IX. CARBONATES DE CHAUX ET DE MAGNÉSIE
La portion de résidu indissoluble dans fèau distillée ; fut exposée pendant près d’un mois à l’action du soleil et de l’atmosphère , afin que le fer qu’elle devait contenir fût parfaitement oxidé. Elle fut alors mise dans une fiole , dans laquelle je versai peu-à-peu du vinaigre distillé ; à mesure que je l’y versai il se manifesta une effervescence considérable , et la plus grande partie du résidu fut enfin dissoute. Je séparai ensuite par le filtre la liqueur claire de ce qui restait de résidu , qui était en forme d’une poudre brunâtre.
Cette liqueur fut alors concentrée par l’évaporation et j’y ajoutai une quantité suffisante de carbonate de potasse. Il s’y forma un précipité blanc très-abondant qui fut desséché et pesé.
Ce précipité fut alors traité par l’acide sulfurique un peu en excès et l’acide superflu fut chassé par une forte chaleur ; assez d’eau distillée bouillante y fut ensuite versée pour dissoudre le sulfate de magnésie qui pouvait s’y trouver.
Cette dissolution ayant été filtrée , fut réduite par l’évaporation , à une quantité qui ne suffisait qu^à tenir le sulfate de magnésie en dissolution , afin de faire déposer la plus grande partie du sulfate de chaux qui devait y être ; le peu qui pou-
vait encore y rester fut précipité par Facide oxalique. La liqueur fut alors filtrée , j’y ajoutai du souscarbonate de potasse et je fis bouillir le tout pendant quelques minutes. Il s’y déposa une poudre blanche de carbonate de magnésie qui fut ensuite desséchée et pesée.
Le carbonate de magnésie ainsi obtenu étant soustrait de la quantité totale du précipité retiré de la dissolution dans le vinaigre distillé , le reste représente le poids du carbonate de chaux.
Cette méthode de séparer les carbonates de chaux et de magnésie , et d'en déterminer les quantités respectives m’ayant paru susceptible d’une exactitude suffisante, je m’en suis servi pour traiter une autre quantité de résidu ; mais j’ai employé pour les autres portions de résidu , afin de varier mes expériences , la méthode du Dr. Woollaston. La chaux que contenait la dissolution par le vinaigre distillé, fut précipitée par du carbonate d’ammoniaque parfaitement neutralisé 7 qui retenait la magnésie en dissolution ; ce procédé me donna la quantité exacte de carbonate de chaux. Je versai ensuite dans la liqueur , préalablement passée par le filtre, une dissolution de phosphate de soude; il s’y forma un précipité de phosphate triple de magnésie et d’ammoniaque , d’après le poids duquel je calculai celui du carbonate de magnésie.
Le résultat moyen des quatre séries d'expériences , me donna pour les deux gallons égaux à 462 pouces cubes d’eau ,
Carbonate de chaux, . . . 19 . y5 grains.
Carbonate de magnésie, . . 3.6 grains.
Mais le résidu que j’avais obtenu de deux gallons d^eau après de longues pluies me fournit,
Carbonate de chaux, . . . 27 . 65 grains.
Carbonate de magnésie , . . 5 . q5 grains.
Iî paraît donc , d’après ces expériences, que la quantité de carbonate de chaux et de magnésie est augmentée dans l’eau du Pouhon par la continuation d’un temps pluvieux.