‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 141 sur 216 · FR · texte numérisé non relu

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pelons la pratique du Saint, que dans le colloque ou les colloques du troisième et du quatrième exercice est renfermé quelque fruit particulier que l'on désire plus efficacement.

Remarquons, en second lieu, que dans la demande du second exercice, l’on sollicite la douleur des péchés, non pas une douleur quelconque, mais une douleur vive et intense (1) et ces mots, dans le langage de S. Ignace, désignent une douleur telle que les forces et les considérations humaines sont impuissantes à l'obtenir avec les secours ordinaires de la grâce.

Telle est, à notre avis, la raison pour laquelle S. Ignace veut que le retraïtant redouble de prières, de demandes, de supplications ; aussi le fait-il recourir à des intermédiaires et à des intercesseurs puissants, comme la Mère auprès de son Fils, et le Fils auprès du Père : c'est encore pour ce motif qu'il multiplie les colloques, en distinguant les grâces qu'il désire faire obtenir. La solennité dont S. Ignace a revêtu ces colloques, manifeste clairement que les grâces sollicitées sont à la fois d'une importance capitale et extrêmement difficiles à obtenir. Pour s'en convaincre, il suffit de parcourir les passages des Exercices, où le Saint prescrit cette forme

(1) Voir Appendice au mot Crecido.

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très solennelle des colloques : tels sont les Éten-

—. dards et les Binaires, et même la troisième se-

maine tout entière.

Et quelles sont donc les grâces qu'il y fait demander ? ‘ La 1° est d'avoir une connaissance

“intime de nos péchés et de les détester du fond

de notre âme. ” Il ne considère pas le péché ici dans l'hypothèse où il ne serait pas défendu, comme dans le deuxième point du second exercice, mais il le prend sous son aspect propre dacte prohibé, et cela, avec la sanction de peine éternelle ou temporelle, selon qu'il est giave ou léger.

Au sujet du péché, considéré dans l'hypothèse où il ne serait pas défendu, c'est-à-dire, de l'imperfection volontaire ou du simple désordre, voici ce qu'il fait demander : “ sentir le désordre de mes opérations, en sorte que l'ayant en horreur, je me réforme et me remette dans l'ordre.”

IT importe de remarquer qu'on ne demande ici pas plus qu'une connaissance interne et une horreur du péché, bien qu'il soit un mal incomparablement plus grand que le simple désordre ou imperfection volontaire; tandis qu'à propos du dé- Sordre des opérations, S. Ignace fait demander : lo) de le sentir, car l'homme spirituel lui-même, n'ayant pas pour ce désordre l'horreur qu'il a

“Dour le péché, le commet avec une grande faci-

lité et sans s'en rendre compte ; 20) de le pren-

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