‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 9 sur 109 · LES MOTS LATHÎS DANS L' ALBANAIS · texte numérisé non relu

LES MOTS LATHÎS DANS L' ALBANAIS

Quant aux mots albanais d'origine latine, M. Miklosich en a relevé neuf cent trente appartenant à tous les âges

^es idiomes multiples parlés par les Romains, les Italiotes ^t leurs descendants, les Italiens. Il y en a peut-être dans le nombre qui datent de l'époque pélasgique et qui pourraient avoir été empruntés par les Latins eux-mêmes aux plus anciens habitants de la presqu'île du Balkan. Cette observation s'applique d'ailleurs aussi à quelques mots considérés par Miklosich comme faisant partie du trésor des langues slaves. U y a toujours .présomption qu'un mot tire son origine de l'idiome où il ne se trouve pas isolé, où il a pour ainsi dire sa famille, c'est-à-dire où il est défendu par tout un groupe de mots qui en dérivent ou avec lesquels il est apparenté.

Il est aisé de voir que les Albanais ont disposé du vocabulaire latin un peu comme de leur « chose » ; ils en ont usé et abusé. La plupart des mots latins sont sortis de leur bouche singulièrement changés et déformés ; ils n'ont pas été beaucoup mieux traités par les Celtes et les Valaques ; toutefois, il y a plus de violence et de gaucherie dans l'assimilation albanaise, et c'est là un des motifs qui nous font hésiter à considérer les Skipétars comme des Gréco-Latins, dans le sens étroit du mot. En effet, la grammaire albanaise a peu d'afOnilés avec la grammaire latine. iMême en ce qui concerne les suffixes, on n'en trouve guère que trois ou quatre que les Skipétars semblent avoir empruntés aux Latins plutôt qu'aux Grecs ; tels sont :

i^ 'Tnef 'Sine, -rme, dans poustousme puissant (de potestatem); marrisme honteux, lartsim supérieur, pos- ^erme ( postérieur (latin poslremus). Ce suffixe rappelle les 'timuSy -simicsy -tremus des Latins. •

2o ouïe (latin ulus)^ dans akouU froid mordant, glace;

tjegonla tuile, trouboule trouble, sakkoule outre, maskoule mâle, etc.

S^ 'OrCy -are, -ar, qu'on peut rapprocher du latin ariusy par exemple chaidiar caressant, margaritar blanc comme une perle, /;etmo?iar compatissant (grec sXeïïfxoŒuwî) , diplar double, koupetore intelligent.

4° ke, reste du latin ica, icum, par exemple klotske poule couveuse ; petkou l'avoir, lodske testicule, etc.

On peut y ajouter les suffixes augmentatifs en oune et atse qui paraissent se rattacher directement aux suffixes italiens one et accio.

Page 1