‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 139 sur 216 · PAT · texte numérisé non relu

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rile, les personnes de vie très pure même, peuvent se considérer comme de grands pécheurs, et atteindre le but qui est de faire ressortir la prédilection par laquelle le Christ les a distinguées entre tous les autres hommes.

Dans le deuxième point, l'on doit peser (ceci est plus que simplement considérer) la laideur et la malice de chacun de ces innombrables péchés (pris soit dans leur réalité, soit dans l'hypothèse où ils ne seraient pas défendus). Et si cette laideur et cette malice de chacun est si grande, quelle ne sera pas celle de tous les péchés réunis ! Or, dans tout cet amas de laideur et de malice, Dieu n’a pas voulu trouver un motif de décharger sur moi tout le poids de sa justice, alors qu'il l’a déchargé sur tant et tant d'autres pour des péchés moins nombreux que les miens: Qui ne voit combien cette supputation me fait davantage estimer la prédilection de Dieu pour moi ?

Ce bienfait gagne encore en importance dans le cinquième point : “ en parcourant toutes les créatures : comment elles m'ont laissé vivre et même ont concouru à ma conservation. ” J'offensais mon Père et mon Maître, en sa présence, en présence des ministres de sa justice, désireux de venger les injures faites au Créateur : et le très bon Maître loin de leur permettre de se précipiter sur moi, pour m'anéantir ou m'ensevelir

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en enfer, leur commande de se mettre à mon ser-

vice, de me conserver la vie, de me garder, d'in-

tercéder et de prier pour moi ; tandis qu’à l'égard d'autres hommes moins pécheurs que moi, il permet que les créatures leur enlèvent la vie et qu'ils se damnent.

En résumé, dans le premier exercice S. Ignace nous montre le fait de la prédilection du Christ pour je retraitant, et dans le second, il nous fait connaître la gsrandeur, l'étendue de cette prédi- Jection.

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