‹ Analyse des eaux minérales de Spa, avec des observations sur leurs propriétés médicinales; précédée de quelques notices topographiquesChapitre 12 sur 38 · X. Fer · texte numérisé non relu

X. Fer

La poudre brunâtre qui résista à Faction du vinaigre distillé fut traitée, à Paide de la chaleur, par l’acide muriatique délayé d’eau. La plus grande partie en fut dissoute ; il n’en resta qu’une poudre légère et grisâtre ; la liqueur , qui était d’une couleur dorée , en fut séparée par le filtre, et ensuite échauffée à l’ébullition.

Une dissolution d’une quantité connue de pr ussia te triple de potasse et de fer, y fut alors versée petit à petit; il s’y forma un précipité d’un bleu très-foncé et fort abondant. Je continuai à y ajouter de la dissolution de prussiate de temps en temps ; jusqu’à ce qu’elle n'y causât plus de précipité. Je

laissai déposer pendant trois jours ce précipité dans un vase de verre étroit. Je retirai alors à l'aide d'un petit syphon la liqueur claire, qui y surnageait, le précipité fut alors lavé sur le filtre, desséché, puis calciné avec un peu de cire dans un creuset d'argent, et après soustraction faite du poids du fer contenu dans le triple prussiate que j'avais employé , et qui m’était connu par des essais antérieurs , il resta la quantité de fer contenu dans le résidu de deux gallons ou l\&2 pouces cubes de l'eau.

La méthode de découvrir la quantité de fer dans un composé par la précipitation avec le prussiate triple de potasse , est cependant sujette à de si grands inconvéniens , que je m'y suis pris d'une manière différente dans mes expériences subséquentes sur ces eaux.

La portion de résidu qui résistait à l’action du vinaigre distillé, fut traitée comme je viens de dire , par l'acide muriatique. La dissolution ayant été filtrée, j’y ajoutai de l'ammoniaque qui fit déposer sur-le-champ un précipité abondant d’une couleur brune pâle qui fut séparé du fluide pa* le filtre- Il fut alors bouilli pendant long- temps, dans une solution de potasse caustique pour enlever l'alumine qui devait avoir été déposé ave lui. Il fut alors lavé sur le filtre , desséché et ensuite calciné pour le porter à un état d’oxidatioi égale. Le poids en fut alors déterminé.

Le résultat moyen des quatre suites d’expériences me donna pour la quantité d’oxide de fer contenu dans deux gallons ou 4^2 pouces cubes d’eau 10.48 grains.

Mais les deux galons d’eau puisée après un mois de pluies, ne me donnèrent que 8.9 grains d’oxide de fer. L’opinion générale que l’eau du Poubon a des vertus médicinales plus faibles dans les saisons pluvieuses , paraît donc confirmée par ces faits.

XL Sil ICE ET ALUMINE.

La poudre grisâtre qui résistait à l’action de l’acide muriatique , et qui ne pouvait être autre chose que de la silice , ayant été recueillie et desséchée, montait, en prenant le moyen des quatre suites d’expériences, à 4*52 grains. Mais les deux gallons d’eau puisée dans une saison pluvieuse, me fournit 6.24 grains.

L’alumine dont l’existence dans l’eau du Pouhon avait été démontrée par les essais préliminaires , fut retenu dans la première suite d’expériences par l’acide muriatique , dont le fer avait été précipité par le prussiate de potasse ; et dans les autres par l’alkali caustique avec lequel je fis bouillir l’oxide de fer , elle fut précipitée du premier par l’ammoniaque ,* et du dernier par le muriate d'ammoniaque. Le résultat moyen de toutes les expériences fut o.58 grains. Mais le résidu de deux gallons de l’eau du

Pouhon , obtenu dans le mois de septembre , en fournit 0.76 grains. On peut conclure d’après ces expériences que la quantité de silice et d alumine, est augmentée dans l’eau de celte fontaine, après une saison pluvieuse.

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