I.OOO
Watroz . .
Pouhon, après u ne saison pluvieuse.
(*) Quantité trop petite pour être déterminée.
pression de l’atmosphère ; il en résulte que ce gaz s’échappe rapidement, dès qu’elles paraissent à l’air et qu’elles en perdent une partie considérable avant qu’on puisse les mettre dans un vase convenable , de sorte qu’il n’est pas possible de déterminer la quantité entière qu’elles en avaient contenu. Quelque méthode qu’on y emploie, on ne peut parvenir à obtenir qu’un volume de ce gaz, peu supérieur à celui de l’eau , mais qui sera un peu plus ou un peu moins grand, dans chaque expérience que l’on fera sur la même eau, selon les soins que l’on se donnera pour l’enfermer dans les vases afin de la soumettre aux expériences. De là vient que les volumes de gaz indiqués dans la table précédente, sont à-peu-près les mêmes pour le Pouhon , la Sauvenière, le Groesbeeck et les Tonnelets; quoique les eaux de ces fontaines en contiennent évidemment, lorsqu’elles sortent dabord de la terre, une plus grande quantité les unes que les autres. Il ne faut donc pas considérer comme absolues les proportions d’acide carbonique que j’ai indiquées pour chacune de ces eaux , mais seulement comme celles qu’on parvient à y démontrer par les expériences. *
Je dois aussi avertir mes lecteurs, que quelque ,soit le degré d’exactitude de mon analyse, quant aux proportions de principes fixes qui entraient dans la composition de ces eaux , lorsque je les examinai, et qui sont indiquées dans la table pré-
cédente , je ne prétends cependant pas les donner comme invariables. On sait que la sécheresse , les pluies, les variations de l’atmosphère, influent beaucoup sur les qualités des eaux minérales, et que certaines de ces eaux sont plus chargées de principes dans une saison, et même dans une année, que dans une autre. De là vient qu'on a observé que telles eaux minérales produisent des effets presque merveilleux dans certains temps , tandis que dans d'autres elles paraissent n'avoir aucune vertu. Le célèbre de Haën, qui fit plusieurs années de suite, l'analyse des eaux des environs de Vienne, n’y a jamais trouvé les mêmes principes dans les mêmes proportions. On peut voir par les résultats des analyses du Pouhon que j’ai faites à des époques différentes pendant mon séjour de quelques mois à Spa, que les proportions des principes dans les eaux de cette fontaine étaient un peu changées. On verra aussi par la comparaison que je vais faire des résultats de Bergman et du docteur Ash avec les miens , qu'il y a lieu de croire que cette fontaine éprouve à des époques considérablement éloignées, des changemens encore plus grands que ceux que j’ai indiqués. Il est donc intéressant de répéter de temps à autre l’analyse des eaux minérales pour déterminer si les proportions de leurs principes minéralisateurs ont éprouvé des changemens, et si ces chaugemens sont assez considérables pour en modifier l’usage médicinal. Ce sont des considéra-
lions pareilles qui m’ont induit en partie à examiner les eaux de Spa, et qui pourront peut-être me déterminer un jour à en renouveller l’analyse*
RÉSULTATS DE l/ANALYSE DU POUHON PAR BERGMAN.
Ce savant distingué n’examina que les seules eaux du Pouhon ; la table suivante présente les résultats de son travail , réduits à la mesure d’un gallon égal à 23 1 pouces cubes.
Gaz acide carbonique,.. 102.12 pouces cubes.
Oxide de fer,.. . . . 4-48 grains.
Carbonate de chaux,.. . . 11.76
Carbonate de magnésie,. 55.68 Carbonate de soude ,. . . . 11.76
Muriate de soude . . 1 . 576
J’ai déjà observé que Bergman fit son analyse non sur les lieux , mais en Suède , et d’après ce qui a été dit section II. XII. sur la manière de mettre cette eau dans les bouteilles pour l’exportation , il est très probable qu’il s’était échappé une partie considérable du gaz de celle qu’il examina ; ceci sert à rendre raison de la petite quantité qu’il y en trouva, et qui est moindre de 1 58 pouces que celle que m’ont donné mes résultats ; mais il n’est pas si facile d’expliquer la différence considérable qui se trouve entre son travail et le mien quant à la quantité des principes fixes de cette
eau, qui n’étaient pas susceptibles d’altération par le transport. Cette différence ne consiste pas seulement, comme on voit, dans la quantité totale de ces principes, dont il porte le poids à plus du double de celui que j’y ai trouvé; mais aussi dans la plupart de leurs proportions relatives et dans l’omission entière du sulfate de soude, de la silice et de l’alumine; au reste, ce qui est le plus important, la quantité de fer qu’il indique pour cette eau, est singulièrement près de celle que j’y ai trouvée après un temps pluvieux.
Le docteur Âsh s’apercevant que les résultats de Bergman ne s’accordaient pas en plusieurs choses avec les siens propres , croyait qu’ils n’avaient pas tous les deux examiné la même eau , et que Bergman , au lieu de celle du Pouhon , avait analysé celle de la fontaine du Chevron près de Malmedy. Cette eau a été en effet très souvent exportée en quantité considérable sous le nom de l’eau du Pouhon. Le motif de cette supercherie était, je crois, d’éviter un petit droit qu’on perçoit à Spa sur toute l’eau minérale qu’on en exporte à l’étranger.
Je n’ai point eu l’occasion de voir cette Fontaine du Chevron , ni d’en examiner l’eau , de sorte que je ne puis rien affirmer de positif sur ses qualités; mais, d’après ce qu’en a dit Lucas, je suis porté à croire qu’elle ne diffère point essentiellement de celle du Pouhon, et dans ce cas la
supercherie
supercherie de substituer l’une pour l’autre ne serait pas d’une grande importance ; cependant la déclaration du college des médecins de Liege y datée du 7 septembre 1711 , prouve que les membres de ce corps étaient autrefois d’un avis différent sur ce sujet. J’ai inséré dans la note ci-dessous cette déclaration parce qu’elle sert à montrer à quel point on ignorait à cette époque , la nature des eaux minérales et notamment de celles de Spa. (1)
Q 1 ) »» En l’assemblée du collège des médecins de Liege , spécia- » lement convoquée à la requête du magistrat de Spa, au lieu. ?» accoutumé, le 7 septembre 1711* * pour déclarer son sentiment » touchant les qualités des eaux minérales de Spa & leur difféa renca avec les eaux de Bru dit Chevron, et pourquoi lesdites y> eaux de Chevron donnent plus de teinture étant transportées dans les pays étrangers , que celles de Spa ,
5» Nous les médecins composant ledit collège, déclarons que les y* eaux de Chevron prennent plus de teinture avec la noix de galle que celles du Pouhon de Spa, à raison cl’un sel âcre vitriolique » et fixe ,s dont elles sont imprégnées au-delà de celles de Spa, qu! y» ont un vitriol de mars beaucoup plus tempéré par dés parties » sulfureuses qui émoussent son activité ; par où nous les estimons m incomparablement davantage , ayant reconnu , et reconnaissant tous les jours, que les plus vitriolées où l’acide prédomine ou-« v> vertement ne se prennent pas impunémenr par les personnes incom-
*y modées de maladies de poitrine* de catarrhes et autres accidens où ff un acide mordicant peut être nuisible ; raison pour quoi nous défenff dons P usage des sources qui se trouvent à la Fontaine d’or & à la Croix if blanche dansSpa,et de laFontainedu Tonnelet (à la diftance de ff Spa cPenviron une demi-heure) extrêmement vitriolées et piquana tes, même au-delà de toute autre à nous connue, et qui prennent w avec la noix de galle une ceinture très-considérable , de quoi nous
Je reviendrai bientôt sur le sujet des différences qui se trouvent entre les résultats de Bergman et
?» venons de faire la preuve ; ces eaux ayant par là beaucoup d® >» rapport avec celles du Chevron , toutes les personnes qui en ont ?» usé pendant deux à trois jours ayant été obligées de désister. «
»» La fontaine de Géronstère , ayant un vitriol de mars volatile , ?» & abondant en soufre de ce minéral , se prend utilement et ?» avec des succès surprenans dans les catarrhes les plus violens , ?» et dans quantité d’incommodités de poitrine , ce qui ne se peut dire ?» des eaux plus vitriolées , qui au contraire les augmentent.»
?» La Sauvenière emprégnée des mêmes principes et n’ayant qu’un ?» vitriol fort tempéré, se trouve d’un grand succès pour calmer les ?» grandes effervescences du sang, h en corriger la dyscrasie saline, ?» et à éconduire le sable et le gravier par la voie des urines; le ?» contraire de quoi arrive aux eaux plus vitrioïiques qui augmentent ?» la fermentation des liqueurs.
?» De forte qu’v trouvant des qualités plus tempérées, se prenant ?» avec grand succès et en ayant vu, comme de la Géronftère et du ?» Pouhon , de bons et surprenans effets dans des maladies très - dif- ?» férentes, outre les observations et les rapports sincères que nous ?» ont laissé nos prédécesseurs depuis plusieurs siècles, nous jugeons ?» que les eaux de Spa sont en tout préférables à celles de Chevron.
?» Enfin comme nous apprenons que tous les étrangers sont per- ?» suadés que les eaux de la Géronstère et delà Sauvenière ne se trans- ?» portent pas, et qu’elles ne se gardent pas, nous sommes obligés ?» de déclarer qu’étant bien conditionnées, c’efî-à-dhe puisées en ?» un temps propre , et bien bouchées elles se gardent plusieurs années ?» dans leur entier; en foi de quoi avons ordonné à notre greffier ?» sermenté d’insérer notre présente déclaration à notre registre , et ?» d’en donner une ou plusieurs copies aux bourgmeftres de Spa et »> autres toutes les fois qu’il en sera requis. »
A. A N R A D E , Greffier du collège de la médecine.
Je n’ai jamais vu cette déclaration imprimée, mais j’en possède une copie signée par le greffier et scellée du sceau du collège; c’est Mr. Briart qui a eu la bonté de me céder cette pièce curieufe.
les miens , dans le cours des observations que je vais faire sur Fanal jse du docteur Àsh , dont je présente ici les résultats.