‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 80 sur 109 · ndanie) ou ndaitin(e), 3. ou ndan{e) ou ndaitin(e · texte numérisé non relu

ndanie) ou ndaitin(e), 3. ou ndan{e) ou ndaitin(e

En effet, l'aoriste passif conserve toutes les désinences de l'aoriste actif, excepté celle de la troisième personne du singulier qui se retranche. Cela se comprend : la troisième personne étant suffisamment exprimée par le pronom réfléchi, n'a pas besoin d'être indiquée une seconde fois. On à\i par conséquent à l'actif shitti il vendit, et au passif ou shitt il se vendit ; Ijodi il fatigua, ou Ijod il se fatigua. Il y a une particularité à noter pour les thèmes en : on dit shcroi à l'actif, il guérit (du médecin traitant le malade), mais au passif ou shcroua il guérit (du malade, au passif). De même sgjoi il réveilla, ou sgjoua il fut réveillé. On sait que les Albanais aiment à dissoudre la voyelle o en la diphthongue impropre oua.

Ce sont les verbes dont les thèmes se terminent par une voyelle autre que e ou o qui insèrent presque tous un x avant la désinence. Les thèmes en e ou o substituent un n aux; siiïisi x6e retourner, fait au présent du passif xôc-v-cf*

je me retourne, à Timparfait x9fv«^\; ««pxo chercher, au présent passif y.tpxo-j-tix^ imparfait xepxo-^r^'e. Bopp fait trèsbien remarquer que cet n est identique à celui du présent actif singulier. 1, xepxovj, 2, xcpxov, 3, xepxov, et ne saurait nullement être considéré comme exposant de la voie passive. Il allègue comme preuve que, dans le dialecte guègue, le y^ se rencontre quelquefois après Yn en question, qu'on le trouve même non suivi de cet n dans les thèmes en o, comme dans fiapro-x-efA je me marie, tandis que les Tosques disent pwpTo-v-c/i, de ptaprovj, fwtprov. Bopp cite (1) comme exemples des deux consonnes simultanément employées ^eiivy^tix je tombe (je me rends) malade (tosque fffpivpipi), iav>^i^ je suis fait (tosque fccvcfi), bp^v^eve ils se rongent, de bçjci'j] je ronge, etc.

Ce qui semble prouver encore que le y^ n'est pas une simple cheville euphonique, c'est que les thèmes en oua présentent à la suite d'une métathèse bizarre la désinence yjxtti, au lieu de a;)^«fji ; c'est ainsi que de yaroua je prépare, se forme le présent passif yoLxoyjyoLt^ je suis préparé, au lieu

do yaTouap^ejtA.

Enfin, par l'effet de cette paresse de prononciation dont nous avons parlé plus haut, propre surtout à des populations qui n'ont pas de culture littéraire et dont l'idiome n'est pas entretenu par de fortes traditions^ scolaires, il a pu arriver que l'exposant du passif ait été le plus souvent retranché dans des thèmes terminés par une consonne. Au moins dit-on irXjaxepi je me fais vieux, pour -wXjaxxcf*,

TTfAf/Ji je suis né, pour '7rtX;^epi.

Il y a d'autant moins lieu de s'étonner (te cette suppres-

(i) Bopp, p. 22.

sion, qu'un certain nombre de thèmes qui se terminent en ^ perdent cette consonne dans la conversation familière ; ce sont xpcx je peigne, Xjcx j'aboie, vypo;^ je chauffe, v^e^ j'aide, pa;^ je frappe, y^'«x J6 cache, «pTo;,^ je refroidis, et même <ï'ox j^ ^^is et vjo;,^ je connais.

Disons enfin que les verbes forts, c'est-à-dire ceux dont la voyelle radicale est sujette à l'apophonie, prennent au passif toujours la forme affaiblie de cette voyelle, circonstance qui peut s'expliquer par le poids plus considérable des désinences. C'est ainsi que (3eff je vêts, fait au passif Pt^j'cjui (présent), (StaVe (imparfait) ; i^itk j'enfante,

iccXifi; vjjex je chasSe, vJckJc/i; Ocppaç j'appelle, Ocp/îtTi;*; Ppaç je

tue, iSpcrifji, (}p{TC9 f, puis : (3c je place, P(x<M) C( je touche, Çi^tf*, ft« j'apporte, Ci^cf*, a ox ou ao je vois, <i'«x'Mi «x**'«» "^j«% j® connais, vjoxe|:x et vjcxtf*, àw je donne, iwwijia, 9ofA je d^, 6ou;(a»fA et OouxffA. Il est vrai que l'on dit dou^cfA de dbua j'aime, je veux, Xjfxc/A et XjfvfifA de Ajcivj j'enfante (1), 6t enfin y]f*ik\». de y'jcevj je trouve (2).

(t) Ajfivj j'enfante, fait à l'aoriste régulièrement )jf|3«, mais à Taoriste passif on peut dire non seulement ov Xjspa, mais aussi ov XjevSa, le participe passé est X]g/}6 ou XjivSou/ss.

(2) rjeevj fait à Taoriste v'jtra, subjonctif 7J«w'«, mais au passif ou v'jcvSoc, lubjonetif ou y'jsrcr'a, participe y'jwou/st. rjccvj, chez let Guèguesy'jevevj, serait-il pour yevtvj, jsvtvj? (Comparez 7' jvxji^udicîiim, yjcTovt = yetTwv, y'jepotvj gemo.) Ce 7 initial rappellerait-ille son du x doux? Dans ce cas, serait-il permis de faire valoir la permutation si fréquente des aspirées ^ et x? en albanais doy^ je vois, qui chez les Guôguei sa dit v'o^ (cp. gr. <r«ipo(, 0^)70$) ; de môme p^x J^ frappe, chez les Tosques, /)«y (gr. /jewrTw?) chez les Guègues; ^p^x J^ P^i^f^e (tosque), x^6ip(guègue), etc. Et pourrait-on conjecturer alors que 7'jevtvj et le verbe tndesqua find-an ont la même origine ?

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