ÉDITIONS DE LA SCHOLA CANTORUM
269, Rue Saint-Jacques, PARIS (v)
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in 2010 with funding from
Universityof Ottawa
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Les dix-sept Quatuors de Beethoven
d'après les notes prises à la SCHOLA CANTORUM en 1900
au ( ours de composition du Maître
Avant d'arriver à l'examen des innovations que Beethoven .1 inti oduites dans le quatuor à cordes et enfin à l'analyse île ses <li\ sept œuvres en ce genre, il ne paraîtra peut-être pas inutile d'esquisser d'abord à grands traits l'histoire des sources musicales auxquelles cette tonne d'art puisa la vie, et d'étudier brièvement l'évolution subie par elle au long de la route sur laquelle l'illustre maître de Bonn l'a glorieusement conduite jusqu'à l'apogée, à ce point même où il semble l'avoir arrêtée en la frappant au coin de son immortel génie.
Les origines du quatuor.
C'est vers le milieu du xviir siècle que prit naissance le quatuor à cordes: il est, pour ainsi dire, la résultante de l'ancien Concert et du Madrigal accompagné.
a) LE CONCERT.
Au commencement du XVIIe siècle s'opérait la séparation des deux grands Arts, de l'Art de la Parole (musique dramatique) et de l'Art du Geste (musique symphonique). Le divorce fut d'abord plus apparent que réel: la cassure ne se tit pas nette, et les deux anciens alliés vécurent quelque temps encore si confondus qu'ils continuèrent à s'influencer réciproquement. C'est de cette désunion virtuelle que provient la toute première manière du Concert, composition au cours de laquelle plusieurs voix ou instruments luttent entre eux, c'est-à-dire concertent, et qui n'est que la continuation, complètement faussée d'ailleurs, du Motel. Dès le début, le Concert se prive de chanteurs, se contentant d'instrumentistes: puis, le Solo établissant bientôt son encombrante prépondérance, ce genre prit à l'Église la place que VOpéra prenait au Théâtre.
b) LE MADRIGAL ACCOMPAGNE.
La vie du Madrigal est plus aventureuse. Simple motet d'église à son origine, puis sur des paroles essentiellement profanes et souvent erotiques, se rattachant ainsi à l'Art de la Parole, c'est grâce au texte d'abord et grâce ensuite au milieu populaire dans lequel il évolue qu'il tient aussi — et par des liens assez étroits — à l'Art du Geste.
Au moment de la désunion des deux grands Arts, le Madrigal se divisa en deux branches: la première donna le Madrigal dramatique, ancêtre de YOpéraet dont il ne sera pas question ici : c'est dans la seconde que l'on trouve le Madrigal accompagné, dont le rôle est important dans la genèse de toute la musique de chambre.
Le Madrigal accompagné ne fut pour commencer que la transcription aux instruments de madrigaux à cinq voix pour une voix seule et quatre instruments accompagnants, soit à archets, soit à cordes pincées, voire même à vent. Souvent encore le Madrigal accompagné était écrit pour cinq instruments, sans rôle pour la voix, par exemple deux dessus de viole, une haute-contre, une taille et une basse de viole.
Tels sont les premiers éléments de musique de chambre qui furent établis par Ludovico Yiadana ( 1563 ? - 1645 ?) et par Agostino Agazzari ( 157N-1605).
Cependant peu à peu les instruments s'émancipèrent, et les voix délaissées durent chercher un asile dans \' Opéra. On écrivit alors en trio pour deux ou trois instruments et basse continue, c'est-à-dire à deux ou trois parties réelles avec continuo. Cette écriture, qu'emplovèrent l'abbé Agostino Steffani (1655-1730), Jean-Marie Clari ( 1669-1745), Alessandro Scarlatti ( 1659-1715), subsista jusqu'à Sébastien Bach qui lui-même en fit encore usage.