ikj au présent.

Remarque. — La forme que Rossi donne à l'imparfait albanais n'est autre chose que le thème du verbe composé avec l'imparfait du verbe substantif conjugué par lui de la manière suivante :

Sing. 1. iscna ovLJscm. S. isce. 3. iset.

Plur; 1. iscim ou iscna. 2. Uci. 3. iscin.

De là du thème kendo ^ présent ketidonj je chante :

Siog. 1 . kendo-iscna ou kendo-iscem, 2. kendo-isce. 3. kendo-ike ou kendO'te,

Piur. 1. kendO'iscim ou kendo-iscna, 2. kendo-isci. 3. kendo-iscin.

Ou bien du thème ba^ présent banj je fais :

Sing. 1. baiscna ou baiscem. 2. baisce. 3. ba-ike ou baa-te. Plus. 1. baiscna ou baiscim. 2. baisci. 3. 5aisdn.

Deux choses frappent dans l'imparfait de Rossi : le maintien de l'ancienne désinence ni à la seconde personne du pluriel, dont il a été question plus haut, et l'étrangeté de la désinence ike alternant avec celle de -te à la troisième personne du singulier. On peut considérer ce te comme le reste de isht ou ishte il est, ou encore comme le pronom démonstratif. On se souvient que Hahn aussi admet deux formes pour la troisième personne singulier du même temps : wXjax et TrXjaxrc (1). Quant à ike il se dit certainement pour isht. Ce qui le prouve, ce n'est pas seulement la permutation admise quelquefois dans l'albanais entre s et k, par exemple ^des je meurs, aoriste dikja, participe dekoure. C'est encore la conjugaison de l'imparfait

(1) Hahn, p. 69.

dans le grec moderne, au moins dans un de ses dialectes les plus anciens, le tzaconien (1) :

Sing. 1. ^fxa j'étais. 2. eaa. 3. exn pour vivn.

Plur. 1. êfiaV. 2. erTaï. 3. rjyxn ou vifoiM pour ^vnj.

D'après Deville, le r se change fréquemment en k dans ce dialecte devant n ou i. Rappelons pour mémoire que la troisième personne pluriel du présent est inà dans la langue des Ossètes, et que cet in^ paraît s'être substitué à un inti, anti plus ancien encore (2). Voici le paradigme d'un verbe ossète au présent, par exemple du thème kdn faire :

Sing. 1. fc*antn je fais. 2. k*ani$, 3. 1c*ani. Plur. 1. k*anam. 2. k*anut\ 3. k*aniné.

Il n'y a plus que peu de chose à ajouter pour caractériser la conjugaison du présent des verbes faibles. 1° La désinence -7ii de la deuxième personne du pluriel se joint directement au thème. La raison en est simple. Parler à quelqu'un à la seconde personne, c'est presque l'apostropher; or l'apostrophe lient du vocatif et quelque peu de l'impératif, et comme telle elle affectionne les formes les plus courtes. 2® La première et la troisième personne du pluriel ajoutent leurs désinences mi et {e)n à celle de la première du singulier. La conjugaison complète du pluriel est donc :

i. Ijipenj-ê'Mi, 2. Ipp-'é-ni, 3. Ijipenj-e-n. Seulement à la première personne du pluriel nj peut être retranché, et on peut dire Ijip'ë-mi au lieu de Ippenj-ë-mi,

(1) Deville, Étude du dialecte tzaconien, p. 1H.

(2) Rosen, Veher die Ossetische Sprarhc, p. 16, 17.

Nous présentons maintenant quelques paradigmes du présent des verbes faibles :

Sing. 1. Ijachrê^j ou ljagehi9^}e Siog. 1. shkof^}e patte (1). baigne.

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